Un Stras­bour­geois de la « Char­le­magne »

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img164.jpg Autant que l’on sache, cet homme était origi­naire de Stras­bourg et a fait partie de la douzaine de Waffen-SS français exécu­tés à Bad Reichen­hall le 8 mai 1945.

Merci pour tout rensei­gne­ment complé­men­taire qui pour­rait nous en apprendre plus sur son parcours et les raisons de sa présence dans la divi­sion « Char­le­magne ».

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Préci­sions sur le contexte de l’exé­cu­tion aima­ble­ment trans­mises par Michaël Fuchs:

J’ai effec­tué des recherches quant à cette date du 08 mai, et les circons­tances encore floues sur les condi­tions dans lesquelles cet évène­ment a eu lieu. J’avance lente­ment, mais a priori seuls 11 cadavres avaient été exhu­més en juin 49 ; voici un extrait du témoi­gnage du Père Maxime GAUME, servant à la 2°DB:

« Après que la déci­sion eut été prise à l’état-major de la divi­sion de fusiller les prison­niers sans juge­ment, le père Fouquet, aumô­nier divi­sion­naire, me donna l’ordre d’as­sis­ter ceux-ci dans leurs derniers moments. Le jeune lieu­te­nant qui reçut l’ordre de comman­der le pelo­ton d’exé­cu­tion n’ap­par­te­nait pas d’ailleurs à mon unité et était complè­te­ment affolé d’avoir à exécu­ter un pareil ordre, se deman­dant même s’il n’al­lait pas refu­ser d’obéir. Il réso­lut alors de faire au moins tout ce qui était en son pouvoir pour adou­cir les derniers instants des victimes et commu­nia même avec eux avant l’exé­cu­tion.

Les onze hommes avaient été amenés en camion de Bad Reichen­hall où se trou­vait l’E.M. de la 2e DB, jusqu’à Karl­stein. Un seul refusa les secours de la reli­gion ; trois d’entre eux décla­rèrent n’avoir aucun message à faire trans­mettre à leur famille. La fusillade se fit en trois fois : par groupe de quatre, de sorte que les derniers virent tomber leurs cama­rades sous leurs yeux. Tous refu­sèrent d’avoir les yeux bandés et tombèrent brave­ment aux cris de « Vive la France ».

Parmi les quatre derniers se trou­vaient le lieu­te­nant Brif­faut et, proba­ble­ment, le soldat Payras. Confor­mé­ment aux instruc­tions reçues, je lais­sai les corps sur place, mais je m’adres­sai à des soldats améri­cains canton­nés dans les envi­rons, leur recom­man­dant d’en­ter­rer les corps, ce qui fut fait quelques jours plus tard. »

Voici ce qu’a écrit Eric LEFEBVRE à ce sujet :

« Le 7 ou 8 mai 1945, vers 17 heures, trois pelo­tons d’exé­cu­tion abattent l’un après l’autre trois groupes de quatre français en uniforme alle­mand, à une ou deux excep­tions près celui des Waffen-SS. Chacun de ces pelo­tons a été fourni par une section de combat (celles des sous-lieu­te­nants Floren­tin, Bell et Morvan) de la 4° compa­gnie du Régi­ment de Marche du Tchad, corps orga­nique de la 2° DB. Une compa­gnie formée à partir d’un esca­dron FFI recruté à Paris en 1944 en inté­grant un pelo­ton de la Garde Répu­bli­caine.
Pour l’exé­cu­tion a été choi­sie une petite clai­rière joux­tant le chemin de Kugel­bach, sur le terri­toire de la commune de Karl­stein, limi­trophe de la petite ville de Bad Reichen­hall, en Haute Bavière, non loin de l’Ober­salz­berg. Les 12 hommes ont été véhi­cu­lés jusque là en jeeps, deux par véhi­cules, comme cela a été rapporté 30 ans après les faits par le capo­ral-chef Jean Gabriel Auvray, qui appar­te­nait à la section Floren­tin. Selon lui, tous refusent d’avoir les yeux bandés.
Les 12 Français appar­tiennent à la 33. Waffen Grena­dier Divi­sion der SS « Char­le­magne » et tous ou presque au régi­ment de marche commandé par un offi­cier suisse aléma­nique, le SS-Obers­turm­bannfüh­rer Hein­rich Hersche. Ce régi­ment est parti cinq semaines plus tôt du camp de Wild­fle­cken, en Fran­co­nie, pour rejoindre le reliquat de la divi­sion rassem­blée dans le Meck­lem­bourg après avoir échap­pée de Pomé­ra­nie. Inté­grant lui-même quan­tité de resca­pés de ces combats, quelque­fois bles­sés, le régi­ment Hersche, fort de 1.200 hommes, a dû fina­le­ment prendre le chemin du sud. A la suite de quelques nouveaux combats livrés par néces­sité contre les troupes améri­caines, i la été dispersé en Bavière, la plus grande partie de ses unités parve­nant à gagner à pied la province de Salz­bourg, voire à fran­chir le Bren­ner.
Les 12 hommes se sont-ils trou­vés sépa­rés des éléments du régi­ment Hersche qui, après s’être battu à Moos­burg, ratta­chés à la 38. SS-Grena­dier Divi­sion « Nibe­lun­gen », seront fait prison­niers au sud-ouest de Bad Reichen­hall ? C’est le cas indis­cu­table de la majo­rité d’entre eux. Avant de tomber sous ces balles fratri­cides en chan­tant la Marseillaise, sinon en criant « Vive la France ! », dans une atmo­sphère très pénible, quoique de grande dignité selon les uns, lamen­table selon d’autres, ils ont tous été confes­sés sur les lieux même par l’au­mô­nier du XI./64° RADB, groupe d’ar­tille­rie divi­sion­naire. Ce prêtre, le sous-lieu­te­nant Maxime Gaume, spécia­le­ment dési­gné pour les assis­ter, leur a donné la commu­nion et a recueilli les lettres écrites par neuf d’entre eux. Toute­fois, on lui conseillera d’at­tendre pour les envoyer et il ne les postera pas avant février 1946. Il restera marqué par cette tragé­die sa vie durant.

