Jean-Marie Heyrend, compa­gnon de la Libé­ra­tion

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heyrend.jpg Jean-Marie Heyrend est né le 15 septembre 1919 à Metz.

Méca­ni­cien auto, il habite Metz au moment de l’ar­mis­tice.

Contacté, par l’in­ter­mé­diaire d’un membre de sa famille, par les services secrets britan­niques, il accepte de les rensei­gner sur les convois et les mouve­ments de troupes alle­mands dans la région et outre-Rhin, où il lui arrive de se rendre pour le compte de son oncle qui possède une fabrique de chaus­sures en rela­tion commer­ciale avec l’Al­le­magne.

Incor­poré de force, comme Lorrain, dans l’Ar­mée alle­mande, en 1941, il est affecté à la Waffen SS et pour­suit, au prix de plus grands dangers, son rôle d’agent de rensei­gne­ments.

Il entre égale­ment en 1942 au réseau de rensei­gne­ments du colo­nel Rémy, la « Confré­rie Notre Dame » et devient agent P.1 de la CND « Castille ». Après avoir combattu sur le front de l’Est, il tente de déser­ter à la fron­tière belge ; arrêté, il s’évade le 12 novembre 1942 de la caserne de Metz. Mais, pour­suivi par des chiens, il est repris et condamné à mort par le Conseil de guerre alle­mand. Interné à Schir­meck, il s’évade de nouveau le 15 janvier 1943 et parvient à Paris en février.

Dans l’in­ter­valle, sa famille, qui appar­tient à une orga­ni­sa­tion de résis­tance, a été déci­mée par les arres­ta­tions et les exécu­tions.

A Paris, Jean-Marie Heyrend, bien que nommé agent P.2 de la CND « Castille », entre néan­moins en contact avec Philippe Vian­nay qui l’in­tègre dans le mouve­ment « Défense de la France » qu’il a fondé et qu’il dirige. Affecté au service tech­nique, son rôle consiste à se procu­rer, à trans­por­ter et à monter du maté­riel de toute sorte (impri­me­ries, voitures, armes et muni­tions) ; il fait ainsi partie d’une équipe qui va cher­cher des armes en Sologne pour équi­per le maquis de Seine-et-Oise, au moment de sa créa­tion. En toutes circons­tances, il fait preuve de grandes quali­tés de calme et de déci­sion.

Aspi­rant FFI, Jean-Marie Heyrend seconde le comman­dant Philippe (Philippe Vian­nay) dans la mise en place des effec­tifs et du maté­riel du maquis de Seine-et-Oise quand, le 27 mai 1944, il est de nouveau arrêté, par la Brigade spéciale de Bony et Lafont, à l’im­pri­me­rie clan­des­tine de la rue Jean Dolent à Paris.

Interné à la Prison de la Santé, roué de coups, il a trois côtes enfon­cées et les dents brisées mais il refuse de parler. Trans­féré aux Tourelles le 28 juillet 1944, puis au camp d’Ecrouves, en Meurthe-et-Moselle, le 10 août, il essaye une nouvelle fois de s’éva­der, à l’oc­ca­sion de la confu­sion créée par un bombar­de­ment. Repris, il s’évade, cette fois-ci défi­ni­ti­ve­ment, de la prison d’Ecrouves en en fran­chis­sant les barbe­lés dans la nuit du 14 septembre 1944.

Jean-Marie Heyrend rejoint immé­dia­te­ment les troupes améri­caines près de Toul et se bat à leurs côtés jusqu’à la libé­ra­tion du terri­toire.

De retour à Paris, dési­reux de s’en­ga­ger, il ne peut que consta­ter que le régime de priva­tion subi pendant de longs mois dans diffé­rentes prisons a profon­dé­ment altéré sa santé. C’est dans un hôpi­tal pari­sien qu’il passe les derniers mois de la guerre.

Après la guerre il devient conseiller tech­nique dans le secteur auto­mo­bile (études et essais de proto­types).

Jean-Marie Heyrend est décédé le 25 septembre 2005 à Paris. Il est inhumé au cime­tière de Charen­ton (94).

• Offi­cier de la Légion d’Hon­neur
• Compa­gnon de la Libé­ra­tion – décret du 12 septembre 1945
• Comman­deur de l’Ordre Natio­nal du Mérite
• Croix de Guerre 39/45
• Médaille des Evadés
• Médaille des Services Volon­taires dans la France Libre

* Source : http://www.ordre­de­la­li­be­ra­tion.fr/fr/les-compa­gnons/465/jean-marie-heyrend

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