Les orphe­lins de Malgré-Nous et la FEFA

Commentaire (0) Actualité

 

Suite à la paru­tion d’un article inti­tulé « La Fonda­tion Entente Franco-Alle­mande change de format », dans les « Dernières Nouvelles d’Al­sace » du 30 janvier 2010, les asso­cia­tions d’or­phe­lins de Malgré-Nous réagissent. Nous repro­dui­sons ci-dessous leurs posi­tions, parfois diver­gentes, à savoir un commu­niqué de l’OPMNAM du 30 janvier 2010, d’une part, et, d’autre part, la motion votée le conseil d’ad­mi­nis­tra­tion de l’APOGA le 5 février 2010.

****** LA POSITION DE L’OPMNAM ******

– COMMUNIQUE de l’OPMNAM du 30 janvier 2010

OPPOSITION-DEFENSE de l’OPMNAM aux fonds secrets et au patri­moine de la FEFA,

L’OPMNAM, l’as­so­cia­tion des Orphe­lins de Pères « Malgré-Nous d’Al­sace – Moselle a fait oppo­si­tion-défense à la Fonda­tion Entente Franco-Alle­mande (FEFA) le 2 mars 2009 à hauteur de 4 millions d’€ à bloquer à la Caisse des dépôts et consi­gna­tions pour sa parti­ci­pa­tion au Mur des Noms en mémoire des 40 000 Malgré-Nous, incor­po­rés de force dans l’ar­mée alle­mande. C’est l’une des raisons pour laquelle la FEFA s’éver­tue à faire capo­ter le projet avec ici ou là quelques supplé­tifs.

Les auto­ri­tés alle­mandes solli­ci­tées pour ce projet depuis plus de 10 ans, pour elles un devoir moral car elles ne nous ont pas rendu les corps de nos fils, pères, oncles, époux…, après les crimes commis, se décharge sur la FEFA à laquelle d’après le Bundes­tag, la Chan­cel­le­rie, le minis­tère des affaires étran­gères, etc. ont été versés des moyens finan­ciers substan­tiels « erhe­bli­chen finan­ziel­len Mitteln ».

Ces moyens finan­ciers impor­tants et le patri­moine tenus secrets (article DNA de Claude KIEFLIN), mais aux alen­tours de plusieurs dizaines de millions d’€, nous confèrent le droit légi­time en tant qu’or­phe­lins des Malgré-Nous d’en connaître le montant de même que le bilan complet, pas seule­ment comp­table, des 250 millions de DM majo­rés des inté­rêts des place­ments finan­ciers, requête que nous venons de présen­ter ce 22 décembre 2009 à Monsieur le Préfet d’Al­sace, Préfet du Bas-Rhin, chargé de la surveillance et du contrôle de la mission attri­buée à la FEFA.

La Cour Euro­péenne des Droits de l’Homme le 12 mai 2009 confirma à l’OPMNAM cette indem­ni­sa­tion substan­tielle attri­buée par la RFA à la Fefa, tout en recon­nais­sant que «  les orphe­lins des Malgré-Nous n’eurent pas droit à répa­ra­tion ». En somme, adres­sez-vous à la FEFA.
Soyons clairs, c’est l’Al­le­magne qui a fait de nous des Orphe­lins d’un crime de guerre ; c’est à elle de répa­rer les préju­dices à la vie humaine de citoyens français.

Nous ne récla­mons rien pour nous à la FEFA, sauf 4 millions d’€ pour le Mur des Noms le long des allées d’ac­cès au Mémo­rial d’Al­sace-Moselle à Schir­meck, rassem­blant les iden­ti­tés gravées sous la commune du dernier domi­cile, en mémoire d’une géné­ra­tion sacri­fiée, pour un lieu de recueille­ment, de témoi­gnage histo­rique et de recon­nais­sance par la Nation.

Il n’y a pas de raison que le contri­buable soit le seul à payer et que d’autres se promènent en Alle­magne, en Afrique ou en Chine avec l’argent des Malgré-Nous et des Malgré-Elles qui ont perçu respec­ti­ve­ment une aumône de 1 387€ et de 400€ de la FEFA.

