Asso­cia­tion Edouard Kali­fat de Recherches Huma­ni­taires

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Extraits de la page de présen­ta­tion du site :

L’as­so­cia­tion Edouard KALIFAT de Recherches Huma­ni­taires a été créée le 20 janvier 1994, en prolon­ge­ment de l’ac­tion menée depuis 1992 par Denis SELLEM, son président, afin de retrou­ver Edouard KALIFAT disparu en URSS après avoir été libéré d’Au­sch­witz par l’Ar­mée Rouge.

Dès l’ori­gine, l’as­so­cia­tion s’est assi­gnée pour mission de recher­cher toutes les personnes dispa­rues en URSS à l’is­sue de la seconde guerre mondiale, de retrou­ver la trace des nombreux résis­tants, soldats, dépor­tés, inter­nés du Service de Travail Obli­ga­toire qui, libé­rés des camps de prison­niers et d’ex­ter­mi­na­tion alle­mands par les troupes sovié­tiques, ont été esca­mo­tés lors des opéra­tions de rapa­trie­ment de l’im­mé­diate après guerre (écou­ter « Les Français au Goulag » – Inter­view de Denis Sellem sur RFI le 26 juin 2005) .

L’as­so­cia­tion ainsi créée a immé­dia­te­ment obtenu le soutien de la Fédé­ra­tion Inter­na­tio­nale des Ligues des Droits de l’Homme (F.I.D.H.) et son président a reçu un mandat inter­na­tio­nal pour conduire des inves­ti­ga­tions dans les diffé­rents pays de la Commu­nauté des Etats Indé­pen­dants s’étant substi­tuée à l’URSS.

(…)

Puis, en 1998, en raison de son rayon­ne­ment natio­nal et inter­na­tio­nal, l’as­so­cia­tion a été admise à siéger au sein du Comité Français des ONG/ONU.

Quelques données histo­riques

Lorsque la guerre froide a débuté, immé­dia­te­ment après l’ef­fon­dre­ment de l’Al­le­magne nazie et l’ar­rêt des combats, la France et ses alliés dispo­saient déjà de témoi­gnages solides sur les « oublis sovié­tiques » lors des opéra­tions de rapa­trie­ment; témoi­gnages prove­nant pour beau­coup des compa­gnons de déten­tion des personnes rete­nues.

L’im­pos­si­bi­lité pour les pays occi­den­taux de procé­der aux recen­se­ments de leurs ressor­tis­sants libé­rés des camps nazis par l’Ar­mée rouge, ainsi que les mensonges diffu­sés par les sovié­tiques sur leur nombre exact, ont fait comprendre aux gouver­ne­ments de ces pays que Staline les rete­nait de fait en otages, afin de garan­tir le retour en URSS de tous les sovié­tiques libé­rés des camps alle­mands par les armées alliés, ainsi que tous les soldats de l’ar­mée de Vlasov (géné­ral sovié­tique qui étaient passés du côté alle­mand au cours de la guerre) captu­rés par ces armées ; ceci pour empê­cher qu’ils ne puissent deman­der l’asile poli­tique à l’Ouest.

Puis, après de longues et diffi­ciles trac­ta­tions, une partie des occi­den­taux furent rapa­triés vers leur pays d’ori­gine. Ensuite, les opéra­tions de rapa­trie­ment furent décla­rées closes par les Sovié­tiques qui, depuis lors, ont toujours affirmé qu’ils ne déte­naient plus personne, alors que nous savons que plusieurs milliers de personnes ont été gardées par eux, dont au moins trois mille soldats, résis­tants, dépor­tés et requis du service du travail obli­ga­toire français.

Le rideau de fer, d’abord, et la raison d’Etat, ensuite, allaient inter­dire à tous ceux qui avaient été rete­nus contre leur gré en URSS, pendant plus de cinquante années, tout espoir de retour dans leur famille et dans leur pays. En effet, dans un premier temps, quelques pays occi­den­taux concer­nés par le drame qui se jouait ont osé deman­der des nouvelles de leurs ressor­tis­sants main­te­nus sans raison en URSS et se sont heur­tés aux déné­ga­tions menson­gères des auto­ri­tés bolche­viques. Dans un second temps, ils n’ont pas eu le courage d’al­ler plus loin et de lier leur poli­tique étran­gère envers Moscou à la réso­lu­tion du problème.

La peur et d’égoïstes inté­rêts les ont empê­chés de mener campagne sur ce thème. Par crainte d’af­fron­ter le pouvoir des Soviets et les accu­sa­tions d’an­ti­com­mu­nisme que Staline n’au­raient pas manqué de profé­rer s’ils avaient choisi cette voie, tous ont accepté de mettre une sour­dine le problème. Au lieu d’op­ter pour la seule poli­tique qui avait quelques chances de réus­sir, les occi­den­taux, dont la France, ont préféré s’en­ga­ger dans une action diplo­ma­tique feutrée dont on mesure aujourd’­hui l’ina­nité.

Ensuite, le silence le plus total s’est abattu sur ce drame. Il faudra attendre 1957 pour que le chan­ce­lier alle­mand Adenauer, dési­rant une ouver­ture à l’Est, lie celle-ci au retour en Alle­magne de tous les prison­niers de guerre alle­mands se trou­vant encore en URSS. Le bon résul­tat obtenu par les auto­ri­tés de Bonn aurait dû inci­ter la France à emboî­ter le pas du chan­ce­lier Adenauer et à faire elle aussi dépendre sa poli­tique vis-à-vis du Krem­lin de la solu­tion qui serait appor­tée au problème de ses « dispa­rus ».
La France avait là une occa­sion excep­tion­nelle de récu­pé­rer nos conci­toyens « libé­rés » par l’Ar­mée rouge en 1945 et rete­nus depuis contre leur gré en URSS. Si elle avait agi alors avec fermeté, elle aurait peut-être pu obte­nir le retour de nombre d’entre eux et pourquoi pas aussi celui des 12000 « malgré nous » (Alsa­ciens-Lorrains-Mosel­lans enrô­lés de force dans la Wehr­macht qui, après avoir été faits prison­niers sur le front russe n’ont jamais été rendus à leurs familles). De façon incom­pré­hen­sible, elle ne fît malheu­reu­se­ment rien de déci­sif pour arri­ver à cela.

Hier, nous ne pouvions que déplo­rer le manque d’à propos et d’ef­fi­ca­cité de notre pays sur ce dossier. Aujourd’­hui, en dépit d’un certain regain d’in­té­rêt mani­festé à ce sujet au Minis­tère des Affaires Etran­gères, nous ne pouvons que regret­ter la lenteur de la France à faire du problème de nos ressor­tis­sants « oubliés » de l’autre côté du rideau de fer un des enjeux de ses rela­tions avec les quinze pays surgis des décombres de l’em­pire sovié­tique.
Tout autant, nous ne pouvons que nous déso­ler de voir que les pays ex-sovié­tiques ne se soient pas mieux démo­cra­ti­sés, qu’ils n’aient pas tenté, autre­ment qu’en paroles, de marquer leurs distances, sinon leur rupture, avec les pratiques de l’an­cien régime commu­niste, qu’ils ne se soient pas plei­ne­ment démarqués des atteintes aux droits de l’Homme et des crimes perpé­trés par l’URSS, démarquage qui ne saurait se mesu­rer qu’à l’aune de la volonté concrète de répa­ra­tion vis-à-vis des victimes et de leurs familles.

Nous note­rons qu’en matière de recherche de dispa­rus (jusqu’à nos missions sur le terrain) les seules recherches qui aient été entre­prises l’aient été par le biais du Quai d’Or­say, à la demande des familles. Il s’est toujours agi de notes verbales adres­sées aux auto­ri­tés des pays concer­nés, notes dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles furent peu effi­caces, tout comme furent peu effi­caces les tenta­tives de faire mener des recherches en archives, à la demande des Conseils Géné­raux d’Al­sace, de Lorraine et de Moselle, afin d’ob­te­nir les dossiers des « malgré nous » qui s’y trouvent.

