EX-VOTO A SON ANGE GARDIEN – Le témoi­gnage de René Jund

Commentaire (0) Les incorporés de force face à leur destin, Témoignages

 

Le cri du cœur d’un incor­poré de force, qui a eu la chance de retrou­ver son foyer. Pouvait-il se douter que 75 années plus tard . . . quelques charo­gnards repus ronge­raient les dépouilles blan­chies de ses cama­rades.

UNE PERIODE SANS AUCUNE BLESSURE, SANS L’OMBRE D’UN RHUME, PARMI SES CAMARADES MORTS EN NORMANDIE.

RECIT D’UN JEUNE HOMME ALSACIEN,

ENROLE DE FORCE DANS LES WAFFEN SS EN FEVRIER 1944.

 

 

JUND René est né le 07 août 1926 à STRASBOURG-NEUDORF

Enrôlé de Force dans l’ar­mée alle­mande le 08 février 1944 il avait alors 17 ans

Libéré fin juillet 1945

Son parcours débute en 1932 à l’école primaire de l’édu­ca­tion natio­nale française, il en garde une écri­ture soignée et une ortho­graphe rigou­reuse, un pur produit de l’école de la répu­blique que la France avait réin­tro­duit en Alsace Lorraine après la victoire de 1918. Comme tous les enfants des quar­tiers popu­laires le chemin de l’usine n’al­lait pas tarder et le voici devant la grande porte de la fabrique. Comme tant d’autres jeunes garçons des envi­rons, il sera apprenti élec­tro­mé­ca­ni­cien à 15 ans dans les ateliers de Graf­fens­ta­den, deux ans plus tard il remporte son CAP avec succès, le voilà armé pour la vie avec un solide bagage dans la poche.

Malheu­reu­se­ment depuis juillet 1940 les Alle­mands sont réap­pa­rus de ce côté du Rhin avec une nouvelle arro­gance et le senti­ment de supé­rio­rité qui les carac­té­rise depuis la honteuse capi­tu­la­tion de l’ar­mée la plus puis­sante d’Eu­rope. L’ad­mi­nis­tra­tion française avait dispa­rue, mais l’ad­mi­nis­tra­tion nazie veillait au grain. L’an­nexion « Illé­gale » de l’Al­sace et de la Moselle allait boule­ver­ser une exis­tence paisible, finie la jeunesse insou­ciante. Depuis 1918 ils avaient retrouvé leur natio­na­lité française, ils étaient à nouveau des habi­tants de l’hexa­gone et fiers de l’être. Fini les parties de pêche le long de l’Ill qui baigne de ses méandres pois­son­neuses le grand faubourg indus­trieux du Sud de Stras­bourg. Illkirch-Graf­fens­ta­den et sa « Fave­rick », les plus belles loco­mo­tives à vapeur sortaient de ses usines, on y trou­vait un travail bien rému­néré et des métiers nouveaux.

Le grand tour­billon de la guerre venait de s’amor­cer et son mouve­ment circu­laire l’en­traî­ne­rait malgré lui au fond de l’abîme. Mais pour lui et ses amis ils seraient du mauvais côté du front, dans les batailles les plus redou­tables pour un monde libre. Il avait à peine dix-sept ans et déjà le passage obli­ga­toire dans le RAD le condui­sit pendant trois mois dans la Ruhr. A peine sortis de l’en­fance on leur inculquait l’ordre et la disci­pline, on les endur­cis­sait au froid dans des baraques sans chauf­fage avec pour toute protec­tion une simple couver­ture de laine. Ils étaient à présent les jouets du Führer et de son abomi­nable « calife » Himm­ler, qui voulait en faire de parfaits petits soldats, ou de la chair à canon, comme les « Janis­saires » du monde Otto­man. Le gaulei­ter Wagner appliquait les direc­tives avec le zèle appuyé des compa­gnons de la première heure du Führer. Wagner était un des nombreux nazis fana­tiques depuis la créa­tion du parti, il avait parti­cipé au putsch de 1923 à Munich.

A la suite du RAD avec son endoc­tri­ne­ment et ses exer­cices d’ordre serré la bêche sur l’épaule, une courte permis­sion lui permit de revoir ses parents à Illkirch. L’ordre de mobi­li­sa­tion dans l’ar­mée alle­mande ne se fit pas prier et c’est avec trois de ses amis du faubourg qu’ils se diri­gèrent vers la caserne Mann­stein, direc­tion Oberhaus­ber­gen où les atten­daient les convois. Des hommes en armes jalonnent le chemin au cas où l’un ou l’autre se ravi­se­rait à faus­ser compa­gnie au Führer. Plusieurs centaines de jeunes Alsa­ciens nés en 1926 furent entas­sés, début 1944 dans les trains des « dépor­tés mili­taires », au mépris des plus élémen­taires règles huma­ni­taires signées en 1919 entre les nations, à la fin du 1er conflit mondial.

