UNE RADIO DU CŒUR ILLISIBLE
Pour éviter d’être enrôlé par les Allemands, Francis Rapp s’est rendu malade et a bénéficié de deux reports d’incorporation. Mais cela n’a pas été sans conséquences après la guerre.
UNE RADIO DU CŒUR ILLISIBLE
Pour éviter d’être enrôlé par les Allemands, Francis Rapp s’est rendu malade et a bénéficié de deux reports d’incorporation. Mais cela n’a pas été sans conséquences après la guerre.
DE LA KRIEGSMARINE À LA WEHRMACHT
Né en 1926, Marcel Peiffer effectue dans un premier temps son RAD, avant d’être versé dans la Kriegsmarine puis la Wehrmacht. Il livre ici son témoignage, d’après les souvenirs qu’il a gardés de cette sombre période.
Une tragédie familiale
La famille Ostermann voit ses trois fils, René, Alfred et Lucien, incorporés de force dans l’Armée allemande. Lucien, enrôlé dans la Schutzpolizei, disparaît près de Borisov en juillet 1944.
D’UNE GUERRE À L’AUTRE
Jacques Oliveira est né 1927 à Leiterswiller (Bas-Rhin). Après le RAD, il n’a pas obtempéré à la convocation de la Wehrmacht (1944) et s’est caché à Wissembourg. A l’approche des troupes alliées, il a rejoint des éléments le 23e RI de la 1ère Armée française, le 3 janvier 1945. Il combat ensuite en Indochine.
Albert Meyer est incorporé en octobre 1943 et formé à la conduite de chars. En janvier, il se trouve dans la région de Roche-Chalais, près de Bordeaux. Par mesure disciplinaire, les Alsaciens sont renvoyés en Allemagne, puis ils sont mutés au Danemark. Là-bas, Albert Meyer et deux de ses camarades, Marcel Dietrich et Albert Burckel, rejoignent la Résistance danoise.
RAPATRIÉ D’OUTRE-TOMBE
Bien que né en 1926, Alexandre Metzler est versé dans la Wehrmacht en janvier 1944. Près de la frontière russe, non loin de Narol, il participe à la lutte contre les partisans. Il arrive à Varsovie au moment de l’insurrection de la ville et se trouve à Berlin en avril 1945. Capturé par les Russes, il est interné au camp de Pétrozavodsk, en Carélie.
Témoignage recueilli par René Schott en décembre 2003
Incorporé en mai 1943, c’est un long périple – ponctué de combats et d’hospitalisations – qui attend Jean-Pierre Mengus (+ 11.9.2009) sur le front de l’Est. Après avoir été envoyé à Dnieprovskaja, à l’extrême Est de la tête de pont de Nikopol, la retraite de l’Armée allemande va le mener jusqu’à l’hôpital de Bielefeld. C’est là qu’il sera fait prisonnier par les Américains en avril 1945.
Albert Martin est né le 9 décembre 1926. Avec l’ensemble de sa classe, il est incorporé de force dans la Waffen-SS le 12 avril 1943. Soldat dans la division Totenkopf, puis Reichsführer-SS, il déserte, sur le front de Toscane, le 10 novembre 1944. Son épouse a composé le poème suivant pour rendre hommage aux souffrances des Alsaciens incorporés dans cette division.
An d’Malgré-Nous, Clàssa 1926
So jung hàsch dini Haïmet verloh
S’Miaterla en Trana gloh
Unerfàra unschuldig noch
Fàscht zammabrocha untrem JochWurum han er traït dàs griana Kleid ?
Wurm dàs Zaïcha vo Gràïsàmkeit ?
Dr Stampfel àls SS a Ehrverluscht
Da besch no merb hàsch LawesluchtMet sebzeh Johr liabsch d’Rosa em Gàrta
Kaï Blüama düt der Totakopf tràga
Em Schrett en dr Division Totakopf
Schlàht a junges Harz wu liabt un hofftMini Haimet esch so scheen un witt
S’Miaterla wàrtet… dert bata oï Litt
Küm hàn i Kenderschua verloh
Stànd i em Fald wurum un wo?Unschuldig Biawla hàsch kaï Fend
Müasch schiassa müasch teeta s’esch kaï Send
A fremda kugla hàt scho troffa
Dr Brüder dr kàmerad esch zammabrochaUmasunscht, esch àlles gse
Umasunscht kàsch net versteh
Umasunscht stehn velle Kritzla em Fald
Umasunscht s’esch no Hàss uf dr WaltFreda Freda besch so dir
Freda Freda s’brennt weder Fir
Ja d’Màcht un s’Gald düat regiara
Armer Mensch düasch s’Gfühl verliaraEn eiera Harzer soll jetz Freda see
Eier Lawensowa no gmiatlig see
Er han gsaït ja gsaït „dia Lawesluscht “
En da kenderwàgla kumma Resala uffS’esch unsri Fraïd s’esch unser Blüat
Em Kend si Làcha brengt Gleck un Müat
O Herr, wurum jetz no dia Ràssakriaga !
Loss unsera Kenderla tràïma un liawaFer mi Mànn un sina Kriegskàmeràda
Elisabeth Martin – Octobre 2001
Joseph Lintz, enrôlé de force, est cantonné en Alsace, à Schirrhein, au début de l’année 1945. N’ayant pas eu l’opportunité de s’évader, il se retrouve sur le front de l’Est où il est capturé par les Russes lors de la bataille de Berlin. Il n’est rentré qu’en 1951.
Témoignage de René Schott
Combattant de l’Armée française en 1939–1940, Bernard Letzelter entre ensuite dans l’administration forestière. À partir d’avril 1943, il lui faut trouver des solutions pour retarder son incorporation dans la Wehrmacht. À la quatrième convocation, il se réfugie à Waldeck, dans les Vosges du Nord. C’est un endroit peu fréquenté où se cachent de nombreux déserteurs et insoumis avant de rejoindre la France occupée.