Les moda­li­tés de la recherche et les inves­ti­ga­tions en ex-URSS

En matière d’ar­chives, il est bon de souli­gner que les archives sovié­tiques n’ont jamais été acces­sibles dans le passé et qu’elles ne le sont pas réel­le­ment, autre­ment qu’en paroles, depuis la dispa­ri­tion de l’URSS. Le seraient-elles que le problème demeu­re­rait presque entier tant il existe de centres d’ar­chives dissé­mi­nés à travers le terri­toire de ce que fût l’Union Sovié­tique et tant ces archives sont souvent mal clas­sées, pas réper­to­riées et très souvent expur­gées des éléments impor­tants qu’elles contiennent.
Le constat que nous faisons explique pourquoi nous avons décidé depuis le début de nos actions de recherche, dans un souci d’ef­fi­ca­cité et de rapi­dité, de contour­ner l’obs­tacle. La méthode que nous avons choi­sie est simple. Elle consiste à nous adres­ser direc­te­ment, par le biais des médias des nouveaux pays de la C.E.I., aux citoyens lambda qui pour­raient avoir vu, avoir rencon­tré les dispa­rus que nous cher­chons. En d’autres termes, nous lançons des avis de recherche, des appels à témoins à la télé­vi­sion, à la radio, dans les jour­naux. Puis, à l’aide des infor­ma­tions et des témoi­gnages que nous rece­vons, nous battons la campagne pour retrou­ver la piste de ces dispa­rus.

Hier, nous étions les premiers cher­cheurs occi­den­taux à avoir initié cette méthode d’in­ves­ti­ga­tions en ex-URSS et, aujourd’­hui, nous sommes encore les seuls à agir de la sorte sur le terrain. Les résul­tats obte­nus par cette démarche sont là pour témoi­gner de son effi­ca­cité. Depuis le début de nos recherches (en novembre 1994) nous avons recueilli de très nombreux témoi­gnages, nous avons noué des rela­tions de travail avec plusieurs orga­ni­sa­tions de recherche natio­nales et régio­nales de pays de l’ex-URSS.
La préci­sion et la perti­nence des propos que nous tenons à la radio, à la télé­vi­sion et dans les jour­naux ex-sovié­tiques, ainsi que la justesse et la fiabi­lité des infor­ma­tions que nous sommes aujourd’­hui capables de four­nir, sur le parcours des personnes ayant été rete­nues en URSS, nous ont permis d’être consi­dé­rés comme des inter­lo­cu­teurs sérieux par les auto­ri­tés et les insti­tu­tions des pays où nous nous sommes rendus.

L’im­por­tance du travail réalisé, ainsi que celle des résul­tats engran­gés et des connais­sances acquises sur le problème des dispa­rus et sur les archives sovié­tiques, nous ont valu en 1995 la recon­nais­sance du Minis­tère Français des Affaires Etran­gères et en 1998 d’être admis au Comité Français des Orga­ni­sa­tions Non Gouver­ne­men­tales de l’Or­ga­ni­sa­tion des Nations Unies.

Au fil des ans, notre action sur le terrain nous a permis de recueillir des données et des infor­ma­tions inédites qui nous permettent à présent de mieux comprendre pourquoi et comment ont été esca­mo­tés par les Sovié­tiques des milliers personnes. Nous avons aussi appris sur place, notam­ment par des personnes ayant appar­tenu au système, comment étaient orga­ni­sées les archives sovié­tiques et la façon dont les dossiers des « dispa­rus » occi­den­taux ont été requa­li­fiés et chan­gés de fichier après la mort de Staline et la libé­ra­tion de nombreuses personnes inter­nées dans les goulags qui a suivi.

L’ac­cès aux médias, les témoi­gnages et les infor­ma­tions recueillies, nous ont permis en 1995 de retrou­ver vivant un premier citoyen français de Lorraine (Jean MUNSCH) qui, partit en 1943 au S.T.O., libéré par l’Ar­mée rouge et conduit en Ukraine, n’avait jamais pu reve­nir en France.

Nous avons aussi obtenu sur place, avec le concours des orga­nismes avec lesquels nous avons établi des rela­tions de travail, des listes compor­tant des noms de « dispa­rus » décé­dés et l’in­di­ca­tion de leur lieu d’in­hu­ma­tion. Il y a dans ces listes des citoyens anglais, hollan­dais, français.

En 1995, Denis SELLEM a décou­vert à Odessa (Ukraine), grâce à un ancien membre du KGB, un char­nier baptisé « cime­tière roumain et inter­na­tio­nal » dans lequel se trouvent des milliers de victimes de la barba­rie stali­nienne, victimes au rang desquelles on dénombre pêle-mêle :

 des Roumains, des Alle­mands, des « Malgré nous » et des ressor­tis­sants d’autres pays en guerre contre l’URSS (abat­tus sommai­re­ment en 1944–1945 à la prison d’Odessa en viola­tion des conven­tions de Genève sur les prison­niers de guerre).

 des personnes (oppo­sants ou suspec­tées d’être oppo­sées au régime sovié­tique) qui pour leur grand malheur « encom­braient » la prison d’Odessa en 1944–1945.

 des personnes libé­rées des camps alle­mands par l’Ar­mée rouge, dont le NKVD (police poli­tique) ou le SMERCH (service de contre-espion­nage) qui les avaient arrê­tées, inter­ro­gées et inter­nées, n’avaient pas vrai­ment cher­ché à établir la qualité et l’iden­tité et parmi lesquelles se trou­vaient des ressor­tis­sants français.

L’in­for­ma­teur de Denis SELLEM lui ayant indiqué le numéro du dossier secret (Youg 311/92) renfer­mant le nom des victimes de cet horrible carnage, nous avons immé­dia­te­ment réclamé aux auto­ri­tés ukrai­niennes, avec le concours de l’Am­bas­sade de France en Ukraine, une copie de ce dossier.

En 1997, Denis SELLEM est retourné en mission en Ukraine pour conti­nuer les inves­ti­ga­tions de terrain et tenter d’ob­te­nir le dossier YOUG 311/92 qui ne nous avait pas été remis. Lors de ce séjour, il a été offi­ciel­le­ment reçu par M. Edouard GURWITZ, le maire d’Odessa, en présence de jour­na­listes ukrai­niens. Au cours de leur entre­tien retrans­mis à la télé­vi­sion, le maire de cette grande ville d’Ukraine jume­lée avec Marseille qui fût en 1945 un des trois grands centres de réten­tion et de rapa­trie­ment d’URSS, s’est engagé à appuyer les initia­tives et les recherches de l’As­so­cia­tion Edouard KALIFAT. Il s’est égale­ment engagé à faire tout ce qui était en son pouvoir pour que nous obte­nions l’ac­cès au dossier YOUG 311/92.
A l’is­sue de cette rencontre avec Edouard GURWITZ, notre président a conduit une équipe de télé­vi­sion filmer le site du char­nier. Le film de 20 mn qui a été réalisé a été diffusé le soir même, causant un grand émotion dans la popu­la­tion. Depuis, nous œuvrons avec opiniâ­treté pour obte­nir l’ou­ver­ture de fouilles et l’iden­ti­fi­ca­tion des victimes.

Cepen­dant, le cime­tière ayant déjà été aux trois quarts recou­vert par une usine de phos­phate et la tendance actuelle des auto­ri­tés étant de vouloir jeter un voile d’ou­bli sur les dispa­rus de la Seconde Guerre mondiale (en ne finançant plus les fouilles des char­niers de cette époque), nous avons, avec la F.I.D.H., saisi le Direc­teur de l’Unesco à propos de ce dossier, afin que le site de ce grand char­nier soit préservé et pour que les iden­ti­fi­ca­tions des victimes qui s’y trouvent soient enfin menées. A ce jour, ce projet de clas­se­ment n’a pas abouti faute d’avoir reçu l’aval indis­pen­sable des auto­ri­tés ukrai­niennes.

L’in­ter­ven­tion du Président de la Répu­blique

A notre demande, relayée par notre ami et fidèle soutien Georges SARRE, nous avons obtenu de Monsieur Jacques CHIRAC que le dossier des dispa­rus français et du char­nier d’Odessa soit évoqué lors de la visite offi­cielle que le Président de la Répu­blique a effec­tuée en Ukraine du 2 au 4 septembre 1998.
Dans une commu­ni­ca­tion de l’Am­bas­sa­deur de France à Kiev, nous avons appris que, suite à cette inter­ven­tion prési­den­tielle, les auto­ri­tés ukrai­niennes avaient mani­festé ce qu’il est convenu d’ap­pe­ler de bonnes dispo­si­tions à l’égard de nos demandes.

Comme premier résul­tat à cette inter­ven­tion, nous avons reçu en mars 1999, une liste compre­nant quatre noms d’Al­sa­ciens-Lorrains retrou­vés dans un cime­tière d’Odessa. Nous espé­rons que ce petit signe de bonne volonté des Ukrai­niens sera suivi par d’autres gestes plus signi­fi­ca­tifs encore et que nous seront commu­niquées des infor­ma­tions fiables sur ce que sont deve­nues les personnes dispa­rues en Ukraine que nous conti­nuons à récla­mer aux auto­ri­tés de ce pays.

Les décou­vertes des archives médi­cales mili­taires de St.Péters­bourg

En juin 1999, Denis SELLEM a retrouvé dans la région de St.Péters­bourg, grâce à son action auprès du Minis­tère russe de l’in­té­rieur, la trace de 11 autres ressor­tis­sants français décé­dés au lende­main de la 2e guerre mondiale. Fort heureu­se­ment, il a aussi décou­vert, avec l’aide du Consul Géné­ral de France, un second français vivant qui avait disparu depuis près de cinquante trois ans. Il s’agit de M. Gaston THIVET, un ancien STO empê­ché de retour­ner en France par les auto­ri­tés bolche­viques et contraint d’ac­cep­ter la citoyen­neté sovié­tique. Denis SELLEM a pris contact avec lui pour lui propo­ser de l’aide dans ses démarches en vue de recou­vrir la natio­na­lité française qui lui avait été confisquée et qui depuis lui a été rendue.

Dans la foulée, notre président a décou­vert dans les locaux du Musée médi­cal mili­taire de St.Péters­bourg, grâce à des témoi­gnages concor­dants qu’il avait recueillis lors de précé­dentes inves­ti­ga­tions en ex-URSS, les archives médi­cales de tous les étran­gers soignés en Russie et en URSS depuis plus de cent ans.
En effet, c’est au sein du Musée médi­cal mili­taire de cette ville que les auto­ri­tés sovié­tiques ont de tous temps centra­lisé les archives médi­cales de l’URSS, archives parmi lesquelles se trouvent encore à présent tous les dossiers des citoyens français (et ceux des citoyens d’autres natio­na­li­tés) qui ont reçu des soins en URSS après leur libé­ra­tion ou leur capture par l’Ar­mée rouge pendant la Seconde Guerre mondiale.

Denis SELLEM a obtenu du Minis­tère russe de la défense, avec l’ap­pui du Consu­lat géné­ral de France à St.Péters­bourg, l’au­to­ri­sa­tion de visi­ter le Musée médi­cal mili­taire et son centre d’ar­chives. Là, il a pu consta­ter la grande diver­sité des maté­riaux et des docu­ments récu­pé­rés par les Sovié­tiques, avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale.

