Oradour et les incor­po­rés de force – le point de vue de l’APOGA

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DECLARATION

Les membres du Conseil d’ad­mi­nis­tra­tion de l’APOGA (Asso­cia­tion des pupilles de la Nation, orphe­lins de guerre d’Al­sace), réunis à Colmar, ce 19 Septembre 2013,

  expriment leur satis­fac­tion par rapport à la démarche conjointe des deux chefs d’Etat, français et alle­mand, à Oradour sur Glane, le 5 Septembre 2013

  Sont recon­nais­sants pour tous les gestes forts qui contri­buent à l’apai­se­ment des rela­tions entre les peuples autre­fois en guerre et entre les régions qui se sont affron­tées autour d’évé­ne­ments tragiques, comme ce fut le cas entre le Limou­sin et l’Al­sace

  Se réjouissent des tenta­tives d’écri­ture de l’his­toire, débar­ras­sées de préju­gés et de suspi­cions infon­dés

  Se souviennent avec recon­nais­sance des propos clairs et précis tenus à Colmar le 8 Mai 2010 par le Président de la Répu­blique de l’époque, M. Nico­las Sarkozy, qui a affirmé que les soldats français, enrô­lés de force dans l’ar­mée alle­mande entre 1942 et 1945, n’étaient pas des traîtres mais des victimes de la barba­rie nazie

  Rendent hommage au Président François Hollande d’avoir refor­mulé ces mêmes propos, à Oradour, en présence de M. Hébras qui a mis en doute le carac­tère forcé de la présence d’Al­sa­ciens et de Mosel­lans au sein de la Wehr­macht et des Waffen SS

  Restent frus­trés de ce que le drame de l’in­cor­po­ra­tion de force de 130.000 jeunes hommes de nos trois dépar­te­ments de l’Est et de la mort ou de la dispa­ri­tion de 40.000 d’entre eux, ne soit toujours pas appré­hendé comme un « crime de guerre » et que les consé­quences de cet authen­tique acte de barba­rie, véri­table géno­cide, ne soient toujours pas tirées en France

  Incri­minent les pouvoirs poli­tiques alsa­ciens et natio­naux d’avoir falsi­fié l’his­toire et d’avoir acheté le silence des victimes, préa­la­ble­ment accu­sées de complai­sance avec l’oc­cu­pant nazi

  Dénoncent le rôle parti­cu­liè­re­ment néfaste de la FEFA qui, par le système « d’ar­ro­sage finan­cier » mis en place, a permis, grâce au pactole versé par l’Al­le­magne au début des années 80, de dire que l’in­dem­ni­sa­tion des incor­po­rés de force était un chapitre clos

  Se rappellent au bon souve­nir des auto­ri­tés françaises et des respon­sables de la FEFA depuis que l’Etat français en 2000 et en 2004 a insti­tué des indem­ni­sa­tions spéci­fiques pour certaines caté­go­ries d’or­phe­lins de la deuxième guerre mondiale et exclu d’autres caté­go­ries de ces dispo­si­tifs sans pouvoir justi­fier une telle ségré­ga­tion

  Exigent que les fils et les filles de parents victimes de l’in­cor­po­ra­tion de force, en Alsace et en Moselle, décla­rés « dépor­tés mili­taires », en Juillet 1945, soient recon­nus comme des enfants dont les parents ont été « victimes de la barba­rie nazie », ainsi que le stipule le décret du  27 Juillet 2004

  Osent espé­rer que le Président de la Répu­blique alle­mande revien­dra en Alsace très prochai­ne­ment pour tenir sur notre terre parti­cu­liè­re­ment meur­trie par le nazisme, le discours de la vérité et de la repen­tance tant attendu

  Adressent à M. Joachim GAUCK, président de la Répu­blique et ancien homme d’Eglise, l’in­vi­ta­tion pres­sante de venir leur rendre la visite due et espé­rée de tout cœur.

APOGA 78a, avenue de la Répu­blique 68000 COLMAR

 Président Bernard Roden­stein
www.apoga.fr

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