Les Journées de l’incorporation de force : le programme
Les différents événements auront lieu entre le samedi 7 et le samedi 14 octobre 2017, jour anniversaire du départ des premiers « Malgré-nous ».
Le samedi 7 octobre, toute la journée :
Tournage d’un film : Malgré-nous, les questions qui dérangent, mis en scène par Serge Schleiffer et réalisé par l’association Amifilm.
Synopsis : L’action se situe entre 1942 et 2017.
Trois jeunes incorporés de force viennent de toucher leur uniforme allemand.
Leur périple débute le matin, rue de l’arbre vert à Strasbourg ( proche place Gutenberg ).
Cette scène est une reconstitution et débute le film en 1942.
Place de la cathédrale deux autres Malgré-nous ( M.N. ) les attendent.
Ceux-ci sont au XXIe siècle, mais ne semblent pas le savoir. Ils distribuent des tracts et expliquent pourquoi ils ne veulent pas partir. Le public qu’ils apostrophent est composé de comédiens mais également de passants non avertis.
Puis arrivent leurs trois camarades et leurs familles. Tous se dirigent ensuite vers la gare en passant par la place Gutenberg, la rue des grandes arcades et la place Kleber.
Au cours de leur marche, ils entament le dialogue avec les passants et intègrent peu à peu l’année 2017, les discussions se font plus actuelles. Les problèmes abordés débordent le cadre de l’incorporation de force.
Un travail d’improvisation pour les comédiens, il s’agit de faire comprendre au public à quel point le passé reste un excellent point de départ pour toute analyse des divers problèmes politiques actuels. Qu’il n’y a aucune différence entre les jeunes d’aujourd’hui et ceux d’hier.
Enfin que si, depuis 75 ans, l’information n’a pu passer en direction des « Français de l’intérieur », il n’y a pu qu’avoir une raison politique à ce manque de communication.
Le public sera amené à jouer un très grand rôle dans ce film. Rejoignez-nous et affutez vos questions !

Du 9 au 13 octobre :
– Les associations de Malgré-nous interviendront dans les lycées partenaires. Des témoignages, des rencontres.
– Parallèlement les historiens et associations participeront à des « cafés d’histoires » ouverts à tous. Une promenade dans Strasbourg, selon les thèmes proposés.
Les thèmes abordés tourneront généralement autour de l’incorporation de force et de l’annexion de l’Alsace et de la Moselle. Là encore des rencontres avec les historiens et les témoins.
Les participants
Certains vétérans, selon leur disponibilité et leur état de santé, viendront à la rencontre du public pour raconter leur expérience.
D’autres témoins de leur temps, les descendants de Malgré-nous, ont tenu à faire part de la manière dont l’Incorporation de force a influé sur leur vie après la guerre. Soit parce qu’ils ont perdu un parent proche, soit parce que les hommes et les femmes qui en sont revenus s’en trouvaient marqués à vie.
Des témoignages qui permettront de mieux comprendre le poids de cet évènement historique particulier à nos départements, et ses conséquences depuis 75 ans.
Le samedi 14 octobre, toute la journée : A la cité de la Musique et de la Danse de Strasbourg. Ouverture et accueil du public à partir de 9 heures.

PROGRAMME DES DIFFERENTES SALLES
Dans les deux grands halls du rez-de-chaussée et du 1er étage ( capacité d’accueil environ 150 personnes ) :
Expositions : Les Associations de Malgré-nous exposeront des objets et des photos.
De jeunes artistes présenterons leurs créations.
Rencontres avec les exposants : Vous pourrez échanger avec les membres de diverses associations d’Incorporés de forces et autres associations du souvenir, mais également avec les artistes, ou les historiens qui dédicaceront leurs ouvrages.
Buffet : ouvert toute la journée.
Pour vous accueillir dans les stands
Les associations seront représentées par leurs présidents respectifs et certains membres.
Intervenants invités : Mme Arlette Hasselbach Présidente de l’AFMD 68 ( Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation du Haut-Rhin )
Mr. Claude Jochen président de La Fédération des Pupilles de la Nation et des Orphelins de Guerre
Mr. Gérard Michel, président de l’association des enfants de Malgré-nous du Bas-Rhin.
Mr Hubert France, président de l’association FNDIRP ( Fédération Nationale Des Internés Résistants Patriotes )
Mr. René Gall président de l’ADEIF du Bas-Rhin ( Association des déserteurs, évadés et incorporés de force )
Le colonel Norbert Zorn président de l’association Pro Patria
Tous s’efforceront de répondre aux questions des plus jeunes.
Et quelques initiatives :
Mr Georges Federmann pour son livre : Que reste-t-il de nos souffrances ?
Psychanalyste expert pour le Centre de Réforme de Strasbourg, dépendant du ministère des Anciens Combattants et Victimes de guerre. Mr. Federmann nous fera part de son expérience auprès des vétérans Malgré-nous. « Mon travail est destiné à aider à faire sortir les Incorporés de Force d’une vision essentialiste qui fait d’eux uniquement des victimes du système totalitaire nazi et nous des témoins d’une souffrance incomprise par la France .Il s’agit de rappeler qu’il ont eu, chacun, un destin collectif : des idées, des positions politiques ( plutôt conservatrices) , des remords, des cauchemars, une vie généralement sans transmission, une subjectivité…mais qu’ils ne sont jamais véritablement « revenus de Tambow » et que la France n’a pas su ni voulu leur offrir l’hospitalité du droit , de la justice et de la reconnaissance. »
Mme Véronique Frumholz, enseignante, qui a travaillé avec ses élèves sur le sujet des Malgré-nous et monté avec eux une mini-entreprise intitulée : Pass’tem Clic, sur le thème de la transmission de la Mémoire, nous propose :- Une présentation du travail des élèves tout au long de leur mini-entreprise – La diffusion du film au public- La vente de tee-shirt et clé USB pour financer d’autres projets.
Mme Arlette Hasselbach, présidente de l’AFMD 68 proposera un débat autour de la question de savoir : Comment transmettre aujourd’hui et pourquoi ? Avec quelques exemples des projets menés pour revaloriser le Mémorial du Tunnel d’URBES. Présentation d’une fresque + vidéos courtes…
M. Serge Schleiffer et les membres de l’association Amifilm répondront à toutes les questions relatives au tournage de Malgré-nous, les questions qui dérangent et présentera deux films de long métrage projetés au courant de la journée.