L’am­biance est lourde ils ne savent pas où ils vont être envoyés, certaines rumeurs circulent dans les wagons, on évoque la desti­na­tion de Stet­tin ou König­sberg en Prusse Orien­tale. En réalité ils ont compris, qu’il faut suivre les ordres hurlés par quelques sous/offi­ciers fana­tiques aux uniformes impec­cables, ne pas se soumettre équi­vau­drait à une réédu­ca­tion au camp de Schir­meck-Vorbruck, ou pire la dépor­ta­tion de toute la famille en Silé­sie, avec la spolia­tion de tous leurs biens en prime. Qui pouvait impo­ser une telle barba­rie à sa maman à sa petite sœur ou sa grand’ mère . . . Comme tant d’autres il s’est sacri­fié pour préser­ver d’ins­tinct, sa famille, d’autres l’ont fait pour proté­ger leur femme et leurs enfants. « Je n’avais jamais quitté Illkirch à part le RAD en Alle­magne, c’était la première fois que je voyais l’autre côté des Vosges ». Le train s’ébranle ils ne savent pas où ils vont, certains évoquent la Pologne d’autres Berlin. A la lecture des panneaux situés dans les gares ils comprennent qu’ils se dirigent vers le centre de la France. Le voyage s’éter­nise et c’est au bout de trois jours qu’ils arrivent près de Bordeaux, au camp de Souge.

Quelle ne fut leur surprise, ils sont incor­po­rés au milieu d’an­ciens de la SS, dans la redou­table Divi­sion Das Reich. Dépor­tés dans la SS . . . d’or­di­naire il fallait être volon­taire pour figu­rer dans cette forma­tion de fana­tiques nazis, eux n’avaient rien demandé et qui plus est ils étaient encore des civils Français, proté­gés par les accords de La Haye. Enca­ser­nés dans un gigan­tesque camp, au milieu des hommes à la répu­ta­tion sulfu­reuse, or René constate que ces derniers étaient des hommes ordi­naires avec leur quali­tés et leurs défauts, souvent sans initia­tives ils atten­daient « les ordres », la guerre en avait-elle fait des robots ? Le comble de l’iro­nie était que les anciens Waffen SS du régi­ment, tous des volon­taires, ne voulaient pas croire que les jeunes recrues venues d’Al­sace, n’étaient pas des enga­gés volon­taires . . .

Au camp de Souge, on leur avait enfin (après quinze jours) attri­bué des habits mili­taires, plus d’un des appe­lés était venu avec son seul costume, celui de commu­niant ou de confir­mant, avec les manches et les panta­lons trop courts, les boutons de la veste boudi­nant le torse. Des garçons ordi­naires, des garçons du peuple qui ne s’étaient même pas posés la ques­tion de la léga­lité de leur incor­po­ra­tion.

Après tout ils étaient jeunes et le dépay­se­ment était fort bien réussi, contrai­re­ment aux condi­tions inhu­maines dans le froid, de ceux qui avaient été appe­lés sur le front de l’Est. René prend quelques initia­tives dans la section concer­nant le ravi­taille­ment en victuailles et le voilà promu respon­sable de la cham­brée. Entre temps, ils avaient rejoint, avec leur unité, une grande caserne à Montau­ban. Au camp de Souge leur appren­tis­sage du dur métier de soldat se fit par une grande opéra­tion de salu­brité, en nettoyant les armes reve­nus du front Russe, les maté­riels de guerre, gisaient en vrac dans les camions souillés de boue et de sang. . . Leur unité le régi­ment der Führer à laquelle ils appar­tien­draient à présent avait été dure­ment touchée au cours des combats à l’Est. Déci­mée au deux tiers de ses effec­tifs en hommes et en maté­riels, les combat­tants étaient à présent au repos dans la douce et insou­ciante France qui s’était réfu­giée dans les bras du Maré­chal. Ils avaient emmé­nagé entre­temps dans l’école du village de Pujols sur Ciron, les lits super­po­sés remplaçaient les bancs des salles de classe, sombres présages.

Ainsi se passent les mois durant lesquels ils apprennent le métier, le « Drill » avec l’Un­ter­schar­fuh­rer (sergent) Jochum qui est parti­cu­liè­re­ment sévère, René apprend à obéir mais aussi à se rebel­ler ce qui ne doit pas déplaire à son sergent, ce dernier lui offre à boire un soir dans leur « foyer », René refuse de trinquer avec son tortion­naire, (einen Schwei­ne­hund . . .) mais le sergent lui fait comprendre (le travail c’est le travail . . . mais le schnaps c’est le schnaps !). Ainsi se déroulent les mois d’ins­truc­tion, René n’a qu’une obses­sion, il lui faut fuir de cet univers d’au­tant plus que les nouvelles sont très mauvaises. Son grand frère Alfred est tombé sous la mitraille le 9 avril 1944, sur le front de l’Est en pays Russe. Comme c’était la règle il avait solli­cité une permis­sion, mais elle fut fina­le­ment annu­lée pour cause de montée au front suite au débarque­ment du 6 juin en Norman­die. A la fois ravi et déçu par cette terrible nouvelle, il ne pourra pas conso­ler ses parents dans ses bras.

