Moselle

Émotion et révolte lors du débat sur “Les Malgré-Eux"

Dossier composé par Joseph Sprunck et transmis par Fernand Foeglé

lundi 3 décembre 2012 par Nicolas Mengus

La section de Bitche de la Société d’histoire et d’archéologie de Lorraine, présidée par Joël Beck, a organisé la projection en avant-première du film “Les Malgré-eux” de Bruno Cohen à la salle Cassin de Bitche.
Sa projection a suscité beaucoup d’interrogations, d’émotion, mais aussi de la révolte parmi les nombreux spectateurs, surtout chez les fils de Malgré-Nous dont les pères ne sont pas revenus.
Lors du débat, animé par Joseph Antoine Sprunck, Bruno Cohen explique que c’est à la demande du Conseil Général de la Moselle que ; depuis quatre ans, chaque année, il réalise un film sur la période 1939-1945. Le premier fut L’évacuation, le second la résistance, le troisième, de gré et de force, le quatrième les Malgré-Nous, les deux derniers traiteront, la vie dans le Reich, et le dernier la libération.


Ci-dessus : Bruno Cohen, Thérèse Scheidt et Fernand Foeglé répondent aux question des spectateurs.

L’’esprit européen

Ces films sont surtout destinés à être diffusés sur les chaînes de télévision et dans les établissements scolaires. “J’ai constaté que tous ceux qui ont souffert durant la dernière guerre et surtout pendant l’annexion sont maintenant très européens. Chaque personne a sa propre histoire. Après la guerre, beaucoup ont honte de raconter ce qu’ils ont vécu, et maintenant ils racontent, ils libèrent leur parole. C’était une période très dure pour les Mosellans, car en Moselle il y avait 300 agents de la Gestapo, alors que dans les autres départements, 50 officiaient. Les souffrances engendrées durant l’annexion en Moselle ne sont pas encore oubliées par les familles.” Un fils de Malgré-Nous de Sarreguemines, dont le père n’est pas revenu, se demande encore aujourd’hui pourquoi la France et l’Angleterre, qui ont déclaré la guerre à l’Allemagne, n’ont pas fait la guerre entre 1939 à 1940. "Ils ont attendu l’armée allemande sur la frontière où les militaires s’amusaient et brûlaient les meubles des réfugiés.”

Travailler pour un timbre-poste

Thérèse Scheidt, Malgré-Elle dès l(âge de 16 ans a “gagné par jour de travail 20 Pfennigs, la valeur d’un timbre-poste à l’époque” avoue-t-elle. Pour Fernand Foeglé, fils de Malgré-Nous, dont le père n’est pas revenu, “Incorporer de force les Mosellans et les Alsaciens, est un crime. Cela était possible, car la France a collaboré avec l’Allemagne.” Raymond Colling, qui avait deux frères incorporés de force, avoue qu’il “n’a pas encore oublié cette période 1939-1945. Chaque fois que je vois à la télévision des populations fuir la guerre avec le strict minimum, je suis ému aux larmes” Un habitant de Bitche, originaire de Lyon, “ne connaissait pas ce problème de malgré-eux, et ce film lui a permis de découvrir cette situation.”dit-il. Pour Marie-José Lang, de Bitche, fille de Malgré-Nous, “ce film de 26 minutes a été très bien conçu et relate très bien la situation des Malgré-eux.”


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