Non trouvé dans la base VDK, pour Mémoire des Hommes: CATTIN Albert Sébastien Né le 27/12/1922 à Colmar (68 – Haut-Rhin, France) Non Mort pour la France mais tué au combat le jour de Pâques le 1er avril 1945 à Paderborn, Allemagne. Instruit au sein de la Stammkompanie de la SS-Panzer-Ersatz-Abteilung 2 stationnée au camp d’entraînement de Sennelager, situé en Allemagne près de Paderborn à partir de septembre 1944. SS-Panzer-Abteilung 5 « Wiking », puis I. Abteilung du SS-Panzer-Regiment 5 « Wiking » de la 5. SS-Panzer-Division « Wiking ». Sans doute membre de la centaine d’hommes constituant la SS-Kampfgruppe Nicolussi-Leck, commandée par le SS-Hauptsturmführer Karl « Nico » Nicolussi-Leck (1917-2008) issue du SS-Panzer-Regiment 5 « Wiking » et envoyée le 02 avril 1945 au camp de Paderborn pour y être rééquipée de nouveaux blindés alors que la 5. SS-Panzer-Division « Wiking » est engagée en Hongrie dans les combats autour de Budapest en avril 1945. Cette SS-Kampfgruppe Nicolussi-Leck va combattre les troupes de la US 84th Infantry Division dans le secteur de Paderborn, dans la Poche de la Ruhr, dans le secteur de Hannovre. Le 02 avril 1945, cette SS-Kampfgruppe rencontre les unités de reconnaissance de la US 5th Armoured Division près d’Harsewinkel. En battant en retraite par Versmold et Melle, la SS-Kampfgruppe atteint Lübbecke, réquisitionne trois camions à gazogène et poursuit sa route vers Minden, ville déjà partiellement aux mains des Britanniques. La SS-Kampfgruppe tente sans succès de faire sauter le pont sur la Weser, mais parvient à détruire à l’aide d’un Panzerfaust un Panzer IV utilisé par les Britanniques. Le 05 avril 1945, la SS-Kampfgruppe retraite vers Bückeburg et apprend auprès de la population locale, que des véhicules blindés se trouvent à proximité, inutilisés dans un dépôt de véhicules de la Heer. Le 06 avril 1945, la SS-Kampfgruppe s’empare de 13 Schützenpanzerwagen (SdKfz. 250/251) dont 2 SdKfz. 250/9 équipés de canons de 2cm/20mm. Le 07 avril 1945, la SS-Kampfgruppe atteint Hanovre, où le SS-Hauptsturmführer Karl « Nico » Nicolussi-Leck se présente au Kampfkommandant de la ville, le Generalmajor Paul Löhning (1889-1971) et reçoit l’ordre de prendre position au nord-ouest de Stöcken, le long de la Reichsstraße 6, afin de couvrir à la fois le pont sur le canal Weser-Elbe et l’autoroute ou Reichsautobahn. C’est en effet par là que le Generalmajor Löhning s’attend à voir la US 84th Infantry Division lancer son attaque pour s’emparer de Hanovre. Le matin du 8 avril 1945, un ouvrier de chez Hanomag signale à « Nico » la présence de plusieurs chars flambant neufs dans la cour de l’usine d’assemblage M.N.H. à Hanovre-Laatzen. Le SS-Hauptsturmführer « Nico » rassemble immédiatement quelques équipages parmi les hommes de son groupe et se précipite à l’usine, où il découvre sept Jagdpanther, seul bémol : il leur manque quelques pièces essentielles ainsi que du carburant. Il dépêche des camions pour récupérer les pièces nécessaires (optiques et munitions) et le carburant dans une usine située à Scheuen, près de Celle. Les hommes sont de retour l’après-midi même du 08 avril et, avant la fin de la journée, les canons des Jagdpanther ont été correctement réglés et testés au tir. La SS-Kampfgruppe « Wiking » est prête au combat. Le général de division Alexander Bolling, commandant la US 84th Infantry Division a déployé ses troupes, les 333e, 334e et 335e régiments d’infanterie, renforcés par des éléments d’un bataillon de chasseurs de chars en vue d’un assaut direct sur Hanovre. Le 11e groupe de cavalerie du colonel Fierson couvre son flanc gauche. Bolling s’appuie sur une carte capturée indiquant toutes les positions défensives à Hanovre et dans ses environs, ainsi que les effectifs des unités déployées. Il est confiant et estime n’avoir guère de souci à se faire pour la bataille à venir. Il ignore tout de la puissante force blindée qui attend sa progression. Une fois la SS-Kampfgruppe rassemblée, Nicolußi-Leck ne se contente pas d’occuper les positions qui lui ont été assignées : il va plus loin et s’empare de Frielingen et de Ricklingen. Il est désormais en mesure de contrer toute tentative de prise du pont sur la Leine à Ricklingen et de repousser les attaques venant de Bordenau. Les éléments de tête du colonel Fierson se retrouvent dans le collimateur de trois Jagdpanther postés à la lisière de Ricklingen. Les équipages de ces chars sont des vétérans aguerris par des années de combat sur le front de l’Est, où ils ont toujours dû lutter en infériorité numérique et sans ravitaillement adéquat. La situation était bien différente ici : installés dans des chars flambant neufs et correctement ravitaillés, ils combattaient désormais sur le sol allemand. Chaque tir faisait mouche ; malgré les pertes croissantes, le colonel Fierson relève le défi. Il ordonne un tir d’artillerie sur la ville elle-même et fait avancer ses hommes. Bientôt, incapables de distinguer quoi que ce soit à travers la poussière et les décombres, les équipages de chars de la division Wiking se replient vers Horst. Les Américains s’emparent de Ricklingen. La cavalerie l’a emporté, mais au prix de lourdes pertes. Le 11e régiment de cavalerie tente de poursuivre sa progression, d’abord vers l’est, puis vers le nord-est et enfin vers le nord. Toutes ces tentatives sont stoppées net. Le colonel Fierson a perdu 20 véhicules blindés, mais il sait aussi que Bollinger ne peut risquer une attaque sur Hanovre si la cavalerie ne parvient pas à sécuriser le flanc et les ponts sur la Leine. Il envoie quelques compagnies vers le nord, à Bordenau, où les Britanniques se sont déjà emparés du pont. Ses hommes traversent à Bordenau et poussent jusqu’à Frielingen, mais ils subissent une fois de plus un échec cuisant. Les chars de tête essuient les tirs des quatre Jagdpanther restants qui tirent à portée maximale. Bien que le nombre exact