OPMNAM : COMPTE RENDU DE NOTRE REUNION AVEC LA SECRETAIRE D’ETAT Gene­viève DARRIEUSSECQ le 14 janvier 2020 à Paris.

Commentaire (1) Actualité

 

REUNION DU 14 JANVIER 2020

 

Créé en 2005 l’OPMNAM est une asso­cia­tion d’or­phe­lins dont le père a été victime de l’in­cor­po­ra­tion de force dans l’ar­mée alle­mande entre 1942 et 1945. En réac­tion à l’at­ti­tude du premier ministre français qui nous a refusé le statut de victimes de la « Barba­rie nazie », une prise de conscience fonda­men­tale a motivé nos reven­di­ca­tions. Nos pères qui avaient été victimes de la « Dépor­ta­tion mili­taire illé­gale », exer­cée par un état souve­rain envers des popu­la­tions civiles, contraints de porter l’uni­forme de l’ar­mée enne­mie et de porter les armes contre leur propre patrie ainsi que de ses alliés. Un crime contre l’hu­ma­nité comme le décrit la justice inter­na­tio­nale, jamais reconnu offi­ciel­le­ment depuis 1945 par les chan­cel­le­ries succes­sives de la RFA. Pour­tant ce recru­te­ment inhu­main s’est distin­gué par la cruauté de la « Sippen­haft » une vieille loi alle­mande appliquée par les tribu­naux mili­taires et civils d’ex­cep­tion. Ces insti­tu­tions nazies qui pouvait juger et condam­ner à mort le réfrac­taire ou le déser­teur, ainsi que sa famille entière à la dépor­ta­tion. Plus de 500 jeunes gens furent jugés, condam­nés et exécu­tés pour insou­mis­sion par les « Reichs­krieg­sge­richte », plus de 1700 familles entières furent dépor­tées et spoliées de leurs biens. Envi­ron 40 000 jeunes hommes ont laissé leur vie dans cette bouche­rie, une grande majo­rité s’est rendue aux alliés Russes, bien mal leur en prit, ils ont péri de faim, de froid et d’épui­se­ment dans les geôles du « Para­dis commu­niste ». Nos pères se sont sacri­fiés pour leur familles, ils nous ont donné la vie par deux fois, « Ils furent enchaî­nés à un char qui souleva des flots de boue et de sang . . . ».

L’OPMNAM rend hommage au sacri­fice de nos pères et de leurs cama­rades, elle fédère nos reven­di­ca­tions et elle assure la défense des inté­rêts de ses adhé­rents, elle se charge de diffu­ser la véri­table histoire d’une géné­ra­tion perdue. Nos pères n’étaient pas les victimes d’un conflit ordi­naire entre états, ils furent dépor­tés hors du terri­toire natio­nal et contraints sous la menace mortelle de porter les armes contre leur propre patrie.

Les services du Minis­tère des affaires étran­gères (Auswer­tiges Amt de la RFA) soutiennent dans une de leurs lettres que l’In­cor­po­ra­tion de Force de nos parents n’est pas un crime de guerre au motif que l’in­cor­poré de force ne fut pas envoyé contre son pays mais contre la Russie sur le Front de l’Est !

Nos multiples démarches depuis 2008 envers l’Al­le­magne et son Bundes­tag n’ont jamais abouti, ainsi nous sommes arri­vés au bout de la démarche du « Péti­zion­sau­schuss » permet­tant de remettre les doléances offi­ciel­le­ment au parle­ment. D’autre part le minis­tère des affaires étran­gères nous avait répondu que l’IF n’était pas d’un crime de guerre, nos pères n’ayant pas été enga­gés contre la France (Or l’union sovié­tique était l’al­liée de la France) en dernier lieu les services alle­mands nous ont opposé une soi-disant pension que nous aurions touché de la part de l’ONAC au titre de Pupille de la Nation.