11 ou 12 fusillés ?

Sur ordre, les cadavres sont lais­sés sur place, tels qu’ils sont tombés, gardés par une senti­nelle en arme. Le père Gaume inter­vien­dra quand même auprès du maire impuis­sant, puis des troupes améri­caines pour les faire enter­rer. Des tombes indi­vi­duelles, surmon­tés de croix de bois, seront creu­sées quelques jours plus tard dans la clai­rière et, dit-on, bénies par un aumô­nier améri­cain.
Toute­fois, quand on exhu­mera les fusillés le 2 juin 1949 pour les trans­por­ter dans une tombe commune du cime­tière Sankt-Zeno de Bad Reichen­hall, l’on relè­vera, s’il faut en croire le compte rendu du Landrat­samt de Berch­tes­ga­den adressé le 24 juin 1949, la présence de 11 corps seule­ment. Simple erreur de trans­crip­tion, la plaque ornant la croix surmon­tant la tombe mentionne bien la présence de 12 corps ? Cette ques­tion, à vrai dire, n’a pas été tran­chée et a permis de suppo­ser que l’un des prison­niers avait été épar­gné au dernier moment. Pour­tant, aucun témoi­gnage n’en fait état.

En 1949, selon le maire de Bad Reichen­hall, deux des croix seule­ment portaient encore un nom. Leurs livrets indi­vi­duels (Soldbü­cher) avaient vrai­sem­bla­ble­ment été reti­rés aux 12 hommes au moment de leur capture. Que sont-ils deve­nus ? De ce fait, l’en­semble des objets trou­vés sur les corps et dépo­sés au poste de gendar­me­rie de la ville (photos, agen­das, porte­feuilles) ne permit appa­rem­ment pas d’en savoir plus, ne serait-ce que à cause de l’état de dété­rio­ra­tion des docu­ments. Seuls les trois offi­ciers purent alors être iden­ti­fiés :

le W-Obers­turmfüh­rer Serge Krotoff, 33 ans, Paris, offi­cier de réserve issu de la Frz. SS-Freiw Sturm­bri­gade, avait fait la campagne de Pomé­ra­nie à la tête de la compa­gnie anti­char lourde du Panzerjä­ger Abtei­lung.

le W-Unters­turmfüh­rer Raymand Daffas, 37 ans, Paris, qui appar­te­nait à l’état-major du groupe d’ar­tille­rie divi­sion­naire.

le W-Unters­turmfüh­rer Paul Brif­faut, 26 ans, Nice, démo­bi­lisé de la Brigade Char­le­magne en décembre 1944, après avoir commandé la compa­gnie de canon du W-Gren Rgt der SS 58. Retiré sur le lac Cons­tance, c’est sans doute par hasard qu’il s’était trouvé réuni à des éléments du régi­ment Hersche.

Un quatrième fusillé, puis un cinquième seront ulté­rieu­re­ment iden­ti­fiés :

le W-Grena­dier Raymond Payras, 22 ans de Touget (Gers)

le W-Unter­scharfüh­rer Jean Robert, 30 ans, Nantes, issus de la LVF.

Parmi les sept autres, l’on trouve semble-t-il un seul sous-offi­cier. Ils sont restés jusqu’à main­te­nant incon­nus.

Quand et comment les 12 hommes sont-ils deve­nus les prison­niers de la 2° DB ?

Selon un enquê­teur alle­mand offi­cieux, Karl Wenz, les 12 hommes, d’abord rassem­blés dans un hôpi­tal, se seraient rendus le 6 mai à des unités améri­caines ne pouvant qu’ap­par­te­nir à la 3° DI US. Inter­nés avec des prison­niers alle­mands dans la caserne des chas­seurs de montagne de Bad Reichen­hall, ils s’en seraient échap­pés en appre­nant la présence des troupes de Leclerc dans la ville et, dénon­cés par des paysans, auraient été captu­rés dans un petit bois proche par une unité non iden­ti­fiée de la 2° DB, a priori la veille de leur exécu­tion.

Pour le père Gaume, par contre, qui a fourni des témoi­gnages écrits et oraux précis de ce qu’il a vu et entendu, ils se seraient rendus aux Améri­cains le matin même du drame et ont été immé­dia­te­ment remis à l’état-major de la divi­sion qui, selon lui encore, s’en est trouvé bien embar­rassé. La teneur de la lettre que le lieu­te­nant Krotoff a rédigé pour sa femme, confirme cette dernière version et semble clore ce débat. A moins que les 12 hommes ne se soient rendus à des dates et dans des circons­tances diffé­rentes.

Une exécu­tion des plus sommaires ?

L’on avance géné­ra­le­ment que cette exécu­tion présenta un carac­tère des plus sommaire. Mais l’on a écrit aussi, récem­ment encore, qu’elle était consé­cu­tive à une déci­sion de justice. Certes, le tribu­nal mili­taire consti­tuant l’or­gane de la justice mili­taire divi­sion­naire du comman­dant Henriquet était proba­ble­ment habi­lité à prononcé des condam­na­tions à mort immé­dia­te­ment exécu­toire à l’en­contre de français consi­dé­rés comme traître en vertu des nouveaux textes entrés en vigueur en France. Mais cette justice mili­taire était resté avec la base divi­sion­naire à Dies­sen au sud-ouest de Munich, à 125 kilo­mètres de là, et les archives de la 2° DB dispo­nibles ne portent aucune trace de la consti­tu­tion d’un tel tribu­nal à ce propos. En outre, les 12 hommes feront en France l’objet d’un mandat d’ar­rêt, seront recher­chés, voire condam­nés, par contu­mance par des cours de justice plusieurs années après. Ce seul constat, malgré la pagaille qui régnait à l’époque dans le domaine judi­ciaire, ne laisse planer aucun doute sur le carac­tère irré­gu­lier de leur exécu­tion.

A Bad Reichen­hall, le matin même de l’af­faire et entre deux dépla­ce­ments vers Berch­tes­ga­den ou l’Ober­salz­berg, le géné­ral Leclerc s’est entre­tenu près de son PC avec les prison­niers trans­por­tés là à cette fin. En témoignent les photos prises par un repor­ter du service cinéma des armées, Henri Malin, présent sur place. L’on y dénombre bien 12 hommes. Mais ces clichés irri­te­ront fort le géné­ral, comme le photo­graphe l’a rapporté à Jean Chris­tophe Notin, auteur d’un biogra­phie : « Leclerc ». Il est attesté que l’in­ter­ro­ga­toire auquel se livra le géné­ral se déroula assez calme­ment. Toute­fois, l’un des prison­niers, à qui il repro­chait de porter l’uni­forme alle­mand, lui rétorqua qu’il se trou­vait bien lui-même en uniforme améri­cain ! Selon les témoins, cette reproche eut le don de l’exas­pé­rer.

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Peut-être Leclerc était-il égale­ment excédé ce jour-là, tant par l’ordre impé­ra­tif d’éva­cuer la région donné par ses supé­rieurs améri­cains, que par leurs remon­trances quant aux pillages immo­dé­rés impu­tables aux troupes françaises. Et puis le carac­tère aussi passionné qu’im­pi­toyable de ce croisé, engagé corps et âmes dans une impi­toyable guerre civile dès 1940 en AEF, ne pouvait qu’être aiguillonné à la vue de ces compa­triotes en tenue enne­mie, les tout premiers que ses hommes et lui rencon­traient depuis leur arri­vée en Alle­magne, moins de quinze jours aupa­ra­vant. Igno­rait-il que le gouver­ne­ment du maré­chal Pétain avait léga­le­ment auto­risé leur enrô­le­ment ? Une circons­tance néces­sai­re­ment aggra­vante à ses yeux, sans nul doute.

Payés pour savoir de quelle façon l’épu­ra­tion s’était dérou­lée en France à l’été et à l’au­tomne précé­dent, les soldats de la 2° DB étaient de toute façons prêts, dans leur majo­rité, à consi­dé­rer comme normale toute solu­tion extrême. Quoique, comme le rapporte encore le père Gaume, certains de ceux qui procé­dèrent à l’exé­cu­tion aient mani­fes­tés ouver­te­ment leur répu­gnance à exécu­ter l’ordre qui leur avait été donné.

La date de l’exé­cu­tion : le 7 ou le 8 mai 1945 ?

L’avant garde du sous-grou­pe­ment B, élément orga­nique de l’un des trois grou­pe­ments tactiques de la 2° DB, n’at­teint Bad Reichen­hall que dans l’après-midi du 4 mai. La mission du sous-grou­pe­ment est de gagner Berch­tes­ga­den.

Bad Reichen­hall, station ther­male abri­tant de nombreux hôpi­taux et maisons de santé a été décla­rée ville du ouverte et occu­per sans combats par des éléments du 1er bataillon du 7° RI de la 3° DI US dès le matin du 7 mai. Elle était alors située dans la zone des étapes de la 352. Volks­gre­na­dier Divi­sion du Gene­ral­major O.E. Schmidt, zone défen­due par quelques kampf­grup­pen de circons­tance. Une ville encom­brée de bles­sés, de réfu­giés, d’en­fants évacués des grandes villes mena­cées, de travailleurs polo­nais requis, de jeunes de la Hitlerju­gend, mais aussi d’élé­ments mélan­gés de la Wehr­macht, de la Waffen-SS et du Volkss­turm que l’in­fan­te­rie améri­caine a désarmé.

L’on sait, grâce à l’étude minu­tieuse des jour­naux de marche de la 2° DB consul­tés au SHAT, que des unités de la divi­sion cantonnent d’une façon perma­nente dans la ville cinq jours durant, du 5 mai 1945 au 10 mai 1945 après-midi, les unités présentes se relayant jusqu’au 8 pour aller visi­ter l’Ober­salz­berg et la propriété d’Adolf Hitler, situés à une ving­taine de kilo­mètres. Gagnant de vitesse les troupes US de la 3° DI et de la 101° Airborne, les hommes de Leclerc y sont arri­vés les premiers.

Le père Gaume écrira que l’éxé­cu­tion a eu lieu la mardi 8 mai, jour qui marque l’an­nonce au monde, à 15 heures, de la capi­tu­la­tion sans condi­tions signée la veille à Reims, les hosti­li­tés ne prenant fin qu’à 23h01, heure d’Eu­rope Centrale. Cette capi­tu­la­tion ne sera rati­fiée que le 9 mai à 0h15 à Berlin. Le rapport du 6 décembre 1948 d’une nouvelle enquête effec­tuée par le Poli­zei-Ober­kom­mis­sar Aigner auprès des témoins alle­mands à la requête de la famille Brif­faut et sur la demande du maire Neumayer, confirme la date du 8, qui sera fina­le­ment inscrite sur la tombe commune et la plaque placée sur le monu­ment aux morts du cime­tière Sankt-Zeno de Bad Reichen­hall.

Pour­tant, si l’on en croit les docu­ments joint aux JMO de la 2° DB, ce jour-là, à l’heure indiquée par tous les témoins, 17 heures, le gros du I./ RMT (chef de bataillon Fosse) et notam­ment la 4° compa­gnie, a évacuée la ville depuis la fin de la mati­née. LA jour­née du 8 est d’ailleurs marquée par une intense acti­vité, tota­le­ment mobi­li­sa­trice, près de mille véhi­cules de la 2° DB traver­sant la ville, la quit­tant ou s’y arrê­tant. Les départs s’éche­lon­ne­ront jusqu’au 10.

Le lundi 7, en revanche, le I./ RMT, cantonné du 6 au 8 à Baye­risch Gmain, commune limi­trophe, reste dispo­nible toute la jour­née, chargé de la sécu­rité de la ville de Bad Reichen­hall et prenant à cette fin ses ordres du 3° bureau divi­sion­naire. De surcroît, l’on sait parfai­te­ment dans la jour­née du 7 que la capi­tu­la­tion alle­mande a été signée à Reims dans la nuit, à 2h41 du matin. L’Etat-major de Leclerc apprend par télé­gramme dès le matin et Radio-Flens­burg l’an­nonce dans l’après-midi à toute l’Al­le­magne par la voie du comte von Schwe­rin-Krosigk, dernier ministre des Affaires Etran­gères du Reich. Ajou­tons que la Heeres­gruppe G alle­mande avait déjà capi­tu­lée, les hosti­li­tés ayant pris fin dans sa zone d’ac­tion le 6 mai à midi.

Par suite de ces divers constats, à moins que le départ de la 4° compa­gnie du RMT n’ait été diffé­rée sans trace écrite, il y a tout lieu de croire que l’af­faire s’est dérou­lée le 7 mai. Sans doute y-a-t-il eu posté­rieu­re­ment confu­sion dans les mémoires des témoins et acteurs, liant l’exé­cu­tion au jour de la capi­tu­la­tion, du fait que seul le 8 mai est resté pour l’his­toire la date offi­cielle de la fin de la guerre.

Décou­vrir un respon­sable ?

Il est établi qu’un contact radio a été assuré avec le minis­tère de la Guerre à Paris au sujet des 12 hommes, ce que confirme Jean Chris­tophe Notin dans son ouvrage. Il fut suivi, selon certains, d’une réponse évasive permet­tant toutes les inter­pré­ta­tions. En tout cas, comme le rapporte encore Notin, Paris, non averti des suites de l’af­faire, devra relan­cer la 2° DB par télé­gramme le 18 mai.

Il est habi­tuel­le­ment suggéré, sinon affirmé, même par les anciens de la 2° DB, que c’est le géné­ral Leclerc en personne qui aurait pris d’au­to­rité, ou du moins provoqué la déci­sion de faire fusiller les 1 2pri­son­niers, sommai­re­ment ou dans d’hy­po­thé­tiques formes légales. Le capi­taine Georges Fouquet, l’au­mô­nier divi­sion­naire, devra admettre, quitte à en faire porter la respon­sa­bi­lité par un offi­cier dont il ne se remé­more plus le nom, que la déci­sion a de toutes façons été prise par l’état-major de la 2° DB, ce que confirme le père Gaume. Il ressort du témoi­gnage parti­cu­liè­re­ment fiable d’un simple soldat de la 97° compa­gnie de QG, qui adres­sera deux photos à la famille du sous-lieu­te­nant Brif­faut, que personne ne l’igno­rait alors !

Le fait qu’un aumô­nier ait été spécia­le­ment dési­gné pour assis­ter les « condam­nés » semble l’at­tes­ter, connais­sant les convic­tions reli­gieuses affi­chées du comman­dant de la 2° DB. D’au­tant que le père Gaume fut investi de cette mission par le père Fouquet, de l’état-major.

A contra­rio, selon l’as­pi­rant Yves Corta­del­las, alors chef du pelo­ton de protec­tion de QG à qui leur garde aurait été confié la veille de l’exé­cu­tion, ordre aurait alors été donné de Paris de les rapa­trier en France pour les juger. Le lende­main, toujours selon le même témoin, des hommes du RMT, munis d’un ordre de trans­port du 3° bureau, auraient pris en charge les prison­niers. Leur exécu­tion aurait fina­le­ment été déci­dée par le comman­dant de la 4° compa­gnie, le lieu­te­nant Maurice Ferrano, un vieux dur à cuire, compa­gnon de la Libé­ra­tion depuis 1942 et récem­ment fait cheva­lier de la Légion d’Hon­neur, qui se serait ensuite fait sérieu­se­ment « laver la tête » par le géné­ral Leclerc. Hélas ! s’il est certain que le lieu­te­nant Ferrano orga­nisa l’exé­cu­tion sur place et dési­gna les pelo­tons, la version de l’as­pi­rant Corta­del­las contre­dit singu­liè­re­ment les témoi­gnages les plus solides sur les points essen­tiels, ce qui nuit à sa crédi­bi­lité. Elle doit néan­moins être versée au dossier, car elle est la seule à vouloir déchar­ger le comman­dant de la 2° DB de toute respon­sa­bi­lité, cher­chant ainsi à dissi­per un malaise qui s’est instauré surtout après coup.

Voir aussi : http://www.cdvfe-divi­sion­char­le­magne.com/ et http://www.cdvfe-divi­sion­char­le­magne.com/upload/C.D.V.F.E.%20Bad%20Rei­chen­hall%208%20mai%201945.pdf

J’ai égale­ment trouvé sur le Net une photo de cette Divi­sion, sur laquelle je pense avoir reconnu ce Stras­bour­geois (cf en PJ) : photo en haut à gauche, l’homme qui semble tenir une gourde, avec une ciga­rette aux lèvres (person­nage de droite, debout). En revanche, aucune indi­ca­tion sur la date et le lieu de la prise photo.

* En PJ, un texte (en italien) établi et aima­ble­ment trans­mis par Roberto Coppo­lino.

* Roberto Coppo­lino signale aussi ce site (avec mention de Jacques Ponnau, victime iden­ti­fiée en 1979)  : http://deutsch.mili­ta­ria.xooit.fr/t8443-Hommage-a-cest-Fran­cais-de-vrai-fran­cais.htm

Préci­sions aima­ble­ment trans­mises par Thibault Brunet, webmestre du site et forum « Histo­rika » :

L’ar­ticle d’Eric Lefèvre, issu du Batailles N°18 d’Oc­tobre 2008 et inti­tulé « Rendez-vous tragique à Bad Reichen­hall », bien que remarquable est à présent obso­lète, suite à la paru­tion chez Gran­cher de la longue enquête menée par l’au­teur et permet­tant de prendre connais­sance des dernières avan­cées en la matière : « Bad-Reichen­hall 8 mai 1945 – Un épisode tragique » d’Eric Lefèvre et Olivier Pigo­reau – Gran­cher – 2010. Voir http://www.malgre-nous.eu/spip.php?arti­cle3937&lang=fr

Le cliché montrant un groupe de Waffen-SS Français fut pris par l’un des SS-KB déta­chés pour couvrir l’en­ga­ge­ment du Ier Bataillon de la Sturm­bri­gade en Gali­cie (Août 1944). De ce fait, il ne peut s’agir d’un élément rela­tif à la Divi­sion Char­le­magne.

Jacques Ponnau fut un temps retenu comme étant l’un des fusillés. Cepen­dant, il s’avère qu’il s’agis­sait du W.-Uscha. Jean ROBERT iden­ti­fié par la suite par sa famille.

Le compa­ra­tif que vous effec­tuez dans le docu­ment suivant : https://www.cala­meo.com/read/00089702271550c50f661 , nous montre deux volon­taires diamé­tra­le­ment oppo­sés. En effet, les dota­tions d’équi­pe­ments étant limi­tées lors de la créa­tion de la Brigade puis Divi­sion « Char­le­magne », les volon­taires français gardèrent dans leur majo­rité l’équi­pe­ment perçu de leur précé­dente unité ; à l’ex­cep­tion des mili­ciens qui furent habillés avec les moyens du bord.
Dans le cas présent, tous les éléments nous indiquent que ce dernier dispose de l’équi­pe­ment type perçu par les membres de la L.V.F. (voir l’exemple du W-.Ustuf. Paul Brif­faut présent sur les mêmes clichés – photo 4 – 1er rang à gauche), et, permettent de le ratta­cher à la Légion et non à la Sturm­bri­gade.

 

 

4 Responses to Un Stras­bour­geois de la « Char­le­magne »

  1. Bruno dit :

    Bonjour,
    il y a quelques lignes à ce sujet dans le livre de Jean Mabire « Mourir à Berlin ».
    Les 12 français détenus par les américains tentent de s’échapper en apprenant qu’ils vont être sous la garde des français. Leur fuite est découverte et ils sont capturés dans un petit bois.
    Le général Leclerc s’entretiendra avec eux et leur reprochera de porter l’uniforme allemand, auquel ils répondront qu’il porte l’uniforme américain, devant leur insolence il décidera de les fusiller sans jugement. Il existe le témoignage du père Gaume dans la revue Historia consacrée à la SS internationale.

  2. Bruno dit :

    Rebonjour,
    Un livre est sorti concernant les événements que vous évoquez, « Bad Reichenhall – 8 mai 1945 – Un épisode tragique ».
    Bonne lecture, cordialement.
    Bruno

  3. Bataille dit :

    Nos camarades tombés contre le front rouge et la réaction marchent en esprit avec nous

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