Dans la petite salle de projection, attenante ( capacité une soixantaine de place ) :
Projection « non stop », de 9h15 à 21 heures de films de fiction et de documentaires.
Programme :
Le matin : On remuait les lèvres mais on ne disait rien (52 mn) de Gabrielle Schaff
Synopsis Mes grands-parents, Fred et Thérèse, sont des « Malgré-Nous ». Lorrains, ils furent incorporés de force dans l’armée allemande durant la Seconde Guerre mondiale. En cas de résistance, ils risquaient la mort et la déportation de leurs familles. 130 000 alsaciens et mosellans furent concernés. Aujourd’hui, la jeune génération s’interroge sur cette histoire taboue et méconnue. Pourquoi ce long silence? En filmant ses grands-parents, mais aussi son père, la réalisatrice cherche à comprendre pourquoi certaines histoires restent difficiles à transmettre, même à sa propre famille…Un film qui lève peu à peu le voile sur les raisons d’un double silence, individuel et collectif.
Ni mémoire victimaire, ni souvenir héroïque, le sort des « malgré-nous » fut longtemps passé sous silence, un mutisme au-delà des générations et des époques, que ce film tout en pudeur analyse avec brio.
L’après-midi : « Après la guerre, l’ Alsace Moselle, c’est la France! » 2015 de Hubert Schilling et J M Favart ( réalisateur des Deux Mathilde )
Synopsis : La foule est en liesse lorsque Strasbourg est libérée en novembre 1944. Mais les lendemains vont ils chanter pour autant ? Car comment effacer cinq années d’annexion ? Comment reconstruire l’Alsace et la Moselle et taire la douleur de cette région meurtrie ?Pour raconter ce second retour à la France, après celui de 1918, il faut rappeler la trop brutale annexion nazie qui a tout dévasté sur son passage et le drame des incorporés de force dans la Wehrmacht, l’épuration ambiguë, le massacre d’Oradour-sur-Glane et le procès de Bordeaux, en 1953. Dès la libération, une politique de « dénazification » et de « dé-germanisation » est mise en place. Le dialecte, trop proche de l’allemand, l’ennemi héréditaire, est frappé d’indignité, et le français devient « chic », bouleversant le rapport des Alsaciens et des Mosellans à leur identité, à leur culture et à leur langue. Seul le cabaret satirique et la construction européenne réussissent peu à peu à aider les habitants à se réconcilier avec eux-mêmes. À travers le récit de grands témoins, dont le dessinateur Tomi Ungerer, et de nombreuses archives, rares ou inédites, l’histoire complexe et méconnue de cette région française se dévoile.
Le film sera présenté par son metteur en scène et son scénariste.
Michel Favart a réalisé de nombreux films, téléfilms et documentaires et obtenu les prix suivants : En 1974 prix Louis Kamans, pour Les petits enfants du Siècle (meilleure fiction des pays francophones )En 1982 : Le trophée 813, au festival policier de Reims, pour La tribu des vieux enfants ( prix du meilleur policier diffusé à la télévision )En 1985 : Le trophée 813 pour La maison piège.En 1986 : Grand prix des rencontres européennes de télévision de Reims. Pour La Nuit du Coucou ( Prix du public, prix du meilleur acteur pour Florent Pagny et prix de la meilleure actrice pour Marie Rivière. En 1993 : Grand prix du meilleur film policier de télévision, au festival de Cognac pour Pris au piège. En 1995 : Prix de la fondation pour l’enfance, pour Dance avec la vie. En 1996 : Sept d’or du meilleur scénario pour Les Alsaciens ou les Deux Mathilde, et en1997, Clio du meilleur film historique. Hubert Schilling est journaliste, ( Canard Enchaîné , 50 millions de consommateurs , grand reporter pour Le Courrier Picard ) et auteur de nombreux documentaires comme : »Le baiser de la France – L’Alsace après 1918 ( Réalisateur : Michel FavartCoproduction F3-seppia » mai 68 en Alsace » ( Coproduction F3 – ere production ) Il a également longuement travaillé pour la télévision, notamment à France 3 où de 2004 à 2007 il a été secrétaire général du Circom, télévisions publiques européennes (france-télévisions, BBC, RTBF, TVE, RTP…) Responsable de l’antenne et des programmes sur FR3 Alsace entre 1990 et 1998 il lance cette année là la 1ere chaîne numérique publique, « Régions ».
Et également : Deux films de long métrage produits et réalisés par nos amis d’Amifilm, ayant pour sujet la résistance alsacienne : « La Chambre Douze » et » Triste Secret ».
Ces deux films, dont l’un sera projeté le matin et le second l’après-midi, seront présentés par leur réalisateur M. Serge Schleiffer et certains membres de son équipe de bénévoles.
Dans le grand auditorium ( capacité d’accueil 500 places )
Quatre conférences suivies de débats.
A 9h30 conférence de M. Geoffrey Koenig
Sujet : « Malgré-Nous, civils alsaciens et 19e Armée allemande dans le chaos de la poche de Colmar (novembre 1944 – février 1945 ) »
L’évocation du destin spécifique des Malgré-Nous et des civils, lié au retrait de la 19e Armée allemande en Alsace, ainsi que d’autres faits méconnu, comme le Volkssturm alsacien ou les Schanzarbeiter.
Geoffrey KOENIG, bénévole et guide au Musée Mémorial des Combats de la poche de Colmar, prépare actuellement un Master de recherche en sciences historiques, spécialisé sur l’armée allemande et la libération de l’Alsace (sous la direction de M. Claude Muller et Mme Catherine Maurer).
– Il écrit également une histoire sociale de l’armée allemande dans la poche de Colmar.
11h30 conférence de Mme Marlène Anstett
Sujet : L’enrôlement de force des Malgré-elles
Peu après octobre 1942, 15 000 jeunes Alsaciennes et Mosellanes furent enrôlées dans le KHD (Kriegshilfdienst) ou service d’aide à l’effort de guerre : défense antiaérienne, Luftwaffe, marine, armée de terre, usines d’armement et chimiques. On les envoya dans les usines pour travailler sur des machines-outils à des cadences infernales, ou encore manipuler des cocktails toxiques, jusqu’à 10 ou 12 heures par jour. Beaucoup d’entre elles essayaient de saboter le travail.
