BATZENSCHLAGER Fernand, les péri­pé­ties d’un incor­poré de force

Commentaire (0) Les incorporés de force face à leur destin

 

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Le malgré-nous Fernand Batzen­schla­ger né le 09 juin 1927 à Saverne vient de mémo­ri­ser ses péri­pé­ties de la période du 18 juin 1940, Jour de l’oc­cu­pa­tion par l’ar­mée alle­mande de la ville de Saverne, jusqu’au 18 décembre 1945, jour de sa libé­ra­tion en tant que prison­nier de guerre en Yougo­sla­vie.

En 1941, l’Al­sace occu­pée par les Alle­mands, j’ai pris la déci­sion d’ar­rê­ter mes études et d’ac­cep­ter un contrat d’ap­pren­tis­sage de 3 ans à la caisse d’épargne de Saverne. Mon premier jour de travail était le 25 août 1941 et cela sous une direc­tion alle­mande de Rastat à laquelle Saverne était ratta­chée. Pour pouvoir travailler dans une entre­prise sous la direc­tion alle­mande on était obligé de parti­ci­per à la H.J. (Dit Hittler-Jugend) ; ça ressem­blait plutôt à une prépa­ra­tion mili­taire.

Pendant les années 1942 et 1943, on était obligé de parti­ci­per une fois dans l’an­née, pendant deux semaines, à un camp de disci­pline et cela avec l’aval de la direc­tion alle­mande de l’en­tre­prise. En 1943 à 16 ans la classe 1927 était appe­lée à passer devant un conseil de révi­sion d’où l’on sortait avec une affec­tion K.V. (krieg­sver­ven­dungs fähig (Bon pour le service) ou bien H.V. (heimats­ver­ven­dungs fähig) (bon pour le service de travaux chez le paysan. J’avais la malchance d’être avec les premiers. Je ne me faisais pas d’illu­sion le jour X arri­vera.

Avec une idée person­nelle et sans avoir mis mes parents au courant, je suis allé voir notre méde­cin de famille et lui ai demandé de bien vouloir m’aus­cul­ter car j’avais mal à l’ab­do­men. Son diagnos­tic : l’ap­pen­di­cite. Le même jour j’étais hospi­ta­lisé à l’hô­pi­tal STe Cathe­rine de Saverne. Le chirur­gien Docteur Sacken­rei­ter m’a pris en charge et m’a opéré le lende­main. L’opé­ra­tion s’est bien passée. Le 4ème jour devant mon lit d’hô­pi­tal le chirur­gien, avec un clin d’œil me dit: « t’a bien réussi à retar­der ton départ pour le R.A.D (Reich­sar­beits­dienst) » Hélas, ça ne m’a retardé que de quelques mois.

Le 13 octobre 1944 je reçois l’ordre de me présen­ter à la « Orts­kom­man­da­tur » de Stras­bourg à 8 heures du matin. Sur le quai de la Gare de Saverne deux cama­rades de Saverne de la même classe avaient le même ordre de mission. C’étaient mes amis Krae­mer Albert et Pfis­ter Paul. Tous les trois étions pris en charge à Stras­bourg par la police mili­taire alle­mande (Feld­po­li­zei). Avec 23 autres Alsa­ciens, étions embarqués dans un train accom­pa­gné de deux mili­taires alle­mands pour rejoindre la ville de Lahr en Bade pour être incor­poré dans une compa­gnie du R.A.D. (Reich­sar­beits­dienst) avec 145 jeunes Alle­mands du même âge.

En arri­vant dans la caserne l’ordre nous a été donné de nous défaire de nos vête­ments civils. Un paque­tage nous a été remis ainsi qu’un fusil 98 k et non la tradi­tion­nelle « spaten » (une bêche). Après trois semaines, cette compa­gnie a été trans­fé­rée par train dans le pays bava­rois, la ville de Fussen. De là, à pied avec paque­tage, à travers la montagne sommes arri­vés dans un petit village du nom de Tann­hein en Autriche. Jusqu’à Noël on avait des exer­cices de tous genres et des tirs à la cara­bine.

Venait le temps pour une permis­sion… Les Alle­mands sont rentrés chez eux pour 10 jours et les Alsa­ciens au nombre de 26 sont restés en Caserne jusqu’au 3 janvier étant donné que l’Al­sace entre-temps a été libé­rée. Quelle mora­le… ?

Monsieur le Curé du village nous a invi­tés à passer la messe de minuit avec la popu­la­tion. Dans son sermon il invita les fidèles de nous prendre avec eux après la messe pour nous donner si possible un repas chaud. De ce fait, nous les 26 sentions au moins que c’était NOEL – le dernier avant la grande aven­ture.

Le 4 janvier 1945 nous étions incor­po­rés dans la Wehr­macht (Gebirg­sja­ger Ersatz Batl. 137). Deux sous offi­ciers nous ont pris en charge. En train nous avons « atterri » dans la région de Trieste, la petite ville de Monfal­cone en passant par Landeck en Autriche. A Monfal­cone avons été sépa­rés en deux groupes de 13 soldats et affec­tés dans deux compa­gnies diffé­rentes. On se sentait de plus en plus aban­donné à nous même.
De là, mélan­gés aux Alle­mands, nous avons commencé à construire des instal­la­tions de fortune pour faire barrage aux Améri­cains et aux Anglais qui se tenaient bien à l’écart en rade de Trieste. Ils n’étaient pas en danger et hors d’at­teinte de nos deux canons de 75 et les 4 mortiers de 75 sans parler de deux mitrailleuses m 42. Tous les jours, exer­cices sur exer­cices et des postes à garder jour et nuit en atten­dant le grand « carnage » qui se lais­sait attendre.

L’avia­tion passait au-dessus de nous et nous mitraillait de tous les côtés. Les « treize » ne souhai­taient qu’une chose, qu’ils débarquent et que nous soyons fait prison­niers par eux; Hélas le contraire s’est produit; les Alliés ne bougeaient pas et par derrière les troupes russes épau­lées par l’Ar­mée de TITO démarrent une grande offen­sive. Pour nous ça sentait la catas­trophe ! En nous retour­nant vers eux et en nous enter­rant on était pris dans ce piège, comme des rats.

A partir de là c’était la débâcle et chacun pour soi.

jpg_gerardDangel.jpgDans un petit village dont le nom ne me revient plus, deux de mes cama­rades, Andrès étudiant de Stras­bourg et Dangel de Ernol­sheim sur Bruche me disent: « Viens avec nous, nous allons chez le curé du village, on lui donne nos armes et on va se rendre pour qu’il nous livre aux premiers soldats qui entrent dans le village. Vite réalisé je leur dit: « Allez sans moi, je vais avec le gros de la troupe battre en retraite ». Depuis ce jour je n’ai plus jamais rien entendu d’eux.

En battant en retraite, en m’ac­cro­chant au sol, les grenades explo­saient de tous les côtés. Je fus blessé par un coup de fusil au genou droit et j’ai eu quelques petits éclats de grenade au bras gauche. Je commence à mettre en place un panse­ment de fortune aux moment même où un soldat de l’ar­mée de TITO, devant moi avec son fusil braqué sur moi, me crie: « Toi-naprèt » ce qui voulait dire, haut les mains. Me voyant dans cet état, il raccroche sont
fusil à l’épaule et de sa musette me jette encore des panse­ments parce que je saignais abon­dam­ment.

J’ai pansé mes plaies comme j’ai pu pour arrê­ter les hémor­ra­gies. Ce soldat me lance alors un morceau de bois en guise de canne pour me permettre de sortir de mon trou. C’était un soldat Serbe et cela a été ma chance. Je me suis rendu avec ce soldat sur une petite place d’un faubourg ou d’autres soldats alle­mands prison­niers atten­daient. Commençait alors un autre
calvaire si l’on peut dire. Les rangs des prison­niers augmen­taient de jour en jour et un camp de fortune a été installé.