de blindés perdus par le 11e régiment de cavalerie lors de cet affrontement soit inconnu, le seul Jagdpanther détruit avait mis six véhicules hors de combat avant d’être lui-même anéanti. Un Schützenpanzerwagen est également perdu. Le colonel Fierson décide alors de mettre fin à l’attaque. Le 09 avril 1945, le général de division Bollinger a redéployé ses forces. Le 335e régiment est toujours orienté vers l’est, face à Hanovre même. Le 334e a progressé par Ricklingen pour frapper en direction du sud-est, tandis que le 333e traverse à hauteur de Bordenau afin de contourner la résistance inattendue rencontrée. Après avoir fait avancer le 334e régiment, Bollinger relance l’offensive et tente de s’emparer de Horst. Trois autres Sherman sont perdus et Bollinger ordonne des tirs d’artillerie lourde sur Horst et Frielingen. La SS-Kampfgruppe « Wiking » est contrainte de se replier sur Godshorn, Vinnhorst et le canal Weser-Elbe. Les maigres forces disponibles pour défendre Hanovre ne font pas le poids face à une division d’infanterie américaine renforcée, et le général de division Loehning en est conscient. Il demande l’autorisation d’évacuer la ville, mais reçoit l’ordre de combattre sous peine de passer en cour martiale. Dans la nuit du 9 au 10 avril 1945, Bollinger lance son attaque sur Hanovre. Il fait d’abord pilonner par l’artillerie les emplacements de pièces et les positions ennemis connus. Ses hommes entament l’assaut avant l’aube, profitant de conditions météorologiques idéales : le brouillard. Celui-ci est suffisamment épais pour dissimuler la progression des soldats qui, à quelques exceptions près, avancent sans rencontrer de résistance notable. Le 333e régiment se trouve à l’extrême gauche, au nord de Hanovre, et fait route vers le sud après avoir réussi à franchir le canal Weser-Elbe ; le 334e régiment occupe le centre et attaque depuis le nord-ouest, tandis que le 335e attaque vers l’est de front. Les 333e et 334e régiments contournent tous deux la SS-Kampfgruppe « Wiking », dont ils ignorent la position exacte. Ce n’est qu’après le passage des éléments de tête que l’on remarque la présence d’un Jagdpanther sous le pont de l’autoroute. Le deuxième bataillon contourne le Jagdpanther pour poursuivre vers la forêt domaniale, tandis que les unités suivantes encerclent le char et capturent son équipage de cinq hommes. Ces derniers dormaient apparemment, leur sentinelle ayant été neutralisée avant de pouvoir donner l’alerte. La US 84th Infantry Division s’empare de Hanovre presque sans combattre. Au fil de la matinée du 10 avril 1945, le SS-Hauptsturmführer « Nico » réalise qu’il ne parvient pas à établir le contact avec les forces allemandes présentes dans Hanovre et ses environs ; il ordonne alors à ses hommes de se replier vers la ville. En tête de colonne, il croise le chef des pompiers qui lui signale la présence des Américains en ville, mais propose de les guider pour traverser. À l’entrée de la ville, des civils leur apprennent que les Américains ont déjà atteint la gare. Après quelques détours, le SS-Hauptsturmführer « Nico » qui circule dans un véhicule découvert débouche sur une place ; les Américains lui ordonnent aussitôt, ainsi qu’à ses compagnons, de se rendre. Lorsqu’un Jagdpanther surgit au coin de la rue en ouvrant le feu à la mitrailleuse, le SS-Hauptsturmführer « Nico » parvient à s’échapper et à monter à bord du Jagdpanther du SS-Obersturmführer Ulf-Ola Olin (1917-1995). La colonne poursuit sa route à vive allure, croisant d’autres groupes de chars américains mais s’éclipsant avant que quiconque ne puisse les prendre correctement pour cible. Après avoir quitté Hanovre, le SS-Hauptsturmführer « Nico » est déterminé à tenter de rejoindre les forces allemandes située plus à l’est ; il ignore toutefois qu’il n’y parviendra jamais. Le 11 avril 1945, alors que des éléments de la US 84th Infantry Division poursuivent leur progression vers l’est après la prise de Hanovre, une colonne allemande avance à leur rencontre par des routes secondaires ; si aucun des deux camps ne change de direction, une rencontre est inévitable dans le secteur de Langlingen. Il s’agit de la colonne de la SS-Kampfgruppe « Wiking », commandée par le SS-Hauptsturmführer Nicolussi-Leck ; l’unité s’est regroupée à Lehrte et prévoit de faire mouvement vers le nord, puis le nord-est, en direction de Wittingen et, à terme, de Wittenberge sur l’Elbe. À ce stade, la SS-Kampfgruppe comprend neuf Schützenpanzerwagen, six Jagdpanther et un Bergepanzer. Tout contact avec les soldats US est recherché. Peu après avoir quitté Lehrte, la SS-Kampfgruppe « Wiking » livre un bref combat contre quatre chars Sherman ; deux d’entre eux sont détruits par le Jagdpanther de l’Untersturmführer Karl Jauß (1922-2003). À Abbensen, la SS-Kampfgruppe croise des chars de la Lehrabteilung, mais leurs équipages refusent de se joindre à la SS-Kampfgruppe. Poursuivant sa route vers Langlingen via Uetze, la colonne capture deux camions-citernes américains ainsi qu’une cinquantaine d’hommes, que le SS-Hauptsturmführer Nicolussi-Leck relâche le soir même du 11 avril 1945. La SS-Kampfgruppe atteint la forêt située à l’est de Sandlingen dans la matinée du 12 avril 1945 avec tous ses véhicules blindés et plus de cent hommes, parmi lesquels figure un nombre croissant de traînards. Une reconnaissance immédiate révèle que les ponts enjambant le Mühlengraben et l’Aller près de Langlingen ont été détruits. Un Schützenpanzerwagen lourdement armé équipé d’un canon de 20mm et commandé par un SS-Obersturmführer est envoyé à Wienhausen pour vérifier si les ponts y sont intacts et pour les tenir jusqu’à l’arrivée de la SS-Kampfgruppe. L’équipage du Schützenpanzerwagen est principalement composé de soldats de la Heer, incluant quelques officiers et sous-officiers, soit douze hommes au total. À midi, le SS-Obersturmführer atteint Wienhausen et découvre que les