Réunion d’in­for­ma­tion à Erstein, le 10 septembre 2011

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Erstein_Tambov.jpgCette réunion s’est faite grâce à l’ini­tia­tive de notre ami Fernand Hertrich. La muni­ci­pa­lité d’Er­stein a bien voulu mettre à la dispo­si­tion de l’as­so­cia­tion cette très belle salle du Conseil Muni­ci­pal ; qu’elle en soit remer­ciée par ces lignes !

Fernand Hertrich souhaite la bien­ve­nue à tous ; la salle s’est remplie : le sort des Malgré-Nous et de leurs sépul­tures reste un sujet de ques­tion­ne­ment pour beau­coup de gens et cette réunion ne parait pas vaine.

Etaient présents pour animer les débats :
-Madame Marlène Dietrich, prési­dente de l’as­so­cia­tion Pèle­ri­nage Tambov
-Monsieur Charles Criqui, secré­taire de cette asso­cia­tion
-Monsieur Alphonse Troest­ler, « Monsieur Mémoire » du Conseil Géné­ral
-Monsieur Claude Hérold, cher­cheur béné­vole dans les listes des archives russes, alle­mandes, autri­chiennes, suisses et polo­naises pour retrou­ver le chemi­ne­ment de certains Malgré- Nous
-Monsieur Robert Lorentz, membre de la société d’his­toire du Kochers­berg
-Monsieur Régis Baty, histo­rien, auteur de plusieurs ouvrages sur les Malgré-Nous.

Monsieur le maire d’Er­stein souligne l’im­por­tance du devoir de mémoire, du rappel régu­lier de notre histoire ; mais aussi l’im­por­tance de créer des liens entre les pays, entre les jeunes et les moins jeunes de chaque nation afin que, par delà le deuil et la guerre, on puisse arri­ver peu à peu à se rencon­trer, à échan­ger, à se
connaître.
Il rappelle que la ville d’Er­stein s’est impliquée dans ce grand projet en finançant le séjour d’une jeune Erstei­noise à Tambov.

Madame Marlène Dietrich rappelle rapi­de­ment la créa­tion de l’as­so­cia­tion « Pèle­ri­nage Tambov »en 1995 par des anciens prison­niers ; le voyage vers l’an­cien camp 188 a lieu tous les deux ans. Les pèle­rins sont des anciens déte­nus, des orphe­lins de guerre ou des amateurs d’his­toire.
Un rapide programme est commu­niqué à l’as­sis­tance.
La prési­dente remer­cie les jeunes Français, Alle­mands, Russes qui entre­tiennent les tombes avant l’ar­ri­vée des pèle­rins et insiste sur les rencontres lourdes de signi­fi­ca­tion de ces jeunes, sur l’uti­lité des retrou­vailles régu­lières, sur les amitiés nées de ces voyages.
Elle rappelle les évène­ments marquants récents :

  En 2010, les pèle­rins ont été invi­tés pour la première fois à Morchansk ; cette visite a été impré­gnée d’émo­tion !

  Et un nouveau cime­tière a été décou­vert et défri­ché dans la forêt de Rada : le cime­tière n°7, où son propre papa est enterré !

  Grâce au Conseil Géné­ral, les maires de Kirsa­nov et de Morchansk ont pu être reçus pour l’inau­gu­ra­tion de l’ex­po­si­tion de Schir­meck et pour une petite visite de l’Al­sace

  En octobre 2011, des jeunes Russes et des jeunes Alle­mands seront au centre Albert Schweit­zer de Nieder­bronn ; ils feront connais­sance de l’Al­sace en compa­gnie de jeunes de chez nous.

 

Monsieur Troest­ler féli­cite l’as­so­cia­tion de permettre aux familles de se retrou­ver sur les lieux d’in­hu­ma­tion de leurs proches ; c’est un apai­se­ment d’avoir un lieu de recueille­ment et une manière de lutter contre l’ou­bli de leur sacri­fice. Il souligne les liens d’ami­tié qui, main­te­nant, dépassent le drame.

Il nous commu­nique aussi un histo­rique rapide :

 jusqu’en 1990, les rela­tions avec l’Union Sovié­tique sont diffi­ciles.

 à la fin de 1990, grâce à la Glas­nost de Mikhaïl Gorbat­chev, un premier voyage dans la forêt de Rada est possible.

 en 1994, des photo­co­pies d’ar­chives sont faites

 en 1993, la déci­sion de la construc­tion d’un mémo­rial est prise ; il est inau­guré en 1998.

 en 2007, l’in­té­gra­lité des archives russes est en France ; celles-ci sont numé­ri­sées jusqu’en 2010. Ces listes sont consul­tables par tous, sur demande.