Environ 4.000 Alsaciennes et Mosellanes se sont retrouvées dans la Luftwaffe en tant que Flakhelferinnen (défense aérienne), opératrices de liaison au sol, ou chargées de préparer des bases d’atterrissages nocturnes. Vers 1945, on constitua même un bataillon de femmes pour pallier au manque de troupes.
On a noté de nombreuses désertions, mais celles qui se sont fait arrêter ont connu des destins tragiques.
« La plupart de ces femmes n’avaient jamais parlé des mois passés au Service du travail féminin du IIIe Reich. Elles en avaient honte. D’autres se sont mises en retrait après la guerre. Leur sort leur semblait moins grave que celui des hommes prisonniers à Tambov »
Mme Marlène Anstett, docteur en histoire contemporaine, est l’auteur du livre « Gommées de l’Histoire – Des françaises incorporées de force dans le Service du Travail féminin du IIIe Reich », Éditions du Signe (paru le 15 décembre 2015) Elle donne de nombreuses conférences sur le sujet et fait référence en la matière.
A 14 heures conférence de Mr. Pierre Accoce
Sujet de la conférence : Rudolf Roessler, humaniste allemand protestant et résistant, fondateur du réseau Viking ( Lucy pour les Anglo-saxons) l’homme qui, de 1938 à 1945, permit aux alliés de tout connaître des décisions les plus secrètes d’Hitler.
Ce héros allemand « oublié », comme tant d’autres également évoqués par M. Accoce, a fourni le plan d’attaque allemand, dit « Manstein » au haut commandement allié plus d’un mois et demi avant l’attaque du 10 mai 1940. Le 30 avril, il en donnait également la date. Renseignement là encore confirmé par de nombreuses sources de « première importance », donc hautement crédible.
Or, l’état major allié semble ne jamais en avoir tenu compte. Les questions que nous nous poserons seront donc : Pourquoi ? Et pourquoi a-ton prétendu ne rien savoir, enfin pourquoi les historiens se sont-ils jusqu’à nos jours efforcés d’effacer de l’Histoire ce « détail » gênant ?
Pierre Accoce est écrivain, journaliste et historien. A vingt ans il est engagé au journal Le Soir dirigé par Louis Aragon, puis à Constellation un mensuel français que dirige le physicien André Labarthe, un des créateurs de l’émission radiophonique de la Résistance : « Les Français parlent aux Français ».
Puis en 1963, Armand Jammot, créateur des Dossiers de l’Écran, et directeur de l’hebdomadaire Noir-Et-Blanc lui demande de couvrir l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy. En 1966 il entre à L’Express dirigé par Jean-Louis Servan Schreiber et devient rédacteur en chef du magazine La Médecine de A à Z.
Enfin Jean François Revel et Olivier Todd le nomment responsable du service Sciences. Il le restera vingt-cinq ans et pendant toute cette période publiera de nombreux livres.
Prix Littré pour les trois tomes de son ouvrage : Ces malades qui nous gouvernent.
Prix de la Résistance pour : Les Français à Londres.
Prix Raymond Poincaré pour : Médecins à Diên Biên Phu.

A 16 heures conférence débat entre historiens, artistes, politiques, élus et représentants des lycées et grandes écoles
Sujet de la conférence : Les rôles respectifs de chacun de ces « grands communicants » dans la construction des sociétés de demain.
Sachant que l’avenir du monde est aujourd’hui entre les mains des plus jeunes générations, dans quelle mesure leurs aînés pourront-ils les instruire sur les grands enjeux de demain ?
L’objet de notre association étant de rendre aux jeunes générations une histoire de leur pays – donc de l’Europe et du monde dans lequel ils évolueront demain – débarrassée de son côté obscure, des luttes partisanes et des conflits d’intérêts qui en ont, si longtemps, perverti le sens, il convient que les jeunes entendent les engagements de leurs aînés en ce sens.
Nous demanderons donc d’une part aux représentants des grandes institutions françaises, mais également aux hommes politiques et aux diplomates, de nous dire en quoi cette idée d’une plus grande intégration des leçons du passé devra servir demain à orienter les Peuples sur une voie meilleure.
Et d’autre part, puisque chacun sait que les bonnes intentions ne suffisent pas, qu’à l’ère de la communication aucune idée, aussi bonne soit-elle, ne peut se passer de médias.
Nous nous tournerons également vers les enseignants qui transmettent les outils de la connaissance, donc de l’ouverture au monde, et vers les artistes qui accompagnent les jeunes au quotidien dans la dimension du rêve, donc de l’espoir.
A leur côté sur scène, mais également dans l’amphithéâtre, des lycéens, des étudiants, des parents, des anciens, et sans doute beaucoup d’écoute et de questions…
Les intervenants : ( à noter : Pour les invités qui ont accepté, ou accepteront encore de participer, les noms des représentants seront connus dans la semaine du 2 octobre. )
Du côté des « officiels » ont été invités:
- représentant du Consul général de la fédération de Russie
M. Consul de la république d’Allemagne
M. représentant M. Macron président de la République et Mme Parly Ministre de la Défense nationale
M. représentant le Président de la région Grand Est
M. représentant Mr. Riess, maire de Strasbourgégalement attendu : Un représentant du Parlement européen.Coté écoles et artistes :
M. représentant les classes du Conservatoire de Strasbourg
M. représentant les classes du Théâtre national de Strasbourg
M. représentant les classes de la haute école des Arts du Rhin
M. représentant les classes du Gymnase Jean Sturm
M. représentant les classes du Lycée Notre Dame
M. représentant les classes du Lycée Jean Monnet
M. représentant les classes du Lycée Fustel de Coulanges
M. représentant les classes de la Haute Ecole d’Administration ( ENA ) - producteur
M. réalisateur
M. comédien
M. Raymond Schlegel, musicien
M. plasticienDu côté des historiens
Mme Marlène Anstett
M. Geoffrey Koenig
M. Pierre Accoce
M.
