Prison­niers en URSS – Ouver­ture des archives (1995)

Commentaires (5) Documents, L'après-guerre, Les incorporés de force

 

Docu­ment trans­mis par Renée Baudot

SDA/ATS
– 06. octobre 1995 12:11
Alsa­ciens et Lorrains enrô­lés dans la Wermacht sur le front de l’Est
La Russie ouvre ses archives secrètes concer­nant leur sort

Moscou, 6 oct (ats/reuter) Cinquante ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, Moscou a accepté d’ou­vrir ses archives secrètes rela­tives aux milliers d’Al­sa­ciens-Lorrains mobi­li­sés dans l’ar­mée alle­mande et fait prison­niers sur le front de l’Est.

Après l’Au­triche, la Pologne, l’Ita­lie et le Dane­mark, la France a signé lundi avec la Russie un accord. Celui-ci permet­tra à tout descen­dant d’un soldat alsa­cien ou lorrain tombé en capti­vité en Union sovié­tique pendant la guerre d’ob­te­nir une copie du dossier person­nel établi par le NKVD (l’an­cêtre du KGB) sur son père ou son grand-père.

« Il est désor­mais possible de retra­cer avec exac­ti­tude le parcours des 23 000 prison­niers de guerre français incor­po­rés de force dans la Wehr­macht et faits prison­niers par l’Ar­mée Rouge », selon le direc­teur du Centre de conser­va­tion des collec­tions histo­riques et docu­men­taires (TsKhIDK).

Impor­tance poli­tique et humaine

« Ces dossiers nous disent avec exac­ti­tude qui a été fait prison­nier, où et dans quelles circons­tances. Ils peuvent même permettre, dans certains cas, de retrou­ver la sépul­ture des prison­niers morts en capti­vité », ajoute Mansour Moukha­medja­nov. Ce dernier omet cepen­dant de dire qu’ils contiennent égale­ment le compte rendu des inter­ro­ga­toires menés par le NKVD sur les captifs.

« Le docu­ment que nous venons de signer a une très grande impor­tance poli­tique et humaine. Cinquante ans après la fin de la guerre, de nombreuses familles françaises peuvent enfin savoir ce qu’il est advenu de leurs proches. »

Chiffres contes­tés

A la suite d’une ordon­nance prise le 25 août 1942 dans les trois dépar­te­ments du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle – annexés de fait à l’Al­le­magne -, envi­ron 120 000 Alsa­ciens et Mosel­lans furent incor­po­rés dans la Wehr­macht. La quasi tota­lité fut envoyée sur le front de l’Est.

On évalue à quelque 40 000 le nombre de « Malgré nous » morts au combat ou dans les camps de l’ar­chi­pel du Goulag. Les histo­riens hexa­go­naux estiment à envi­ron 10 000 le nombre de prison­niers de guerre – soldats de l’ar­mée française et « Malgré nous » – morts en capti­vité en URSS. Certains long­temps après la fin du conflit.

Un chiffre contesté par Mansour Moukha­medja­nov, selon qui seuls 1325 Français ont péri dans les camps sovié­tiques. Les Alsa­ciens-Lorrains furent, pour la plupart, inter­nés à Rada, non loin de Tambov. Les Français repré­sen­taient envi­ron la moitié des déte­nus de ce « Camp 188 », situé à envi­ron 400 km au sud-est de Moscou.

« Boîte de Pandore »

A la fin de la guerre, le NKVD rete­nait prison­niers 2,3 millions de soldats appar­te­nant à une tren­taine de natio­na­li­tés diffé­rentes. La plupart étaient alle­mands. « La quasi tota­lité des Alsa­ciens-Lorrains – soit un peu plus de 21 000 – ont été rapa­triés en France avant octobre 1945 », estime le direc­teur du TsKhIDK. Il recon­naît toute­fois qu’une « poignée » d’entre eux ont pu rester en URSS de leur plein gré ou après avoir été recon­nus coupables de crimes de guerre.

Selon Alphonse Irjud, membre des auto­ri­tés provi­soires à Stras­bourg à la Libé­ra­tion, il restait 12 000 « Malgré nous » en URSS après la capi­tual­tion alle­mande. Ils ont été progres­si­ve­ment rapa­triés dans les mois qui ont suivi la fin du conflit. Le dernier retour connu est celui de JeanJacques Remet­ter en avril 1955.

« Cet accord, c’est la boîte de Pandore. Il sera inté­res­sant de voir combien de familles deman­de­ront à avoir une copie des dossiers. On pour­rait décou­vrir que l’un ou l’autre a refait sa vie (en Russie) », souligne Alphonse Irjud.

Geste attendu en retour

Selon le M. Moukha­medja­nov, seule une cinquan­taine de demandes ont été à ce jour dépo­sées auprès du TsKhIDK. « C’est peu et nous souhai­te­rions qu’un maxi­mum de familles françaises profitent de l’op­por­tu­nité qui leur est main­te­nant offerte. »

En guise d’ »avance », les Russes ont remis lundi 32 dossiers aux repré­sen­tants français. « Nous aime­rions main­te­nant que Paris fasse un geste en retour. Nous souhai­te­rions notam­ment qu’on nous resti­tue une partie des archives de l’émi­gra­tion russe des années 1918–1920 », souligne Mansour Moukha­medja­nov.

0 Partages

5 Responses to Prison­niers en URSS – Ouver­ture des archives (1995)

  1. Clauser André dit :

    Bonjour,
    Je souhaite profiter de cette opportunité
    Merci de m’indiquer la marche à suivre (cette demande concerne mon père décédé le 14/10/2013
    Cordialement
    André Clauser
    PS ; portrait de mon père sur ce site en 2013

    • Nicolas Mengus dit :

      Bonjour, Le texte datant de 1995, je ne sais pas si ça fonctionne toujours. Je vous suggère de contacter M. Eichenlaub, conservateur des Archives Départementales du Haut-Rhin, à Colmar. Il pourra sans doute vous en dire plus. Cordialement, N. Mengus

  2. Bartoletti Pascal dit :

    Bonjour ,

    J aimerai retrouver la trace de kapps charles incorporé de force et porté disparu .
    quelles seraient les meilleurs démarches à faire .

    Merci pour votre réponse

  3. CREPIN dit :

    bonjour j’aimerai retrouver la trace de mon frere SCHIEBER Lucien Marcel incorpore de force et porte disparu et porte decede par le tribinal de COLMAR 68000 en juillet 1955
    quelles sont les demarches a effectue ? Merci pour votre reponse

  4. marie crepin dit :

    bonjour jaimerais retrouver la trace de mon frer SCHIEBER lucie marcel porte mort pour la france aupres du tribunal de colmar 68000 le 10 juillet 1955
    quelle sont les demarches a faire
    merci d’avance

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *