FATH Georges, mort en capti­vité sovié­tique à Buchen­wald

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FATH_Georges.jpg Georges Fath est né le 9 août 1902 à Ringen­dorf (Bas-Rhin). Ses parents sont Georges Fath (* Printz­heim 14.11.1881 + 1952) et Cathe­rine Mattern (* Ringen­dorf 7.12.1879 + 1932). Epoux de Anne Marie Mehl (* 27.9.1908 + 29.9.2005) ; 3 enfants.

Versé d’of­fice dans la gendar­me­rie alle­mande

Georges Fath est domi­ci­lié de 1932 à 1941 à Bruyères (Vosges) dans l’en­ceinte de la caserne des Gardes répu­bli­cains (Quar­tier Humbert), date de sa démo­bi­li­sa­tion à Vichy en tant qu’Al­sa­cien. Face au risque d’ex­pro­pria­tion et de dépor­ta­tion de sa famille en Pologne, il retourne à Bruyères, puis en Alsace, à Issen­hau­sen. Il est ensuite convoqué par l’Arbeit­samt de Stras­bourg qui, en tant qu’an­cien de la Garde répu­bli­caine, l’in­tègre d’of­fice à la gendar­me­rie alle­mande ; il est affecté à Holtz­heim, près de Stras­bourg, jusqu’en 1942. Puis il est incor­poré de force dans les Poli­zei-Trup­pen de l’ar­mée alle­mande. En forma­tion à Frei­burg im Breis­gau (Bade), il est affecté à Gera/Langen­berg (Thuringe).

Les dernières nouvelles

Il passe une permis­sion à Holtz­heim en avril 1943. Ce sera la dernière. Ce sera aussi la dernière occa­sion de prendre des photos en famille.

En mars 1944, Marie Fath et ses enfants retournent à Issen­hau­sen chez ses parents et son frère.

La dernière affec­ta­tion connue de Georges Fath est la police de Schwerz­senz/Posen (auj. Poznan, Pologne). D’après le témoi­gnage de Joseph Auber­tin (janvier 1946), il a été vu pour la dernière fois le 24.1.1945 devant Schwe­rin an der Wartha. Il aura proba­ble­ment fait prison­nier comme membre d’une unité de l’ar­mée alle­mande – Einheit Berg­mann (en fait Sonder­ver­band Berg­mann) – par les Sovié­tiques.

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Ci-dessus : Les dernières photos réali­sées lors d’une permis­sion à Holtz­heim en 1943.

Sowje­tische Spezial­la­ger n°2

Comme beau­coup d’in­cor­po­rés de force non-rentrés, les recherches entre­prises par la famille restent vaine. Le 14 mars 1960, le Tribu­nal de Grande Instance de Stras­bourg le déclare « mort pour la France » et le juge­ment décla­ra­tif de décès est retrans­crit à l’état-civil de Holtz­heim le 25 mai 1960.

Entre­temps, un prison­nier libéré à la fin du mois de janvier 1950, Peter Rass­mann, témoi­gna que Georges Fath avait été interné à une date incon­nue dans le Spezial­la­ger n°2 créé en 1945 par les Sovié­tiques dans les bâti­ments et baraques du camp de concen­tra­tion natio­nal-socia­liste de Buchen­wald, près de Weimar (Thuringe).

Onze ans plus tard, en 1961, un autre prison­nier de guerre libéré, Rudolf Niemc­zyk, témoi­gna que Georges Fath était décédé en 1949 des suites d’une pneu­mo­nie.

C’est donc à Buchen­wald (Thuringe) qu’est décédé Georges Fath, le 5 août 1949 au Sowjet­siche Spezial­la­ger n°2 qui fonc­tionna de 1945 à 1950. L’his­toire de ce camp a bien sûr été passée sous silence par les auto­ri­tés sovié­tiques et la RDA. En 1951, une grande partie fut détruite pour lais­ser la place à un ensemble monu­men­tal élevé à la mémoire de la résis­tance anti-fasciste (inau­guré en 1958). Ce n’est qu’a­près la réuni­fi­ca­tion alle­mande et la chute du Mur de Berlin que la mémoire des quelque 7113 morts (chiffre donné par les statis­tiques sovié­tiques) a pu être hono­rée entre 1990 et 1995 ; un musée retraçant l’his­toire du camp spécial sovié­tique a été construit entre 1995 et 1997.

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Ci-dessus : Bernard Fath a pu se rendre sur place en 2004 et qu’il a pu se recueillir en mémoire de son père mort en capti­vité 4 jours avant son 47e anni­ver­saire, le 5.8.1949, et 6 mois avant la ferme­ture du camp spécial n°2.

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