Dans ce qu’il a pu voir il y a beau­coup d’élé­ments et de docu­ments prove­nant des camps alle­mands libé­rés par l’Ar­mée rouge, ainsi que des dossiers médi­caux prove­nant des hôpi­taux et des sana­to­riums où les personnes libé­rées ont été soignées. Il y a égale­ment des objets, des docu­ments et des papiers person­nels ayant appar­tenu aux pilotes français de l’es­ca­drille Norman­die-Niemen.

Lors de cette visite, le respon­sable des archives qui a guidé Denis SELLEM lui a dit qu’il pouvait lui four­nir immé­dia­te­ment la copie de 2500 dossiers de citoyens français soignés en URSS, moyen­nant le paie­ment des coûts de la recherche, ainsi que celui des frais de repro­duc­tion.
Il est à noter que ces 2500 dossiers sont une petite partie de ce qui pour­rait être retrouvé dans le cadre d’une recherche systé­ma­tique au sein de ce gigan­tesque centre d’ar­chives renfer­mant plus de 60 millions de docu­ments et dont les rayon­nages s’étendent sur 16 km linéaires.
Nous sommes persua­dés que c’est dans ces archives médi­cales mili­taires que nous avons le plus de chance de voir réémer­ger les noms de personnes dispa­rues que nous recher­chons depuis des années. A n’en pas douter, c’est là aussi que nous pour­rons retrou­ver les noms des Alsa­ciens-Lorrains-Mosel­lans qui n’ont pas encore été retrou­vés à ce jour et qui ne figurent pas dans les listes récu­pé­rées à Moscou, à Tambov et à Kirsa­nov.

En juillet 2000, le Minis­tère français des affaires étran­gères (que nous avons alerté de l’exis­tence de ces archives et de leur contenu) a accepté de nous appor­ter une aide logis­tique et finan­cière dans la négo­cia­tion que nous menons direc­te­ment avec le respon­sable du Musée médi­cal mili­taire de St-Péters­bourg, afin d’ob­te­nir la copie des dossiers d’ar­chives de citoyens français qui s’y trouvent.

Septembre 2000 : nouvelle mission de l’as­so­cia­tion à St-Péters­bourg et à Novgo­rod

Dans le cadre des négo­cia­tions enga­gées l’an­née dernière avec les auto­ri­tés russes pour obte­nir l’ac­cès aux archives concer­nant des citoyens français, Denis SELLEM a effec­tué une nouvelle mission en Russie, du 5 au 16 septembre 2000.

Lors de cette mission, il s’est rendu à St-Péters­bourg et à Novgo­rod où il a rencon­tré la presse. Des parte­na­riats lui ont été propo­sés par la télé­vi­sion « Nika TV » de Kalouga et par la chaîne « Slavia » de Novgo­rod. Ces deux organes ont en effet le désir de suivre le dérou­le­ment des recherches de l’as­so­cia­tion et d’en rendre compte pério­dique­ment.

Le mercredi 13 septembre, après une deuxième phase de négo­cia­tion très serrée, en présence de Mme Isabelle TOURANCHEAU, l’at­ta­chée de presse du Consu­lat Géné­ral de France, notre président est arrivé à un accord de prin­cipe avec le respon­sable des archives mili­taires de St-Péters­bourg, pour la mise à dispo­si­tion, moyen­nant une rétri­bu­tion finan­cière desti­née à couvrir les frais de recherche et de repro­duc­tion, d’une première tranche de 1000 dossiers médi­caux de citoyens français.

Cet accord (qui sera offi­cia­lisé dès que les auto­ri­tés de tutelle à Moscou l’au­ront enté­riné) sera garanti par le Consul Géné­ral de France à St-Péters­bourg. Celui-ci veillera, à la demande des deux parties concer­nées, à la bonne exécu­tion de ses dispo­si­tions et à la réali­sa­tions des enga­ge­ments réci­proques.

