UN POLICIER AUXILIAIRE DISPARAÎT
Témoignage émouvant d’une fille de Malgré-Nous dont le père a disparu en 1943, sous l’uniforme allemand, dans le sud de l’Autriche.
Témoignage émouvant d’une fille de Malgré-Nous dont le père a disparu en 1943, sous l’uniforme allemand, dans le sud de l’Autriche.
Après avoir effectué son RAD, Jean Thuet est enrôlé de force dans la Wehrmacht et envoyé sur le front Est. Il déserte le 3 octobre 1943 au petit matin. Fait prisonnier par les Russes, cela lui a valu d’avoir une très longue expérience visuelle de l’évolution du camp de Tambow.
Né en 1919 à Ernolsheim-lès-Saverne, Ernest Strintz sert dans la Marine française à Beyrouth (Liban) de 1938 et 1941. Sans nouvelles des siens depuis trois ans, il décide de rentrer en Alsace annexée. Il est incorporé dans la Kriegsmarine en 1943 et sert, au Danemark, sur le ravitailleur « Carl Peters », puis sur le « Buea ». Blessé lors d’une manœuvre, il se retrouve hospitalisé à Berchtesgaden. Il se signale aux Américains qui le conduisent à Munich, chez les Français. Son frère, Robert, né en 1921, a été envoyé sur le front russe et a survécu au camp de Tambow.

J. Steck (à gauche) et C. Wurmser En uniformes de la Wehrmacht (début 1943) Photo DR
Déserteur de l’Armée allemande sur le front russe, Joseph Steck est capturé par les Russes, puis envoyé au camp de Tambow. Libéré parmi les « 1500 », il fait un long voyage jusqu’Alger, avant de finalement revenir en France.
Témoignage recueilli par François Fenninger
Incorporé de force dans l’Armée allemande en mai 1943, Marcel Spindler déserte rapidement et rejoint le Maquis vosgien. Capturé par la Gestapo, il est torturé. Il s’évade juste avant d’être déporté en Allemagne et s’engage dans les forces alliées en France.
Résumé d’un texte établi par Jean-Paul Didierjean.
Enrôlé de force dans les Waffen SS, Elimar Schneider est versé dans la division “Das Reich”. Son parcours va le mener de la région de Bordeaux et de Montauban à Tulle – où il sauve deux otages de la pendaison – à Laval et à Dangy. À partir du front de Normandie, la retraite des troupes allemandes va lui faire vivre le Kessel de Cambrai, la retraite de Belgique, puis, après avoir stationné sur la Ligne Siegfried, l’offensive de Rundstedt avant d’être fait prisonnier.
Le général Etienne Leclere dédie sa légion d’honneur à Elimar Schneider et à tous les incorporés de force. Ce dernier explique : « Monsieur le Général Etienne Leclere m’a rendu visite à plusieurs reprises, intrigué par le ou les rapports sur mon compte par l’un ou certains de mes officiers lors de ma période militaire comme réserviste après la guerre. En effet , j’avais fait part à certains officiers français de mon expérience acquise aux fronts de guerre que j’ai vécus, leur précisant les astuces d’un soldat pour survivre et sauver l’armement au front. Par ailleurs j’ai précisé que tout soldat, y compris les officiers passent des moments de peur, mais qu’un officier ne doit pas extérioriser sa peur, car la peur déteint sur son entourage, ce que je n’ai pas manqué de constater en son temps.
Ie.: De nouvelles études faites récemment par les Allemands ont révélé que l’être humain qui a peur émet des phéromones qui sont perçues par son entourage. Mes remarques auraient permis à de nombreux soldats de survivre tant en Indochine qu’en Afrique du Nord.
Le général Leclere m’a donné raison lorsque j’ai prétendu que les survivants les plus intelligents ayant échappé à la mort au front sont décédés au fur et à mesure de leur degré d’intelligence après-guerre des suites du stress vécu, car ils percevaient le danger plus que les moins intelligents. Par contre, il ne fut pas d’accord lorsque je prétendis que les plus bêtes mourront les derniers puisqu’ils ne ressentaient du stress que rarement, ayant eu moins conscience du danger, ce qui leur permettait d’être de meilleurs soldats. On comprendra la réaction du Général puisque lui-même vétéran émérite et moi-même humble troufion, sommes encore en vie…. ».
Mobilisé dès 1942 dans l’Armée allemande, dont il déserte sur le front russe, Joseph Schitter est emprisonné à Tambow. Il sort du sinistre camp russe avec les « 1500 », rejoint l’Armée française en Algérie et participe à la Campagne d’Alsace de l’hiver 1945. Blessé, il est capturé par les Allemands et attend dans un camp d’outre-Rhin sa libération par les forces alliées, avant de rejoindre son unité quelques temps avant la Victoire.
Témoignage recueilli par René Schott en mars 2000. La version présentée ici a été légèrement remaniée par rapport au texte original.
Robert Scherer est de la classe 1926. Il est désigné « volontaire » dans les Waffen SS et versé dans la division Das Reich. De France, il est envoyé dans la région de Cracovie et intégré à la division Frundsberg qui, après le 6 juin 1944, est transférée sur le front de l’Ouest. Après avoir été hospitalisé, il se retrouve en Tchécoslovaquie, au camp de Kubley. Il s’échappe au cours de la retraite pour être capturé par des partisans.
« PLUTÔT MORT QUE ROUGE ! »
Louis Schaffner se souvient bien de la tentative d’enrôlement « volontaire » à laquelle lui et ses camarades ont échappé. Versé dans une compagnie d’artillerie de la Wehrmacht en octobre 1943, il est envoyé sur le front de l’Est en avril 1944. Blessé en septembre, il bénéficie d’une permission au cours de laquelle son unité est décimée à Budapest. Il se rend finalement aux Anglais.
Pierre Roesch est né à Wissembourg le 28 octobre 1926. Au début de la guerre, sa famille est évacuée en Haute-Vienne, avant de rentrer en Alsace. Fin 1943, il est mobilisé de force dans l’Armée de l’air allemande, en tant que Luftwaffenhelfer, puis rejoint le RAD. En permission à Strasbourg au moment de sa libération par Leclerc, il échappe à la Wehrmacht et s’engage – volontairement cette fois – dans les forces alliées. Il livre ici son témoignage et évoque avec émotion son frère, enrôlé de force dans la Wehrmacht et disparu sur le front russe…
Marcel Roesch, le frère disparu. Il faisait alors partie de la Begl. Kp. 20, Pz. Div. (FPN 48334). Fiche du DRK transmise par Claude Herold.