Le statut de « Mort pour la France » étant ambigu nous avons toutes les diffi­cul­tés de nous justi­fier, n’ayant jamais été élus pour quelque répa­ra­tion que ce soit. Confirmé par les services du secré­ta­riat d’Etat, Il n’y jamais eu de dispo­si­tif permet­tant aux orphe­lins des Malgré Nous de perce­voir une rente.

Le dernier refus de nous consi­dé­rer était venu du président de la FEFA lui-même (André BORD) qui répé­tait à qui voulait l’en­tendre que nous ne serions pas en droit de récla­mer une indem­ni­sa­tion spéci­fique, vis-à-vis des autres pupilles. Ce faisant André BORD avait fait l’im­passe de la mobi­li­sa­tion de nos pères dans l’ar­mée française entre 1939 et 1945. Le statut de « Dépor­tés mili­taires » avait égale­ment été refusé à nos pères pour donner suite au procès poli­tique de Bordeaux en 1953.

L’Al­le­magne est respon­sable de la MORT de nos chefs de famille, elle se devrait de recon­naitre ses erreurs passées, elle est égale­ment respon­sable du défi­cit maté­riel et affec­tif que nous et nos mères avons subi. L’au­mône des 1350,- Euros versée aux survi­vants par la FEFA au même titre qu’à ceux qui sont morts loin de leur patrie est une gifle into­lé­rable et un mépris du préju­dice subi par l’en­semble des popu­la­tions Alsa­ciennes et Mosel­lanes. Pour mémoire un orphe­lin alle­mand fut indem­nisé à hauteur envi­ron de 300,- Euros par mois et ce pendant 18 ans, (soit 300 × 12 × 18 = 64 800,- Euros) sans comp­ter le Pretium Dolo­ris lié à la perte du chef de famille.

L’OPMNAM reven­dique le verse­ment des allo­ca­tions et des pensions réser­vées aux orphe­lins alle­mands dont le père est mort sous uniforme de la Wehr­macht ou de la Waffen SS durant le conflit 1939–1945.

L’OPMNAM son comité et son Président.

 

COMPTE RENDU DE NOTRE REUNION AVEC LA SECRETAIRE D’ETAT Gene­viève DARRIEUSSECQ

le 14 janvier 2020 à Paris.

 

Madame la Secré­taire d’Etat nous a reçu dans les salons du Minis­tère en présence de son chef de cabi­net et de la direc­trice des services de l’ONACVG.

Notre délé­ga­tion était compo­sée de Monsieur le député Chris­tophe AREND, Monsieur KLEINHENTZ Maire de Faré­bers­vil­ler, Madame LORENZON prési­dente de la FNAPOG, Monsieur Roland SCHMITTHAEUSLER secré­taire de l’OPMNAM et moi-même Gérard MICHEL président de l’OPMNAM.

Chaque parti­ci­pant a pu se présen­ter et s’ex­pri­mer libre­ment sur le sujet de la rencontre qui je le préci­sais avait le souci d’illus­trer le sort des Orphe­lins des Malgré Nous régu­liè­re­ment écar­tés de toutes les indem­ni­sa­tions ou compen­sa­tions en prove­nance de la France encore moins de l’Al­le­magne. Le sort de nos pères, qui est un véri­table Crime contre l’Hu­ma­nité jamais reconnu par les chan­ce­liers succes­sifs de la RFA depuis 1945. Nous avons égale­ment mis en lumière les réponses désin­voltes de la part du Minis­tère des Affaires Etran­gères de la RFA qui ne recon­nait même pas le crime de guerre commis contre les jeunes gens d’Al­sace et de Moselle. L’ab­sence de recon­nais­sance et le défi­cit de repen­tance vis-à-vis des dépar­te­ments de l’Est par l’Al­le­magne d’après-guerre est une bles­sure large­ment ouverte dans le cœur des victimes directes de ce conflit mal cica­trisé !

