Grand anni­ver­saire Oscar Kohler, la mémoire de Tambov

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Le doyen de Schaef­fer­sheim, Oscar Kohler, a célé­bré son quatre-vingt-quin­zième anni­ver­saire dans son village natal. Rescapé du camp de Tambov, il égrène ses souve­nirs d’an­cien combat­tant de « la drôle de guerre ».

« En 1940, j’ai fait mon service mili­taire au dépôt de cava­le­rie n° 14 à Lyon… Après l’ar­mis­tice du 22 juin 1940 et l’an­nexion de l’Al­sace, le cercle Saint-Léger a été supprimé à Schaef­fer­sheim pour faire place aux orga­ni­sa­tions nazies. Jusqu’en 1942, je travaillais à Stras­bourg comme peintre en bâti­ment. J’ai obtenu avec diffi­culté l’au­to­ri­sa­tion de passer mon brevet de maîtrise, ce qui m’a permis de retar­der mon incor­po­ra­tion de force jusqu’au 1er novembre 1943, où j’ai dû partir à Modlin en Pologne. »
Oscar se souvient de sa capti­vité aux mains des Russes au camp de Potma, dans le froid, presque sans eau et nour­ri­ture. Pour ses parents, il est porté disparu. À l’été 1944, on l’en­voie travailler dans un sovkhoze (ferme d’État sovié­tique) où il peut amélio­rer son ordi­naire. Puis, en septembre 1944, les prison­niers sont trans­por­tés à Tambov, à 450 km au sud de Moscou.

« Une fois à Tambov, la faim était perma­nente, avec deux louches par jour d’une soupe remuée avec un bâton pour que le peu de denrée solide ne se dépose pas au fond. Les baraque­ments conte­naient entre 100 et 400 hommes. Peu de médi­ca­ments, pas d’eau pour se laver, sauf toutes les quatre ou six semaines : sauna, épouillage, puis deux litres d’eau où malades et bien portants se lavaient dans la même cuvette en bois encrassé. Des seringues de vacci­na­tion passaient de prison­nier à prison­nier, malade ou bien portant… »

La fin de la guerre ne signi­fie pas un retour immé­diat. Après avoir enduré des tempé­ra­tures qui, en janvier, avoi­sinent moins 38° C, occa­sion­nant la mort de tant de ses cama­rades, quand vont-ils être rapa­triés ? Enfin, le 3 août 1945, le train démarre en direc­tion de Franc­fort-sur-l’Oder où les prison­niers sont remis aux offi­ciers français pour être lavés, désin­fec­tés, nour­ris, avant de repar­tir pour Bruxelles et enfin Chalon-sur-Saône où Oscar, comme tous les autres, est enfin libéré et peut rentrer dans son foyer.

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