Du côté des jeunes et du plus large public
Les élèves et professeurs des classes de Terminale du Gymnase Jean Sturm, ayant participé au tournage du film « Malgré-nous, les questions qui dérangent »
Les élèves et professeurs des classes de terminale du Lycée Jean Monet et Notre dame, qui ont reçu dans leur classe des représentants des associations de gardiens de la Mémoire
Des représentants d’associations culturelles comme M. Serge Schleiffer pour Amifilm, et M. Troestler représentant les associations de M.N. et de gardiens de la Mémoire, mais également des représentants de commerçants et d’industriels :
M. représentant des restaurateurs de Strasbourg
M. représentant la Chambre de Commerce
A 19 heures cocktail de clôture
21 heures fin de la 1ère édition des Journées de l’Incorporation
EX-VOTO A SON ANGE GARDIEN – Le témoignage de René Jund
Le cri du cœur d’un incorporé de force, qui a eu la chance de retrouver son foyer. Pouvait-il se douter que 75 années plus tard . . . quelques charognards repus rongeraient les dépouilles blanchies de ses camarades.
UNE PERIODE SANS AUCUNE BLESSURE, SANS L’OMBRE D’UN RHUME, PARMI SES CAMARADES MORTS EN NORMANDIE.
RECIT D’UN JEUNE HOMME ALSACIEN,
ENROLE DE FORCE DANS LES WAFFEN SS EN FEVRIER 1944.
JUND René est né le 07 août 1926 à STRASBOURG-NEUDORF
Enrôlé de Force dans l’armée allemande le 08 février 1944 il avait alors 17 ans
Libéré fin juillet 1945
Son parcours débute en 1932 à l’école primaire de l’éducation nationale française, il en garde une écriture soignée et une orthographe rigoureuse, un pur produit de l’école de la république que la France avait réintroduit en Alsace Lorraine après la victoire de 1918. Comme tous les enfants des quartiers populaires le chemin de l’usine n’allait pas tarder et le voici devant la grande porte de la fabrique. Comme tant d’autres jeunes garçons des environs, il sera apprenti électromécanicien à 15 ans dans les ateliers de Graffenstaden, deux ans plus tard il remporte son CAP avec succès, le voilà armé pour la vie avec un solide bagage dans la poche.
Malheureusement depuis juillet 1940 les Allemands sont réapparus de ce côté du Rhin avec une nouvelle arrogance et le sentiment de supériorité qui les caractérise depuis la honteuse capitulation de l’armée la plus puissante d’Europe. L’administration française avait disparue, mais l’administration nazie veillait au grain. L’annexion « Illégale » de l’Alsace et de la Moselle allait bouleverser une existence paisible, finie la jeunesse insouciante. Depuis 1918 ils avaient retrouvé leur nationalité française, ils étaient à nouveau des habitants de l’hexagone et fiers de l’être. Fini les parties de pêche le long de l’Ill qui baigne de ses méandres poissonneuses le grand faubourg industrieux du Sud de Strasbourg. Illkirch-Graffenstaden et sa « Faverick », les plus belles locomotives à vapeur sortaient de ses usines, on y trouvait un travail bien rémunéré et des métiers nouveaux.
Le grand tourbillon de la guerre venait de s’amorcer et son mouvement circulaire l’entraînerait malgré lui au fond de l’abîme. Mais pour lui et ses amis ils seraient du mauvais côté du front, dans les batailles les plus redoutables pour un monde libre. Il avait à peine dix-sept ans et déjà le passage obligatoire dans le RAD le conduisit pendant trois mois dans la Ruhr. A peine sortis de l’enfance on leur inculquait l’ordre et la discipline, on les endurcissait au froid dans des baraques sans chauffage avec pour toute protection une simple couverture de laine. Ils étaient à présent les jouets du Führer et de son abominable « calife » Himmler, qui voulait en faire de parfaits petits soldats, ou de la chair à canon, comme les « Janissaires » du monde Ottoman. Le gauleiter Wagner appliquait les directives avec le zèle appuyé des compagnons de la première heure du Führer. Wagner était un des nombreux nazis fanatiques depuis la création du parti, il avait participé au putsch de 1923 à Munich.
A la suite du RAD avec son endoctrinement et ses exercices d’ordre serré la bêche sur l’épaule, une courte permission lui permit de revoir ses parents à Illkirch. L’ordre de mobilisation dans l’armée allemande ne se fit pas prier et c’est avec trois de ses amis du faubourg qu’ils se dirigèrent vers la caserne Mannstein, direction Oberhausbergen où les attendaient les convois. Des hommes en armes jalonnent le chemin au cas où l’un ou l’autre se raviserait à fausser compagnie au Führer. Plusieurs centaines de jeunes Alsaciens nés en 1926 furent entassés, début 1944 dans les trains des « déportés militaires », au mépris des plus élémentaires règles humanitaires signées en 1919 entre les nations, à la fin du 1er conflit mondial.
L’ambiance est lourde ils ne savent pas où ils vont être envoyés, certaines rumeurs circulent dans les wagons, on évoque la destination de Stettin ou Königsberg en Prusse Orientale. En réalité ils ont compris, qu’il faut suivre les ordres hurlés par quelques sous/officiers fanatiques aux uniformes impeccables, ne pas se soumettre équivaudrait à une rééducation au camp de Schirmeck-Vorbruck, ou pire la déportation de toute la famille en Silésie, avec la spoliation de tous leurs biens en prime. Qui pouvait imposer une telle barbarie à sa maman à sa petite sœur ou sa grand’ mère . . . Comme tant d’autres il s’est sacrifié pour préserver d’instinct, sa famille, d’autres l’ont fait pour protéger leur femme et leurs enfants. « Je n’avais jamais quitté Illkirch à part le RAD en Allemagne, c’était la première fois que je voyais l’autre côté des Vosges ». Le train s’ébranle ils ne savent pas où ils vont, certains évoquent la Pologne d’autres Berlin. A la lecture des panneaux situés dans les gares ils comprennent qu’ils se dirigent vers le centre de la France. Le voyage s’éternise et c’est au bout de trois jours qu’ils arrivent près de Bordeaux, au camp de Souge.
