Oradour-sur-Glane et les incorporés de force

Malgré-Nous : Robert Hébras, survivant d’Oradour, blanchi par la Cour de cassation

Article des « Dernières Nouvelles d’Alsace » mis en ligne le 16.10.2013 et transmis par Yves Scheeg

mercredi 16 octobre 2013 par Nicolas Mengus

La Cour de cassation a annulé mercredi la condamnation de Robert Hebras, qui avait émis un doute sur le caractère forcé de l’enrôlement des Malgré-Nous ayant pris part au massacre d’Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne), dont il est l’un des rares survivants.

M. Hébras est définitivement blanchi par la justice française, puisque la Cour a purement et simplement annulé l’arrêt de la cour d’appel de Colmar le condamnant à verser un euro de dommages et intérêts et 10.000 euros au titre des frais de justice à deux associations de Malgré-Nous, sans ordonner le renvoi du dossier devant une autre cour d’appel.

Dans son livre « Oradour-sur-Glane, le drame heure par heure », publié pour la première fois en 1992, Robert Hébras écrivait notamment que, « parmi les hommes de main, il y avait quelques Alsaciens enrôlés soi-disant de force dans les unités SS ».

Il avait toutefois nuancé ce propos dans les éditions suivantes, publiées à partir de 2004, mais en 2008-2009, un nouveau tirage avait repris la première version, entraînant la plainte en diffamation de deux associations de Malgré-Nous alsaciens.

Déboutées en première instance à Strasbourg en octobre 2010, elles avaient obtenu gain de cause en appel.

Dans son arrêt, la 1re chambre civile de la Cour de cassation a estimé que les propos litigieux, « s’ils ont pu heurter, choquer ou inquiéter les associations demanderesses, ne faisaient qu’exprimer un doute sur une question historique objet de polémique, de sorte qu’ils ne dépassaient pas les limites de la liberté d’expression ».

« M. Hébras, qui ne nourrit pour sa part aucune querelle personnelle contre les Alsaciens enrôlés de force dans l’armée allemande, se réjouit de cette décision qui, dans la ligne constante de la jurisprudence, contribue à renforcer la liberté d’expression dans notre pays », a réagi dans un communiqué son avocate devant la Cour de cassation, Me Françoise Thouin-Palat.

« Comme l’a voulu le général de Gaulle, le souvenir d’Oradour-sur-Glane ne doit pas s’éteindre », ajoute le texte.

Oradour-sur-Glane, village du Limousin, a été le théâtre le 10 juin 1944 d’un massacre perpétré par une compagnie de la division SS Das Reich, qui fit 642 morts, dont 247 enfants. Parmi les SS figuraient des Alsaciens et Mosellans enrôlés de force par l’occupant allemand.

Le président François Hollande et son homologue allemand Joachim Gauck s’étaient rendus le 4 septembre à Oradour, où ils avaient écouté et réconforté Robert Hébras.


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