Serge AMORICH, délégué national de l’Association des anciens incorporés de force dans le RAD–KHD d’Alsace et de Moselle, nous transmet la réponse ministérielle à une question écrite relative à l’intégration de l’histoire des « Malgré-Nous » et des « Malgré-Elles » alsaciens et mosellans.
Question de Mme Elsa Schalck (Bas-Rhin – Les Républicains) publiée le 31/07/2025
Mme Elsa Schalck attire l’attention de Mme la ministre d’État, ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche sur l’intégration de l’histoire des Malgré-Nous et Malgré-Elles alsaciens et mosellans.
L’Histoire de l’Alsace-Moselle présente une singularité marquée, notamment en raison de l’incorporation de force de nombreux alsaciens et mosellans dans l’armée allemande durant la seconde guerre mondiale.
La transmission de cette mémoire spécifique constitue un enjeu majeur pour les jeunes générations. À ce titre, le Président de la République a affirmé, lors du 80e anniversaire de la libération de Strasbourg, que « la tragédie des Malgré-Nous doit être nommée, reconnue et enseignée » Cette déclaration a suscité une satisfaction et une attente forte parmi les familles concernées, les acteurs de la mémoire, ainsi que dans la population alsacienne.
Dès lors, elle souhaiterait connaître les mesures déjà engagées par le ministère pour intégrer cette page singulière de l’histoire nationale dans les enseignements scolaires, ainsi que les actions restant à mettre en oeuvre pour concrétiser pleinement cet engagement présidentiel.
Publiée dans le JO Sénat du 31/07/2025 – page 4333
Réponse du Ministère de l’éducation nationale publiée le 05/02/2026
Le destin des « malgré nous » est un épisode singulier et important de l’histoire de la France durant la Seconde Guerre mondiale, qui permet de rendre compte des conséquences lourdes de la défaite et de l’armistice de juin 1940, ainsi que de la complexité des parcours individuels en temps de guerre. Les programmes scolaires sont rédigés avec un niveau de généralité important, leur principe de rédaction consistant à fixer de grands objets d’enseignement que tous les élèves de la nation doivent étudier. Dans le cadre de leur liberté pédagogique, les professeurs peuvent tout à fait choisir d’évoquer le sort des incorporés de force alsaciens et mosellans. Ainsi, en classe de 3e, les incorporés de force peuvent être abordés dans le cadre du thème consacré à « L’Europe, un théâtre majeur des guerres totales (1914–1945) ». En CAP, l’évocation de la défaite de 1940 permet également aux enseignants d’aborder s’ils le souhaitent la question des « malgré nous ». Enfin, l’étude de la Seconde Guerre mondiale est approfondie dans les classes du cycle terminal : en première professionnelle, l’étude des deux guerres mondiales inclut le sort de la France ; en terminales générale et technologique, les enseignants peuvent traiter du sort des incorporés de force dans le cadre d’un cours sur la France dans la guerre ou d’un autre sur le front de l’Est. En terminale, en spécialité « histoire, géographie, géopolitique et sciences politiques », les élèves peuvent travailler dans le cadre du thème « Histoire et mémoires » sur le cas de la mémoire des incorporés de force d’Alsace-Lorraine. En complément, le ministère de l’éducation nationale a publié sur le site éduscol une ressource visant à inciter les professeurs à aborder le cas des incorporés de force dans leurs enseignements, en identifiant les entrées possibles dans différents programmes et en proposant des pistes pédagogiques.
Publiée dans le JO Sénat du 05/02/2026 – page 651
