Lettre de Bernard Roden­stein à M. François Hollande, président de la Répu­blique

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Monsieur le Président de la Répu­blique,

Dans mon texte joint, j’ai expliqué, hier, à mes amis, pourquoi je ne me suis pas rendu à la céré­mo­nie au Stru­thof à laquelle vous m’aviez convié, es-qualité de président de la Fédé­ra­tion Natio­nale des Pupilles de la Nation (FPN).

J’ai cepen­dant entendu votre discours, fort juste et très émou­vant. Je vous féli­cite pour ce propos précis pour ses éléments histo­riques et ouvrant sur l’es­pé­rance, grâce à l’in­ves­tis­se­ment tenace pour la paix en Europe.

Avec mes cama­rades pupilles de la Nation, orphe­lins de guerre de la première et de la seconde guerre mondiale, il ne nous manque plus qu’un geste fort de votre part pour réta­blir, dans notre pays, l’éga­lité des droits à la recon­nais­sance des souf­frances endu­rées par nos familles victimes, de diverses manières, de la barba­rie nazie.

Depuis les décrets de 2000 et de 2004, nous nous sentons DOUBLEMENT orphe­lins, malgré notre adop­tion toute théo­rique par la Nation. En indem­ni­sant de manière parti­cu­lière les enfants de parents au passé parti­cu­liè­re­ment tragique, La France nous a donné le senti­ment de n’être que « des victimes ordi­naires » d’un conflit « ordi­naire ». Cela a d’ailleurs été écrit avec un rare cynisme dans certains rapports offi­ciels.
Dans un premier temps, toutes nos Fédé­ra­tions ont demandé qu’un même trai­te­ment soit accordé à tous les pupilles de la Nation de parents morts pour la France. Les années passant, ne voyant rien venir, beau­coup d’entre nous se sont enfer­més dans une amère rési­gna­tion mêlée d’un profond senti­ment d’injus­tice.

Je me fais le porte-parole de celles et de ceux qui veulent encore croire à un acte d’équité de la part de notre pays. Nous renonçons à la mise sur un pied d’éga­lité avec les dépor­tés de la shoah et les dépor­tés poli­tiques, bien que je conçoive diffi­ci­le­ment le non subtile distin­guo établi par rapport à mon père porté disparu en tant qu’in­cor­poré de force, mais nous nous senti­rions moins incom­pris et dédai­gnés si vous déci­diez de nous accor­der l’équi­valent de la retraite du combat­tant et la demi-part fiscale ( ou le crédit d’im­pôt corres­pon­dant). Cette reven­di­ca­tion est aussi portée par le conseil d’ad­mi­nis­tra­tion de l’UFAC.

Il s’agit d’une propo­si­tion très concrète, large­ment symbo­lique certes, mais suffi­sante pour nous prou­ver votre sens de l’éga­lité des droits.

Dans l’es­poir, Monsieur le Président de la Répu­blique, d’être un jour reçu par vous et de rece­voir une réponse favo­rable à ma requête, je vous prie de croire à mes très respec­tueux senti­ments

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