Quelle ne fut leur surprise, ils sont incorporés au milieu d’anciens de la SS, dans la redoutable Division Das Reich. Déportés dans la SS . . . d’ordinaire il fallait être volontaire pour figurer dans cette formation de fanatiques nazis, eux n’avaient rien demandé et qui plus est ils étaient encore des civils Français, protégés par les accords de La Haye. Encasernés dans un gigantesque camp, au milieu des hommes à la réputation sulfureuse, or René constate que ces derniers étaient des hommes ordinaires avec leur qualités et leurs défauts, souvent sans initiatives ils attendaient « les ordres », la guerre en avait-elle fait des robots ? Le comble de l’ironie était que les anciens Waffen SS du régiment, tous des volontaires, ne voulaient pas croire que les jeunes recrues venues d’Alsace, n’étaient pas des engagés volontaires . . .
Au camp de Souge, on leur avait enfin (après quinze jours) attribué des habits militaires, plus d’un des appelés était venu avec son seul costume, celui de communiant ou de confirmant, avec les manches et les pantalons trop courts, les boutons de la veste boudinant le torse. Des garçons ordinaires, des garçons du peuple qui ne s’étaient même pas posés la question de la légalité de leur incorporation.
Après tout ils étaient jeunes et le dépaysement était fort bien réussi, contrairement aux conditions inhumaines dans le froid, de ceux qui avaient été appelés sur le front de l’Est. René prend quelques initiatives dans la section concernant le ravitaillement en victuailles et le voilà promu responsable de la chambrée. Entre temps, ils avaient rejoint, avec leur unité, une grande caserne à Montauban. Au camp de Souge leur apprentissage du dur métier de soldat se fit par une grande opération de salubrité, en nettoyant les armes revenus du front Russe, les matériels de guerre, gisaient en vrac dans les camions souillés de boue et de sang. . . Leur unité le régiment der Führer à laquelle ils appartiendraient à présent avait été durement touchée au cours des combats à l’Est. Décimée au deux tiers de ses effectifs en hommes et en matériels, les combattants étaient à présent au repos dans la douce et insouciante France qui s’était réfugiée dans les bras du Maréchal. Ils avaient emménagé entretemps dans l’école du village de Pujols sur Ciron, les lits superposés remplaçaient les bancs des salles de classe, sombres présages.
Ainsi se passent les mois durant lesquels ils apprennent le métier, le « Drill » avec l’Unterscharfuhrer (sergent) Jochum qui est particulièrement sévère, René apprend à obéir mais aussi à se rebeller ce qui ne doit pas déplaire à son sergent, ce dernier lui offre à boire un soir dans leur « foyer », René refuse de trinquer avec son tortionnaire, (einen Schweinehund . . .) mais le sergent lui fait comprendre (le travail c’est le travail . . . mais le schnaps c’est le schnaps !). Ainsi se déroulent les mois d’instruction, René n’a qu’une obsession, il lui faut fuir de cet univers d’autant plus que les nouvelles sont très mauvaises. Son grand frère Alfred est tombé sous la mitraille le 9 avril 1944, sur le front de l’Est en pays Russe. Comme c’était la règle il avait sollicité une permission, mais elle fut finalement annulée pour cause de montée au front suite au débarquement du 6 juin en Normandie. A la fois ravi et déçu par cette terrible nouvelle, il ne pourra pas consoler ses parents dans ses bras.
Malgré les condamnations à mort pour tentatives de désertion, l’idée de fuir cet univers avec son encadrement fanatique devient récurrente. Les occasions ne manquent pas, plus d’une fois il eût pu se soustraire à la surveillance de ses supérieurs, mais qu’arriverait-il à sa famille ? Les nouvelles les plus alarmantes se répandaient entre Alsaciens « La Sippenhaft », menace suprême à l’encontre des familles et du cercle proche, paralysait toutes les tentatives d’évasion. Le journal local les Neuensten-Nachrichten de Strasbourg, signalait et publiait les désertions, les peines de mort et les mesures de rétorsion appliquées à la famille. Qu’arriverai-il à sa maman à son père et à ses grand parents s’il décidait de se cacher dans le maquis ? On spoliait même les biens jusqu’à l’outil de travail de la famille du déserteur, la terrible sanction pendait au-dessus de sa tête comme l’épée de Damoclès. Ainsi du mois de février au mois de juin tout se passa dans un calme relatif, ils étaient bien nourris, seuls les cris des supérieurs et les entrainements soutenus leur rappelaient leur condition de militaires. Leur internement était loin d’être carcéral, ils disposaient de permissions de sortie et pouvaient se promener librement certains soirs dans la bourgade. Maintes fois il eût pu déserter mais à chaque occasion il se souvenait de la menace qui pesait sur la famille restée en Alsace. Les personnes exilées en Silésie ou a Schirmeck étaient citées dans les journaux locaux et rares furent ceux qui allaient tenter l’aventure, au risque de faire payer durement aux siens, les envies de fuir l’armée du Führer.
Vint le 06 juin 1944 avec le débarquement des alliés, ce fut un bouleversement total, l’ordre de rejoindre la Normandie leur fut donné le 8 juin à Montauban. Avec la onzième compagnie forte de 120 hommes dont environ 40 Alsaciens qui eux n’avaient jamais connu la guerre, juchés sur leur SPW (Schützen Panzer Wagen) les semi chenillés équipés quelques fois de canons anti chars ou anti aériens. Quatre sections de 30 hommes avec chacune sa spécialisation, ils allaient remonter vers les troupes américaines et Anglaises, sans encombre et sans accrocs sérieux avec la résistance. Il se souvient parfaitement que leur chemin traversa le village de Saint-Junien, (de nombreuses familles alsaciennes y avaient été évacuées en 1939), une petite bourgade près d’Oradour sur Glane, qu’il ne connaissait pas encore . . .
Une seule fois le véhicule de tête s’était fait tirer dessus dans un village par des partisans, un soldat fut tué le commandant donna l’ordre au servant du canon anti-aérien de riposter. Le convoi ne s’arrêta pas et ils arrivèrent pour la plupart sains et saufs en Normandie. C’est dans ces conditions que René fit connaissance avec le pays Normand et la mer (qu’il verra quelques semaines plus tard, pour la première fois lors de sa salutaire traversée vers l’Angleterre) !
Leur cantonnement s’établit fin juin dans une école à Lessay, dès les 4 et 5 juillet ils firent connaissance avec le front, cela s’est passé à Vesly avec sa petite église construite sur un terrain légèrement en terrasses. Dès le 7 juillet les premiers morts furent évacués du champ de bataille vers le cantonnement, au moins quatre Alsaciens faisaient partie des malheureux officiellement tombés près de la Haye-du-Puits, dont René Sorgius, André Rohrbach, René Erb et Raymond Landenwetsch, ils avaient en réalité essayé de s’évader en agitant vainement un drapeau blanc . . . pétrifiés dans leurs trous, sur leurs lignes de défense à l’approche des Américains. Mais les premières lignes de choc n’avaient pas la réputation de faire des prisonniers, l’autre hypothèse de leur mort serait la sentence mortelle appliquée aux déserteurs par la Waffen SS elle-même. Sorgius était un jeune homme de Rosheim, grand et élégant sur la photo, il avait de beaux cheveux roux bouclés, c’étaient les premiers morts dans sa section. Le baptême du feu avait fauché parmi d’autres, ces quatre jeunes hommes d’à peine 18 ans, le bal des vampires avec sa fanfare tragique avait commencé.
L’Alsace était loin, l’insouciante jeunesse aussi, il était temps de se concentrer sur la survie et coûte que coûte d’appliquer les consignes qu’on leur avait apprises, creuser un trou individuel, quel que soit l’état de fatigue, porter le casque d’acier en toute circonstance et celles de s’abriter dans l’angle mort protecteur d’un talus ou d’un monticule quelconque. Toutes ces consignes lui avaient sauvé la vie, mais son ange gardien avait veillé sur lui et lui avait souvent évité le pire. Les trois premiers jours dans le secteur de Lessay-Périers-Coutances, furent un véritable massacre, l’église de Coutances partiellement détruite gisait à terre, les victimes étalées dans les gravats, des images d’apocalypse hantent quelque fois ses souvenirs. La chance encore la chance a voulu, que René soit affecté lors de ces terribles combats, à un char armé d’un canon long et heureusement inutilisable dans le secteur. René est resté en retrait posté sur la colline avec le reste de l’équipage, spectateur du carnage qui se déroulait en contre-bas. Les bombardements, les feux roulants d’artillerie et les mitraillages soutenus allaient durer jour et nuit, venant de la mer, de la terre et du ciel. Une atmosphère irréelle dans un vacarme continu de déflagrations. Le tout sous une petite pluie fine et permanente qui allait les engluer dans un bourbier de glaise et de sang. Dans sa rage de survivre il se souvient d’avoir utilisé la plaque de signalisation du village de Périers, pour couvrir son trou d’homme creusé à la hâte pour la Xieme fois. La moitié de leur effectif fut anéanti en trois jours, des 120 hommes qui avaient quitté la région de Montauban une dizaine de jours auparavant, il ne restait plus que 60 soldats. Parmi les premières victimes se trouvaient ses camarades d’Illkirch, René Erb et Raymond Landenwetsch, le troisième Lucien Kieffer a disparu quelques jours après. René Sorgius cité plus haut et André Rohrbach faisaient également partie du convoi mortuaire. Le camarade Lazarus de Truchtersheim eu moins de chance, mort d’un éclat d’obus ses camarades n’ont pas eu le temps ni l’occasion de l’enterrer dignement, sa dépouille est restée allongée pendant trois jours dans le SWP, l’outil principal de transport des Waffen SS. Cet engin qui était affecté uniquement aux troupes SS, faisait d’eux des privilégiés, il leur évitait de longues et épuisantes marches dans la boue et le crachin.
Une autre fois lors d’un réflexe spontané, alors qu’ils roulaient tranquillement vers l’arrière avec leur SPW, au milieu d’une prairie du bocage, bien en vue et pas de couvert à moins d’une minute, trois « jabos » Jagd-bombers, des avions américains avec leurs étoiles sous les ailes, se sont dirigés vers eux . . . assurément c’était la fin. Le chauffeur pris de panique ne savait plus quoi faire, alors René s’est emparé du fanion de la croix rouge qui traînait au fond du véhicule et debout sur le SPW dans un geste désespéré il a agité le minuscule bout de toile à l’effigie de la croix rouge . . . le souffle coupé et au bout d’un temps qui lui parut une éternité les trois avions ont repris de l’altitude comme par miracle . . . Une fois de plus René avait eu raison de croire que tous les hommes n’étaient pas foncièrement mauvais, il fallait avoir la rage de survivre, quelques-uns priaient en secret, lui avait la baraqua et il ne le savait pas encore. Comme ce jour où il aidait un brancardier à évacuer un camarade blessé, une équipe de GI postés bien en vue au bout d’un champ les observais, sa foi dans l’humanité lui a permis de continuer leur route vers le salut, les américains avaient aussi des principes. Une autre fois, avec un camarade ils ont eu l’occasion d’empêcher un viol, (le viol était puni de mort par les directives militaires allemandes). Une jeune fille près d’une ferme était partie traire les vaches, ils ont observé de loin le manège de deux soldats en uniforme de la Wehrmacht, deux volontaires Russes, qui l’avaient épiée et suivie. La malheureuse fut entraînée vers un petit bosquet, mais René et son camarade dans leur uniforme de SS firent grande impression sur les deux moujiks, la balle engagée dans le canon aussi. Le manège avait été observé par les gens de la ferme toute proche et la reconnaissance des parents de la toute jeune fille fut un rayon de soleil dans cette boucherie à ciel ouvert.
Les affrontements étaient dantesques, la puissance de feu des bâtiments de la marine américaine, conjuguée avec l’artillerie et les avions faisaient un barrage roulant de feu et de sang, les camarades étaient déchiquetés avant même qu’ils ne ferment les yeux, souvent le lendemain ils enterraient une bouillie immonde et difforme. Trois fois déjà ils avaient essayé de fuir vers les lignes ennemies, une fois vers minuit l’évasion échoua pour cause de corvée de ravitaillement en munitions. Avec ses amis alsaciens ils étaient convaincus qu’il valait mieux fuir en groupe pour s’entre aider en cas de pépin. Son affectation d’homme de liaison lui avait appris à se mettre à l’abri des tirs meurtriers, se déplacer constamment en crabe, ramper comme une taupe ne jamais se redresser, se méfier des snipers, de nombreux camarades ont laissé leur vie dans les chemins creux de Normandie. Plus tard il reviendra avec sa femme, dans ce bocage Normand pour essayer de comprendre où ils se trouvaient et où étaient les lignes amies et ennemies. Une petite église sur un petit promontoire, celle de Vésly, lui était restée dans la mémoire, de cette période ou jour et nuit un vacarme suivi d’explosions, de bruits de canons, d’avions et de bombardements, le tout servi avec les odeurs pestilentielles des cadavres humains et des vaches gonflées qui jonchaient les prairies et les chemins creux. Cette période terrible où il ne savait comment faire pour fuir cet enfer, retrouver le clocher de son village, ce clocher que si peu de ses camarades d’infortune ne reverraient jamais plus. Que faisait-ils dans cette horreur, eux qui n’avaient rien demandé, pris dans les mâchoires d’un conflit qui les dépassait, avec un uniforme sur le dos qui les désignait à une mort quasi certaine.
Vers fin juillet près de Mortain, René a décidé définitivement de tourner le dos aux allemands avec deux autres Alsaciens, Charles Daul de la Montagne Verte et Alfred Roser de Brumath. De la 11e compagnie et des 120 hommes qui la composaient, il ne restait plus qu’un groupe de 8 hommes sous les ordres du lieutenant Joseph Lang, il fut tué le 30 juillet 44. Se cachant comme des bêtes sauvages, tapis dans les fossés, l’officier qui dirigeait le groupe en leur faisant des signes avec ses bras, leur avait demandé de le suivre droit devant. C’est là qu’ils ont pris un chemin de traverse vers la droite, ils ne devaient plus jamais revoir le reste de leur groupe. Malheureusement à la fin de la colonne d’Alsaciens se trouvait un Allemand, ils n’ont eu d’autre choix que de l’entraîner dans leur fuite, or ce dernier ne s’aperçut de rien, il suivait. Plus loin alors qu’ils venaient de rencontrer un groupe de « Landser » de la Wehrmacht ils ont pu se débarrasser de leur encombrant camarade, au motif qu’ils devaient retrouver leurs armes cachées en bas de la colline.
René se souvient d’avoir quitté sa section ou ce qu’il en restait vers le 28 juillet, pour se retrouver le soir dans une ferme occupée par un couple de civils, des fuyards du bombardement de Saint-Lô. Deux jeunes agriculteurs d’environ trente ans, avec leurs jeunes enfants, deux fillettes de 8 à 10 ans, partis en toute hâte. Ils avaient trouvé deux vaches et quelques hardes et s’étaient réfugiés, harassés dans cette ferme abandonnée par leurs occupants.
La cachette leur fut offerte dans une grange recouverte de tôle ondulée, on les ravitailla avec du lait et du pain. Méfiant René ne leur avoua pas tout de suite qu’ils étaient des évadés, ce n’est que le lendemain qu’ils se confièrent aux malheureux civils qui avaient tout perdu, sauf leur vie. La première nuit ils avaient décidés de faire des tours de garde mais la fatigue les a terrassés et ils se sont réveillés dans la paille le lendemain matin le soleil était déjà bien levé, enfin libres. Une fois depuis leur cachette, ils ont pu observer un groupe de soldats allemands de passage auprès des civils apeurés, qui ne les ont pas dénoncés. Une autre fois alors qu’ils étaient cachés dans la paille un obus s’est abattu tout près d’eux. D’abord ce fut un bruit assourdissant, suivi d’une vague de cailloux sur leur toit de tôle ondulée, les ensevelissant sous la terre projetée par l’impact, personne dieu merci ne fut blessé lors de cet incident. Ils sont restés trois jours dans cette grange ravitaillés en nourriture par les civils normands, jusqu’à ce que les gentils agriculteurs leur aient annoncé que les américains avaient investi les lieux, c’est là qu’ils ont décidé de se montrer aux libérateurs avec leurs uniformes souillés et leur mines hagardes. Avant de se séparer de leurs bienfaiteurs ils cotisèrent une belle somme d’argent en leur donnant la solde désormais inutile, ils n’en auraient certainement plus besoin et les yeux des deux jeunes parents brillèrent de reconnaissance. Les Normands les escortèrent vers la troupe américaine, on les présenta à un officier qui se mit à les interroger sommairement et les fit conduire vers les arrières près de la mer. Incarcérés dans un petit champ à peine encerclé de barbelés, ils y rencontrèrent leurs amis, Raymond Scheeck de Matzenheim, avec Charles Daul et Alfred Roser, quelle joie de se retrouver sains et saufs avec les compagnons d’évasion. Ils s’étaient tous constitués prisonniers et furent envoyés à Colleville pour enterrer les morts dans le futur cimetière militaire des libérateurs. Depuis les impressionnantes montagnes de cadavres, les victimes étaient identifiées et inhumées individuellement sous deux mètres de terre, le tout sous bonne garde d’un soldat américain noir, qui vérifiait soigneusement avec un stick étalon que la profondeur réglementaire fut obtenue.
Après deux ou trois jours ils furent embarqués à l’aube dans un Liberty-Ship pour rejoindre l’Angleterre en débarquant à Southampton. Là ils furent accueillis par un officier anglais qui les interrogeât en allemand, leur histoire compliquée ne percuta pas dans l’esprit du gradé anglais. Il proposa à René de s’engager immédiatement dans l’armée du général de Gaulle pour la durée du conflit, mais celui-ci refusa de repartir dans l’enfer qu’il avait vécu en disant ces mots « vous ne pouvez-vous imaginer d’où je viens, je vous propose d’y aller pendant huit jours et on verra si vous aurez envie d’y retourner ». L’officier lui rétorqua « vous êtes un mauvais Français », ce fut le mot de trop et René explosa de fureur, il lui étala l’enfer qu’il avait subi en élevant la voix, la misère qu’il avait vécu dans une armée ennemie et l’injustice des propos imprudents tenus par un planqué de l’arrière. Cela ne l’empêcha pas quatre semaines plus tard de se porter volontaire à la création d’une compagnie de parachutistes et de s’engager pour la durée de la guerre dans les Forces Françaises Libres du Général de Gaulle.