Le 14 septembre, une confé­rence de presse réunie dans la rési­dence du Consul Géné­ral à St-Péters­bourg a permis à Denis SELLEM de préci­ser l’éten­due de l’ac­cord passé avec le Musée médi­cal mili­taire et de faire le point sur les recherches en cours en Russie. Cette confé­rence lui a égale­ment permis de dire au public russe à quel point l’at­tente des familles des dispa­rus français est compa­rable à celle des familles russes dési­rant que toute la lumière et toute la vérité soient faites sur la dispa­ri­tion de leurs enfants en Tchét­ché­nie et dans le naufrage récent du sous-marin nucléaire Koursk.

(…)

L’ob­ten­tion de dossiers médi­caux mili­taires sovié­tiques

En avril 2001, nous avons obtenu des Russes la copie d’une première tranche de 1000 dossiers médi­caux mili­taires de citoyens français ayant reçu des soins, entre 1941 et 1947, dans le système de santé mili­taire sovié­tique. La livrai­son par la Russie de dossiers médi­caux mili­taires à des personnes étran­gères repré­sente une grande première au niveau inter­na­tio­nal. Cette réus­site sans précé­dent est le fruit du travail assidu que nous menons depuis plusieurs années et des rela­tions de confiance et d’ami­tié que nous avons réussi à tisser avec nos inter­lo­cu­teurs du Centre d’ar­chives médi­cales mili­taires de la Fédé­ra­tion de Russie.

D’ores et déjà nous savons que dans les 1000 premiers dossiers obte­nus se trouvent les noms de personnes qui ne se figu­raient pas dans les docu­ments trans­mis il y a quelques années par le centre des archives de Moscou, suite aux négo­cia­tions menées par le Minis­tère français des affaires étran­gères. En effet, parmi les dossiers qui nous ont été remis se trouvent, entre autres choses, des infor­ma­tions concer­nant quelques dépor­tés juifs de France et plusieurs pilotes de la célèbre brigade Norman­die-Niemen, ce qui rend ce premier résul­tat très encou­ra­geant.

Le travail de traduc­tion et de resti­tu­tion des états civils qui sont conte­nus dans ces dossiers (actuel­le­ment en cours d’achè­ve­ment) doit permettre la publi­ca­tion d’une liste qui sera remise prochai­ne­ment au Minis­tère de la Défense, afin d’être compa­rée aux listes exis­tantes de personnes portées dispa­rues. Cette opéra­tion permet­tra de mettre en évidence les noms de personnes qui n’avaient pas encore été loca­li­sées à ce jour. Elle nous permet­tra égale­ment de nous pronon­cer sur la propo­si­tion de four­ni­ture de copies des 1000 nouveaux dossiers qui viennent d’être retrou­vés par les mili­taires russes.

Aujourd’­hui, l’ef­fi­ca­cité de notre action et de nos méthodes de travail étant unani­me­ment recon­nue, en France comme à l’étran­ger, nous recher­chons des appuis et des moyens supplé­men­taires pour déve­lop­per nos inves­ti­ga­tions. Une action rapide, plus large et mieux soute­nue, est abso­lu­ment néces­saire pour tenter de trou­ver les traces des personnes recher­chées encore suscep­tibles d’être en vie. Il est donc du devoir de nos parte­naires, notam­ment du gouver­ne­ment français, de mettre enfin à notre dispo­si­tion les faci­li­tés et les moyens adéquats à cette action huma­ni­taire.

Pour la France, patrie des droits de l’Homme, dont les diri­geants actuels proclament vouloir restau­rer les « valeurs citoyennes » de la Répu­blique, il y a là une merveilleuse occa­sion de remplir un devoir de mémoire exem­plaire et de réaf­fir­mer ces valeurs par des actes concrets.

Voir le site : http://aek.fr.free.fr/presen­ta­tion.htm

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