Mur des Noms : une polé­mique pour quoi faire?

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Alors que certains avancent des chiffres fantai­sistes au sujet des Alsa­ciens présents dans la divi­sion blin­dée Waffen-SS « Das Reich » (on se réfère souvent au livre Entre deux fronts en omet­tant de citer les passages réfu­tant ces mêmes chiffres), voilà que d’autres remettent en cause la probité du comité scien­ti­fique respon­sable du futur Mur des Noms des victimes alsa­ciennes et mosel­lanes durant la Seconde Guerre mondiale – un projet vieux de dix ans (à l’époque, il devait concer­ner exclu­si­ve­ment les 30400 « Malgré-Nous » non-rentrés).

S’il est vrai que l’en­ga­ge­ment forcé dans une unité Waffen-SS n’ap­pa­raît pas sur le recen­se­ment mis en ligne par la Région Alsace – c’est regret­table du point de vue histo­rique -, ce n’est certai­ne­ment pas pour tenter de masquer un fait large­ment média­tisé. Et pour­tant l’ar­gu­men­taire des détrac­teurs du « Mur » repose sur ce constat et pose la ques­tion suivante : se pour­rait–il que parmi ces « Malgré-Nous » se trouvent des crimi­nels de guerre? Et de citer la « Sturm­bri­gade Dirle­wan­ger » à la répu­ta­tion désas­treuse ou, bien entendu, la « Das Reich » surtout connue pour les atroces tragé­dies de Tulle et d’Ora­dour.
S’il est vrai que l’en­ga­ge­ment forcé dans une unité Waffen-SS n’ap­pa­raît pas sur le recen­se­ment mis en ligne par la Région Alsace – c’est regret­table du point de vue histo­rique -, ce n’est certai­ne­ment pas pour tenter de masquer un fait large­ment média­tisé. Et pour­tant l’ar­gu­men­taire des détrac­teurs du « Mur » repose sur ce constat et pose la ques­tion suivante : se pour­rait–il que parmi ces « Malgré-Nous » se trouvent des crimi­nels de guerre? Et de citer la « Sturm­bri­gade Dirle­wan­ger » à la répu­ta­tion désas­treuse ou, bien entendu, la « Das Reich » surtout connue pour les atroces tragé­dies de Tulle et d’Ora­dour.


Article paru initia­le­ment dans L’Ami hebdo daté du 2 avril 2017.


Mais appar­te­nir à une unité crimi­nelle fait-il auto­ma­tique­ment de vous un crimi­nel ? Qui peut dire où se trou­vait tel indi­vidu au moment des faits ? Comment établir sa respon­sa­bi­lité indi­vi­duelle ? Concer­nant plus spéci­fique­ment Oradour, nous connais­sons le rôle des « Malgré-Nous » (cf. notre maga­zine Compren­dre… l’in­cor­po­ra­tion de force n°3 paru en 2014 et le n°5 à paraître en 2017), or certains estiment néces­saire d’enquê­ter à nouveau sur les Alsa­ciens qui y étaient. Des enquêtes ont pour­tant été menées de 1944 à 1953 (procès à Bordeaux, 1953), à la fin des années 70 (procès de Heinz Barth, 1983) et au début des années 2000 (procès de Werner Chris­tu­kat, 2015).

Inves­ti­ga­tions et procès se sont soldés par des non-lieux, des peines de mort annu­lées, des peines de prison écour­tées ou (pour les seuls « Malgré-Nous ») une amnis­tie. Les détrac­teurs du « Mur » souhai­te­raient-ils une révi­sion du/des procès d’Ora­dour? Face aux faits, cette polé­mique s’avère stérile. Elle a été rendue possible par les fantasmes et les suspi­cions que la Waffen-SS conti­nue parfois de géné­rer. Les Hommes sont-ils donc inca­pables de faire la paix sur les tombes ?

Nico­las Mengus

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