Malgré les condam­na­tions à mort pour tenta­tives de déser­tion, l’idée de fuir cet univers avec son enca­dre­ment fana­tique devient récur­rente. Les occa­sions ne manquent pas, plus d’une fois il eût pu se sous­traire à la surveillance de ses supé­rieurs, mais qu’ar­ri­ve­rait-il à sa famille ? Les nouvelles les plus alar­mantes se répan­daient entre Alsa­ciens « La Sippen­haft », menace suprême à l’en­contre des familles et du cercle proche, para­ly­sait toutes les tenta­tives d’éva­sion. Le jour­nal local les Neuens­ten-Nachrich­ten de Stras­bourg, signa­lait et publiait les déser­tions, les peines de mort et les mesures de rétor­sion appliquées à la famille. Qu’ar­ri­ve­rai-il à sa maman à son père et à ses grand parents s’il déci­dait de se cacher dans le maquis ? On spoliait même les biens jusqu’à l’ou­til de travail de la famille du déser­teur, la terrible sanc­tion pendait au-dessus de sa tête comme l’épée de Damo­clès. Ainsi du mois de février au mois de juin tout se passa dans un calme rela­tif, ils étaient bien nour­ris, seuls les cris des supé­rieurs et les entrai­ne­ments soute­nus leur rappe­laient leur condi­tion de mili­taires. Leur inter­ne­ment était loin d’être carcé­ral, ils dispo­saient de permis­sions de sortie et pouvaient se prome­ner libre­ment certains soirs dans la bour­gade. Maintes fois il eût pu déser­ter mais à chaque occa­sion il se souve­nait de la menace qui pesait sur la famille restée en Alsace. Les personnes exilées en Silé­sie ou a Schir­meck étaient citées dans les jour­naux locaux et rares furent ceux qui allaient tenter l’aven­ture, au risque de faire payer dure­ment aux siens, les envies de fuir l’ar­mée du Führer.

Vint le 06 juin 1944 avec le débarque­ment des alliés, ce fut un boule­ver­se­ment total, l’ordre de rejoindre la Norman­die leur fut donné le 8 juin à Montau­ban. Avec la onzième compa­gnie forte de 120 hommes dont envi­ron 40 Alsa­ciens qui eux n’avaient jamais connu la guerre, juchés sur leur SPW (Schüt­zen Panzer Wagen) les semi chenillés équi­pés quelques fois de canons anti chars ou anti aériens. Quatre sections de 30 hommes avec chacune sa spécia­li­sa­tion, ils allaient remon­ter vers les troupes améri­caines et Anglaises, sans encombre et sans accrocs sérieux avec la résis­tance. Il se souvient parfai­te­ment que leur chemin traversa le village de Saint-Junien, (de nombreuses familles alsa­ciennes y avaient été évacuées en 1939), une petite bour­gade près d’Ora­dour sur Glane, qu’il ne connais­sait pas encore . . .

Une seule fois le véhi­cule de tête s’était fait tirer dessus dans un village par des parti­sans, un soldat fut tué le comman­dant donna l’ordre au servant du canon anti-aérien de ripos­ter. Le convoi ne s’ar­rêta pas et ils arri­vèrent pour la plupart sains et saufs en Norman­die. C’est dans ces condi­tions que René fit connais­sance avec le pays Normand et la mer (qu’il verra quelques semaines plus tard, pour la première fois lors de sa salu­taire traver­sée vers l’An­gle­terre) !

Leur canton­ne­ment s’éta­blit fin juin dans une école à Lessay, dès les 4 et 5 juillet ils firent connais­sance avec le front, cela s’est passé à Vesly avec sa petite église construite sur un terrain légè­re­ment en terrasses. Dès le 7 juillet les premiers morts furent évacués du champ de bataille vers le canton­ne­ment, au moins quatre Alsa­ciens faisaient partie des malheu­reux offi­ciel­le­ment tombés près de la Haye-du-Puits, dont René Sorgius, André Rohr­bach, René Erb et Raymond Landen­wetsch, ils avaient en réalité essayé de s’éva­der en agitant vaine­ment un drapeau blanc . . . pétri­fiés dans leurs trous, sur leurs lignes de défense à l’ap­proche des Améri­cains. Mais les premières lignes de choc n’avaient pas la répu­ta­tion de faire des prison­niers, l’autre hypo­thèse de leur mort serait la sentence mortelle appliquée aux déser­teurs par la Waffen SS elle-même. Sorgius était un jeune homme de Rosheim, grand et élégant sur la photo, il avait de beaux cheveux roux bouclés, c’étaient les premiers morts dans sa section. Le baptême du feu avait fauché parmi d’autres, ces quatre jeunes hommes d’à peine 18 ans, le bal des vampires avec sa fanfare tragique avait commencé.