ponts sont intacts mais déjà équipés de charges explosives. Son Schützenpanzerwagen ou SPW prend position sur la rive nord de l’Aller sous le pont à la lisière d’Oppershausen. Le pont n’étant pas assez large pour dissimuler entièrement le véhicule, ce détail va avoir des conséquences. L’équipage prend position autour du pont à 14h00. Au même moment, le 333e régiment américain arrive à Wienhausen en provenance de Bockelskamp. La colonne américaine n’est pas visible depuis Oppershausen, mais son bruit ne peut passer inaperçu. Les voitures de reconnaissance en tête de colonne traversent lentement les rues désertes de Wienhausen. Arrivées à la bifurcation menant à Oppershausen, elles s’arrêtèent, constatent que les ponts sont intacts, puis aperçoivent l’arrière du Schützenpanzerwagen dépassant de dessous le pont. Elles ouvrent immédiatement le feu et le SPW est touché. L’équipage du SPW croit qu’il s’agit de tirs amis provenant de leurs propres chars ; ils ne s’attendent pas à trouver des troupes américaines aussi loin à l’est. Le Feldwebel Ehrbeck enfourche un vélo et, agitant frénétiquement un linge blanc, se dirige vers Wienhausen. Entre-temps, la 9e compagnie du capitaine Bradford a pris position à la périphérie de Wienhausen. Après s’être rapproché des Américains jusqu’à une distance de 150 mètres, le Feldwebel réalise son erreur et saute de sa bicyclette en tentant de s’enfuir à pied, mais est abattu par un fusilier. Le reste de l’équipage du semi-chenillé allemand engage le combat contre la compagnie du capitaine Bradford depuis l’autre rive de l’Aller. Pendant cet affrontement, un bataillon d’artillerie arrive à Wienhausen et prend position pour appuyer le capitaine Bradford si nécessaire. Espérant toujours s’emparer du pont intact, le capitaine Bradford ordonne à ses servants de mitrailleuses lourdes de clouer au sol le SS-Obersturmführer et ses hommes, afin de permettre à quelques soldats de s’approcher suffisamment pour neutraliser les charges explosives et prendre l’ouvrage. Cependant, alors que les GI approchent, le SS-Obersturmführer donne l’ordre de faire sauter le pont, passant outre les instructions reçues de le tenir pour le reste de la SS-Kampfgruppe « Wiking ». Le capitaine Bradford poursuit son attaque sur Oppershausen et contre l’équipage du semi-chenillé. Les hommes sous les ordres du SS-Obersturmführer résistent aux assauts américains pendant neuf heures, affrontant non seulement la 9e compagnie, mais aussi la 11e compagnie et le bataillon d’artillerie. Oppershausen est pratiquement rasé et au moins six Allemands périssent au cours de ces combats acharnés. Le sort des cinq survivants, dont le SS-Obersturmführer demeure inconnu : certains ont pu périr dans les maisons en feu, tandis que d’autres ont peut-être réussi à s’échapper ou ont été faits prisonniers. Entre-temps, le 1er bataillon du 333e régiment américain traverse Wienhausen en direction d’Offensen, du pont sur l’Aller à Schwachhausen et, finalement, de Nordburg. Désormais, les ponts situés au nord-est et au sud-est de la position de la SS-Kampfgruppe « Wiking » sont soit détruits, soit aux mains des Américains. Au matin du 13 avril 1945, la SS-Kampfgruppe « Wiking » se retrouve profondément enfoncé derrière les lignes US. Pris en étau entre le 333e régiment américain au nord et le 334e régiment américain au sud, elle se trouve en infériorité numérique de 20 contre 1 de chaque côté. Son plan consiste à tenir bon jusqu’à ce que la première vague de troupes américaines ait dépassé la zone, puis à tenter de franchir l’un des ponts intacts sur l’Aller. Mais c’est aussi un vendredi. Le 3e bataillon du 334e régiment a passé la nuit à Langlingen, où le pont sur l’Aller est détruit. À l’aube, les troupes se mettent en route vers l’ouest, longeant la voie ferrée à la recherche d’un point de passage adéquat. Après trois kilomètres, elles tombent sur le pont détruit enjambant le Mühlengraben. Elles chargent immédiatement leurs sapeurs de réparer l’ouvrage et envoient des patrouilles établir un périmètre de sécurité. Ces patrouilles tombent rapidement sur la SS-Kampfgruppe « Wiking » dans la forêt ; après un bref échange de tirs, le bataillon entier entreprend de ratisser la zone boisée. Le SS-Hstuf Nicolussi-Leck évite de se laisser entraîner dans un combat où ses chars ne seraient pas utilisés efficacement. De plus, ses forces sont en infériorité numérique de 5 contre 1 et plusieurs autres bataillons américains se trouvent à proximité. Nicolussi-Leck et ses hommes sortent de la forêt, se dirigeant vers le nord-ouest, traversant la voie ferrée en direction de la zone boisée à la lisière de Wienhausen. Ils l’atteignent peu avant 11 heures. Pendant ce temps, le bataillon d’artillerie américain quitte Wienhausen pour prendre de nouvelles positions de tir plus à l’est. Sa route croise celle de la SS-Kampfgruppe « Wiking » de Nicolussi-Leck, qui ordonne à ses Jagdpanther d’ouvrir le feu à 1.000 mètres ; la première salve enflamme cinq camions. Le bataillon d’artillerie fait immédiatement demi-tour et reprend position à Wienhausen. La SS-Kampfgruppe « Wiking » contourne Wienhausen par le sud et fait route directement vers Bockelskamp. De là, elle ouvre le feu sur un convoi de ravitaillement américain et détruit quatre autres véhicules. Néanmoins, la fin semble proche. Le 3e bataillon du 333e régiment et le 3e bataillon du 334e régiment forment un demi-cercle autour de la SS-Kampfgruppe « Wiking » par le sud, tandis que la rivière Aller barre la route au nord. Tandis que le bataillon d’artillerie fait pleuvoir un barrage soutenu d’obus sur la SS-Kampfgruppe « Wiking », Nicolussi-Leck et ses hommes cherchent dans le village quelqu’un capable de leur indiquer un gué. Une jeune femme leur signale un passage situé un peu plus en amont et la SS-Kampfgruppe s’y dirige. Les Jagdpanther traversent la rivière sans difficulté ; les deux derniers