Un Stras­bour­geois de la « Char­le­magne »

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img164.jpg Autant que l’on sache, cet homme était origi­naire de Stras­bourg et a fait partie de la douzaine de Waffen-SS français exécu­tés à Bad Reichen­hall le 8 mai 1945.

Merci pour tout rensei­gne­ment complé­men­taire qui pour­rait nous en apprendre plus sur son parcours et les raisons de sa présence dans la divi­sion « Char­le­magne ».

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Préci­sions sur le contexte de l’exé­cu­tion aima­ble­ment trans­mises par Michaël Fuchs:

J’ai effec­tué des recherches quant à cette date du 08 mai, et les circons­tances encore floues sur les condi­tions dans lesquelles cet évène­ment a eu lieu. J’avance lente­ment, mais a priori seuls 11 cadavres avaient été exhu­més en juin 49 ; voici un extrait du témoi­gnage du Père Maxime GAUME, servant à la 2°DB:

« Après que la déci­sion eut été prise à l’état-major de la divi­sion de fusiller les prison­niers sans juge­ment, le père Fouquet, aumô­nier divi­sion­naire, me donna l’ordre d’as­sis­ter ceux-ci dans leurs derniers moments. Le jeune lieu­te­nant qui reçut l’ordre de comman­der le pelo­ton d’exé­cu­tion n’ap­par­te­nait pas d’ailleurs à mon unité et était complè­te­ment affolé d’avoir à exécu­ter un pareil ordre, se deman­dant même s’il n’al­lait pas refu­ser d’obéir. Il réso­lut alors de faire au moins tout ce qui était en son pouvoir pour adou­cir les derniers instants des victimes et commu­nia même avec eux avant l’exé­cu­tion.

Les onze hommes avaient été amenés en camion de Bad Reichen­hall où se trou­vait l’E.M. de la 2e DB, jusqu’à Karl­stein. Un seul refusa les secours de la reli­gion ; trois d’entre eux décla­rèrent n’avoir aucun message à faire trans­mettre à leur famille. La fusillade se fit en trois fois : par groupe de quatre, de sorte que les derniers virent tomber leurs cama­rades sous leurs yeux. Tous refu­sèrent d’avoir les yeux bandés et tombèrent brave­ment aux cris de « Vive la France ».

Parmi les quatre derniers se trou­vaient le lieu­te­nant Brif­faut et, proba­ble­ment, le soldat Payras. Confor­mé­ment aux instruc­tions reçues, je lais­sai les corps sur place, mais je m’adres­sai à des soldats améri­cains canton­nés dans les envi­rons, leur recom­man­dant d’en­ter­rer les corps, ce qui fut fait quelques jours plus tard. »

Voici ce qu’a écrit Eric LEFEBVRE à ce sujet :

