Charles Kuntz est décédé le 04.03.1944 à Cottbus, au sud de Berlin, sans doute dans un Lazarett car, à cette date, il n’y avait pas encore de combats dans cette région là.
Selon sa fiche de déporté militaire, Jacques Kuntz est incorporé de force le 12.11.1944. Selon la Région, il s’en est évadé en avril 1945 pour rejoindre les lignes russes.
Selon le témoignage d’un de ses amis de Dinsheim ou de la région, autre enrôlé de force, Jacques aurait traversé le front pour rejoindre le côté russe, en laissant son arme suspendue à une branche d’arbre, avant de disparaître (information transmise par Blandine Lanoux).
On perd ensuite toute trace de lui, ce qui laisse supposer qu’il n’a jamais rejoint un camp de prisonniers.
Il a été déclaré « mort pour la France ».
Article paru dans « L’Alsace » du 16.11.2025
Liste des victimes et documents transmis par Claude Herold
Ernest Andres (né le 05.06.1920 à Strasbourg), Fernand Bockel (né le 23.06.1924 à Erstein), Albert Dossmann (né le 12.05.1921 à Schiltigheim), Frédéric Eder (né le 30.01.1916 à Merkwiller-Pechelbronn), Antoine Farner (né le 18.05.1923 à Strasbourg), Alfred Felten (né le 11.07.1915 à Bischheim), Paul Geiss (né le 30.03.1924 à Strasbourg), Paul Gerherd (né le 07.04.1923 à Essen en Allemagne), René Gutapfel (né le 20.05.1920 à Heiligenberg), Albert Herlitz (né le 16.07.1925 à Strasbourg), Emile Huck (né le 18.09.1914 à Quatzenheim), René Hummel (né le 08.07.1914 à Schiltigheim), Ernest Kern (né le 16.08.1914 à Strasbourg), Alfred Kern (né le 29.12.1915 à Strasbourg), Marcel Lachmann (né le 31.10.1914 à Zürich en Suisse), Jacques Muller (né le 19.08.1904 à Strasbourg), Jean Munch (né le 14.12.1924 à Strasbourg), Frédéric Nitschke (né le 19.08.1914 à Strasbourg), Florentin Offner (né le 28;07.1915 à Strasbourg), Albert Pfister (né le 11.03.1922 à Strasbourg), Robert Riechert (né le 20.04.1917 à Strasbourg), René Ruh (né le 28.02.1921 à Nancy), René Schmitt (né le 04.05.1924 à Strasbourg), Charles Schoenbacher (né le 21.03.1921 à Strasbourg), Lucien Schuster (né le 26.10.1921 à Strasbourg), Conrad Simon de Kergenic (né le 03.10.1924 à Trier en Allemagne), Antoine Spengler (né le 12.08.1921 à Strasbourg), Marcel Steinmetz (né le 21.10.1920 à Strasbourg), Lucien Thiebaut (né le 09.03.1922 à Sarreguemines), Willi Wackernagel (né le 30.01.1915 à Strasbourg), Ernest Wenck (né le 03.05.1915 à Strasbourg), René Ziegler (né le 13.04.1921 à Strasbourg).
L’exemple ci-dessous démontre, si besoin était, qu’il est nécessaire de ne parler que d’incorporés de force et de déportés militaires lorsqu’il s’agit des Français d’Alsace et de Moselle annexés de fait et versés sous la contrainte et la menace dans les forces armées du IIIe Reich national-socialiste.
Gérard Michel, président de l’association Orphelins de Pères Malgré-Nous d’Alsace-Moselle (OPMNAM) et secrétaire général de l’ADEIF du Bas-Rhin, est décédé le 5 novembre dernier, à l’âge de 80 ans. Pendant toute sa vie, il a été marqué au fer rouge par le décès d’un père enrôlé de force qu’il n’a pas connu. Succédant à Bernard Ernewein à la direction de l’OPNAM, il n’a jamais ménagé ses efforts pour défendre la Mémoire des incorporés de force et les droits de leurs orphelins. En septembre 2017, il regrettait qu’un universitaire réduise « les revendications des orphelins aux indemnisations, ceci nous blesse au fond du cœur. Notre combat serait donc alimentaire ? », ajoutant : « Les orphelins des Malgré-Nous n’ont jamais été indemnisés, ni par l’Allemagne, ni par la France (sauf à considérer la pitance distribuée aux pupilles de la Nation) ». Lors de son discours du 26 août 2018 au Mémorial d’Obernai, il déplorait un flagrant « déni de la réalité » : « Depuis 1945 nous attendions vainement l’acte de contrition, d’un chancelier allemand… or ils se sont rendus à Oradour, mais jamais ils n’ont confessé leurs crimes chez nous… ». En dépit d’incessantes démarches, rien ne bougeait vraiment. Dans un Manifeste daté du 14 juillet 2023, il dénonçait encore et toujours cette non-reconnaissance : « L’Allemagne, à ce jour, n’a jamais reconnu le « crime contre l’humanité de l’incorporation de force ».L’Allemagne ne reconnait pas ses crimes, de ce fait, elle estime que c’est à la France de s’occuper des orphelins de guerre… français. C’est d’un cynisme à toute épreuve ! ». Si la maladie a triomphé de sa personne, le combat des Orphelins pour la reconnaissance des souffrances endurées se poursuit.
Nicolas Mengus
NB : les documents cités ici sont consultables sur notre site.
Article paru dans « L’Alsace » du 7.11.2025 transmis par Raymond Cronenberger