Décès de Henri Schaub – Texte lu par Chris­tine Roegel – Photos Michel Kurst pour L’Ami hebdo

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Au nom de l’Ami­cale des Anciens de Tambov et aussi de mon père Emile Roegel, je voudrais vous dire quelques mots.

 

Rappel de mémoire à notre cher cama­rade et à notre ami Henri SCHAUB.

Incor­poré contre sa volonté, enrôlé de force dans une armée qui n’était pas celle de sa Patrie, Henri a vécu le drame de l’an­nexion de fait de l’Al­sace par l’Al­le­magne hitlé­rienne.

En tant que « Malgré-Nous » il s’est retrouvé sur le front de l’Est .

avec la déter­mi­na­tion qu’on lui connaît

mais aussi avec la chance qu’il a pu exploi­ter, il a déserté le jour de son arri­vée au front. ( et a été porté disparu )

Il s’est rendu à l’Ar­mée rouge et après une longue et éprou­vante marche de plusieurs jours il a atteint le camp de Tambov.

Il était parmi les premiers à y arri­ver et y a vécu la dure vie du camp. Il a été un temps «  chef des français », servant d’in­ter­mé­diaire entre les prison­niers et les auto­ri­tés du camp.

Avec un groupe il a passé une partie de l’hi­ver 43/44 dans une école de forma­tion anti­fas­ciste à Kras­no­gorsk.

Dans ce camp de sinistre mémoire, où sont morts, sans requiem, des milliers des nôtres, il a vécu des heures diffi­ciles , mais il gardait confiance et il a fait partie de ceux qui ont eu la chance de reve­nir.

En Juillet 1944, suite à des négo­cia­tions dont on ne sait pas encore tout mais où on été impliqués direc­te­ment Staline et de Gaulle, Molo­tov , Marty, la mission diplo­ma­tique de la France libre et la délé­ga­tion mili­taire à Moscou

Un groupe de 1500 a été libéré.

Les autres qui restaient et ceux qui sont arri­vés ensuite ont subi le terrible hiver 44/45 et n’ont quitté Tambov qu’a­près l’ar­mis­tice.

Après un incroyable voyage, via le Caucase, l ‘iran, la Pales­tine, le sud de l’Ita­lie les 1500 sont arri­vés à Alger

Et parmi eux plusieurs centaines se sont réen­ga­gés dans l’ar­mée française, notam­ment comman­dos de France et d’Afrique, pour la durée de la guerre.

Et eurent ainsi la « chance » de parti­ci­per à la libé­ra­tion de l’Al­sace, avant de conti­nuer en Alle­magne jusqu’en Autriche.

Henri aura porté cinq uniformes : alle­mand, russe, anglais, améri­cain et enfin français.

Henri, nous sommes rassem­blés  pour te rendre hommage. Tu es un des derniers témoins fidèle d’un volet singu­lier et méconnu de l’his­toire des malgré nous et nous te remer­cions de ta contri­bu­tion fidèle voire achar­née au travail de mémoire.

Je te dis au revoir au nom de la petite équipe qui travaille à un projet de film sur les 1500 dont tu seras l’un des fils conduc­teurs

Je te dis Au revoir au nom de tes cama­rades « Malgré-Nous » et amis de l’Ami­cale des anciens de Tambov.

Je te dis Au revoir, au nom de tous ceux qui, empê­chés par l’âge ou la mala­die, ou parce qu’ils sont déjà au ciel, sont en commu­nion avec nous .

Nous garde­rons de toi le souve­nir d’une personne de convic­tion, qui avait un profond sens de la justice.

Au nom de tous, je présente, à ta famille éplo­rée et à tes amis, nos très sincères condo­léances.

Adieu Henri . Que Dieu te garde.

 

 

Photos Michel Kurst/L’Ami hebdo

 

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