« Le 7 ou 8 mai 1945, vers 17 heures, trois pelo­tons d’exé­cu­tion abattent l’un après l’autre trois groupes de quatre français en uniforme alle­mand, à une ou deux excep­tions près celui des Waffen-SS. Chacun de ces pelo­tons a été fourni par une section de combat (celles des sous-lieu­te­nants Floren­tin, Bell et Morvan) de la 4° compa­gnie du Régi­ment de Marche du Tchad, corps orga­nique de la 2° DB. Une compa­gnie formée à partir d’un esca­dron FFI recruté à Paris en 1944 en inté­grant un pelo­ton de la Garde Répu­bli­caine.
Pour l’exé­cu­tion a été choi­sie une petite clai­rière joux­tant le chemin de Kugel­bach, sur le terri­toire de la commune de Karl­stein, limi­trophe de la petite ville de Bad Reichen­hall, en Haute Bavière, non loin de l’Ober­salz­berg. Les 12 hommes ont été véhi­cu­lés jusque là en jeeps, deux par véhi­cules, comme cela a été rapporté 30 ans après les faits par le capo­ral-chef Jean Gabriel Auvray, qui appar­te­nait à la section Floren­tin. Selon lui, tous refusent d’avoir les yeux bandés.
Les 12 Français appar­tiennent à la 33. Waffen Grena­dier Divi­sion der SS « Char­le­magne » et tous ou presque au régi­ment de marche commandé par un offi­cier suisse aléma­nique, le SS-Obers­turm­bannfüh­rer Hein­rich Hersche. Ce régi­ment est parti cinq semaines plus tôt du camp de Wild­fle­cken, en Fran­co­nie, pour rejoindre le reliquat de la divi­sion rassem­blée dans le Meck­lem­bourg après avoir échap­pée de Pomé­ra­nie. Inté­grant lui-même quan­tité de resca­pés de ces combats, quelque­fois bles­sés, le régi­ment Hersche, fort de 1.200 hommes, a dû fina­le­ment prendre le chemin du sud. A la suite de quelques nouveaux combats livrés par néces­sité contre les troupes améri­caines, i la été dispersé en Bavière, la plus grande partie de ses unités parve­nant à gagner à pied la province de Salz­bourg, voire à fran­chir le Bren­ner.
Les 12 hommes se sont-ils trou­vés sépa­rés des éléments du régi­ment Hersche qui, après s’être battu à Moos­burg, ratta­chés à la 38. SS-Grena­dier Divi­sion « Nibe­lun­gen », seront fait prison­niers au sud-ouest de Bad Reichen­hall ? C’est le cas indis­cu­table de la majo­rité d’entre eux. Avant de tomber sous ces balles fratri­cides en chan­tant la Marseillaise, sinon en criant « Vive la France ! », dans une atmo­sphère très pénible, quoique de grande dignité selon les uns, lamen­table selon d’autres, ils ont tous été confes­sés sur les lieux même par l’au­mô­nier du XI./64° RADB, groupe d’ar­tille­rie divi­sion­naire. Ce prêtre, le sous-lieu­te­nant Maxime Gaume, spécia­le­ment dési­gné pour les assis­ter, leur a donné la commu­nion et a recueilli les lettres écrites par neuf d’entre eux. Toute­fois, on lui conseillera d’at­tendre pour les envoyer et il ne les postera pas avant février 1946. Il restera marqué par cette tragé­die sa vie durant.

11 ou 12 fusillés ?

Sur ordre, les cadavres sont lais­sés sur place, tels qu’ils sont tombés, gardés par une senti­nelle en arme. Le père Gaume inter­vien­dra quand même auprès du maire impuis­sant, puis des troupes améri­caines pour les faire enter­rer. Des tombes indi­vi­duelles, surmon­tés de croix de bois, seront creu­sées quelques jours plus tard dans la clai­rière et, dit-on, bénies par un aumô­nier améri­cain.
Toute­fois, quand on exhu­mera les fusillés le 2 juin 1949 pour les trans­por­ter dans une tombe commune du cime­tière Sankt-Zeno de Bad Reichen­hall, l’on relè­vera, s’il faut en croire le compte rendu du Landrat­samt de Berch­tes­ga­den adressé le 24 juin 1949, la présence de 11 corps seule­ment. Simple erreur de trans­crip­tion, la plaque ornant la croix surmon­tant la tombe mentionne bien la présence de 12 corps ? Cette ques­tion, à vrai dire, n’a pas été tran­chée et a permis de suppo­ser que l’un des prison­niers avait été épar­gné au dernier moment. Pour­tant, aucun témoi­gnage n’en fait état.

En 1949, selon le maire de Bad Reichen­hall, deux des croix seule­ment portaient encore un nom. Leurs livrets indi­vi­duels (Soldbü­cher) avaient vrai­sem­bla­ble­ment été reti­rés aux 12 hommes au moment de leur capture. Que sont-ils deve­nus ? De ce fait, l’en­semble des objets trou­vés sur les corps et dépo­sés au poste de gendar­me­rie de la ville (photos, agen­das, porte­feuilles) ne permit appa­rem­ment pas d’en savoir plus, ne serait-ce que à cause de l’état de dété­rio­ra­tion des docu­ments. Seuls les trois offi­ciers purent alors être iden­ti­fiés :

le W-Obers­turmfüh­rer Serge Krotoff, 33 ans, Paris, offi­cier de réserve issu de la Frz. SS-Freiw Sturm­bri­gade, avait fait la campagne de Pomé­ra­nie à la tête de la compa­gnie anti­char lourde du Panzerjä­ger Abtei­lung.

le W-Unters­turmfüh­rer Raymand Daffas, 37 ans, Paris, qui appar­te­nait à l’état-major du groupe d’ar­tille­rie divi­sion­naire.

le W-Unters­turmfüh­rer Paul Brif­faut, 26 ans, Nice, démo­bi­lisé de la Brigade Char­le­magne en décembre 1944, après avoir commandé la compa­gnie de canon du W-Gren Rgt der SS 58. Retiré sur le lac Cons­tance, c’est sans doute par hasard qu’il s’était trouvé réuni à des éléments du régi­ment Hersche.

Un quatrième fusillé, puis un cinquième seront ulté­rieu­re­ment iden­ti­fiés :

le W-Grena­dier Raymond Payras, 22 ans de Touget (Gers)

le W-Unter­scharfüh­rer Jean Robert, 30 ans, Nantes, issus de la LVF.

Parmi les sept autres, l’on trouve semble-t-il un seul sous-offi­cier. Ils sont restés jusqu’à main­te­nant incon­nus.

Quand et comment les 12 hommes sont-ils deve­nus les prison­niers de la 2° DB ?

Selon un enquê­teur alle­mand offi­cieux, Karl Wenz, les 12 hommes, d’abord rassem­blés dans un hôpi­tal, se seraient rendus le 6 mai à des unités améri­caines ne pouvant qu’ap­par­te­nir à la 3° DI US. Inter­nés avec des prison­niers alle­mands dans la caserne des chas­seurs de montagne de Bad Reichen­hall, ils s’en seraient échap­pés en appre­nant la présence des troupes de Leclerc dans la ville et, dénon­cés par des paysans, auraient été captu­rés dans un petit bois proche par une unité non iden­ti­fiée de la 2° DB, a priori la veille de leur exécu­tion.

Pour le père Gaume, par contre, qui a fourni des témoi­gnages écrits et oraux précis de ce qu’il a vu et entendu, ils se seraient rendus aux Améri­cains le matin même du drame et ont été immé­dia­te­ment remis à l’état-major de la divi­sion qui, selon lui encore, s’en est trouvé bien embar­rassé. La teneur de la lettre que le lieu­te­nant Krotoff a rédigé pour sa femme, confirme cette dernière version et semble clore ce débat. A moins que les 12 hommes ne se soient rendus à des dates et dans des circons­tances diffé­rentes.

Une exécu­tion des plus sommaires ?

L’on avance géné­ra­le­ment que cette exécu­tion présenta un carac­tère des plus sommaire. Mais l’on a écrit aussi, récem­ment encore, qu’elle était consé­cu­tive à une déci­sion de justice. Certes, le tribu­nal mili­taire consti­tuant l’or­gane de la justice mili­taire divi­sion­naire du comman­dant Henriquet était proba­ble­ment habi­lité à prononcé des condam­na­tions à mort immé­dia­te­ment exécu­toire à l’en­contre de français consi­dé­rés comme traître en vertu des nouveaux textes entrés en vigueur en France. Mais cette justice mili­taire était resté avec la base divi­sion­naire à Dies­sen au sud-ouest de Munich, à 125 kilo­mètres de là, et les archives de la 2° DB dispo­nibles ne portent aucune trace de la consti­tu­tion d’un tel tribu­nal à ce propos. En outre, les 12 hommes feront en France l’objet d’un mandat d’ar­rêt, seront recher­chés, voire condam­nés, par contu­mance par des cours de justice plusieurs années après. Ce seul constat, malgré la pagaille qui régnait à l’époque dans le domaine judi­ciaire, ne laisse planer aucun doute sur le carac­tère irré­gu­lier de leur exécu­tion.

A Bad Reichen­hall, le matin même de l’af­faire et entre deux dépla­ce­ments vers Berch­tes­ga­den ou l’Ober­salz­berg, le géné­ral Leclerc s’est entre­tenu près de son PC avec les prison­niers trans­por­tés là à cette fin. En témoignent les photos prises par un repor­ter du service cinéma des armées, Henri Malin, présent sur place. L’on y dénombre bien 12 hommes. Mais ces clichés irri­te­ront fort le géné­ral, comme le photo­graphe l’a rapporté à Jean Chris­tophe Notin, auteur d’un biogra­phie : « Leclerc ». Il est attesté que l’in­ter­ro­ga­toire auquel se livra le géné­ral se déroula assez calme­ment. Toute­fois, l’un des prison­niers, à qui il repro­chait de porter l’uni­forme alle­mand, lui rétorqua qu’il se trou­vait bien lui-même en uniforme améri­cain ! Selon les témoins, cette reproche eut le don de l’exas­pé­rer.

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Peut-être Leclerc était-il égale­ment excédé ce jour-là, tant par l’ordre impé­ra­tif d’éva­cuer la région donné par ses supé­rieurs améri­cains, que par leurs remon­trances quant aux pillages immo­dé­rés impu­tables aux troupes françaises. Et puis le carac­tère aussi passionné qu’im­pi­toyable de ce croisé, engagé corps et âmes dans une impi­toyable guerre civile dès 1940 en AEF, ne pouvait qu’être aiguillonné à la vue de ces compa­triotes en tenue enne­mie, les tout premiers que ses hommes et lui rencon­traient depuis leur arri­vée en Alle­magne, moins de quinze jours aupa­ra­vant. Igno­rait-il que le gouver­ne­ment du maré­chal Pétain avait léga­le­ment auto­risé leur enrô­le­ment ? Une circons­tance néces­sai­re­ment aggra­vante à ses yeux, sans nul doute.

Payés pour savoir de quelle façon l’épu­ra­tion s’était dérou­lée en France à l’été et à l’au­tomne précé­dent, les soldats de la 2° DB étaient de toute façons prêts, dans leur majo­rité, à consi­dé­rer comme normale toute solu­tion extrême. Quoique, comme le rapporte encore le père Gaume, certains de ceux qui procé­dèrent à l’exé­cu­tion aient mani­fes­tés ouver­te­ment leur répu­gnance à exécu­ter l’ordre qui leur avait été donné.

La date de l’exé­cu­tion : le 7 ou le 8 mai 1945 ?

L’avant garde du sous-grou­pe­ment B, élément orga­nique de l’un des trois grou­pe­ments tactiques de la 2° DB, n’at­teint Bad Reichen­hall que dans l’après-midi du 4 mai. La mission du sous-grou­pe­ment est de gagner Berch­tes­ga­den.

Bad Reichen­hall, station ther­male abri­tant de nombreux hôpi­taux et maisons de santé a été décla­rée ville du ouverte et occu­per sans combats par des éléments du 1er bataillon du 7° RI de la 3° DI US dès le matin du 7 mai. Elle était alors située dans la zone des étapes de la 352. Volks­gre­na­dier Divi­sion du Gene­ral­major O.E. Schmidt, zone défen­due par quelques kampf­grup­pen de circons­tance. Une ville encom­brée de bles­sés, de réfu­giés, d’en­fants évacués des grandes villes mena­cées, de travailleurs polo­nais requis, de jeunes de la Hitlerju­gend, mais aussi d’élé­ments mélan­gés de la Wehr­macht, de la Waffen-SS et du Volkss­turm que l’in­fan­te­rie améri­caine a désarmé.

L’on sait, grâce à l’étude minu­tieuse des jour­naux de marche de la 2° DB consul­tés au SHAT, que des unités de la divi­sion cantonnent d’une façon perma­nente dans la ville cinq jours durant, du 5 mai 1945 au 10 mai 1945 après-midi, les unités présentes se relayant jusqu’au 8 pour aller visi­ter l’Ober­salz­berg et la propriété d’Adolf Hitler, situés à une ving­taine de kilo­mètres. Gagnant de vitesse les troupes US de la 3° DI et de la 101° Airborne, les hommes de Leclerc y sont arri­vés les premiers.

Le père Gaume écrira que l’éxé­cu­tion a eu lieu la mardi 8 mai, jour qui marque l’an­nonce au monde, à 15 heures, de la capi­tu­la­tion sans condi­tions signée la veille à Reims, les hosti­li­tés ne prenant fin qu’à 23h01, heure d’Eu­rope Centrale. Cette capi­tu­la­tion ne sera rati­fiée que le 9 mai à 0h15 à Berlin. Le rapport du 6 décembre 1948 d’une nouvelle enquête effec­tuée par le Poli­zei-Ober­kom­mis­sar Aigner auprès des témoins alle­mands à la requête de la famille Brif­faut et sur la demande du maire Neumayer, confirme la date du 8, qui sera fina­le­ment inscrite sur la tombe commune et la plaque placée sur le monu­ment aux morts du cime­tière Sankt-Zeno de Bad Reichen­hall.

Pour­tant, si l’on en croit les docu­ments joint aux JMO de la 2° DB, ce jour-là, à l’heure indiquée par tous les témoins, 17 heures, le gros du I./ RMT (chef de bataillon Fosse) et notam­ment la 4° compa­gnie, a évacuée la ville depuis la fin de la mati­née. LA jour­née du 8 est d’ailleurs marquée par une intense acti­vité, tota­le­ment mobi­li­sa­trice, près de mille véhi­cules de la 2° DB traver­sant la ville, la quit­tant ou s’y arrê­tant. Les départs s’éche­lon­ne­ront jusqu’au 10.

Le lundi 7, en revanche, le I./ RMT, cantonné du 6 au 8 à Baye­risch Gmain, commune limi­trophe, reste dispo­nible toute la jour­née, chargé de la sécu­rité de la ville de Bad Reichen­hall et prenant à cette fin ses ordres du 3° bureau divi­sion­naire. De surcroît, l’on sait parfai­te­ment dans la jour­née du 7 que la capi­tu­la­tion alle­mande a été signée à Reims dans la nuit, à 2h41 du matin. L’Etat-major de Leclerc apprend par télé­gramme dès le matin et Radio-Flens­burg l’an­nonce dans l’après-midi à toute l’Al­le­magne par la voie du comte von Schwe­rin-Krosigk, dernier ministre des Affaires Etran­gères du Reich. Ajou­tons que la Heeres­gruppe G alle­mande avait déjà capi­tu­lée, les hosti­li­tés ayant pris fin dans sa zone d’ac­tion le 6 mai à midi.

Par suite de ces divers constats, à moins que le départ de la 4° compa­gnie du RMT n’ait été diffé­rée sans trace écrite, il y a tout lieu de croire que l’af­faire s’est dérou­lée le 7 mai. Sans doute y-a-t-il eu posté­rieu­re­ment confu­sion dans les mémoires des témoins et acteurs, liant l’exé­cu­tion au jour de la capi­tu­la­tion, du fait que seul le 8 mai est resté pour l’his­toire la date offi­cielle de la fin de la guerre.

Décou­vrir un respon­sable ?

Il est établi qu’un contact radio a été assuré avec le minis­tère de la Guerre à Paris au sujet des 12 hommes, ce que confirme Jean Chris­tophe Notin dans son ouvrage. Il fut suivi, selon certains, d’une réponse évasive permet­tant toutes les inter­pré­ta­tions. En tout cas, comme le rapporte encore Notin, Paris, non averti des suites de l’af­faire, devra relan­cer la 2° DB par télé­gramme le 18 mai.

Il est habi­tuel­le­ment suggéré, sinon affirmé, même par les anciens de la 2° DB, que c’est le géné­ral Leclerc en personne qui aurait pris d’au­to­rité, ou du moins provoqué la déci­sion de faire fusiller les 1 2pri­son­niers, sommai­re­ment ou dans d’hy­po­thé­tiques formes légales. Le capi­taine Georges Fouquet, l’au­mô­nier divi­sion­naire, devra admettre, quitte à en faire porter la respon­sa­bi­lité par un offi­cier dont il ne se remé­more plus le nom, que la déci­sion a de toutes façons été prise par l’état-major de la 2° DB, ce que confirme le père Gaume. Il ressort du témoi­gnage parti­cu­liè­re­ment fiable d’un simple soldat de la 97° compa­gnie de QG, qui adres­sera deux photos à la famille du sous-lieu­te­nant Brif­faut, que personne ne l’igno­rait alors !

Le fait qu’un aumô­nier ait été spécia­le­ment dési­gné pour assis­ter les « condam­nés » semble l’at­tes­ter, connais­sant les convic­tions reli­gieuses affi­chées du comman­dant de la 2° DB. D’au­tant que le père Gaume fut investi de cette mission par le père Fouquet, de l’état-major.

A contra­rio, selon l’as­pi­rant Yves Corta­del­las, alors chef du pelo­ton de protec­tion de QG à qui leur garde aurait été confié la veille de l’exé­cu­tion, ordre aurait alors été donné de Paris de les rapa­trier en France pour les juger. Le lende­main, toujours selon le même témoin, des hommes du RMT, munis d’un ordre de trans­port du 3° bureau, auraient pris en charge les prison­niers. Leur exécu­tion aurait fina­le­ment été déci­dée par le comman­dant de la 4° compa­gnie, le lieu­te­nant Maurice Ferrano, un vieux dur à cuire, compa­gnon de la Libé­ra­tion depuis 1942 et récem­ment fait cheva­lier de la Légion d’Hon­neur, qui se serait ensuite fait sérieu­se­ment « laver la tête » par le géné­ral Leclerc. Hélas ! s’il est certain que le lieu­te­nant Ferrano orga­nisa l’exé­cu­tion sur place et dési­gna les pelo­tons, la version de l’as­pi­rant Corta­del­las contre­dit singu­liè­re­ment les témoi­gnages les plus solides sur les points essen­tiels, ce qui nuit à sa crédi­bi­lité. Elle doit néan­moins être versée au dossier, car elle est la seule à vouloir déchar­ger le comman­dant de la 2° DB de toute respon­sa­bi­lité, cher­chant ainsi à dissi­per un malaise qui s’est instauré surtout après coup.

Voir aussi : http://www.cdvfe-divi­sion­char­le­magne.com/ et http://www.cdvfe-divi­sion­char­le­magne.com/upload/C.D.V.F.E.%20Bad%20Rei­chen­hall%208%20mai%201945.pdf

J’ai égale­ment trouvé sur le Net une photo de cette Divi­sion, sur laquelle je pense avoir reconnu ce Stras­bour­geois (cf en PJ) : photo en haut à gauche, l’homme qui semble tenir une gourde, avec une ciga­rette aux lèvres (person­nage de droite, debout). En revanche, aucune indi­ca­tion sur la date et le lieu de la prise photo.

* En PJ, un texte (en italien) établi et aima­ble­ment trans­mis par Roberto Coppo­lino.

SS COMANDANTI 1zt.pdf.Abra­ca­da­braPDF-web

8–5–1945

Karl­stein 8–5–1945 par R. Coppo­lino

* Roberto Coppo­lino signale aussi ce site (avec mention de Jacques Ponnau, victime iden­ti­fiée en 1979)  : http://deutsch.mili­ta­ria.xooit.fr/t8443-Hommage-a-cest-Fran­cais-de-vrai-fran­cais.htm

Préci­sions aima­ble­ment trans­mises par Thibault Brunet, webmestre du site et forum « Histo­rika » :

L’ar­ticle d’Eric Lefèvre, issu du Batailles N°18 d’Oc­tobre 2008 et inti­tulé « Rendez-vous tragique à Bad Reichen­hall », bien que remarquable est à présent obso­lète, suite à la paru­tion chez Gran­cher de la longue enquête menée par l’au­teur et permet­tant de prendre connais­sance des dernières avan­cées en la matière : « Bad-Reichen­hall 8 mai 1945 – Un épisode tragique » d’Eric Lefèvre et Olivier Pigo­reau – Gran­cher – 2010. Voir http://www.malgre-nous.eu/spip.php?arti­cle3937&lang=fr

Le cliché montrant un groupe de Waffen-SS Français fut pris par l’un des SS-KB déta­chés pour couvrir l’en­ga­ge­ment du Ier Bataillon de la Sturm­bri­gade en Gali­cie (Août 1944). De ce fait, il ne peut s’agir d’un élément rela­tif à la Divi­sion Char­le­magne.

Jacques Ponnau fut un temps retenu comme étant l’un des fusillés. Cepen­dant, il s’avère qu’il s’agis­sait du W.-Uscha. Jean ROBERT iden­ti­fié par la suite par sa famille.

Le compa­ra­tif que vous effec­tuez dans le docu­ment suivant : http://www.malgre-nous.eu/IMG/pdf/divi­sion_char­le­magne.pdf.abra­ca­da­brapdf-web.pdf , nous montre deux volon­taires diamé­tra­le­ment oppo­sés. En effet, les dota­tions d’équi­pe­ments étant limi­tées lors de la créa­tion de la Brigade puis Divi­sion « Char­le­magne », les volon­taires français gardèrent dans leur majo­rité l’équi­pe­ment perçu de leur précé­dente unité ; à l’ex­cep­tion des mili­ciens qui furent habillés avec les moyens du bord.
Dans le cas présent, tous les éléments nous indiquent que ce dernier dispose de l’équi­pe­ment type perçu par les membres de la L.V.F. (voir l’exemple du W-.Ustuf. Paul Brif­faut présent sur les mêmes clichés – photo 4 – 1er rang à gauche), et, permettent de le ratta­cher à la Légion et non à la Sturm­bri­gade.

 

 

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