Orphe­lins d’in­cor­po­rés de force : Peut-être, enfin, un acte de justice ?, par Bernard Roden­stein

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Commencé en 2004, suite à un décret signé par le premier ministre de l’époque, Jean-Pierre Raffa­rin, le combat mené par les orphe­lins de guerre, fils et filles de soldats français incor­po­rés de force par le régime nazi, prend peut-être fin.
Le Sénat a voté un amen­de­ment tendant à indem­ni­ser les quelques 3.500 orphe­lins survi­vants, à égalité de droits avec ceux des parents victimes de la Shoah, indem­ni­sés depuis l’an 2000 et ceux des parents dépor­tés poli­tiques indem­ni­sés à comp­ter de 2004.
L’as­sem­blée natio­nale ne s’est encore pas pronon­cée. C’est elle qui déci­dera.
Face aux refus systé­ma­tiques qui nous ont été oppo­sés par les instances gouver­ne­men­tales, pendant des années, pour des motifs divers et variés, j’avais remis ma démis­sion de président de l’as­so­cia­tion régio­nale des orphe­lins de guerre et de celle de président de la fédé­ra­tion natio­nale.
Ma convic­tion était que nous n’ob­tien­drions gain de cause que lorsqu’il ne restera plus qu’une poignée de poten­tiels béné­fi­ciaires pour que le coût pour l’Etat soit le plus faible possible.
20 ans après les autres, nous y arri­vons, peut-être ?
La dernière excuse qui m’a été oppo­sée à Paris était que nous n’étions les victimes QUE de la barba­rie nazie et non de l’EXTREME barba­rie nazie. C’était il y a une dizaine d’an­nées.
Beau­coup des nôtres sont morts depuis lors.
L’injus­tice dont nous sommes les victimes est criante, surtout depuis que l’Etat français a reconnu des faits long­temps passés sous silence à propos de l’in­cor­po­ra­tion de force, crime de guerre.
Si l’in­dem­nité devait encore nous être versée, nous en serions très heureux, mais pourquoi avoir attendu si long­temps pour nous accor­der ce droit qui s’im­po­sait dès l’an 2000 ?
Que pour des ques­tions de gros sous ou parce que les alsa­ciens et les mosel­lans étaient consi­dé­rés comme des citoyens de seconde zone?
Pour les deux raisons très proba­ble­ment.
Une double vexa­tion de plus.
Je n’irai pas leur dire merci, ne serait-ce que par égards pour celles et ceux qui n’au­ront pas vécus suffi­sam­ment vieux pour voir l’abou­tis­se­ment d’une quête mille fois justi­fiée.
Bernard Roden­stein

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