FATH Georges, mort en captivité soviétique à Buchenwald

Texte composé par N. Mengus d’après le dossier constitué par Bernard Fath, fils de Georges Fath

mardi 9 avril 2013 par Nicolas Mengus

Georges Fath est né le 9 août 1902 à Ringendorf (Bas-Rhin). Ses parents sont Georges Fath (* Printzheim 14.11.1881 + 1952) et Catherine Mattern (* Ringendorf 7.12.1879 + 1932). Epoux de Anne Marie Mehl (* 27.9.1908 + 29.9.2005) ; 3 enfants.

Versé d’office dans la gendarmerie allemande

Georges Fath est domicilié de 1932 à 1941 à Bruyères (Vosges) dans l’enceinte de la caserne des Gardes républicains (Quartier Humbert), date de sa démobilisation à Vichy en tant qu’Alsacien. Face au risque d’expropriation et de déportation de sa famille en Pologne, il retourne à Bruyères, puis en Alsace, à Issenhausen. Il est ensuite convoqué par l’Arbeitsamt de Strasbourg qui, en tant qu’ancien de la Garde républicaine, l’intègre d’office à la gendarmerie allemande ; il est affecté à Holtzheim, près de Strasbourg, jusqu’en 1942. Puis il est incorporé de force dans les Polizei-Truppen de l’armée allemande. En formation à Freiburg im Breisgau (Bade), il est affecté à Gera/Langenberg (Thuringe).

Les dernières nouvelles

Il passe une permission à Holtzheim en avril 1943. Ce sera la dernière. Ce sera aussi la dernière occasion de prendre des photos en famille.

En mars 1944, Marie Fath et ses enfants retournent à Issenhausen chez ses parents et son frère.

La dernière affectation connue de Georges Fath est la police de Schwerzsenz/Posen (auj. Poznan, Pologne). D’après le témoignage de Joseph Aubertin (janvier 1946), il a été vu pour la dernière fois le 24.1.1945 devant Schwerin an der Wartha. Il aura probablement fait prisonnier comme membre d’une unité de l’armée allemande - Einheit Bergmann (en fait Sonderverband Bergmann) - par les Soviétiques.


Ci-dessus : Les dernières photos réalisées lors d’une permission à Holtzheim en 1943.

Sowjetische Speziallager n°2

Comme beaucoup d’incorporés de force non-rentrés, les recherches entreprises par la famille restent vaine. Le 14 mars 1960, le Tribunal de Grande Instance de Strasbourg le déclare « mort pour la France » et le jugement déclaratif de décès est retranscrit à l’état-civil de Holtzheim le 25 mai 1960.

Entretemps, un prisonnier libéré à la fin du mois de janvier 1950, Peter Rassmann, témoigna que Georges Fath avait été interné à une date inconnue dans le Speziallager n°2 créé en 1945 par les Soviétiques dans les bâtiments et baraques du camp de concentration national-socialiste de Buchenwald, près de Weimar (Thuringe).

Onze ans plus tard, en 1961, un autre prisonnier de guerre libéré, Rudolf Niemczyk, témoigna que Georges Fath était décédé en 1949 des suites d’une pneumonie.

C’est donc à Buchenwald (Thuringe) qu’est décédé Georges Fath, le 5 août 1949 au Sowjetsiche Speziallager n°2 qui fonctionna de 1945 à 1950. L’histoire de ce camp a bien sûr été passée sous silence par les autorités soviétiques et la RDA. En 1951, une grande partie fut détruite pour laisser la place à un ensemble monumental élevé à la mémoire de la résistance anti-fasciste (inauguré en 1958). Ce n’est qu’après la réunification allemande et la chute du Mur de Berlin que la mémoire des quelque 7113 morts (chiffre donné par les statistiques soviétiques) a pu être honorée entre 1990 et 1995 ; un musée retraçant l’histoire du camp spécial soviétique a été construit entre 1995 et 1997.


Ci-dessus : Bernard Fath a pu se rendre sur place en 2004 et qu’il a pu se recueillir en mémoire de son père mort en captivité 4 jours avant son 47e anniversaire, le 5.8.1949, et 6 mois avant la fermeture du camp spécial n°2.


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