Bernard Aman : un Alsacien qui a libéré la France

Article paru dans le « Républicain Lorrain » du 16.9.2015, transmis par Chantal Durlewanger

jeudi 17 septembre 2015 par Nicolas Mengus

Bernard Aman est né en Alsace. En pleine Seconde Guerre mondiale, il a tout fait pour se soustraire à l’uniforme allemand et participer à la libération de la France. Un courage qui lui vaut aujourd’hui la médaille des Évadés.

Le 20 novembre 1927, Bernard Aman naît à Hagenthal, dans le Haut-Rhin. Une jeunesse dans une famille alsacienne comme tant d’autres. Un père tuilier, une maman au foyer pour s’occuper des Bernard, son frère et ses deux sœurs. Le rythme est bercé par l’école, la maison et les jeux en campagne.

Arrive l’occupation allemande, Bernard va devoir se plier aux ordres de la nouvelle administration germanique.

« À l’âge de quinze ans, en 1942 j’ai dû choisir le métier que j’allais exercer, confie-t-il. J’avais le choix entre les Chemins de Fer, la Poste ou ce qui allait devenir l’ONF. Ainsi je suis devenu postier avec d’autres camarades ! ».

L’évasion de son frère Joseph le 6 mars 1943, pour se soustraire à l’incorporation de force, déclenchera toute une suite d’événements pour le jeune alsacien, soucieux de se soustraire à l’uniforme « Feldgrau ».

Quelles ont été pour vous les répercussions de cette évasion ?

Bernard AMAN : « Avec mes parents et mes sœurs, nous avons été déportés au camp SS de Schelklingen, dans le Bade Wurtemberg actuel. Puis j’ai été transféré à Laïchingen, dans le Wurtemberg. Depuis ce camp, j’ai été incorporé le 4 mai 1944 dans les unités paramilitaires, et renvoyé dans mes foyers le 11 septembre ».

Il s’agissait d’une quasi-libération, non ?

B. A. : « J’avais volontairement omis de préciser que Hagenthal se situait en « Elsass », ce qui n’a pas posé de problème pour la délivrance du bon de transport ! J’ai profité d’un dispositif concernant seulement les familles ne pouvant regagner leur domicile à la suite des bombardements et devant rejoindre une nouvelle adresse. J’ai quitté l’Allemagne avec la bénédiction des autorités ! »

La suite de votre périple n’a pas été de tout repos.

B. A. : « Non, car dans la nuit du 11 au 12 septembre 1944, les bombardements n’ont pas cessé, bloquant notre train, près de Stuttgart. Puis à Mülhein, en Bade, nous avons été à nouveau stoppés. J’ai pris la décision de poursuivre à pied pour arriver à Hagenthal dans la soirée, où j’ai trouvé refuge chez un oncle. J’étais fermement décidé à rejoindre le maquis de Haute-Savoie pour me mettre au service de la libération de notre pays ».

La frontière suisse était bien surveillée ?

B. A. « Un pays neutre, clôturé presque hermétiquement ! Les gardes et les sentinelles y patrouillaient en permanence, accompagnés de chiens. À cette période, les autorités suisses refoulaient les fugitifs et les déserteurs. Caché à Saint-Louis, j’étais informé sur la possibilité de traverser. La réussite de mon projet était obligatoire pour ne pas faire prendre de risques à ma famille ».

Vous auriez dû vous retrouver dans la Wehrmacht ?

B.A. : « Oui. Le 5 octobre 1944, mon ordre d’appel pour servir au 5e Bataillon de chars d’Augsbourg est arrivé dans la famille qui m’abritait. J’ai immédiatement mis mon évasion à exécution pour éviter toutes représailles envers mes proches. Ce même jour vers 17 h, j’ai pris la clé des champs ! Aidé par mon oncle et son fils, j’ai pu franchir non sans mal le réseau de barbelés à la pointe de Benken, évitant de justesse une sentinelle allemande et son chien ! ».

Un grand pas de franchi vers votre mission future.

B.A. : « J’ai été rapidement repéré par un garde suisse et incarcéré puis conduit à la prison de Liesthal, et dans un camp de réfugiés. Après un petit séjour en internement militaire et en prison, j’ai été transféré en camp de quarantaine à Lausanne. Autorisé à regagner la France, j’ai pu enfin servir mon pays pour sa libération ».

Bernard Aman servira dans les FFI de Haute-Savoie, du Haut-Rhin puis dans les Volontaires du Rhin. Après la guerre, il deviendra receveur des Postes à Shorbach, Lixheim, Lutzelbourg et Soultz-sous-Forêts avant de prendre sa retraite à Sarrebourg en 1987, en compagnie de Marthe, son épouse.

Le 2 juillet 2015, il a reçu la médaille des Évadés, une décoration qui fait aujourd’hui sa fierté.

Source : http://www.republicain-lorrain.fr/edition-de-sarrebourg-chateau-salins/2015/09/16/bernard-aman-un-alsacien-qui-a-libere-la-france


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 1031 / 1529508

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Actualité  Suivre la vie du site Revue de presse   ?

Site réalisé avec SPIP 3.0.17 + AHUNTSIC

Creative Commons License

Visiteurs connectés : 22