L’Al­sace était loin, l’in­sou­ciante jeunesse aussi, il était temps de se concen­trer sur la survie et coûte que coûte d’ap­pliquer les consignes qu’on leur avait apprises, creu­ser un trou indi­vi­duel, quel que soit l’état de fatigue, porter le casque d’acier en toute circons­tance et celles de s’abri­ter dans l’angle mort protec­teur d’un talus ou d’un monti­cule quel­conque. Toutes ces consignes lui avaient sauvé la vie, mais son ange gardien avait veillé sur lui et lui avait souvent évité le pire. Les trois premiers jours dans le secteur de Lessay-Périers-Coutances, furent un véri­table massacre, l’église de Coutances partiel­le­ment détruite gisait à terre, les victimes étalées dans les gravats, des images d’apo­ca­lypse hantent quelque fois ses souve­nirs. La chance encore la chance a voulu, que René soit affecté lors de ces terribles combats, à un char armé d’un canon long et heureu­se­ment inuti­li­sable dans le secteur. René est resté en retrait posté sur la colline avec le reste de l’équi­page, spec­ta­teur du carnage qui se dérou­lait en contre-bas. Les bombar­de­ments, les feux roulants d’ar­tille­rie et les mitraillages soute­nus allaient durer jour et nuit, venant de la mer, de la terre et du ciel. Une atmo­sphère irréelle dans un vacarme continu de défla­gra­tions. Le tout sous une petite pluie fine et perma­nente qui allait les engluer dans un bour­bier de glaise et de sang. Dans sa rage de survivre il se souvient d’avoir utilisé la plaque de signa­li­sa­tion du village de Périers, pour couvrir son trou d’homme creusé à la hâte pour la Xieme fois. La moitié de leur effec­tif fut anéanti en trois jours, des 120 hommes qui avaient quitté la région de Montau­ban une dizaine de jours aupa­ra­vant, il ne restait plus que 60 soldats. Parmi les premières victimes se trou­vaient ses cama­rades d’Ill­kirch, René Erb et Raymond Landen­wetsch, le troi­sième Lucien Kief­fer a disparu quelques jours après. René Sorgius cité plus haut et André Rohr­bach faisaient égale­ment partie du convoi mortuaire. Le cama­rade Laza­rus de Truch­ter­sheim eu moins de chance, mort d’un éclat d’obus ses cama­rades n’ont pas eu le temps ni l’oc­ca­sion de l’en­ter­rer digne­ment, sa dépouille est restée allon­gée pendant trois jours dans le SWP, l’ou­til prin­ci­pal de trans­port des Waffen SS. Cet engin qui était affecté unique­ment aux troupes SS, faisait d’eux des privi­lé­giés, il leur évitait de longues et épui­santes marches dans la boue et le crachin.

Une autre fois lors d’un réflexe spon­tané, alors qu’ils roulaient tranquille­ment vers l’ar­rière avec leur SPW, au milieu d’une prai­rie du bocage, bien en vue et pas de couvert à moins d’une minute, trois « jabos » Jagd-bombers, des avions améri­cains avec leurs étoiles sous les ailes, se sont diri­gés vers eux . . . assu­ré­ment c’était la fin. Le chauf­feur pris de panique ne savait plus quoi faire, alors René s’est emparé du fanion de la croix rouge qui traî­nait au fond du véhi­cule et debout sur le SPW dans un geste déses­péré il a agité le minus­cule bout de toile à l’ef­fi­gie de la croix rouge . . . le souffle coupé et au bout d’un temps qui lui parut une éter­nité les trois avions ont repris de l’al­ti­tude comme par miracle . . . Une fois de plus René avait eu raison de croire que tous les hommes n’étaient pas fonciè­re­ment mauvais, il fallait avoir la rage de survivre, quelques-uns priaient en secret, lui avait la baraqua et il ne le savait pas encore. Comme ce jour où il aidait un bran­car­dier à évacuer un cama­rade blessé, une équipe de GI postés bien en vue au bout d’un champ les obser­vais, sa foi dans l’hu­ma­nité lui a permis de conti­nuer leur route vers le salut, les améri­cains avaient aussi des prin­cipes. Une autre fois, avec un cama­rade ils ont eu l’oc­ca­sion d’em­pê­cher un viol, (le viol était puni de mort par les direc­tives mili­taires alle­mandes). Une jeune fille près d’une ferme était partie traire les vaches, ils ont observé de loin le manège de deux soldats en uniforme de la Wehr­macht, deux volon­taires Russes, qui l’avaient épiée et suivie. La malheu­reuse fut entraî­née vers un petit bosquet, mais René et son cama­rade dans leur uniforme de SS firent grande impres­sion sur les deux moujiks, la balle enga­gée dans le canon aussi. Le manège avait été observé par les gens de la ferme toute proche et la recon­nais­sance des parents de la toute jeune fille fut un rayon de soleil dans cette bouche­rie à ciel ouvert.

Les affron­te­ments étaient dantesques, la puis­sance de feu des bâti­ments de la marine améri­caine, conju­guée avec l’ar­tille­rie et les avions faisaient un barrage roulant de feu et de sang, les cama­rades étaient déchique­tés avant même qu’ils ne ferment les yeux, souvent le lende­main ils enter­raient une bouillie immonde et difforme. Trois fois déjà ils avaient essayé de fuir vers les lignes enne­mies, une fois vers minuit l’éva­sion échoua pour cause de corvée de ravi­taille­ment en muni­tions. Avec ses amis alsa­ciens ils étaient convain­cus qu’il valait mieux fuir en groupe pour s’entre aider en cas de pépin. Son affec­ta­tion d’homme de liai­son lui avait appris à se mettre à l’abri des tirs meur­triers, se dépla­cer constam­ment en crabe, ramper comme une taupe ne jamais se redres­ser, se méfier des snipers, de nombreux cama­rades ont laissé leur vie dans les chemins creux de Norman­die. Plus tard il revien­dra avec sa femme, dans ce bocage Normand pour essayer de comprendre où ils se trou­vaient et où étaient les lignes amies et enne­mies. Une petite église sur un petit promon­toire, celle de Vésly, lui était restée dans la mémoire, de cette période ou jour et nuit un vacarme suivi d’ex­plo­sions, de bruits de canons, d’avions et de bombar­de­ments, le tout servi avec les odeurs pesti­len­tielles des cadavres humains et des vaches gonflées qui jonchaient les prai­ries et les chemins creux. Cette période terrible où il ne savait comment faire pour fuir cet enfer, retrou­ver le clocher de son village, ce clocher que si peu de ses cama­rades d’in­for­tune ne rever­raient jamais plus. Que faisait-ils dans cette horreur, eux qui n’avaient rien demandé, pris dans les mâchoires d’un conflit qui les dépas­sait, avec un uniforme sur le dos qui les dési­gnait à une mort quasi certaine.

Vers fin juillet près de Mortain, René a décidé défi­ni­ti­ve­ment de tour­ner le dos aux alle­mands avec deux autres Alsa­ciens, Charles Daul de la Montagne Verte et Alfred Roser de Brumath. De la 11e compa­gnie et des 120 hommes qui la compo­saient, il ne restait plus qu’un groupe de 8 hommes sous les ordres du lieu­te­nant Joseph Lang, il fut tué le 30 juillet 44. Se cachant comme des bêtes sauvages, tapis dans les fossés, l’of­fi­cier qui diri­geait le groupe en leur faisant des signes avec ses bras, leur avait demandé de le suivre droit devant. C’est là qu’ils ont pris un chemin de traverse vers la droite, ils ne devaient plus jamais revoir le reste de leur groupe. Malheu­reu­se­ment à la fin de la colonne d’Al­sa­ciens se trou­vait un Alle­mand, ils n’ont eu d’autre choix que de l’en­traî­ner dans leur fuite, or ce dernier ne s’aperçut de rien, il suivait. Plus loin alors qu’ils venaient de rencon­trer un groupe de « Land­ser » de la Wehr­macht ils ont pu se débar­ras­ser de leur encom­brant cama­rade, au motif qu’ils devaient retrou­ver leurs armes cachées en bas de la colline.

René se souvient d’avoir quitté sa section ou ce qu’il en restait vers le 28 juillet, pour se retrou­ver le soir dans une ferme occu­pée par un couple de civils, des fuyards du bombar­de­ment de Saint-Lô. Deux jeunes agri­cul­teurs d’en­vi­ron trente ans, avec leurs jeunes enfants, deux fillettes de 8 à 10 ans, partis en toute hâte. Ils avaient trouvé deux vaches et quelques hardes et s’étaient réfu­giés, haras­sés dans cette ferme aban­don­née par leurs occu­pants.