Quant à la France elle est cores­pon­sable pour cause de colla­bo­ra­tion avec les nazis.

Le Chef de l’Etat s’est déclaré favo­rable au Mur des Noms en 2008, de même que les Prési­dents des collec­ti­vi­tés terri­to­riales dès 2006.

Nous avons demandé à Nico­las SARKOZY et à Angela MERKEL, le 18 janvier 2010, de régler notre conten­tieux, une épine dans le pied de la récon­ci­lia­tion, lors du prochain sommet franco-alle­mand.

Bernard ERNEWEIN, Président de l’OPMNAM, orphe­lin d’un crime de guerre

* Contacts : 09.77.56.08.87 orphe­lins­peres.malgre-nous@­wa­na­doo.fr

****** LA POSITION DE L’APOGA ******

– Motion votée par le Conseil d’ad­mi­nis­tra­tion réuni à Colmar le vendredi 5 Février 2010

Les membres du Conseil d’ad­mi­nis­tra­tion de l’As­so­cia­tion des pupilles de la Nation, orphe­lins de guerre d’Al­sace, (APOGA), apprennent avec stupé­fac­tion, par la presse régio­nale, que « la Fonda­tion entente franco-alle­mande » va prochai­ne­ment modi­fier ses statuts et se donner de nouveaux objec­tifs dans le cadre du déve­lop­pe­ment de la coopé­ra­tion franco-alle­mande.

La construc­tion de l’Eu­rope est une noble tâche. Les orphe­lins de guerre y attachent d’au­tant plus de prix qu’ils ont payé un tribut parti­cu­liè­re­ment lourd en perdant un père ou une mère, voire les deux, en raison de la folie des nations en guerre.

Mais leur éton­ne­ment est grand : pour chan­ger subi­te­ment de registre dans l’uti­li­sa­tion des fonds versés par l’Al­le­magne en dédom­ma­ge­ment des préju­dices subis par les incor­po­rés de force, la Fonda­tion, prési­dée par Monsieur André BORD, doit proba­ble­ment consi­dé­rer que ce dernier chapitre est clos.

Or, les orphe­lins de guerre, fils et filles des 40.000 alsa­ciens mosel­lans morts ou portés dispa­rus entre 1942 et 1945, pupilles de la Nation, s’in­ter­rogent encore toujours sur le sens concret de leur soi-disant « adop­tion par l’Etat français ».
En quoi ont-ils été indem­ni­sés ou aidés ? Ils ont eu droit, certes, à quelques brou­tilles, notam­ment via les modiques sommes versées aux veuves par la Fonda­tion au début de sa créa­tion.
La Fonda­tion peut-elle se sentir quitte vis à vis d’eux ?
Se sent-elle quitte vis à vis des femmes du RAD et KHD après leur avoir octroyé géné­reu­se­ment 800 euros, alors qu’elle s’est consti­tuée un patri­moine dont on ne connaît pas la valeur ?

Les anciens incor­po­rés de force dispa­raissent les uns après les autres. Il est logique qu’ils songent au temps d’après. Mais l’his­toire de l’in­cor­po­ra­tion de force ne s’ar­rête pas avec eux. C’est ce que nous tenons à leur dire. En nous, à travers nous, le drame se perpé­tue.
C’est pourquoi, nous, orphe­lins depuis 65 ans ou plus, enten­dons être asso­ciés au deve­nir de la Fonda­tion, reven­diquons de siéger au nouveau conseil d’ad­mi­nis­tra­tion, au nom des victimes restées à tout jamais sur les champs de bataille et dont les familles se sont souvent senties aban­don­nées.

Nous avons un honneur à défendre, celui des oubliés, des dispa­rus, des sacri­fiés qui, aux yeux de beau­coup, n’ont jamais exis­tés et qui, à nos yeux, demeurent des êtres chéris.
La page ne peut pas encore être tour­née. Pour beau­coup qui ne savent encore rien de leur père porté disparu, le deuil n’est pas fait.

Colmar, ce 5 Février 2010

*Contacts : Bernard RODENSTEIN, président
03 89 41 06 00 b.rod@­free.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *