LIDNER Robert : Du camp de Schir­meck à la 2e DB en passant par la Wehr­macht

Commentaire (0) Les incorporés de force face à leur destin

 

Lidner_Robert_portrait.jpgMon père Robert Lidner est né à Kaysers­berg (Haut-Rhin) le 10 août 1918. Il était le cadet d’une famille de 6 enfants. Il fit sa scola­rité à l’école de Kaysers­berg et toute sa carrière profes­sion­nelle a eu lieu à la carton­ne­rie de Kaysers­berg.

Il effec­tua son service mili­taire à Nancy en 1938/39 dans les services de l’avia­tion à Essey-les-Nancy. Vint la débâcle de 1940. Il pu rejoindre son domi­cile à Kaysers­berg, en Alsace annexée.

Suite à l’ins­tau­ra­tion du service mili­taire obli­ga­toire instauré par les nazis, il eut l’obli­ga­tion de se présen­ter le 15 février 1943 au conseil de révi­sion de Kaysers­berg. Avec 19 autres jeunes, il refusa de s’y présen­ter ; ils furent arrê­tés le même jour et enfer­més dans la tour Kess­ler, tandis qu’un autre, Henri Jaeglé, était ce même jour emmené au camp du Stru­thof pour y être fusillé.

Les 19 jeunes gens furent enfer­més au camp de Schir­meck et mon père trans­féré dans un bataillon disci­pli­naire d’in­fan­te­rie. Il a connu les champs de bataille de Yougo­sla­vie, puis de Russie où il a rencon­tré deux autres Kaysers­ber­geois, Jean Baldin­ger et Jean Bent­zin­ger, qui sont tous les deux reve­nus de la guerre.

Prés de Sébas­to­pol, mon père a été blessé par des éclats d’obus et a été soigné à Vienne. De retour sur le front de l’ouest, il s’est rendu volon­tai­re­ment aux Améri­cains prés d’Aix-la-Chapelle. Après le passage par un centre de tri de prison­niers, il s’est engagé pour le reste de la guerre et a parti­cipé avec la 2e DB à la libé­ra­tion de communes au nord de Stras­bourg et jusqu’à Berch­tes­ga­den. Se retrou­vant parmi les troupe d’oc­cu­pa­tion en Alle­magne, il fut démo­bi­lisé en novembre 1945.

Il a alors repris sa place à la carton­ne­rie de Kaysers­berg et a épousé ma mère Yvette Cabannes, origi­naire de Tours, le 20 juillet 1946.

Mon père à été décoré au cours de 50 années suivantes de la médaille mili­taire, la médaille des Dépor­tés, de la croix du Combat­tant, de la médaille des Réfrac­taires, de la médailles des Bles­sés, de la Légion d’hon­neur à titre mili­taire, de la médaille de la Recon­nais­sance de la nation ; il était en outre pendant 30 ans porte-drapeau.

Il est décédé subi­te­ment le 18 novembre 2002 à la suite d’une rupture d’ané­vrisme.

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Les conscrits de la classe 1918/1938. De droite à gauche : NN (avec le tambour), NN, NN, Robert Lidner, Lucien Mergel, avec l’ac­cor­déon Jean Baldin­ger, NN, NN, NN, NN (l’en­fant tenant le drapeau).

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Septembre 1982, photo prise par une équipe de FR3. Malheu­reu­se­ment le film n’est plus dispo­nible à FR3. De droite a gauche : Jean Kieny, Robert Hilten­fink, la fille de Henri Jaeglé qui avait été fusillé au Stru­thof, Schwin­den­ham­mer, Lucien Mergel, Jean Baldin­ger, Jean Bent­zin­ger, Robert Lidner, NN.

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Devant la tour Kess­ler à Kaysers­berg. De droite à gauche : Robert Lidner, Jean Picha, Robert Hilten­fink, Jean Kieny, la fille de Henri Jaeglé, NN, Jean Bent­zin­ger, Schwin­den­ham­mer, NN.

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