De trois résis­tants et dépor­tés haut-rhinois : Camille KRIMM, Joseph KROPP et Eugène SCHWARTZ – Portraits réali­sés par Nico­las Mengus

Commentaire (0) Ce qu'il pouvait en coûter de ne pas se soumettre à l'ordre nazi, La vie quotidienne dans les provinces annexées, Portraits d'Alsaciens et de Mosellans, Résistance

 

« J’ai été arrêté pour avoir déclaré à un Alle­mand (direc­teur du centre de la Hitlerju­gend de la Fuchs­fermeThan­nen­kirch) que son pays perdra la guerre ». Cette « atti­tude provo­cante à l’égard d’un fonc­tion­naire du parti » au cours d’une alter­ca­tion a valu à Camille Krimm (1892–1960) un inter­ne­ment à Colmar, puis aux camps de  Vorbruck-Schir­meck et de Gagge­nau (Alle­magne), d’août 1944 à avril 1945 et l’at­tri­bu­tion post­hume – après un premier refus pour avoir été membre de l’Orts­gruppe de Than­nen­kirch et de la NSDAP à comp­ter du 1eroctobre 1941 – du titre de « déporté poli­tique » (1964).

 

Le bûche­ron Joseph Kropp, né en 1893 à Than­nen­kirch, est arrêté à Echery le 14 octobre 1942, par la Feld­gen­dar­me­rie. En fait, au moment de l’ar­res­ta­tion de son épouse, Rosa­lie Marce­line née Antoine à Saint-Dié-des-Vosges, il avait fui par une fenêtre et s’est juste­ment réfu­gié à Saint-Dié. Deux jours plus tard, il s’est consti­tué prison­nier, espé­rant ainsi obte­nir la libé­ra­tion de sa femme. Interné à Stras­bourg, il est condamné à 8 mois de prison par le Sonder­ge­richt (Tribu­nal d’ex­cep­tion) le 20.5.1943 et, ayant purgé sa peine, libéré le même jour. Son crime est d’avoir favo­risé la fuite de prison­niers et d’Al­sa­ciens réfrac­taires. L’acte d’ac­cu­sa­tion du 8 janvier 1943 mentionne notam­ment qu’il a ravi­taillé, en 1941, deux Alsa­ciens réfrac­taires au RAD et qu’il les fait passer la fron­tière avec l’aide d’Au­guste Peyer. Après la guerre, il est reconnu « interné poli­tique » et « déporté résis­tant ». Il est déten­teur de la Médaille de la Résis­tance.

 

Toujours dans le secteur de Than­nen­kirch, citons encore Eugène Frédé­ric Schwartz, qui y est né en 1886. Bûche­ron de profes­sion, père de famille nombreuse, il réside depuis 1921 à Wisem­bach (Vosges). Il est arrêté – ainsi que le curé Marchand – par la Feld­gen­dar­me­rie le 28.10.1942 pour avoir hébergé et ravi­taillé trois prison­niers français évadés. Le 4 décembre, le tribu­nal alle­mand « FK 622 Epinal » le condamne à une peine de prison à Epinal. Le 22 décembre suivant, il est condamné par le Tribu­nal de Saar­brü­cken à 2 ans et 9 mois d’em­pri­son­ne­ment. Il est interné jusqu’au 29.12.1942, il est déporté poli­tique en Alle­magne jusqu’au 14.5.1945.

Il est reconnu « déporté résis­tant » après la guerre.

 

Doc. Divi­sion des Archives des Victimes des Conflits Contem­po­rains, Caen

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