La cachette leur fut offerte dans une grange recou­verte de tôle ondu­lée, on les ravi­tailla avec du lait et du pain. Méfiant René ne leur avoua pas tout de suite qu’ils étaient des évadés, ce n’est que le lende­main qu’ils se confièrent aux malheu­reux civils qui avaient tout perdu, sauf leur vie. La première nuit ils avaient déci­dés de faire des tours de garde mais la fatigue les a terras­sés et ils se sont réveillés dans la paille le lende­main matin le soleil était déjà bien levé, enfin libres. Une fois depuis leur cachette, ils ont pu obser­ver un groupe de soldats alle­mands de passage auprès des civils apeu­rés, qui ne les ont pas dénon­cés. Une autre fois alors qu’ils étaient cachés dans la paille un obus s’est abattu tout près d’eux. D’abord ce fut un bruit assour­dis­sant, suivi d’une vague de cailloux sur leur toit de tôle ondu­lée, les ense­ve­lis­sant sous la terre proje­tée par l’im­pact, personne dieu merci ne fut blessé lors de cet inci­dent. Ils sont restés trois jours dans cette grange ravi­taillés en nour­ri­ture par les civils normands, jusqu’à ce que les gentils agri­cul­teurs leur aient annoncé que les améri­cains avaient investi les lieux, c’est là qu’ils ont décidé de se montrer aux libé­ra­teurs avec leurs uniformes souillés et leur mines hagardes. Avant de se sépa­rer de leurs bien­fai­teurs ils coti­sèrent une belle somme d’argent en leur donnant la solde désor­mais inutile, ils n’en auraient certai­ne­ment plus besoin et les yeux des deux jeunes parents brillèrent de recon­nais­sance. Les Normands les escor­tèrent vers la troupe améri­caine, on les présenta à un offi­cier qui se mit à les inter­ro­ger sommai­re­ment et les fit conduire vers les arrières près de la mer. Incar­cé­rés dans un petit champ à peine encer­clé de barbe­lés, ils y rencon­trèrent leurs amis, Raymond Scheeck de Matzen­heim, avec Charles Daul et Alfred Roser, quelle joie de se retrou­ver sains et saufs avec les compa­gnons d’éva­sion. Ils s’étaient tous consti­tués prison­niers et furent envoyés à Colle­ville pour enter­rer les morts dans le futur cime­tière mili­taire des libé­ra­teurs. Depuis les impres­sion­nantes montagnes de cadavres, les victimes étaient iden­ti­fiées et inhu­mées indi­vi­duel­le­ment sous deux mètres de terre, le tout sous bonne garde d’un soldat améri­cain noir, qui véri­fiait soigneu­se­ment avec un stick étalon que la profon­deur régle­men­taire fut obte­nue.

Après deux ou trois jours ils furent embarqués à l’aube dans un Liberty-Ship pour rejoindre l’An­gle­terre en débarquant à Southamp­ton. Là ils furent accueillis par un offi­cier anglais qui les inter­ro­geât en alle­mand, leur histoire compliquée ne percuta pas dans l’es­prit du gradé anglais. Il proposa à René de s’en­ga­ger immé­dia­te­ment dans l’ar­mée du géné­ral de Gaulle pour la durée du conflit, mais celui-ci refusa de repar­tir dans l’en­fer qu’il avait vécu en disant ces mots « vous ne pouvez-vous imagi­ner d’où je viens, je vous propose d’y aller pendant huit jours et on verra si vous aurez envie d’y retour­ner ». L’of­fi­cier lui rétorqua « vous êtes un mauvais Français », ce fut le mot de trop et René explosa de fureur, il lui étala l’en­fer qu’il avait subi en élevant la voix, la misère qu’il avait vécu dans une armée enne­mie et l’injus­tice des propos impru­dents tenus par un planqué de l’ar­rière. Cela ne l’em­pê­cha pas quatre semaines plus tard de se porter volon­taire à la créa­tion d’une compa­gnie de para­chu­tistes et de s’en­ga­ger pour la durée de la guerre dans les Forces Françaises Libres du Géné­ral de Gaulle.

Mani­fes­te­ment il avait été « trié » car rapi­de­ment il fut trans­féré dans un camp de prison­niers alle­mands peuplé à sa grande surprise d’of­fi­ciers haut gradés, un « Sonder Camp ». C’était le jour anni­ver­saire de ses dix-huit ans, mais comme il était arrivé après les heures de repas il fut privé de nour­ri­ture ce jour-là, ce sont des choses qui ne s’ou­blient pas. Il ne resta pas long­temps dans cette désa­gréable compa­gnie on le trans­féra rapi­de­ment dans une villa Londo­nienne. Fort heureu­se­ment les auto­ri­tés anglaises étaient parfai­te­ment infor­mées de l’in­cor­po­ra­tion de force de la classe 1926 dans les Waffen SS. C’est là-bas qu’ils apprirent l’hor­rible massacre du village de Oradour sur Glane perpé­tré par une autre compa­gnie du régi­ment der Führer. Malgré l’in­sis­tance des enquê­teurs René ne put donner le moindre rensei­gne­ment sur une action qu’il ne connais­sait pas, les infor­ma­tions étaient verrouillées et ne circu­laient pas entre les diffé­rentes sections et compa­gnies. Quatre ou cinq offi­ciers dont un français les inter­ro­gèrent pendant quatre jours matin et soir sur le massacre d’Ora­dour dont ils n’avaient pas entendu parler. A la suite des inter­ro­ga­toires on les trans­féra dans un très grand hippo­drome près de Londres. Ils y rencontrent Azael le gérant du maga­sin de sport place de la cathé­drale à Stras­bourg, person­nage jovial et débon­naire qui main­te­nait une ambiance festive dans la grande tente mili­taire remplie d’Al­sa­ciens et de Mosel­lans, ainsi que René Zehr le coif­feur de Geis­pol­sheim. Seule la nour­ri­ture était à déplo­rer, on les trans­féra près d’Edim­bourg toujours dans un camp de toiles mili­taires, où la visite impromp­tue d’une comtesse française leur fit livrer des biscuits et des rasoirs.