Les premiers jours, nous étions sans nour­ri­ture. Unique­ment de l’eau. Je pensais tous les jours à mes deux cama­rades que j’ai lais­sés aller chez ce curé pour se rendre à l’en­nemi, mais c’était en vain, je ne les ai plus jamais revus. Après un certain temps la vie au camp commença à s’or­ga­ni­ser mais les mala­dies nous rongeaient tous surtout par manque d’hy­giène. Le 18 mars j’étais fait prison­nier. Après avoir récu­péré de mes bles­sures et avec un peu de force j’al­lais me porter volon­taire pour le démi­nage, ce qui me rappor­tait trois fois à manger le même repas que les soldats qui nous gardaient.

Terminé ce travail, d’autres travaux nous atten­daient, mais plus les trois repas par jour. Aussi, des mala­dies sont appa­rues dans le camp et plus qu’un tiers des prison­niers a passé « l’arme à gauche » Nous sommes arri­vés à nous regrou­per. Une quin­zaine d’Al­sa­ciens se sont retrou­vés mais encore une fois mes deux cama­rades n’y étaient plus. Parmi ce groupe, il y avait un cama­rade un peu plus âgé il s’ap­pe­lait PONS Alphonse, il est devenu Maire de
GEISPOLSHEIM par la suite.

La vie au camp deve­nait de plus en plus diffi­cile. Diverses mala­dies commençaient à circu­ler ; la dysen­te­rie la gale et les poux nous enva­his­saient. La dysen­te­rie gagnait tout le monde ; personne n’était épar­gné. Vint le temps ou l’ad­mi­nis­tra­tion du camp russe et yougo­slave commençait à sépa­rer les Alle­mands des autres natio­na­li­tés, c’était le 15 août
1945.

Dans un nouveau camp, sur les hauteurs autour de la ville de Fiume, les Français « Alsa­ciens », les Belges, les Luxem­bour­geois et les Hollan­dais ont été station­nés La vie était mieux orga­ni­sée. Des méde­cins russes passaient dans le camp et s’oc­cu­paient de notre santé.

La Croix rouge a été auto­ri­sée pour la première foi à entrer dans le camp et visi­ter les prison­niers.

Chacun de nous a été enre­gis­tré par eux. Tous les prison­niers ont reçu un formu­laire spécial préen­re­gis­tré en deux langues, RUSSE ou YOUGOSLAVE et on avait le droit d’écrire une quin­zaine de lignes pour donner signe de vie à la maison. (Pièce n° 1).

Recto

Verso

Depuis ce moment on parlait beau­coup de libé­ra­tion entre nous mais un long chemin nous atten­dait encore. L’ad­mi­nis­tra­tion yougo­slave du camp s’oc­cu­pait de plus en plus de notre santé et de la nour­ri­ture se portait à deux repas par jour, mais tout juste ce qu’il fallait. Des groupes de travail ont été orga­ni­sés. Sous surveillance on sortait pour divers travaux d’en­tre­tien à la ville et à la caserne occu­pée par les troupes d‘oc­cu­pa­tion.

Fin août à mon tour je tombe malade ; j‘ai été conta­miné de la dysen­te­rie aigue. Les poux me rongeaient et çà deve­nait grave pour moi, à tel point que l‘in­fir­me­rie du camp me fit admettre dans un hôpi­tal mili­taire russe ou yougo­slave je ne sais pas trop, pour éviter une conta­mi­na­tion dans le camp.

Dans une chambre avec sept mili­taires russes, j’étais seul comme prison­nier de guerre et sans pouvoir commu­niquer qu‘a­vec des gestes. Après quelques jours dans cet hôpi­tal une délé­ga­tion de femmes passait dans notre chambre et distri­buait des petits gâteaux et des fruits de saison pour soula­ger les douleurs de tous. Elles voulaient me parler, je n’ai pas pu leur répondre. Elles s‘adressent à d‘autres malades en deman­dant ma natio­na­lité. Un d’entre
eux leur dit que je suis un prison­nier de guerre et que je suis français.

jpg_photo.jpgA ce moment une de ces dames se retourne et comme envoyée je ne sais d’où, elle vient à mon lit et me parle un français très correcte et me demande d’où je sors et ce que je fais ici. Avec quelques phrases je m‘ex­plique. Je me croyais dans un autre monde. Le passage de ces
dames deve­nait de plus en plus fréquent et je deman­dais à cette dame sa situa­tion ici dans ce pays. Tout éton­née elle me dit qu‘elle était de natio­na­lité française et profes­seur de français dans la ville Sussak près de Fiumé. Son mari était Capi­taine en retraite et décédé avant 1939, qu’elle à un fils dans l’armé française. Il est stationné en occu­pa­tion à Inns­bruck en Autriche.
Les jours après, elle m’ap­por­tait des vête­ments civils de son fils qui m’al­laient à peu près. Elle venait plus souvent me voir et le 8 Septembre 1945 elle m’ap­porta une petite tarte aux myrtilles et sa photo dédi­ca­cée. (Pièce n° 2)

Entre temps elle fit parve­nir un cour­rier à son fils et l’in­forme qu’elle a recueilli un jeune Alsa­cien dit « Malgré-nous ».

Dans ce camp, j’ai eu mes 18 ans.

Mi Octobre je sortais de cet hôpi­tal a peu près guéri. J’étais obligé de réin­té­grer ce camp multi- natio­nal. La dame dont j’ai fait la connais­sance à l’hô­pi­tal avait reçus des auto­ri­tés la permis­sion de venir me voir une fois par semaine et ce jusqu’au moment ou ce camp à été liquidé en novembre 1945 pour être délo­ca­lisé dans la ville de Belgrade.

C’était dur de rompre la rela­tion avec cette personne qui avait pris si bien soin de moi… Dieu merci.

L’oc­ca­sion de revoir celle-ci est deve­nue maigre étant donné que la guerre froide qui s’était instal­lée, coupait l’Eu­rope en deux. Ce trans­fert vers elgrade prédi­sait notre libé­ra­tion. Ce camp, était composé de baraques. Toutes les natio­na­li­tés y étaient regrou­pées. Français (Alsa­ciens et Lorrains) plus des Belges des Hollan­dais des Polo­nais des Tchèques et des Luxem­bour­geois. Parmi tous ce monde un Tchèque parlant très bien le français se collait un peu à moi et devint un de mes cama­rades. On ne se quit­tait plus car il parlait aussi une langue slave ce qui était impor­tant pour moi. Il voulait être libéré avec les Français et espé­rait pour­voir recom­men­cer à travailler chez Renault, ce qu’il avait déjà fait de 1936 à 1940.
Rien ne bougeait en vue de notre libé­ra­tion et nous allions travailler en ville sur toutes sortes de chan­tiers, sous garde à l’al­ler et au retour. Un jour pendant la pose de midi mon ami tchèque et moi, discrè­te­ment nous sommes allés en ville. A l’aide des rensei­gne­ments qu’il a pu recueillir en langue tchèque, nous sommes arri­vés tout près d’une mission mili­taire
française, qui était gardée par un poste de sécu­rité russe. Le drapeau « bleu blanc rouge » y flot­tait. Quels fris­sons nous traver­saient à cette vue. Hélas, un gardien russe était devant le grand portail. Comme j’étais en civil j’ai dit à mon ami tchèque de se placer discrè­te­ment et moi de mon côté, plein de courage je marchais direc­te­ment vers le poste.

A quelques mètres du poste, le garde russe dirige sa kalach­ni­kov vers moi et crie « story » (arrê­tez !) Avec sang froid je lui parle en français. « Moi fran­zouski, j’ai rendez­vous ici ». En croyant que tout était fini… le garde épaule sa kalach­ni­kov m’ouvre la porte et moi, tout essouf­flé je rentre dans une grande pièce, un bureau et derrière un mili­taire français qui me demande ce que je voulais. Presque en bégayant, je raconte qui je suis
et qu’il y à une soixan­taine de cama­rades dans tel camp de prison­niers de guerre. Stupé­fait, il me dit que la mission mili­taire française n’est pas au courant. En me conso­lant il me demanda que je dois rega­gner le camp et qu’il allait infor­mer sa hiérar­chie.