Madame la Secré­taire d’Etat s’est longue­ment expri­mée sur la mécon­nais­sance résul­tant du défi­cit d’en­sei­gne­ment en France de l’his­toire de l’an­nexion des dépar­te­ments de l’Est entre 1940 et 1945, un fait qu’elle regrette profon­dé­ment. Sur le fonde­ment de nos reven­di­ca­tions vis-à-vis de la RFA qu’elle ne conteste pas, elle précise néan­moins que ses services ne sont pas habi­li­tés à inter­ve­nir au-delà des fron­tières ce que nous compre­nons fort bien. Il est cepen­dant utile que le Minis­tère soit au courant et Monsieur le député Arend nous a assuré de son soutien au sein de la commis­sion parle­men­taire Franco-Alle­mande dont il est le Président. Monsieur Arend nous a promis que la ques­tion sera débat­tue lors des prochaines réunions. D’autre part dans la pers­pec­tive d’une prochaine visite de la Chan­ce­lière Angela MERKEL, la possi­bi­lité d’en­ta­mer le sujet entre chefs d’Etat serait à l’ordre du jour. Ces paroles récon­for­tantes ont permis à la réunion de se termi­ner sur une note d’es­poir d’au­tant que certains parti­ci­pants ont dû quit­ter préci­pi­tam­ment les lieux pour rejoindre la gare de l’Est où le TGV ne les atten­drait pas.

 

CONCLUSIONS

 

Cette réunion d’in­for­ma­tions et de reven­di­ca­tions ne doit pas en rester là, à attendre le bon vouloir de nos Prési­dents. Il convien­dra dans un délai très rappro­ché de trans­mettre nos conclu­sions à notre avocat Maître Scheu­len de Nuren­berg qui ne l’ou­blions pas a refor­mulé ses reven­di­ca­tions en notre faveur auprès des services de l’Etat Alle­mand. D’autre part et pour rafraî­chir la mémoire des services du Minis­tère des Affaires Etran­gères de la RFA (Le Auswer­tiges Amt) nous allons remettre au consul d’Al­le­magne à Stras­bourg, quai Mulen­heim, un mémoire portant sur les 1000 (*) incor­po­ra­tions forcées dans la Waffen SS en Février 1944. 75 années sont passées depuis ces temps sinistres mais la mémoire reste intacte sur notre rive du Rhin.

En effet suite aux inter­ven­tions du Gaulei­ter Wagner auprès du Reichs­fuh­rer SS Himm­ler ces jeunes gens dont la plupart avaient à peine 17 ans, ont été affec­tés au Front OUEST en Norman­die pour se faire tuer en lieu et place des Alle­mands de souche, par les alliés qui allaient débarquer sur les plages Normandes en juin 1944. Nous ne manque­rons pas d’en aver­tir la presse locale et inter­na­tio­nale, pour cette remise offi­cielle d’une URKUNDE an die 1000 ELSAESSER ZWANGSEINGEZOGENEN WAFFEN SS remise en mains propres au CONSUL DE LA RFA à Stras­bourg ! Le consul pourra à son aise en aver­tir les services du Auswer­tiges Amt afin qu’ils puissent corri­ger leurs réponses légères et insul­tantes.

Gérard MICHEL Président de l’OPMNAM

 

 

(*) Sic pour 2000 envi­ron.

 

Article de « L’Al­sace » du 19.1.2020 trans­mis par Raymond Cronen­ber­ger:

One Response to OPMNAM : COMPTE RENDU DE NOTRE REUNION AVEC LA SECRETAIRE D’ETAT Gene­viève DARRIEUSSECQ le 14 janvier 2020 à Paris.

  1. ERDRICH François dit :

    Bonjour Monsieur

    je suis membre de l’APOGA depuis sa création et souhaite adhérer à la votre.
    Veuillez par retour m’en indiquer les modalités
    Cordialement
    François Erdrich

Répondre à ERDRICH François Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *