D’après Mémoire des Hommes: Polizei-Rottwachtmeister/caporal-chef OEHLER Joseph André Constant Né le 26/3/1920 à Duisbourg (Allemagne) habitant Chatenois (67 – Bas-Rhin, France) Engagé volontaire, n’est pas Mort pour la France mais déclaré décédé le 28/5/1944 à Domwrena/Domvrena/Domvraína/Dombraina (Grèce), 33km à l’ouest de Thèbes. Hilfspolizei Le secteur postal FPN 15517 mentionné sur sa fiche MdH correspond à la schwere Kompanie du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 Dès l’automne 1941, il est prévu de créer une force de police spécialisée dans les opérations en montagne, car les nazis souhaitaient conquérir le Caucase (opération « Edelweiss ») afin d’accéder aux très précieuses et vitales réserves de pétrole de Bakou. Des unités de police déployées dans la région montagneuse du Caucase pour sécuriser les transports sont donc nécessaires le long des voies ferrées. L’état-major de l’Ordnungspolizei donne l’ordre de créer un régiment d’infanterie de montagne le 23 mai 1942 commandé par le Polizei-Oberst Hermann Franz (1891-1969). Trois bataillons sont sélectionnés pour composer le Polizei-Gebirgsjäger-Regiment : – Polizei-Bataillon 302 de München/Munich stationné comme force de sécurité en Norvège centrale depuis septembre 1940 ; – Polizei-Bataillon 312 d’Innsbruck stationné comme force de sécurité en Norvège centrale depuis septembre 1940 ; – Polizei-Bataillon 325 de Dresden/Dresde créé en 1941, expérimenté par la pratique de la région montagneuse de Haute-Carniole. Chaque Bataillon est équipé d’une Kraftfahrzeug-Staffel, d’une Nachrichten-Zug et d’une schweren Granatwerfer-Zug. Le Polizei-Gebirgsjäger-Regiment comprend également une Schwere Polizei-Gebirgsjäger-Kompanie, une Polizei-Pionier-Zug, une Polizei-Reiter-Zug, une Polizei-Nachrichten-Abteilung et une Polizei-Panzerkraftwagen-Abteilung. Des Allemands de souche ou « Volksdeutsche » sont recrutés comme personnel auxiliaire, l’effectif total du Polizei-Gebirgsjäger-Regiment avoisine les 2.000 hommes. À la mi-juin 1942, les bataillons arrivent dans la région frontalière de Bavière/Tyrol pour leur formation et leur entraînement spécialisé en montagne et sont identifiés comme troupes de montagne, un edelweiss cousu sur leurs casquettes de campagne et sur le bas de leurs manches sur fond noir et porté du côté gauche les distinguant ainsi du personnel issu de la 1. Gebirgs-Division de la Wehrmacht. Quelques semaines après la formation du Polizei-Gebirgsjäger-Regiment, tous les Reserve-Polizei-Bataillon existants et certains bataillons nouvellement formés sont regroupés en Polizei-Regiment à trois bataillons chacun. Le Polizei-Gebirgsjäger-Regiment reçoit alors le numéro 18 parmi les 28 Polizei-Regiment créés et est renommé Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18. Le Polizei-Bataillon 302 est renommé I. Bataillon du Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18, le Polizei-Bataillon 312 devient le II. Bataillon du Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 et le Polizei-Bataillon 325 est renommé III. Bataillon du Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18, chaque bataillon comportant 12 Kompanie. Fin juin 1942, l’état d’urgence est déclaré en Haute-Carniole sans que le Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 n’y soit encore présent lors des représailles et des expulsions ordonnées par le Sicherheits-Dienst (SD) en juillet 1942 : le III. Bataillon du Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18, ex-Polizei-Bataillon 325 arrive en Haute-Carniole le 21 juillet 1942, le I. Bataillon du Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18, ex-Polizei-Bataillon 302 s’installe à arriva à Krainburg/Kranj le 27 juillet 1942 et le II. Bataillon du Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18, ex-Polizei-Bataillon 312 et l’état-major régimentaire du Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 s’y installe seulement à partir du 29 juillet 1942. Avec l’arrivée de renforts militaires, dont le Regiment « Franz » et le lancement d’une campagne de propagande spéciale, les occupants modifient leur stratégie et les exécutions en représailles sont suspendues à partir d’août 1942 jusqu’au printemps 1943. Le mandat de l’Opération « Enzian » ou « Gentiane » stipule que son « objectif est de libérer la population, animée de bonnes intentions, de la pression des partisans et de lui redonner confiance dans le Reich allemand. » Le premier déploiement du Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 a lieu dans la nuit du 2 au 3 août 1942, qui ne remporte aucun succès initial, l’utilisation d’armes lourdes lors de neuf opérations s’avérant particulièrement difficile en montagne. Les partisans repèrent les nazis à l’avance et parviennent généralement à se replier à temps dans les forêts denses. Ce n’est qu’à Jelovka du 8 au 10 septembre 1942 et à Herzogswald/Udin borst du 13 au 14 septembre 1942 que deux groupes de partisans sont capturés : l’administration civile du Gauleiter Friedrich Rainer (1903-1947) célèbre ce succès par une cérémonie le 29 septembre 1942 à Krain/Kranj/Carniole. Le Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 retourne à l’entraînement en montagne au début du mois d’octobre 1942. En décembre 1942, le Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 se prépare au déploiement en première ligne grâce à une équipe de mentors officiers de la Wehrmacht près de Dantzig/Gdansk. Après un mois d’entraînement préparatoire près de Dantzig en décembre 1942, le Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 est envoyé dans le nord de la Finlande en janvier 1943 et y reçoit un entraînement complémentaire en vue de son déploiement au front dans la région de Rovaniemi. En mars 1943 : les 28 Polizei-Regiment reçoivent le suffixe SS pour les distinguer des Polizei-Schützen-Regiment sans entraîner ni leur transfert à la Waffen-SS ni leur subordination à l’administration SS, restant rattachés à l’Ordnungspolizei : le Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 est alors rebaptisé SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18. En raison de la retraite de la Wehrmacht, le Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 n’est finalement pas déployé dans le Caucase comme initialement prévu, mais redirigé vers le nord de la Finlande. Le III. Bataillon du Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 forme sur place la réserve et assure la sécurité de la XVIII. Gebirgs-Armee-Kommando. A partir d’avril 1943, les I. Bataillon et II. Bataillon du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 sont affectés à un secteur défensif de quelques kilomètres de large situé entre la 6. SS-Gebirgs-Division « Nord » et la 6. Gebirgs-Division, où ils construisent des voies de communication et des bunkers. La situation demeure globalement calme ; ce n’est qu’en mai 1943 que quelques tentatives d’avancée de l’Armée rouge dans ce secteur sont repoussées avec des pertes des deux côtés. Le SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 est stationné en première ligne à la latitude du cercle polaire arctique de mai à juillet 1943. Au début de l’été 1943, le Gauleiter Friedrich Rainer (1903-1947) adresse une nouvelle requête au Reichsführer-SS et chef de la police allemande Heinrich Himmler, afin d’envoyer le SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 en Haute-Carniole, la Wehrmacht anticipant le retrait imminent de ses alliés italiens lors de l’Opération « Achse » et un débarquement allié en Grèce lors de l’Opération « Animals », le SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 est alors envoyé en Grèce pour lutter contre les Partisans et sécuriser le réseau ferroviaire sans attendre de renforts. Le transport du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 depuis la Finlande par voie maritime puis par voie ferrée s’achève en Grèce à la mi-août 1943 à la gare de Lianokladi/Lamia. Tout ravitaillement ferroviaire vers Athènes est alors interrompu depuis le 21 juin 1943, date à laquelle un petit groupe du SOE Special Operations Executive détruit le pont d’Asopos dans les montagnes lors de l’Opération « Washing ». À son arrivée, le SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 est chargé de sécuriser les liaisons routières entre Lamia et Athènes. Le SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 connait des pertes importantes en septembre 1943 près d’Arachowa pour le II. Bataillon du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 et près de Lidoriki pour le I. Bataillon du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18. En octobre 1943, le Polizei-Oberst Hermann Franz (1891-1969) est nommé commandant de l’Ordnungspolizei (BdO) en Grèce et le I. Bataillon du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 reçoit l’ordre de se rendre à Athènes, où il demeure jusqu’au retrait allemand. Le Polizei-Oberst Hans Hösel/Hösl (1896-1987) prend le commandement du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 et lui affecte une SS-Polizei-Artillerie-Abteilung 18 à trois Batterie répartie entre les trois bataillons du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18. Le II. Bataillon du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 reste stationné en Grèce centrale, le III. Bataillon du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 renforce la 12. Küstenschutz-Flotille en charge du désarmement des Italiens sur certaines îles des Cyclades en fin septembre 1943 et ne regagne le continent à son quartier général de Livadia qu’en décembre 1943. La mission principale du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 demeure la sécurisation des voies de communication et de transport nord-sud. Cependant, des éléments du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 sont également déployés pour des opérations de ratissage dans des zones montagneuses reculées et difficilement accessibles ; ils sont alors affectés pour cette tâche à la 11. Luftwaffen-Felddivision stationnée près d’Athènes depuis le printemps 1943, ou à l’Infanterie-Regiment « Brandenburg » de la Division « Brandenburg » stationné à Livadia ou encore à la 4. SS-Polizei-Panzergrenadier-Division située plus au nord. Même sous occupation allemande, un contrôle de l’ensemble de la zone est impossible. Les représailles dictées par Berlin par l’intermédiaire du Befehlshaber Südost/Belgrad, prévoyant en représailles jusqu’à 100 morts par soldat allemand tué en cas de fuite des assassins, entraînent des actes de violence arbitraires. Suite au massacre de Kalavryta et aux protestations du gouvernement collaborationniste d’Ioannis Ralli, le pouvoir de décider de l’ampleur des représailles au sein des troupes est transféré au niveau de la division par ordre du commandant militaire, le Generalleutnant Wilhelm Speidel (1895-1970) le 22 décembre 1943. Dans le cadre des « mesures de représailles » ordonnées le 5 janvier 1944 suite à deux morts et un blessé allemands, le III. Bataillon concerné et la 3. Batterie de la SS-Polizei-Gebirgs-Artillerie-Abteilung fournissent le peloton pour l’exécution de 50 hommes innocents, conduits de la prison de la GFP à Livadia sur le lieu de l’attaque et fusillés ; une stèle commémorative leur rend hommage. Le 25 avril 1944, une embuscade spectaculaire est tendue à un convoi de l’Ordnungspolizei à Korakolites près de Livadia : deux officiers du commandant en chef de la police de l’ordre à Athènes ou BdO Athen et l’escorte du III. Bataillon du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 sont pris dans l’embuscade : pour ces deux officiers tués, 110 otages sont exécutés sur ordre du commandant militaire. Quelques jours plus tard, cinq autres membres du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 sont retrouvés morts et une centaine d’otages sont alors exécutés en représailles. La prison de Livadia ne disposant pas du nombre suffisant de prisonniers, le III. Bataillon d’Amphissa et le II. Bataillon de la prison tenue par le SD de Lamia et stationnés le long de la route menant à Lamia sont réquisitionnés pour trouver des otages supplémentaires. À la mi-mai 1944, le General der Flieger Hellmuth Felmy (1885-1965) du LXVIII. Armee-Korps à Athènes déclare la péninsule du Péloponnèse zone de guerre en imposant des restrictions strictes : tout Grec se trouvant hors de son domicile sera abattu sans sommation. Les II. Bataillon et III. Bataillon du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 ainsi que les 2. et 3. Batterie de la SS-Polizei-Gebirgs-Artillerie-Abteilung 18 sont envoyés en renfort en juin 1944 et placés sous le commandement du général Karl von le Suire (1898-1954) commandant la 117. Jäger-Division. Ces 2 bataillons renforcés d’artillerie sont chargés, sous les ordres du colonel Dionysios Papadongonas (1888-1944) à la tête de son bataillon de sécurité, de ratisser les chaînes de montagnes du sud à la recherche de partisans. Cependant, comparé aux effectifs alignés par la 117. Jäger-Division et par la 11. Luftwaffen-Felddivision, le bilan en morts et prisonniers reste modeste et le Generaloberst Alexander Löhr (1885-1947) à la tête du Groupe d’Armées ou Heeresgruppe E ordonne le retour des II. Bataillon et III. Bataillon du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 sur le continent. Lors de l’Opération « Adder », dernière grande opération de la Wehrmacht sous le commandement du General der Gebirgstruppe Hubert Lanz (1896-1982) à la tête du XXII. Gebirgs-Korps, des éléments des II. Bataillon et III. Bataillon du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 sont déployés aux extrémités sud et est de la zone d’opérations. À la demande du HSSPF la SS-Gruppenführer Walter Schimana, les bataillons de police sont placés pour la première fois sous son commandement tactique. Le III. Bataillon du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 perd plus de 100 hommes à Karoutes, 12km à l’ouest d’Amphissa. Le 10 mai 1944, des éléments du II. Bataillon du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 renforcé par la 2. Batterie du SS-Polizei-Artillerie-Abteilung sont envoyés vers Karpenisi. Selon la chronique régimentaire, ce centre de résistance grecque dans les montagnes tombe le 12 mai 1944. Cependant, cette ville était déjà aux mains des groupements tactiques de la 4. SS-Polizei-Panzergrenadier-Division et de la 104. Jäger-Division. Dans la métropole d’Athènes, le I. Bataillon du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 ne joue aucun rôle notable ; plus de 150 bureaux et missions allemands nécessitent une protection. Au printemps 1944, la guerre civile éclate. Le bouclage des quartiers communistes est effectué sur ordre de la police de sécurité grecque et généralement mis en œuvre par les forces de police et les bataillons de sécurité grecs. Tout au plus, en cas de danger ou de nécessité, le commandant en chef le Polizei-Generalmajor Hermann Franz (1891-1969) fournit en renfort les Freiwilligen-Bataillon italiens ou grecs chacun commandé par des Allemands, la motorisierte Gendarmerie-Zug du KdO Athen, ou des éléments du I. Bataillon du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 : ce fut le cas lors du premier soulèvement armé à Athènes à Nikéa (Kokkinia) du 5 au 8 mars 1944 vers la fin des combats. Le dernier raid d’envergure avant le retrait allemand a également lieu dans le district de Nikea (Kokkinia) le 17 août 1944 : ce raid n’est pas ordonné par les Grecs, mais par le commandant militaire le Generalleutnant Wilhelm Speidel (1895-1970), dans le but de fournir de la main-d’œuvre forcée à l’industrie d’armement allemande avant le retrait. Des soldats de la 11. Luftwaffen-Felddivision, une motorisierte Gendarmerie-Zug et un Sicherheitsbataillon sont alors déployés. À partir de la mi-septembre 1944, le SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 rejoint les colonnes allemandes en retraite issues de toutes les divisions et troupes stationnées en Grèce. Repoussé par les partisans grecs et yougoslaves puis par l’Armée rouge, le SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 retraite sous commandement tournant en passant par le Monténégro, la Serbie, dont Belgrade du 11 au 20 octobre 1944 et en longeant la Drave. Le 23 mars 1945, le Freiwilligen-Polizei-Bataillon 1 « Kroatien » est rattaché au SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18. Le 3 mai 1945, les restes du SS-Polizei-Regiment 5 sont incorporés au III. Bataillon du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18. Le 8 mai 1945, le SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 est dissous dans l’est de la Slovénie, fuyant toujours l’Armée rouge et les unités de partisans yougoslaves. Selon le Bureau d’information de la Wehrmacht, le SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 déplore un total de 277 morts et 239 disparus au combat pendant la Seconde Guerre mondiale. D’après les mémoires souvent romancées du Generalmajor der Polizei und SS-Brigadeführer Hermann Franz (1891-1969), 1.200 des 3.600 hommes du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 ont disparu.
D’après Mémoire des Hommes:
Polizei-Rottwachtmeister/caporal-chef OEHLER Joseph André Constant
Né le 26/3/1920 à Duisbourg (Allemagne) habitant Chatenois (67 – Bas-Rhin, France)
Engagé volontaire, n’est pas Mort pour la France mais déclaré décédé le 28/5/1944 à Domwrena/Domvrena/Domvraína/Dombraina (Grèce), 33km à l’ouest de Thèbes.
Hilfspolizei
Le secteur postal FPN 15517 mentionné sur sa fiche MdH correspond à la schwere Kompanie du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18
Dès l’automne 1941, il est prévu de créer une force de police spécialisée dans les opérations en montagne, car les nazis souhaitaient conquérir le Caucase (opération « Edelweiss ») afin d’accéder aux très précieuses et vitales réserves de pétrole de Bakou. Des unités de police déployées dans la région montagneuse du Caucase pour sécuriser les transports sont donc nécessaires le long des voies ferrées. L’état-major de l’Ordnungspolizei donne l’ordre de créer un régiment d’infanterie de montagne le 23 mai 1942 commandé par le Polizei-Oberst Hermann Franz (1891-1969).
Trois bataillons sont sélectionnés pour composer le Polizei-Gebirgsjäger-Regiment :
– Polizei-Bataillon 302 de München/Munich stationné comme force de sécurité en Norvège centrale depuis septembre 1940 ;
– Polizei-Bataillon 312 d’Innsbruck stationné comme force de sécurité en Norvège centrale depuis septembre 1940 ;
– Polizei-Bataillon 325 de Dresden/Dresde créé en 1941, expérimenté par la pratique de la région montagneuse de Haute-Carniole.
Chaque Bataillon est équipé d’une Kraftfahrzeug-Staffel, d’une Nachrichten-Zug et d’une schweren Granatwerfer-Zug. Le Polizei-Gebirgsjäger-Regiment comprend également une Schwere Polizei-Gebirgsjäger-Kompanie, une Polizei-Pionier-Zug, une Polizei-Reiter-Zug, une Polizei-Nachrichten-Abteilung et une Polizei-Panzerkraftwagen-Abteilung. Des Allemands de souche ou « Volksdeutsche » sont recrutés comme personnel auxiliaire, l’effectif total du Polizei-Gebirgsjäger-Regiment avoisine les 2.000 hommes.
À la mi-juin 1942, les bataillons arrivent dans la région frontalière de Bavière/Tyrol pour leur formation et leur entraînement spécialisé en montagne et sont identifiés comme troupes de montagne, un edelweiss cousu sur leurs casquettes de campagne et sur le bas de leurs manches sur fond noir et porté du côté gauche les distinguant ainsi du personnel issu de la 1. Gebirgs-Division de la Wehrmacht.
Quelques semaines après la formation du Polizei-Gebirgsjäger-Regiment, tous les Reserve-Polizei-Bataillon existants et certains bataillons nouvellement formés sont regroupés en Polizei-Regiment à trois bataillons chacun. Le Polizei-Gebirgsjäger-Regiment reçoit alors le numéro 18 parmi les 28 Polizei-Regiment créés et est renommé Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18.
Le Polizei-Bataillon 302 est renommé I. Bataillon du Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18, le Polizei-Bataillon 312 devient le II. Bataillon du Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 et le Polizei-Bataillon 325 est renommé III. Bataillon du Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18, chaque bataillon comportant 12 Kompanie.
Fin juin 1942, l’état d’urgence est déclaré en Haute-Carniole sans que le Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 n’y soit encore présent lors des représailles et des expulsions ordonnées par le Sicherheits-Dienst (SD) en juillet 1942 : le III. Bataillon du Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18, ex-Polizei-Bataillon 325 arrive en Haute-Carniole le 21 juillet 1942, le I. Bataillon du Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18, ex-Polizei-Bataillon 302 s’installe à arriva à Krainburg/Kranj le 27 juillet 1942 et le II. Bataillon du Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18, ex-Polizei-Bataillon 312 et l’état-major régimentaire du Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 s’y installe seulement à partir du 29 juillet 1942. Avec l’arrivée de renforts militaires, dont le Regiment « Franz » et le lancement d’une campagne de propagande spéciale, les occupants modifient leur stratégie et les exécutions en représailles sont suspendues à partir d’août 1942 jusqu’au printemps 1943.
Le mandat de l’Opération « Enzian » ou « Gentiane » stipule que son « objectif est de libérer la population, animée de bonnes intentions, de la pression des partisans et de lui redonner confiance dans le Reich allemand. »
Le premier déploiement du Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 a lieu dans la nuit du 2 au 3 août 1942, qui ne remporte aucun succès initial, l’utilisation d’armes lourdes lors de neuf opérations s’avérant particulièrement difficile en montagne. Les partisans repèrent les nazis à l’avance et parviennent généralement à se replier à temps dans les forêts denses. Ce n’est qu’à Jelovka du 8 au 10 septembre 1942 et à Herzogswald/Udin borst du 13 au 14 septembre 1942 que deux groupes de partisans sont capturés : l’administration civile du Gauleiter Friedrich Rainer (1903-1947) célèbre ce succès par une cérémonie le 29 septembre 1942 à Krain/Kranj/Carniole.
Le Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 retourne à l’entraînement en montagne au début du mois d’octobre 1942.
En décembre 1942, le Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 se prépare au déploiement en première ligne grâce à une équipe de mentors officiers de la Wehrmacht près de Dantzig/Gdansk. Après un mois d’entraînement préparatoire près de Dantzig en décembre 1942, le Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 est envoyé dans le nord de la Finlande en janvier 1943 et y reçoit un entraînement complémentaire en vue de son déploiement au front dans la région de Rovaniemi.
En mars 1943 : les 28 Polizei-Regiment reçoivent le suffixe SS pour les distinguer des Polizei-Schützen-Regiment sans entraîner ni leur transfert à la Waffen-SS ni leur subordination à l’administration SS, restant rattachés à l’Ordnungspolizei : le Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 est alors rebaptisé SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18. En raison de la retraite de la Wehrmacht, le Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 n’est finalement pas déployé dans le Caucase comme initialement prévu, mais redirigé vers le nord de la Finlande. Le III. Bataillon du Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 forme sur place la réserve et assure la sécurité de la XVIII. Gebirgs-Armee-Kommando.
A partir d’avril 1943, les I. Bataillon et II. Bataillon du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 sont affectés à un secteur défensif de quelques kilomètres de large situé entre la 6. SS-Gebirgs-Division « Nord » et la 6. Gebirgs-Division, où ils construisent des voies de communication et des bunkers. La situation demeure globalement calme ; ce n’est qu’en mai 1943 que quelques tentatives d’avancée de l’Armée rouge dans ce secteur sont repoussées avec des pertes des deux côtés.
Le SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 est stationné en première ligne à la latitude du cercle polaire arctique de mai à juillet 1943.
Au début de l’été 1943, le Gauleiter Friedrich Rainer (1903-1947) adresse une nouvelle requête au Reichsführer-SS et chef de la police allemande Heinrich Himmler, afin d’envoyer le SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 en Haute-Carniole, la Wehrmacht anticipant le retrait imminent de ses alliés italiens lors de l’Opération « Achse » et un débarquement allié en Grèce lors de l’Opération « Animals », le SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 est alors envoyé en Grèce pour lutter contre les Partisans et sécuriser le réseau ferroviaire sans attendre de renforts.
Le transport du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 depuis la Finlande par voie maritime puis par voie ferrée s’achève en Grèce à la mi-août 1943 à la gare de Lianokladi/Lamia. Tout ravitaillement ferroviaire vers Athènes est alors interrompu depuis le 21 juin 1943, date à laquelle un petit groupe du SOE Special Operations Executive détruit le pont d’Asopos dans les montagnes lors de l’Opération « Washing ». À son arrivée, le SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 est chargé de sécuriser les liaisons routières entre Lamia et Athènes. Le SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 connait des pertes importantes en septembre 1943 près d’Arachowa pour le II. Bataillon du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 et près de Lidoriki pour le I. Bataillon du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18.
En octobre 1943, le Polizei-Oberst Hermann Franz (1891-1969) est nommé commandant de l’Ordnungspolizei (BdO) en Grèce et le I. Bataillon du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 reçoit l’ordre de se rendre à Athènes, où il demeure jusqu’au retrait allemand.
Le Polizei-Oberst Hans Hösel/Hösl (1896-1987) prend le commandement du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 et lui affecte une SS-Polizei-Artillerie-Abteilung 18 à trois Batterie répartie entre les trois bataillons du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18.
Le II. Bataillon du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 reste stationné en Grèce centrale, le III. Bataillon du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 renforce la 12. Küstenschutz-Flotille en charge du désarmement des Italiens sur certaines îles des Cyclades en fin septembre 1943 et ne regagne le continent à son quartier général de Livadia qu’en décembre 1943. La mission principale du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 demeure la sécurisation des voies de communication et de transport nord-sud. Cependant, des éléments du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 sont également déployés pour des opérations de ratissage dans des zones montagneuses reculées et difficilement accessibles ; ils sont alors affectés pour cette tâche à la 11. Luftwaffen-Felddivision stationnée près d’Athènes depuis le printemps 1943, ou à l’Infanterie-Regiment « Brandenburg » de la Division « Brandenburg » stationné à Livadia ou encore à la 4. SS-Polizei-Panzergrenadier-Division située plus au nord.
Même sous occupation allemande, un contrôle de l’ensemble de la zone est impossible. Les représailles dictées par Berlin par l’intermédiaire du Befehlshaber Südost/Belgrad, prévoyant en représailles jusqu’à 100 morts par soldat allemand tué en cas de fuite des assassins, entraînent des actes de violence arbitraires. Suite au massacre de Kalavryta et aux protestations du gouvernement collaborationniste d’Ioannis Ralli, le pouvoir de décider de l’ampleur des représailles au sein des troupes est transféré au niveau de la division par ordre du commandant militaire, le Generalleutnant Wilhelm Speidel (1895-1970) le 22 décembre 1943.
Dans le cadre des « mesures de représailles » ordonnées le 5 janvier 1944 suite à deux morts et un blessé allemands, le III. Bataillon concerné et la 3. Batterie de la SS-Polizei-Gebirgs-Artillerie-Abteilung fournissent le peloton pour l’exécution de 50 hommes innocents, conduits de la prison de la GFP à Livadia sur le lieu de l’attaque et fusillés ; une stèle commémorative leur rend hommage.
Le 25 avril 1944, une embuscade spectaculaire est tendue à un convoi de l’Ordnungspolizei à Korakolites près de Livadia : deux officiers du commandant en chef de la police de l’ordre à Athènes ou BdO Athen et l’escorte du III. Bataillon du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 sont pris dans l’embuscade : pour ces deux officiers tués, 110 otages sont exécutés sur ordre du commandant militaire. Quelques jours plus tard, cinq autres membres du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 sont retrouvés morts et une centaine d’otages sont alors exécutés en représailles. La prison de Livadia ne disposant pas du nombre suffisant de prisonniers, le III. Bataillon d’Amphissa et le II. Bataillon de la prison tenue par le SD de Lamia et stationnés le long de la route menant à Lamia sont réquisitionnés pour trouver des otages supplémentaires.
À la mi-mai 1944, le General der Flieger Hellmuth Felmy (1885-1965) du LXVIII. Armee-Korps à Athènes déclare la péninsule du Péloponnèse zone de guerre en imposant des restrictions strictes : tout Grec se trouvant hors de son domicile sera abattu sans sommation. Les II. Bataillon et III. Bataillon du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 ainsi que les 2. et 3. Batterie de la SS-Polizei-Gebirgs-Artillerie-Abteilung 18 sont envoyés en renfort en juin 1944 et placés sous le commandement du général Karl von le Suire (1898-1954) commandant la 117. Jäger-Division. Ces 2 bataillons renforcés d’artillerie sont chargés, sous les ordres du colonel Dionysios Papadongonas (1888-1944) à la tête de son bataillon de sécurité, de ratisser les chaînes de montagnes du sud à la recherche de partisans. Cependant, comparé aux effectifs alignés par la 117. Jäger-Division et par la 11. Luftwaffen-Felddivision, le bilan en morts et prisonniers reste modeste et le Generaloberst Alexander Löhr (1885-1947) à la tête du Groupe d’Armées ou Heeresgruppe E ordonne le retour des II. Bataillon et III. Bataillon du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 sur le continent.
Lors de l’Opération « Adder », dernière grande opération de la Wehrmacht sous le commandement du General der Gebirgstruppe Hubert Lanz (1896-1982) à la tête du XXII. Gebirgs-Korps, des éléments des II. Bataillon et III. Bataillon du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 sont déployés aux extrémités sud et est de la zone d’opérations. À la demande du HSSPF la SS-Gruppenführer Walter Schimana, les bataillons de police sont placés pour la première fois sous son commandement tactique. Le III. Bataillon du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 perd plus de 100 hommes à Karoutes, 12km à l’ouest d’Amphissa.
Le 10 mai 1944, des éléments du II. Bataillon du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 renforcé par la 2. Batterie du SS-Polizei-Artillerie-Abteilung sont envoyés vers Karpenisi. Selon la chronique régimentaire, ce centre de résistance grecque dans les montagnes tombe le 12 mai 1944. Cependant, cette ville était déjà aux mains des groupements tactiques de la 4. SS-Polizei-Panzergrenadier-Division et de la 104. Jäger-Division.
Dans la métropole d’Athènes, le I. Bataillon du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 ne joue aucun rôle notable ; plus de 150 bureaux et missions allemands nécessitent une protection. Au printemps 1944, la guerre civile éclate. Le bouclage des quartiers communistes est effectué sur ordre de la police de sécurité grecque et généralement mis en œuvre par les forces de police et les bataillons de sécurité grecs. Tout au plus, en cas de danger ou de nécessité, le commandant en chef le Polizei-Generalmajor Hermann Franz (1891-1969) fournit en renfort les Freiwilligen-Bataillon italiens ou grecs chacun commandé par des Allemands, la motorisierte Gendarmerie-Zug du KdO Athen, ou des éléments du I. Bataillon du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 : ce fut le cas lors du premier soulèvement armé à Athènes à Nikéa (Kokkinia) du 5 au 8 mars 1944 vers la fin des combats. Le dernier raid d’envergure avant le retrait allemand a également lieu dans le district de Nikea (Kokkinia) le 17 août 1944 : ce raid n’est pas ordonné par les Grecs, mais par le commandant militaire le Generalleutnant Wilhelm Speidel (1895-1970), dans le but de fournir de la main-d’œuvre forcée à l’industrie d’armement allemande avant le retrait. Des soldats de la 11. Luftwaffen-Felddivision, une motorisierte Gendarmerie-Zug et un Sicherheitsbataillon sont alors déployés.
À partir de la mi-septembre 1944, le SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 rejoint les colonnes allemandes en retraite issues de toutes les divisions et troupes stationnées en Grèce. Repoussé par les partisans grecs et yougoslaves puis par l’Armée rouge, le SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 retraite sous commandement tournant en passant par le Monténégro, la Serbie, dont Belgrade du 11 au 20 octobre 1944 et en longeant la Drave.
Le 23 mars 1945, le Freiwilligen-Polizei-Bataillon 1 « Kroatien » est rattaché au SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18.
Le 3 mai 1945, les restes du SS-Polizei-Regiment 5 sont incorporés au III. Bataillon du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18.
Le 8 mai 1945, le SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 est dissous dans l’est de la Slovénie, fuyant toujours l’Armée rouge et les unités de partisans yougoslaves.
Selon le Bureau d’information de la Wehrmacht, le SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 déplore un total de 277 morts et 239 disparus au combat pendant la Seconde Guerre mondiale. D’après les mémoires souvent romancées du Generalmajor der Polizei und SS-Brigadeführer Hermann Franz (1891-1969), 1.200 des 3.600 hommes du SS-Polizei-Gebirgsjäger-Regiment 18 ont disparu.