Quelques jours se passent et les voici trans­fé­rés à Camber­ley près de Sand­hurst où 200 à 300 prison­niers français s’en­gagent dans les FFL, (Forces Françaises Libres). Après quelques semaines d’ins­truc­tion mili­taire française, ils furent affec­tés aux troupes d’oc­cu­pa­tion en Alle­magne, mais une quin­zaine dont René sont restés au camp de Camber­ley, leur mission sera de remettre en état une série de véhi­cules endom­ma­gés par la guerre. Ils y restèrent pendant un an jusqu’en juillet 1945, pour réem­barquer dans un bateau qui les ferait retra­ver­ser le chenal et remettre les pieds sur le sol de France.

Puis ce fut le passage du Chanel qui commença par son embarque­ment raté à Douvres, enca­serné avec la troupe anglaise pendant quelques jours et enfin la Manche le Pas de Calais et Paris. Il est rentré dans Paris le 15 juillet 1945 avec un uniforme Anglais applaudi par la foule, alors que quelques mois précé­dents il portait encore le dresse code des Waffen SS. On lui fit répé­ter cent fois la triste histoire des Incor­po­rés de Force Alsa­ciens et Mosel­lans, son appar­te­nance à la Waffen SS malgré lui, l’or­don­nance du Gaulei­ter Wagner, illé­gale et immo­rale, un chara­bia incom­pré­hen­sible pour les français de la victoire. Pour finir, le retour au foyer, ses parents auraient pu le croire mort d’après la lettre de son unité. Heureu­se­ment le hasard a voulu que sa propre lettre, postée depuis sa capti­vité à Londres via la Croix Rouge était arri­vée avant celle des alle­mands.

Il avait mûri, parti adoles­cent, il reve­nait en homme, à une semaine de ses 19 ans. Seul rescapé parmi les quatre cama­rades d’Ill­kirch, partis ensemble le 8 février 1944, affec­tés tous les quatre à la même onzième compa­gnie du régi­ment der Führer.

Au milieu des hour­ras de la victoire, son histoire à lui ne conve­nait pas au poli­tique­ment correct, les prin­ci­paux acteurs étaient tous morts et même pas enter­rés. Il valait mieux se taire et obser­ver, les résis­tants de la dernière heure, les héros, les témé­raires, ceux qui d’une manière ou d’une autre avait eux aussi échappé à la tempête. On se méfiait aussi de ceux que l’on évitait il y a peu au coin de la rue, leur chemise brune sur le dos et le sourire conqué­rant aux lèvres . . . Une jeunesse gâchée et beau­coup d’in­com­pré­hen­sion devant leur géné­ra­tion sacri­fiée, l’amer­tume aux lèvres ils ont pris la vie à bras le corps, pour oublier qu’ils avaient été les dindons de la farce.

Aujourd’­hui la révolte et le dégoût leur donne des nausées, quand ils lisent les « juge­ments et les sentences » des histo­riens paten­tés, qui n’avaient pas vu le jour avant 1950. Rien ni personne ne les auto­rise à répé­ter les âneries colpor­tées par quelques fana­tiques bleu blanc rouge, avides de vider leur fiel sur les « oubliés de l’his­toire ».

Récit ordi­naire d’un drame mal expliqué et très mal ensei­gné, témoi­gnages recueillis par Gérard MICHEL, président de l’OPMNAM (Orphe­lins de Pères Malgré-Nous d’Al­sace-Moselle)

 

 

 

Epilogue :

La vie ordi­naire ayant repris son cours, ce fut un long silence au regard de tout ce qu’il avait subi, sa route ne fut pas celle des vainqueurs, ni celle des résis­tants. Cette gros­sière injus­tice qui allait lui gâcher la vie pendant long­temps, il la refou­le­rait à l’in­té­rieur de son être. Lui qui avait eu la plus extra­or­di­naire baraqua au milieu du champ de bataille, durant une période où d’autres sont encore des enfants. Cette culpa­bi­lité non méri­tée et le senti­ment d’avoir été sacri­fié par la mère patrie fut le senti­ment collec­tif des survi­vants, il les empê­cha de se révol­ter pour clamer non seule­ment leur inno­cence mais surtout leur colère. On avait aban­donné les jeunes Alsa­ciens à l’ogre nazi, mais on allait les lapi­der parce qu’ils avaient revêtu cet uniforme abhorré, pour préser­ver leur famille. Comble d’ar­ro­gance ils eurent le culot de rentrer vivants.