M.Troest­ler souligne enfin le travail de M. Baty et de M. Hérold : les recherches sont labo­rieuses, les listes diffi­ci­le­ment exploi­tables.

Monsieur Criqui rappelle que la mise à jour du Cime­tière n°7 s’est faite grâce à M. Valéry, histo­rien russe de Tambov ; cette nécro­pole comporte 55 fosses communes. Ce chiffre corres­pond aux listes établies par M. Baty en 1998.

Des sous-verres ont été créés : on peut voir la photo de la fosse, les noms de ceux qui y sont inhu­més. Le parrai­nage de ces « mini murs des noms » est de 10 Euros.

M.Criqui évoque un projet du Conseil Géné­ral : contac­ter les mairies d’Al­sace pour mettre à jour les listes des Malgré-Nous en corri­geant les anciennes listes datant de 1946 et en comp­ta­bi­li­sant les non-reve­nus, les retours tardif­s…M. Troest­ler confirme, mais en préci­sant que les listes doivent être bien prépa­rées pour ne pas repré­sen­ter une charge de travail insup­por­table pour les mairies.
Il souligne l’in­ter­ven­tion des socié­tés d’his­toire dont les enquêtes complètent les recherches des mairies.
Monsieur le maire de Hindi­sheim, présent lors des débats, et qui se quali­fie plai­sam­ment de « Hargel­lof­fe­ner », affirme que chaque maire aura à cœur de veiller à la bonne exécu­tion de ce travail.

Monsieur Baty confirme ce que chaque inter­ve­nant avait évoqué : l’ex­trême complexité des recherches :
-il existe des listes par ordre alpha­bé­tique et d’autres par ordre chro­no­lo­gique de décès : il faut les compa­rer.
-il y a des listes en France, des listes de la Croix Rouge, d’autres issues des archives russes : là aussi, des recou­pe­ments sont néces­saires.
-les listes sont enta­chées d’er­reurs dans l’or­tho­graphe des noms : la trans­crip­tion phoné­tique en cyril­lique, puis encore une fois en carac­tères latins est une source d’er­reurs.
-les noms des Alsa­ciens morts dans d’autres camps que Tambov sont notés sous « Alle­mand » : il faut donc recher­cher leur commune de nais­sance ou d’ha­bi­ta­tion.
-il y a le problème de l’ho­mo­ny­mie : 13000 Muller ont été réper­to­riés !
-on estime que 35 à 40% des morts sont décé­dés sur les chemins de la capti­vité et ne sont pas forcé­ment sur une liste.

Chaque soldat possède un dossier person­nel avec une signa­ture : ces dossiers sont en Russie, mais parce qu’ils sont person­nels, ils sont consi­dé­rés comme confi­den­tiels et ne seront pas remis à une instance offi­cielle. Aux familles, peut être ! Il y en a des milliers !

Un audi­teur soulève la ques­tion des liens entre le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle pour un travail commun : Monsieur Troest­ler parle de démarches propres à chaque dépar­te­ment, mais de résul­tats croi­sés. La tâche est immense : il ne faut oublier personne : victimes mili­taires, civiles, de la Shoah, dépor­tés…En Moselle germe le projet d’un mur des noms incluant la guerre de 1870 et les deux guerres mondiales. Monsieur le maire de Hindi­sheim nous fait part d’une initia­tive propre à son village : une stèle avec 14 noms près du monu­ment aux morts.

Monsieur Hertrich s’as­so­cie à tous les membres de Pèle­ri­nage Tambov pour lancer un appel à des jeunes volon­taires qui souhai­te­raient aller en Russie l’an prochain pour l’en­tre­tien des tombes ; il rappelle aussi qu’il reste des possi­bi­li­tés de places pour quelques jeunes en octobre à Nieder­bronn.

Monsieur Criqui nous présente un « ancien «  des équipes de jeunes : Frédé­ric Stroh qui a créé une asso­cia­tion de « Malgré- Eux » rassem­blant des incor­po­rés de force de toute l’Eu­rope.

Des spec­ta­teurs affluent à la table des anima­teurs ; certains ont des lettres, des papiers : il y a encore beau­coup de gens à la recherche d’un père, d’un père, d’un dispa­ru…

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