Un « Malgré-Nous » dans l’en­gre­nage nazi

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pedro-2.jpg Paul Freund­lich est un de ces Alsa­ciens qui ont été enrô­lés sous la contrainte par les nazis à partir de 1942. Son parcours l’a mené, comme beau­coup d’autres, au Reich­sar­beits­dienst, où il n’a pu que consta­ter les horreurs provoquées par les bombes au phos­phore larguées sur la ville de Cologne. Il est ensuite envoyé dans la Wehr­macht, direc­tion l’Est. Serbie, Rouma­nie, Hongrie, le front au sud de Buda­pest… Il est toujours hanté par l’hor­reur des combats, l’ago­nie des bles­sés démem­brés, les femmes alle­mandes violées par les Sovié­tiques, la capti­vité.… «  Il y a des choses que l’on tient abso­lu­ment à oublier, même si c’est impos­sible », dit-il.

Ce récit a pour origi­na­lité d’avoir d’abord été publié au Portu­gal et en portu­gais. Son auteur, Pedro Cantinho Pereira, natif de Lisbonne, a étudié, entre 1975 et 1993, à Stras­bourg et à Paris où il est devenu docteur en Histoire. De la rencontre des deux hommes est née une amitié, mais aussi une prise de conscience du narra­teur qui avait, dans ses jeunes années, échappé de peu à son incor­po­ra­tion dans l’ar­mée portu­gaise et à sa parti­ci­pa­tion aux guerres colo­niales menées par le Portu­gal, en Afrique, jusqu’en 1974. Ce livre offre donc une approche diffé­rente de l’en­rô­le­ment forcé dans l’ar­mée alle­mande, avec cette ques­tion lanci­nante, fina­le­ment commune au Français et au Portu­gais : « Quelle vie aurait-il eu si…? ».

Nico­las Mengus

Pedro Cantinho Pereira, Un « Malgré-Nous » dans l’en­gre­nage nazi. Les sacri­fiés de l’His­toire, L’Har­mat­tan, Paris, 2015, 208 pages, 21,50 €

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