Malgré-Nous: Robert Hébras, survi­vant d’Ora­dour, blan­chi par la Cour de cassa­tion

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La Cour de cassa­tion a annulé mercredi la condam­na­tion de Robert Hebras, qui avait émis un doute sur le carac­tère forcé de l’en­rô­le­ment des Malgré-Nous ayant pris part au massacre d’Ora­dour-sur-Glane (Haute-Vienne), dont il est l’un des rares survi­vants.

M. Hébras est défi­ni­ti­ve­ment blan­chi par la justice française, puisque la Cour a pure­ment et simple­ment annulé l’ar­rêt de la cour d’ap­pel de Colmar le condam­nant à verser un euro de dommages et inté­rêts et 10.000 euros au titre des frais de justice à deux asso­cia­tions de Malgré-Nous, sans ordon­ner le renvoi du dossier devant une autre cour d’ap­pel.

Dans son livre « Oradour-sur-Glane, le drame heure par heure », publié pour la première fois en 1992, Robert Hébras écri­vait notam­ment que, « parmi les hommes de main, il y avait quelques Alsa­ciens enrô­lés soi-disant de force dans les unités SS ».

Il avait toute­fois nuancé ce propos dans les éditions suivantes, publiées à partir de 2004, mais en 2008–2009, un nouveau tirage avait repris la première version, entraî­nant la plainte en diffa­ma­tion de deux asso­cia­tions de Malgré-Nous alsa­ciens.

Débou­tées en première instance à Stras­bourg en octobre 2010, elles avaient obtenu gain de cause en appel.

Dans son arrêt, la 1ère chambre civile de la Cour de cassa­tion a estimé que les propos liti­gieux, « s’ils ont pu heur­ter, choquer ou inquié­ter les asso­cia­tions deman­de­resses, ne faisaient qu’ex­pri­mer un doute sur une ques­tion histo­rique objet de polé­mique, de sorte qu’ils ne dépas­saient pas les limites de la liberté d’ex­pres­sion ».

« M. Hébras, qui ne nour­rit pour sa part aucune querelle person­nelle contre les Alsa­ciens enrô­lés de force dans l’ar­mée alle­mande, se réjouit de cette déci­sion qui, dans la ligne constante de la juris­pru­dence, contri­bue à renfor­cer la liberté d’ex­pres­sion dans notre pays », a réagi dans un commu­niqué son avocate devant la Cour de cassa­tion, Me Françoise Thouin-Palat.

« Comme l’a voulu le géné­ral de Gaulle, le souve­nir d’Ora­dour-sur-Glane ne doit pas s’éteindre », ajoute le texte.

Oradour-sur-Glane, village du Limou­sin, a été le théâtre le 10 juin 1944 d’un massacre perpé­tré par une compa­gnie de la divi­sion SS Das Reich, qui fit 642 morts, dont 247 enfants. Parmi les SS figu­raient des Alsa­ciens et Mosel­lans enrô­lés de force par l’oc­cu­pant alle­mand.

Le président François Hollande et son homo­logue alle­mand Joachim Gauck s’étaient rendus le 4 septembre à Oradour, où ils avaient écouté et récon­forté Robert Hébras.

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