L’Al­sace-Moselle et l’Etat français : un dialogue de sourds ?

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Le 14 mars 2007, Me Richard Lux avait adressé au président de la Répu­blique, une lettre dans laquelle il deman­dait que l’Etat français recon­naisse offi­ciel­le­ment sa respon­sa­bi­lité dans l’aban­don de l’Al­sace-Moselle en juin 1940 et dans l’in­cor­po­ra­tion forcée des Alsa­ciens-Mosel­lans dans l’Ar­mée alle­mande à comp­ter de 1942.

Il avait accom­pa­gné sa demande d’un « Mani­feste en réha­bi­lité des Alsa­ciens et Mosel­lans incor­po­rés de force dans les armées du IIIe Reich natio­nal-socia­liste alle­mand » (voir sur ce site : Une recon­nais­sance enfin offi­cielle ?).

Après deux autres lettres adres­sées à la prési­dence en 2007, Richard Lux a réitéré sa demande le 6 février 2009.

L’Al­sace et la Lorraine seront-elles enfin enten­dues par la Mère Patrie ?

Nico­las Mengus

Bernard Erne­wein, président de l’as­so­cia­tion des Orphe­lins de pères « Malgré-Nous » d’Al­sace-Moselle, souhaite réagir à la prise de posi­tion de Me Richard Lux et réaf­fir­mer le point de vue des son asso­cia­tion :

L’OPMNAM, l’ Asso­cia­tion des Orphe­lins de pères « Malgré-Nous » d’Al­sace-Moselle s’ asso­cie, mais pour partie seule­ment, à la demande en respon­sa­bi­lité de l’Etat colla­bo­ra­tion­niste français pour l’aban­don des Alsa­ciens-Mosel­lans en 1940 après la défaite éclair et humi­liante, puis la honteuse colla­bo­ra­tion encou­ra­geant Hitler à exiger toujours davan­tage dont l’in­cor­po­ra­tion de force dans les RAD-KHD en 1941, ensuite dans la Wehr­macht et les Waffen-SS à partir du 25 août 1942, mais aussi celle de la IVe Répu­blique qui laissa agoni­ser des milliers des nôtres dans les horribles camps russes, pendant et bien après la guerre.

Cette demande en respon­sa­bi­lité, l’OPMNAM l’a plusieurs fois présenté
au président de la Répu­blique et elle n’est pas étran­gère à sa posi­tion favo­rable pour la réali­sa­tion Mur des Noms (sans doute ailleurs qu’à
Schir­meck comme l’a laissé entendre le président du Syndi­cat Mixte du Mémo­rial, Alain Ferry), projet soutenu par le président de la Répu­blique Nico­las Sarkozy : « Ils ne doivent pas être aspi­rés par l’ou­bli. Grâce à vous, leurs noms figu­re­ront bien­tôt sur un monu­ment érigé en Alsace-Moselle. »

Mais là où nous diver­geons profon­dé­ment – et nous avions déjà réagi à
son «  Mani­feste en réha­bi­lité » – c’est lorsque Me Lux affirme que « toutes répa­ra­tions pécu­niaires ont été faites aux familles des 15 000 morts » (on estime en fait à 40 000 Malgré-Nous non rentrés) par André Bord, ce qui est une allé­ga­tion tota­le­ment erro­née et très large­ment répan­due.

NON, les préju­dices des Orphe­lins des vraies victimes de la barba­rie nazie, nos pères, n’ont été dédom­ma­gés par personne, ni par l’Al­le­magne, ni par la France, ni par la FEFA.
Ces 1 387€ – une répa­ra­tion pécu­niaire ? – ont concerné unique­ment les incor­po­rés de force ou leurs ayants droits.

LE TOUR DE PASSE-PASSE A CONSISTE A ATTRIBUER CES 1 387€ AUX VEUVES DES TUES OU A PARTAGER ENTRE LA FRATRIE DES ORPHELINS ET, DE PLUS, A FAIRE PASSER, DANS CE CAS PRECIS, CETTE OBOLE POUR UN SOLDE DE TOUT COMPTE : LA VIE D’UN ALSACIEN-MOSELLAN NE VAUT DONC QUE LE PRIX D’UN VELO !

Face à cette déplo­rable situa­tion et à la suite de 4 rejets du Bundes­tag depuis 2006, l’OPMNAM a déposé avec ses membres une requête auprès de la Cour Euro­péenne des Droits de l’Homme en mars 2008. Vis-à-vis du
Bundes­tag, « nous déplo­rons une indem­ni­sa­tion insuf­fi­sante ou
récla­mons une aide très géné­reuse ».

Du côté français, il n’y a pas de raison que nous soyons trai­tés autre­ment que les Orphe­lins de dépor­tés juifs ou de dépor­tés résis­tants. Comme eux nos pères ont été raflés par la Gestapo,dépor­tés, sous la menace de repré­sailles sur les membres du clan fami­lial par la loi de la Sippen­haft, ce qui ne fut pas forcé­ment le cas des 150 000 soldats juifs d’Hit­ler, dont certains furent des offi­ciers, des géné­raux, amiraux, Feld­mar­chal avec force promo­tions et déco­ra­tions.

M. Bord aurait été acclamé à l’as­sem­blée natio­nale, mais quand était-ce ? Et pourquoi à son époque, le statut de Dépor­tés mili­taires a-t-il été retiré aux Malgré-Nous ? A l’insu de son plein gré ?

Cordia­le­ment,

Bernard ERNEWEIN

Président fonda­teur de l’OPMNAM

orphe­lins­peres.malgre-nous@­wa­na­doo.fr

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