On allait les condam­ner grâce au procès de Bordeaux, le simu­lacre de procès qui permit de culpa­bi­li­ser une région toute entière. Dès l’ou­ver­ture des débats, le Président Nussy de Saint Sens donna le ton en s’ex­cla­mant : « faites entrer les coupables ». Un fris­son d’hor­reur remonte le long de son échine quand il repense au jour où leur véhi­cule est passé dans le village de Saint-Junien ; et si les ordres avaient été de prendre la route d’Ora­dour . . . ?

Ainsi sur un coup de dés on devient un héros ou un assas­sin, par devant la barre d’un tribu­nal qui ne convoque même pas les supé­rieurs et les donneurs d’ordre de la Waffen SS, Lammer­ding, Weidin­ger, Oberg et Knochen sont morts dans un lit douillet. La règle du cochon payeur et du bouc émis­saire sera encore une fois appliquée aux « lampistes ». Une belle phrase dans la dépo­si­tion de la sœur de l’ins­ti­tu­teur d’Ora­dour au procès de Bordeaux, « . . et l’on eût exigé d’eux qu’ils fussent des héros . . ».

Quant aux cama­rades Alsa­ciens et Mosel­lans qui ont perdu la vie dans cette bouche­rie, qui s’est penché sur leurs tombes, qui a réclamé justice pour les jeunes vies sacri­fiées ? Un crime contre l’hu­ma­nité perpé­tré en toute impu­nité Qui a réclamé un « mea culpa germa­nique » ? Le Président alle­mand Gauck accom­pa­gné par François Hollande, sont venus dans les ruines d’Ora­dour, mais ils ont oublié de se rendre en Alsace Moselle, pour expri­mer « la repen­tance du peuple Alle­mand ». Dans sa réponse à la lettre d’in­vi­ta­tion de l’ADEIF en 2016, le Président alle­mand Gauck évoque les Alsa­ciens Mosel­lans et leurs « Impli­ca­tions » Vervi­ck­lun­gen dans les crimes de guerre ? Un comble d’iro­nie ; si je te pousse dans la rivière, je ne vais pas avoir le culot de te repro­cher d’être mouillé. Chez nous en France qui a pensé aux Alsa­ciens et aux Mosel­lans incor­po­rés de Force, qui a pris leur défense ? Le président Chirac sous la pres­sion de forces occultes, n’a pas voulu (ni osé) inau­gu­rer offi­ciel­le­ment le Mémo­rial dédié (si peu) à l’In­cor­po­ra­tion de Force en Alsace Moselle.

Schir­meck parlons-en, le camp de réédu­ca­tion tant redouté par les Alsa­ciens . . . dispa­rues les baraques en bois, dispa­rue la sinistre « Salle des fêtes et ses cellules du bunker au sous-sol », disparu le camp, dispa­rue la terrible mémoire des tortion­naires, dispa­rus les bâti­ments de la torture des expé­riences médi­cales et de la mort, effa­cées les traces de cette barba­rie qui avait terro­risé toute une popu­la­tion.

Un peu de respect s’im­po­se­rait aux victimes de ce camp de la mort, on ne peut faire dispa­raître Ausch­witz alors pourquoi le camp de Schir­meck – La Broque fut il rasé ?

Même le rouleau compres­seur tiré par les bras déchar­nés des réfrac­taires de l’In­cor­po­ra­tion de Force n’est plus là . . . Il trône aujourd’­hui au Stru­thof, parmi la mémoire des « dépor­tés ».

Mais que fait-il là-bas ? Qui a voulu éradiquer la mémoire de cette torture crimi­nelle, au service d’une idéo­lo­gie perverse. Les preuves et les effets de la terrible « Sippen­haft » étaient à Schir­meck sous nos yeux. Mais nous avons laissé le pouvoir aux charo­gnards, à ceux qui ne supportent pas d’en­tendre parler de cette page sombre. Une triste période qui les oblige à se regar­der, dans le miroir que leur présentent les enfants d’Al­sace et de Moselle.

A Colmar le président Sarkozy s’est fendu d’un discours coura­geux mais sans suites. Les prési­dents Mitter­rand, Hollande et Macron ne connais­saient que les chemins d’Ora­dour. Même le Président Gauck en grand huma­niste s’est penché sur les ruines du village martyr, en ajou­tant un peu de poudre perfide, il évoque l’im­pli­ca­tion des Alsa­ciens… ? Circu­lez, il n’y a rien à voir, sauf le regard perdu au loin­tain, d’un visi­teur assis sur les marches de la petite église de Vésly en Norman­die.

 

Illkirch-Graf­fens­ta­den le 25 août 2017

 

Témoi­gnage recueilli par Gérard MICHEL Président de l’OPMNAM (Orphe­lins de Pères Malgré-Nous d’Al­sace-Moselle)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *