« J’ai été arrêté pour avoir déclaré à un Allemand (directeur du centre de la Hitlerjugend de la FuchsfermeThannenkirch) que son pays perdra la guerre ». Cette « attitude provocante à l’égard d’un fonctionnaire du parti » au cours d’une altercation a valu à Camille Krimm (1892–1960) un internement à Colmar, puis aux camps de Vorbruck-Schirmeck et de Gaggenau (Allemagne), d’août 1944 à avril 1945 et l’attribution posthume – après un premier refus pour avoir été membre de l’Ortsgruppe de Thannenkirch et de la NSDAP à compter du 1eroctobre 1941 – du titre de « déporté politique » (1964).
Le bûcheron Joseph Kropp, né en 1893 à Thannenkirch, est arrêté à Echery le 14 octobre 1942, par la Feldgendarmerie. En fait, au moment de l’arrestation de son épouse, Rosalie Marceline née Antoine à Saint-Dié-des-Vosges, il avait fui par une fenêtre et s’est justement réfugié à Saint-Dié. Deux jours plus tard, il s’est constitué prisonnier, espérant ainsi obtenir la libération de sa femme. Interné à Strasbourg, il est condamné à 8 mois de prison par le Sondergericht (Tribunal d’exception) le 20.5.1943 et, ayant purgé sa peine, libéré le même jour. Son crime est d’avoir favorisé la fuite de prisonniers et d’Alsaciens réfractaires. L’acte d’accusation du 8 janvier 1943 mentionne notamment qu’il a ravitaillé, en 1941, deux Alsaciens réfractaires au RAD et qu’il les fait passer la frontière avec l’aide d’Auguste Peyer. Après la guerre, il est reconnu « interné politique » et « déporté résistant ». Il est détenteur de la Médaille de la Résistance.
Toujours dans le secteur de Thannenkirch, citons encore Eugène Frédéric Schwartz, qui y est né en 1886. Bûcheron de profession, père de famille nombreuse, il réside depuis 1921 à Wisembach (Vosges). Il est arrêté – ainsi que le curé Marchand – par la Feldgendarmerie le 28.10.1942 pour avoir hébergé et ravitaillé trois prisonniers français évadés. Le 4 décembre, le tribunal allemand « FK 622 Epinal » le condamne à une peine de prison à Epinal. Le 22 décembre suivant, il est condamné par le Tribunal de Saarbrücken à 2 ans et 9 mois d’emprisonnement. Il est interné jusqu’au 29.12.1942, il est déporté politique en Allemagne jusqu’au 14.5.1945.
Il est reconnu « déporté résistant » après la guerre.
Doc. Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains, Caen