remorquant chacun un Schützenpanzerwagen. Mais le feu d’artillerie reprend alors, avec une précision redoutable. Les Schützenpanzerwagen restants tentent de forcer le passage, mais finissent tous irrémédiablement enlisés dans le lit de la rivière. Un soldat est tué et dix autres blessés. La SS-Kampfgruppe « Wiking » se regroupe et passe la nuit dans la zone boisée située à l’est d’Ostersloh. Au matin du 14 avril 1945, Nicolussi-Leck ordonne à ses troupes de poursuivre leur progression vers l’est, dans l’espoir de rejoindre les lignes allemandes. Ayant perdu une grande partie de l’équipement, il donne pour consigne à ses hommes d’éviter tout nouvel affrontement avec les US. Il ignore que la US 84th Infantry Division dans le secteur de laquelle il opère, a déjà atteint l’Elbe. La SS-Kampfgruppe « Wiking » progresse prudemment d’une zone boisée à l’autre, s’arrêtant fréquemment pour scruter les environs à la recherche de signes trahissant la présence de troupes US. Les nazis contournent Oppershausen par le nord, une manœuvre rendue possible uniquement parce que le 3e bataillon du 333e régiment n’a pas encore réalisé que la SS-Kampfgruppe « Wiking » a déjà quitté Bockelskamp. Nicolussi-Leck et ses hommes se dirigent vers une zone marécageuse, mais les Schützenpanzerwagen chargés de l’éclairage parviennent à trouver le seul point de passage praticable à des kilomètres à la ronde, leur permettant ainsi de poursuivre leur marche vers l’Elbe. En atteignant la zone boisée de Halzhorn, 3km au sud de Hohne, ils perçoivent un important trafic motorisé provenant du sud en direction de Müden : les éléments blindés de la US 102th Infantry Division, tandis que devant eux, à l’est, s’étend le marécage infranchissable de Hahnenmoor. Les seules routes s’orientant vers l’est risquent fort de conduire la SS-Kampfgruppe à un nouvel affrontement avec les Américains ; Nicolussi-Leck décide donc de continuer à travers la forêt et de tenter de se faufiler par la zone découverte située entre Hohne et Ummern au nord. Le général de division Bolling a transféré son quartier général de Hanovre à Hohne la veille ; il n’est pas seul sur place, car le 771e bataillon de chars américain y est maintenu en réserve. La ville étant protégée au nord par la rivière Wiehe et bordée au sud par une vaste zone de marécages et de bois, les 20 Sherman du 771e bataillon assurent la sécurité du secteur en surveillant les seuls points d’accès — orientés principalement vers le sud, direction d’où aucune attaque n’est attendue. Pourtant, soudain, le bruit de chenilles se fait entendre depuis la lisière du marécage. Nicolussi-Leck a lancé ses deux derniers Schützenpanzerwagen et trois Jagdpanther dans une reconnaissance offensive, tandis que les trois autres Jagdpanther couvrent leur progression. Les Sherman attendent que leurs adversaires ne soient plus qu’à 1.000 mètres pour ouvrir le feu. Les deux Schützenpanzerwagen ainsi qu’un Jagdpanther sont immédiatement touchés et prennent feu. Un Jagdpanther parvient à percer les lignes, tandis que les autres chars allemands ouvrent le feu sur les Sherman. Même le Jagdpanther en flammes de l’Untersturmführer Schüßler — la quatrième victime — continue de riposter pendant un court instant. Tirant le meilleur parti de leurs canons de 88mm et de leur blindage frontal de 80mm d’épaisseur, les trois Jagdpanther restants pilonnent sans relâche les positions du 771e bataillon, parvenant presque à réduire au silence la défense américaine acharnée. Une tentative de l’Untersturmführer Jauß pour récupérer le Jagdpanther de Schüßler échoue, entraînant également la perte du Bergepanzer. La victoire finale étant désormais à portée de main et ses chars entourés par les fantassins blessés, Nicolussi-Leck ordonne un repli vers les marécages du Hahnenmoor. Les équipages des Sherman restants poussent un soupir de soulagement en voyant les Jagdpanther faire route vers le sud. L’un des Jagdpanther est perdu peu après son entrée dans le marécage, victime d’une panne de transmission. Mais les hommes de la SS-Kampfgruppe « Wiking » n’ont pas encore dit leur dernier mot. Après avoir confié leurs blessés à un berger local, ils forment un détachement de reconnaissance pour tenter de trouver le carburant nécessaire à leurs Jagdpanther. Au cours de la nuit, ils capturent deux camions américains et une Jeep. Après avoir parcouru une courte distance dans le marais, ils relâchent leurs prisonniers. Lorsque le détachement rejoint le reste de la SS-Kampfgruppe, ils inspectent le chargement des camions. À leur grande déception, les véhicules transportent de la farine et du sucre, et non le carburant dont ils ont un besoin désespéré. Nicolussi-Leck et les derniers hommes de sa SS-Kampfgruppe — dont les effectifs est tombés à une trentaine de soldats — savent qu’ils ne parviendront pas à regagner leurs lignes. Nicolussi-Leck prend sa dernière décision de commandement au matin du 16 avril 1945. Il se tourne vers le SS-Obersturmführer Ulf-Ola Olin et déclare : « Nous avons de la farine et il nous faut du pain. Je vais chercher un boulanger. » Olin comprend les intentions de Nicolussi-Leck et lui serre la main une dernière fois. Nicolussi-Leck et son adjoint rebroussent chemin et se rendent aux Américains à Hohne. Le commandement revient alors au SS-Obersturmführer Ulf-Ola Olin, qui ordonne de placer les deux camions capturés sur la voie ferrée voisine et d’y mettre le feu. Les deux derniers Jagdpanther sont conduits sur une courte distance dans le marais, où ils finissent par s’enfoncer sous leur propre poids ; les munitions restantes — soit dix obus — sont enterrées ailleurs. Quatre hommes armés de pistolets-mitrailleurs et de Panzerfaust prennent place dans le seul véhicule encore disponible : la Jeep US capturée. Ils ont pour projet de tenter de rejoindre le sud de l’Allemagne. Leur périple audacieux est finalement couronné de succès.
Non trouvé dans la base VDK, pour Mémoire des Hommes:
CATTIN Albert Sébastien
Né le 27/12/1922 à Colmar (68 – Haut-Rhin, France)
Non Mort pour la France mais tué au combat le jour de Pâques le 1er avril 1945 à Paderborn, Allemagne.
Instruit au sein de la Stammkompanie de la SS-Panzer-Ersatz-Abteilung 2 stationnée au camp d’entraînement de Sennelager, situé en Allemagne près de Paderborn à partir de septembre 1944.
SS-Panzer-Abteilung 5 « Wiking », puis I. Abteilung du SS-Panzer-Regiment 5 « Wiking » de la 5. SS-Panzer-Division « Wiking ».
Sans doute membre de la centaine d’hommes constituant la SS-Kampfgruppe Nicolussi-Leck, commandée par le SS-Hauptsturmführer Karl « Nico » Nicolussi-Leck (1917-2008) issue du SS-Panzer-Regiment 5 « Wiking » et envoyée le 02 avril 1945 au camp de Paderborn pour y être rééquipée de nouveaux blindés alors que la 5. SS-Panzer-Division « Wiking » est engagée en Hongrie dans les combats autour de Budapest en avril 1945. Cette SS-Kampfgruppe Nicolussi-Leck va combattre les troupes de la US 84th Infantry Division dans le secteur de Paderborn, dans la Poche de la Ruhr, dans le secteur de Hannovre.
Le 02 avril 1945, cette SS-Kampfgruppe rencontre les unités de reconnaissance de la US 5th Armoured Division près d’Harsewinkel. En battant en retraite par Versmold et Melle, la SS-Kampfgruppe atteint Lübbecke, réquisitionne trois camions à gazogène et poursuit sa route vers Minden, ville déjà partiellement aux mains des Britanniques. La SS-Kampfgruppe tente sans succès de faire sauter le pont sur la Weser, mais parvient à détruire à l’aide d’un Panzerfaust un Panzer IV utilisé par les Britanniques.
Le 05 avril 1945, la SS-Kampfgruppe retraite vers Bückeburg et apprend auprès de la population locale, que des véhicules blindés se trouvent à proximité, inutilisés dans un dépôt de véhicules de la Heer. Le 06 avril 1945, la SS-Kampfgruppe s’empare de 13 Schützenpanzerwagen (SdKfz. 250/251) dont 2 SdKfz. 250/9 équipés de canons de 2cm/20mm.
Le 07 avril 1945, la SS-Kampfgruppe atteint Hanovre, où le SS-Hauptsturmführer Karl « Nico » Nicolussi-Leck se présente au Kampfkommandant de la ville, le Generalmajor Paul Löhning (1889-1971) et reçoit l’ordre de prendre position au nord-ouest de Stöcken, le long de la Reichsstraße 6, afin de couvrir à la fois le pont sur le canal Weser-Elbe et l’autoroute ou Reichsautobahn. C’est en effet par là que le Generalmajor Löhning s’attend à voir la US 84th Infantry Division lancer son attaque pour s’emparer de Hanovre.
Le matin du 8 avril 1945, un ouvrier de chez Hanomag signale à « Nico » la présence de plusieurs chars flambant neufs dans la cour de l’usine d’assemblage M.N.H. à Hanovre-Laatzen. Le SS-Hauptsturmführer « Nico » rassemble immédiatement quelques équipages parmi les hommes de son groupe et se précipite à l’usine, où il découvre sept Jagdpanther, seul bémol : il leur manque quelques pièces essentielles ainsi que du carburant. Il dépêche des camions pour récupérer les pièces nécessaires (optiques et munitions) et le carburant dans une usine située à Scheuen, près de Celle. Les hommes sont de retour l’après-midi même du 08 avril et, avant la fin de la journée, les canons des Jagdpanther ont été correctement réglés et testés au tir. La SS-Kampfgruppe « Wiking » est prête au combat.
Le général de division Alexander Bolling, commandant la US 84th Infantry Division a déployé ses troupes, les 333e, 334e et 335e régiments d’infanterie, renforcés par des éléments d’un bataillon de chasseurs de chars en vue d’un assaut direct sur Hanovre. Le 11e groupe de cavalerie du colonel Fierson couvre son flanc gauche. Bolling s’appuie sur une carte capturée indiquant toutes les positions défensives à Hanovre et dans ses environs, ainsi que les effectifs des unités déployées. Il est confiant et estime n’avoir guère de souci à se faire pour la bataille à venir. Il ignore tout de la puissante force blindée qui attend sa progression.
Une fois la SS-Kampfgruppe rassemblée, Nicolußi-Leck ne se contente pas d’occuper les positions qui lui ont été assignées : il va plus loin et s’empare de Frielingen et de Ricklingen. Il est désormais en mesure de contrer toute tentative de prise du pont sur la Leine à Ricklingen et de repousser les attaques venant de Bordenau.
Les éléments de tête du colonel Fierson se retrouvent dans le collimateur de trois Jagdpanther postés à la lisière de Ricklingen. Les équipages de ces chars sont des vétérans aguerris par des années de combat sur le front de l’Est, où ils ont toujours dû lutter en infériorité numérique et sans ravitaillement adéquat. La situation était bien différente ici : installés dans des chars flambant neufs et correctement ravitaillés, ils combattaient désormais sur le sol allemand. Chaque tir faisait mouche ; malgré les pertes croissantes, le colonel Fierson relève le défi. Il ordonne un tir d’artillerie sur la ville elle-même et fait avancer ses hommes. Bientôt, incapables de distinguer quoi que ce soit à travers la poussière et les décombres, les équipages de chars de la division Wiking se replient vers Horst. Les Américains s’emparent de Ricklingen. La cavalerie l’a emporté, mais au prix de lourdes pertes.
Le 11e régiment de cavalerie tente de poursuivre sa progression, d’abord vers l’est, puis vers le nord-est et enfin vers le nord. Toutes ces tentatives sont stoppées net. Le colonel Fierson a perdu 20 véhicules blindés, mais il sait aussi que Bollinger ne peut risquer une attaque sur Hanovre si la cavalerie ne parvient pas à sécuriser le flanc et les ponts sur la Leine. Il envoie quelques compagnies vers le nord, à Bordenau, où les Britanniques se sont déjà emparés du pont.
Ses hommes traversent à Bordenau et poussent jusqu’à Frielingen, mais ils subissent une fois de plus un échec cuisant. Les chars de tête essuient les tirs des quatre Jagdpanther restants qui tirent à portée maximale. Bien que le nombre exact de blindés perdus par le 11e régiment de cavalerie lors de cet affrontement soit inconnu, le seul Jagdpanther détruit avait mis six véhicules hors de combat avant d’être lui-même anéanti. Un Schützenpanzerwagen est également perdu. Le colonel Fierson décide alors de mettre fin à l’attaque.
Le 09 avril 1945, le général de division Bollinger a redéployé ses forces. Le 335e régiment est toujours orienté vers l’est, face à Hanovre même. Le 334e a progressé par Ricklingen pour frapper en direction du sud-est, tandis que le 333e traverse à hauteur de Bordenau afin de contourner la résistance inattendue rencontrée.
Après avoir fait avancer le 334e régiment, Bollinger relance l’offensive et tente de s’emparer de Horst. Trois autres Sherman sont perdus et Bollinger ordonne des tirs d’artillerie lourde sur Horst et Frielingen. La SS-Kampfgruppe « Wiking » est contrainte de se replier sur Godshorn, Vinnhorst et le canal Weser-Elbe. Les maigres forces disponibles pour défendre Hanovre ne font pas le poids face à une division d’infanterie américaine renforcée, et le général de division Loehning en est conscient. Il demande l’autorisation d’évacuer la ville, mais reçoit l’ordre de combattre sous peine de passer en cour martiale.
Dans la nuit du 9 au 10 avril 1945, Bollinger lance son attaque sur Hanovre. Il fait d’abord pilonner par l’artillerie les emplacements de pièces et les positions ennemis connus. Ses hommes entament l’assaut avant l’aube, profitant de conditions météorologiques idéales : le brouillard. Celui-ci est suffisamment épais pour dissimuler la progression des soldats qui, à quelques exceptions près, avancent sans rencontrer de résistance notable. Le 333e régiment se trouve à l’extrême gauche, au nord de Hanovre, et fait route vers le sud après avoir réussi à franchir le canal Weser-Elbe ; le 334e régiment occupe le centre et attaque depuis le nord-ouest, tandis que le 335e attaque vers l’est de front. Les 333e et 334e régiments contournent tous deux la SS-Kampfgruppe « Wiking », dont ils ignorent la position exacte.
Ce n’est qu’après le passage des éléments de tête que l’on remarque la présence d’un Jagdpanther sous le pont de l’autoroute. Le deuxième bataillon contourne le Jagdpanther pour poursuivre vers la forêt domaniale, tandis que les unités suivantes encerclent le char et capturent son équipage de cinq hommes. Ces derniers dormaient apparemment, leur sentinelle ayant été neutralisée avant de pouvoir donner l’alerte. La US 84th Infantry Division s’empare de Hanovre presque sans combattre.
Au fil de la matinée du 10 avril 1945, le SS-Hauptsturmführer « Nico » réalise qu’il ne parvient pas à établir le contact avec les forces allemandes présentes dans Hanovre et ses environs ; il ordonne alors à ses hommes de se replier vers la ville. En tête de colonne, il croise le chef des pompiers qui lui signale la présence des Américains en ville, mais propose de les guider pour traverser. À l’entrée de la ville, des civils leur apprennent que les Américains ont déjà atteint la gare. Après quelques détours, le SS-Hauptsturmführer « Nico » qui circule dans un véhicule découvert débouche sur une place ; les Américains lui ordonnent aussitôt, ainsi qu’à ses compagnons, de se rendre. Lorsqu’un Jagdpanther surgit au coin de la rue en ouvrant le feu à la mitrailleuse, le SS-Hauptsturmführer « Nico » parvient à s’échapper et à monter à bord du Jagdpanther du SS-Obersturmführer Ulf-Ola Olin (1917-1995). La colonne poursuit sa route à vive allure, croisant d’autres groupes de chars américains mais s’éclipsant avant que quiconque ne puisse les prendre correctement pour cible.
Après avoir quitté Hanovre, le SS-Hauptsturmführer « Nico » est déterminé à tenter de rejoindre les forces allemandes située plus à l’est ; il ignore toutefois qu’il n’y parviendra jamais.
Le 11 avril 1945, alors que des éléments de la US 84th Infantry Division poursuivent leur progression vers l’est après la prise de Hanovre, une colonne allemande avance à leur rencontre par des routes secondaires ; si aucun des deux camps ne change de direction, une rencontre est inévitable dans le secteur de Langlingen. Il s’agit de la colonne de la SS-Kampfgruppe « Wiking », commandée par le SS-Hauptsturmführer Nicolussi-Leck ; l’unité s’est regroupée à Lehrte et prévoit de faire mouvement vers le nord, puis le nord-est, en direction de Wittingen et, à terme, de Wittenberge sur l’Elbe. À ce stade, la SS-Kampfgruppe comprend neuf Schützenpanzerwagen, six Jagdpanther et un Bergepanzer. Tout contact avec les soldats US est recherché. Peu après avoir quitté Lehrte, la SS-Kampfgruppe « Wiking » livre un bref combat contre quatre chars Sherman ; deux d’entre eux sont détruits par le Jagdpanther de l’Untersturmführer Karl Jauß (1922-2003). À Abbensen, la SS-Kampfgruppe croise des chars de la Lehrabteilung, mais leurs équipages refusent de se joindre à la SS-Kampfgruppe. Poursuivant sa route vers Langlingen via Uetze, la colonne capture deux camions-citernes américains ainsi qu’une cinquantaine d’hommes, que le SS-Hauptsturmführer Nicolussi-Leck relâche le soir même du 11 avril 1945.
La SS-Kampfgruppe atteint la forêt située à l’est de Sandlingen dans la matinée du 12 avril 1945 avec tous ses véhicules blindés et plus de cent hommes, parmi lesquels figure un nombre croissant de traînards. Une reconnaissance immédiate révèle que les ponts enjambant le Mühlengraben et l’Aller près de Langlingen ont été détruits. Un Schützenpanzerwagen lourdement armé équipé d’un canon de 20mm et commandé par un SS-Obersturmführer est envoyé à Wienhausen pour vérifier si les ponts y sont intacts et pour les tenir jusqu’à l’arrivée de la SS-Kampfgruppe. L’équipage du Schützenpanzerwagen est principalement composé de soldats de la Heer, incluant quelques officiers et sous-officiers, soit douze hommes au total. À midi, le SS-Obersturmführer atteint Wienhausen et découvre que les ponts sont intacts mais déjà équipés de charges explosives. Son Schützenpanzerwagen ou SPW prend position sur la rive nord de l’Aller sous le pont à la lisière d’Oppershausen. Le pont n’étant pas assez large pour dissimuler entièrement le véhicule, ce détail va avoir des conséquences. L’équipage prend position autour du pont à 14h00. Au même moment, le 333e régiment américain arrive à Wienhausen en provenance de Bockelskamp. La colonne américaine n’est pas visible depuis Oppershausen, mais son bruit ne peut passer inaperçu. Les voitures de reconnaissance en tête de colonne traversent lentement les rues désertes de Wienhausen. Arrivées à la bifurcation menant à Oppershausen, elles s’arrêtèent, constatent que les ponts sont intacts, puis aperçoivent l’arrière du Schützenpanzerwagen dépassant de dessous le pont. Elles ouvrent immédiatement le feu et le SPW est touché. L’équipage du SPW croit qu’il s’agit de tirs amis provenant de leurs propres chars ; ils ne s’attendent pas à trouver des troupes américaines aussi loin à l’est. Le Feldwebel Ehrbeck enfourche un vélo et, agitant frénétiquement un linge blanc, se dirige vers Wienhausen. Entre-temps, la 9e compagnie du capitaine Bradford a pris position à la périphérie de Wienhausen. Après s’être rapproché des Américains jusqu’à une distance de 150 mètres, le Feldwebel réalise son erreur et saute de sa bicyclette en tentant de s’enfuir à pied, mais est abattu par un fusilier. Le reste de l’équipage du semi-chenillé allemand engage le combat contre la compagnie du capitaine Bradford depuis l’autre rive de l’Aller. Pendant cet affrontement, un bataillon d’artillerie arrive à Wienhausen et prend position pour appuyer le capitaine Bradford si nécessaire. Espérant toujours s’emparer du pont intact, le capitaine Bradford ordonne à ses servants de mitrailleuses lourdes de clouer au sol le SS-Obersturmführer et ses hommes, afin de permettre à quelques soldats de s’approcher suffisamment pour neutraliser les charges explosives et prendre l’ouvrage. Cependant, alors que les GI approchent, le SS-Obersturmführer donne l’ordre de faire sauter le pont, passant outre les instructions reçues de le tenir pour le reste de la SS-Kampfgruppe « Wiking ». Le capitaine Bradford poursuit son attaque sur Oppershausen et contre l’équipage du semi-chenillé. Les hommes sous les ordres du SS-Obersturmführer résistent aux assauts américains pendant neuf heures, affrontant non seulement la 9e compagnie, mais aussi la 11e compagnie et le bataillon d’artillerie. Oppershausen est pratiquement rasé et au moins six Allemands périssent au cours de ces combats acharnés. Le sort des cinq survivants, dont le SS-Obersturmführer demeure inconnu : certains ont pu périr dans les maisons en feu, tandis que d’autres ont peut-être réussi à s’échapper ou ont été faits prisonniers. Entre-temps, le 1er bataillon du 333e régiment américain traverse Wienhausen en direction d’Offensen, du pont sur l’Aller à Schwachhausen et, finalement, de Nordburg. Désormais, les ponts situés au nord-est et au sud-est de la position de la SS-Kampfgruppe « Wiking » sont soit détruits, soit aux mains des Américains.
Au matin du 13 avril 1945, la SS-Kampfgruppe « Wiking » se retrouve profondément enfoncé derrière les lignes US. Pris en étau entre le 333e régiment américain au nord et le 334e régiment américain au sud, elle se trouve en infériorité numérique de 20 contre 1 de chaque côté. Son plan consiste à tenir bon jusqu’à ce que la première vague de troupes américaines ait dépassé la zone, puis à tenter de franchir l’un des ponts intacts sur l’Aller. Mais c’est aussi un vendredi. Le 3e bataillon du 334e régiment a passé la nuit à Langlingen, où le pont sur l’Aller est détruit. À l’aube, les troupes se mettent en route vers l’ouest, longeant la voie ferrée à la recherche d’un point de passage adéquat. Après trois kilomètres, elles tombent sur le pont détruit enjambant le Mühlengraben. Elles chargent immédiatement leurs sapeurs de réparer l’ouvrage et envoient des patrouilles établir un périmètre de sécurité. Ces patrouilles tombent rapidement sur la SS-Kampfgruppe « Wiking » dans la forêt ; après un bref échange de tirs, le bataillon entier entreprend de ratisser la zone boisée. Le SS-Hstuf Nicolussi-Leck évite de se laisser entraîner dans un combat où ses chars ne seraient pas utilisés efficacement. De plus, ses forces sont en infériorité numérique de 5 contre 1 et plusieurs autres bataillons américains se trouvent à proximité. Nicolussi-Leck et ses hommes sortent de la forêt, se dirigeant vers le nord-ouest, traversant la voie ferrée en direction de la zone boisée à la lisière de Wienhausen. Ils l’atteignent peu avant 11 heures. Pendant ce temps, le bataillon d’artillerie américain quitte Wienhausen pour prendre de nouvelles positions de tir plus à l’est. Sa route croise celle de la SS-Kampfgruppe « Wiking » de Nicolussi-Leck, qui ordonne à ses Jagdpanther d’ouvrir le feu à 1.000 mètres ; la première salve enflamme cinq camions. Le bataillon d’artillerie fait immédiatement demi-tour et reprend position à Wienhausen. La SS-Kampfgruppe « Wiking » contourne Wienhausen par le sud et fait route directement vers Bockelskamp. De là, elle ouvre le feu sur un convoi de ravitaillement américain et détruit quatre autres véhicules. Néanmoins, la fin semble proche. Le 3e bataillon du 333e régiment et le 3e bataillon du 334e régiment forment un demi-cercle autour de la SS-Kampfgruppe « Wiking » par le sud, tandis que la rivière Aller barre la route au nord. Tandis que le bataillon d’artillerie fait pleuvoir un barrage soutenu d’obus sur la SS-Kampfgruppe « Wiking », Nicolussi-Leck et ses hommes cherchent dans le village quelqu’un capable de leur indiquer un gué. Une jeune femme leur signale un passage situé un peu plus en amont et la SS-Kampfgruppe s’y dirige. Les Jagdpanther traversent la rivière sans difficulté ; les deux derniers remorquant chacun un Schützenpanzerwagen. Mais le feu d’artillerie reprend alors, avec une précision redoutable. Les Schützenpanzerwagen restants tentent de forcer le passage, mais finissent tous irrémédiablement enlisés dans le lit de la rivière. Un soldat est tué et dix autres blessés. La SS-Kampfgruppe « Wiking » se regroupe et passe la nuit dans la zone boisée située à l’est d’Ostersloh.
Au matin du 14 avril 1945, Nicolussi-Leck ordonne à ses troupes de poursuivre leur progression vers l’est, dans l’espoir de rejoindre les lignes allemandes. Ayant perdu une grande partie de l’équipement, il donne pour consigne à ses hommes d’éviter tout nouvel affrontement avec les US. Il ignore que la US 84th Infantry Division dans le secteur de laquelle il opère, a déjà atteint l’Elbe. La SS-Kampfgruppe « Wiking » progresse prudemment d’une zone boisée à l’autre, s’arrêtant fréquemment pour scruter les environs à la recherche de signes trahissant la présence de troupes US. Les nazis contournent Oppershausen par le nord, une manœuvre rendue possible uniquement parce que le 3e bataillon du 333e régiment n’a pas encore réalisé que la SS-Kampfgruppe « Wiking » a déjà quitté Bockelskamp. Nicolussi-Leck et ses hommes se dirigent vers une zone marécageuse, mais les Schützenpanzerwagen chargés de l’éclairage parviennent à trouver le seul point de passage praticable à des kilomètres à la ronde, leur permettant ainsi de poursuivre leur marche vers l’Elbe. En atteignant la zone boisée de Halzhorn, 3km au sud de Hohne, ils perçoivent un important trafic motorisé provenant du sud en direction de Müden : les éléments blindés de la US 102th Infantry Division, tandis que devant eux, à l’est, s’étend le marécage infranchissable de Hahnenmoor. Les seules routes s’orientant vers l’est risquent fort de conduire la SS-Kampfgruppe à un nouvel affrontement avec les Américains ; Nicolussi-Leck décide donc de continuer à travers la forêt et de tenter de se faufiler par la zone découverte située entre Hohne et Ummern au nord. Le général de division Bolling a transféré son quartier général de Hanovre à Hohne la veille ; il n’est pas seul sur place, car le 771e bataillon de chars américain y est maintenu en réserve. La ville étant protégée au nord par la rivière Wiehe et bordée au sud par une vaste zone de marécages et de bois, les 20 Sherman du 771e bataillon assurent la sécurité du secteur en surveillant les seuls points d’accès — orientés principalement vers le sud, direction d’où aucune attaque n’est attendue. Pourtant, soudain, le bruit de chenilles se fait entendre depuis la lisière du marécage. Nicolussi-Leck a lancé ses deux derniers Schützenpanzerwagen et trois Jagdpanther dans une reconnaissance offensive, tandis que les trois autres Jagdpanther couvrent leur progression. Les Sherman attendent que leurs adversaires ne soient plus qu’à 1.000 mètres pour ouvrir le feu. Les deux Schützenpanzerwagen ainsi qu’un Jagdpanther sont immédiatement touchés et prennent feu. Un Jagdpanther parvient à percer les lignes, tandis que les autres chars allemands ouvrent le feu sur les Sherman. Même le Jagdpanther en flammes de l’Untersturmführer Schüßler — la quatrième victime — continue de riposter pendant un court instant. Tirant le meilleur parti de leurs canons de 88mm et de leur blindage frontal de 80mm d’épaisseur, les trois Jagdpanther restants pilonnent sans relâche les positions du 771e bataillon, parvenant presque à réduire au silence la défense américaine acharnée. Une tentative de l’Untersturmführer Jauß pour récupérer le Jagdpanther de Schüßler échoue, entraînant également la perte du Bergepanzer. La victoire finale étant désormais à portée de main et ses chars entourés par les fantassins blessés, Nicolussi-Leck ordonne un repli vers les marécages du Hahnenmoor. Les équipages des Sherman restants poussent un soupir de soulagement en voyant les Jagdpanther faire route vers le sud. L’un des Jagdpanther est perdu peu après son entrée dans le marécage, victime d’une panne de transmission. Mais les hommes de la SS-Kampfgruppe « Wiking » n’ont pas encore dit leur dernier mot. Après avoir confié leurs blessés à un berger local, ils forment un détachement de reconnaissance pour tenter de trouver le carburant nécessaire à leurs Jagdpanther. Au cours de la nuit, ils capturent deux camions américains et une Jeep. Après avoir parcouru une courte distance dans le marais, ils relâchent leurs prisonniers. Lorsque le détachement rejoint le reste de la SS-Kampfgruppe, ils inspectent le chargement des camions. À leur grande déception, les véhicules transportent de la farine et du sucre, et non le carburant dont ils ont un besoin désespéré. Nicolussi-Leck et les derniers hommes de sa SS-Kampfgruppe — dont les effectifs est tombés à une trentaine de soldats — savent qu’ils ne parviendront pas à regagner leurs lignes.
Nicolussi-Leck prend sa dernière décision de commandement au matin du 16 avril 1945. Il se tourne vers le SS-Obersturmführer Ulf-Ola Olin et déclare : « Nous avons de la farine et il nous faut du pain. Je vais chercher un boulanger. » Olin comprend les intentions de Nicolussi-Leck et lui serre la main une dernière fois. Nicolussi-Leck et son adjoint rebroussent chemin et se rendent aux Américains à Hohne. Le commandement revient alors au SS-Obersturmführer Ulf-Ola Olin, qui ordonne de placer les deux camions capturés sur la voie ferrée voisine et d’y mettre le feu. Les deux derniers Jagdpanther sont conduits sur une courte distance dans le marais, où ils finissent par s’enfoncer sous leur propre poids ; les munitions restantes — soit dix obus — sont enterrées ailleurs. Quatre hommes armés de pistolets-mitrailleurs et de Panzerfaust prennent place dans le seul véhicule encore disponible : la Jeep US capturée. Ils ont pour projet de tenter de rejoindre le sud de l’Allemagne. Leur périple audacieux est finalement couronné de succès.