DES BORDS DU RHIN AUX RIVES DU CHER

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Bulletin_VIERZON.jpg Des Malgré-eux aux Malgré-nous. Ces malgré-eux sont les 750 000 Alsa­ciens-Mosel­lans évacués de la Moselle et de l’Al­sace à partir du 3 septembre 1939, date offi­cielle. Mais, pour certains d’entre eux, cette date est comprise entre le 26 août et le 3 septembre 1939. Tous ces évacués vont deve­nir pour la majo­rité des réfu­giés, à partir du 3 septembre 1939. Certains vont retour­ner en Alsace ou en Moselle à partir du mois d’août 1940 et vont inté­grer, contraints et forcés, le système natio­nal-socia­liste, suite à la confé­rence de Winitza.

À partir du 25 août 1942 pour l’Al­sace et du 29 août pour la Moselle, l’in­cor­po­ra­tion de force dans l’ar­mée alle­mande se met en place. Des réfu­giés ayant séjourné à Vier­zon ou dans ses envi­rons seront concer­nés par les mesures prises dans les régions annexées.

Cette page de l’his­toire volon­tai­re­ment bien souvent oubliée, fait partie inté­grante du passé histo­rique de Vier­zon et de l’Al­sace et de la Moselle. Malheu­reu­se­ment, comme dans beau­coup de villes de France au moment de la Libé­ra­tion, les nouveaux respon­sables ont parti­ci­pés à une certaine forme d’épu­ra­tion au travers des docu­ments admi­nis­tra­tifs et privés: du 26 août 1939 au du 20 juin 1941, les archives sont épurées de bien des éléments. Grâce à l’ou­ver­ture des archives offi­cielles alle­mandes et françaises et dans certains cas privées (corres­pon­dance d’un mili­taire Alle­mand en poste à Vier­zon de 1940 à 1943; cahier très person­nel d’un commis­saire de police en poste à Vier­zon durant cette époque; corres­pon­dance entre une personne tenant un débit de bois­sons le long du canal à Vier­zon – établis­se­ment très fréquenté par les troupes d’oc­cu­pa­tion et autres, etc.), j’ai pu accé­der a certaines infor­ma­tions. Il ne s’agit pas, à travers cette publi­ca­tion, de porter un juge­ment sur quelque personne que ce soit, mais simple­ment de présen­ter des faits et des témoi­gnages sur l’époque afin de ne pas oublier ces Alsa­ciens et ces Mosel­lans, aussi Français que les Français « de l’in­té­rieur ». L’ac­tion de la Résis­tance et la Libé­ra­tion de Vier­zon ne sont pas évoquées. Ce sont là des sujets dignes d’in­té­rêt et qui méritent d’être trai­tés à part.

Un proverbe alsa­cien dit ceci:

« Erscht wenn de baum g’fàlle esch, siejt m’r wir gross er esch« .

« Ce n’est que lorsque l’arbre est tombé qu’on se rend compte de sa grande taille ».

Cela rappelle que le drame des Alsa­ciens et des Mosel­lans est bien plus grand que les écrits et les dires de certains. Bien des années après, certaines véri­tés sortent de l’ou­bli. Il aura fallu attendre 67 ans pour que l’on puisse soule­ver une partie du voile.

* Pour plus de docu­ments et d’in­for­ma­tions: www.tampow3945.com

Pour ces Alsa­ciens et ces Mosel­lans qui, au gré de l’his­toire et des faveurs
poli­ti­ciennes, ont vécu sous deux natio­na­li­tés, sans oublier leurs racines alsa­ciennes ou mosel­lanes, les années liées à cette dernière guerre sont l’abou­tis­se­ment d’un long proces­sus malheu­reux qui a aura, au moins, permis de bâtir une certaine Europe.

À Vier­zon, où certains sont passés, il ne reste que des images, de vagues souve­nirs. Certains, à leur retour dès 1940 en Alsace ou en Moselle, furent contraints et forcés de servir sous l’uni­forme vert de gris : « des plaines de Russie pour les uns, les sables brûlants des déserts pour d’autres, ou encore l’écume des océans, ou le ciel des rêves à parta­ger », ils furent 130000 dont 40000 ne revinrent pas.

Si certains sont rentrés de ces voyages faits de haine et de sang, d’autres sont restés couchés sans revoir les vallons de Walders­bach ou les bords du Rhin, les coteaux de Moselle. Ils n’ont plus non plus entendu le son des cloches de leur village, ni le chant du ramo­neur. Le rire d’un enfant, le regard d’un père, d’une mère ont quitté leur mémoire.

Et il y a les autres, les bannis par les mots, par les regards, ceux ou celles qui, par le sens du travail, celui de traduire par les mots ou l’écri­ture les contraintes de l’oc­cu­pant, ont servi celui-ci pour mieux servir une certaine France au risque de tout perdre.

Il ne faut pas oublier ces Alsa­ciens et Mosel­lans réfu­giés à Oradour, à Tulle ou autres lieux, qui ont partagé avec d’autres la douleur et les larmes et qui reposent à jamais loin de chez eux.

Il y a aussi ceux qui, par leur diffé­rence de reli­gion, de culture, ont fait partie de cette histoire.

Sans oublier ceux qui, sans uniforme, ont regardé au-delà des promesses
pour qu’une image de l’Al­sace ou de la Moselle ne soit pas absente de la Victoire.

Dans certaines villes on a gardé des liens ; dans d’autres on a préféré les oublier.

Chacun y trouve son compte.

Il reste que, dans le sens de l’his­toire, à leur façon, ils ont écrit eux aussi une page qui ne peut s’ou­blier.

Charles Bohnert

* Des bords du Rhin au rives du Cher, Bulle­tin du Cercle Histo­rique du Pays de Vier­zon n°65, mars 2012, est vendu au prix de 11 euros, frais de port compris. Les personnes inté­res­sées peuvent contac­ter Charles Bohnert au 02 48 71 48 32 ou au 06 83 65 18 11.

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 14 boule­vard de la Liberté

 Rési­dence Lavoi­sier – Appar­te­ment 226

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