Je sors de cette mission, je rejoins mon ami tchèque et nous nous rendons sur notre lieu de travail. Le soir, nous avons rejoint le camp, enca­dré par notre garde. Dans notre baraque mon ami et moi avons raconté aux autres cama­rades ce que nous avons fait de la jour­née. Tout le monde était content et croyait que la libé­ra­tion était pour le lende­main matin, Eh bien non ! Tous les matins notre garde venait nous prendre pour un chan­tier alors que notre moral bais­sait de plus en plus.

Le 10 décembre 1945 le matin vers 8 heures notre garde rentrait dans notre baraque et criait « fran­zusky nièt raboti » (Français pas au travail aujourd’­hui), Nous pensions à une autre corvée… et bien non !

A 10 heures du matin un autre soldat russe avec un galon au bras rentre dans notre baraque et crie Français, Belges, Hollan­dais, et luxem­bour­geois au rassem­ble­ment sur la place du camp avec vos affaires. A notre éton­ne­ment une limou­sine s’ar­rêta, la grande porte du camp s’est ouverte. Un mili­taire français, un comman­dant je pense, accom­pa­gné d’un inter­prète est venu discu­ter avec deux gradés russes. Cette limou­sine était accom­pa­gnée de deux véhi­cules mili­taires français. Russes et Français discu­taient…

Pendant ce temps on me deman­dait la liste alpha­bé­tique des 63 bonhommes. Sur cette liste figu­rait natu­rel­le­ment mon ami tchèque .Cet inter­prète commençait à nous appe­ler par nos noms et un après l’autre, on avait le droit de sortir sans garde derrière nous pour prendre place dans un des deux camions. J’étais soulagé quand nom ami tchèque, dernier de la
liste, avait pris place avec nous.

Les offi­ciers russes et français se sont salués puis se sont quit­tés.
A partir de cet instant nous étions pris en charge par la mission mili­taire française de Belgrade. Cantonné dans un genre d’école vide avec bains et douches, visite médi­cale mili­taire passé dans un nuage de DTT, on était là et on atten­dait. Après avoir été enre­gis­trés le 16 décembre 1945 nous étions embarqués dans un wagon à bestiaux garni de 10 cm de paille, raccro­ché à un train qui nous a conduit en gare d’Inns­bruck. Là nous avons été accueillis par des mili­taires et la croix rouge française. Dans un foyer mili­taire, avons été nour­ris à la « française » et logés. Quel bonheur ! Mais ce voyage n’était pas encore terminé. Pour le reste c’était fini , une grande partie des mili­taires station­nés en Autriche allaient en permis­sion de Noêl et pour nous, c’était encore une fois l’at­tente.

J’ai mené une enquête afin de rencon­trer le Capi­taine Malen­fer, fils de madame Suzy Malen­fer que j’ai eu le bonheur de connaître. Mes recherches ne sont pas restées vaines. J’ai retrouvé le bureau de cet offi­cier et j’ai pu lui parler. Tout de suite je me suis fait connaître. Je lui ai dit que j’étais cet Alsa­cien « malgré-nous » que sa maman avait recueilli et lui ai exprimé
toute ma grati­tude à l’adresse de sa maman. Je lui ai trans­mis son bonjour et les embras­sades bien fortes qu’elle mani­fes­tait à son égard.
Entre temps la guerre froide a pris racine et je ne savais pas encore que je ne la rever­rai… plus jamais.

Suite à cette rencontre, le Capi­taine Malen­fer, nous a aidés : il a fait accro­cher notre wagon à bestiaux avec les 63 resca­pés, au train des permis­sion­naires à desti­na­tion de Stras­bourg.

Après l’avoir remer­cié chaleu­reu­se­ment au nom de mes cama­rades et de moi-même, nous nous sommes quit­tés avec des adieux émou­vants et sommes arri­vés en gare de Stras­bourg le 18 décembre 1945 à 6 heures du matin.

Démo­bi­lisé le jour même, après percep­tion d’un pécule de 1000.- FRS (anciens) j’ai repris le train pour Saverne où je suis arrivé à 16 heures.

J’étais enfin libéré.

Fernand Batzen­schla­ger Mémoires clôtu­rées le 25 janvier 2007

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