Manifestement il avait été « trié » car rapidement il fut transféré dans un camp de prisonniers allemands peuplé à sa grande surprise d’officiers haut gradés, un « Sonder Camp ». C’était le jour anniversaire de ses dix-huit ans, mais comme il était arrivé après les heures de repas il fut privé de nourriture ce jour-là, ce sont des choses qui ne s’oublient pas. Il ne resta pas longtemps dans cette désagréable compagnie on le transféra rapidement dans une villa Londonienne. Fort heureusement les autorités anglaises étaient parfaitement informées de l’incorporation de force de la classe 1926 dans les Waffen SS. C’est là-bas qu’ils apprirent l’horrible massacre du village de Oradour sur Glane perpétré par une autre compagnie du régiment der Führer. Malgré l’insistance des enquêteurs René ne put donner le moindre renseignement sur une action qu’il ne connaissait pas, les informations étaient verrouillées et ne circulaient pas entre les différentes sections et compagnies. Quatre ou cinq officiers dont un français les interrogèrent pendant quatre jours matin et soir sur le massacre d’Oradour dont ils n’avaient pas entendu parler. A la suite des interrogatoires on les transféra dans un très grand hippodrome près de Londres. Ils y rencontrent Azael le gérant du magasin de sport place de la cathédrale à Strasbourg, personnage jovial et débonnaire qui maintenait une ambiance festive dans la grande tente militaire remplie d’Alsaciens et de Mosellans, ainsi que René Zehr le coiffeur de Geispolsheim. Seule la nourriture était à déplorer, on les transféra près d’Edimbourg toujours dans un camp de toiles militaires, où la visite impromptue d’une comtesse française leur fit livrer des biscuits et des rasoirs.
Quelques jours se passent et les voici transférés à Camberley près de Sandhurst où 200 à 300 prisonniers français s’engagent dans les FFL, (Forces Françaises Libres). Après quelques semaines d’instruction militaire française, ils furent affectés aux troupes d’occupation en Allemagne, mais une quinzaine dont René sont restés au camp de Camberley, leur mission sera de remettre en état une série de véhicules endommagés par la guerre. Ils y restèrent pendant un an jusqu’en juillet 1945, pour réembarquer dans un bateau qui les ferait retraverser le chenal et remettre les pieds sur le sol de France.
Puis ce fut le passage du Chanel qui commença par son embarquement raté à Douvres, encaserné avec la troupe anglaise pendant quelques jours et enfin la Manche le Pas de Calais et Paris. Il est rentré dans Paris le 15 juillet 1945 avec un uniforme Anglais applaudi par la foule, alors que quelques mois précédents il portait encore le dresse code des Waffen SS. On lui fit répéter cent fois la triste histoire des Incorporés de Force Alsaciens et Mosellans, son appartenance à la Waffen SS malgré lui, l’ordonnance du Gauleiter Wagner, illégale et immorale, un charabia incompréhensible pour les français de la victoire. Pour finir, le retour au foyer, ses parents auraient pu le croire mort d’après la lettre de son unité. Heureusement le hasard a voulu que sa propre lettre, postée depuis sa captivité à Londres via la Croix Rouge était arrivée avant celle des allemands.
Il avait mûri, parti adolescent, il revenait en homme, à une semaine de ses 19 ans. Seul rescapé parmi les quatre camarades d’Illkirch, partis ensemble le 8 février 1944, affectés tous les quatre à la même onzième compagnie du régiment der Führer.
Au milieu des hourras de la victoire, son histoire à lui ne convenait pas au politiquement correct, les principaux acteurs étaient tous morts et même pas enterrés. Il valait mieux se taire et observer, les résistants de la dernière heure, les héros, les téméraires, ceux qui d’une manière ou d’une autre avait eux aussi échappé à la tempête. On se méfiait aussi de ceux que l’on évitait il y a peu au coin de la rue, leur chemise brune sur le dos et le sourire conquérant aux lèvres . . . Une jeunesse gâchée et beaucoup d’incompréhension devant leur génération sacrifiée, l’amertume aux lèvres ils ont pris la vie à bras le corps, pour oublier qu’ils avaient été les dindons de la farce.
Aujourd’hui la révolte et le dégoût leur donne des nausées, quand ils lisent les « jugements et les sentences » des historiens patentés, qui n’avaient pas vu le jour avant 1950. Rien ni personne ne les autorise à répéter les âneries colportées par quelques fanatiques bleu blanc rouge, avides de vider leur fiel sur les « oubliés de l’histoire ».
Récit ordinaire d’un drame mal expliqué et très mal enseigné, témoignages recueillis par Gérard MICHEL, président de l’OPMNAM (Orphelins de Pères Malgré-Nous d’Alsace-Moselle)
Epilogue :
La vie ordinaire ayant repris son cours, ce fut un long silence au regard de tout ce qu’il avait subi, sa route ne fut pas celle des vainqueurs, ni celle des résistants. Cette grossière injustice qui allait lui gâcher la vie pendant longtemps, il la refoulerait à l’intérieur de son être. Lui qui avait eu la plus extraordinaire baraqua au milieu du champ de bataille, durant une période où d’autres sont encore des enfants. Cette culpabilité non méritée et le sentiment d’avoir été sacrifié par la mère patrie fut le sentiment collectif des survivants, il les empêcha de se révolter pour clamer non seulement leur innocence mais surtout leur colère. On avait abandonné les jeunes Alsaciens à l’ogre nazi, mais on allait les lapider parce qu’ils avaient revêtu cet uniforme abhorré, pour préserver leur famille. Comble d’arrogance ils eurent le culot de rentrer vivants.
On allait les condamner grâce au procès de Bordeaux, le simulacre de procès qui permit de culpabiliser une région toute entière. Dès l’ouverture des débats, le Président Nussy de Saint Sens donna le ton en s’exclamant : « faites entrer les coupables ». Un frisson d’horreur remonte le long de son échine quand il repense au jour où leur véhicule est passé dans le village de Saint-Junien ; et si les ordres avaient été de prendre la route d’Oradour . . . ?
Ainsi sur un coup de dés on devient un héros ou un assassin, par devant la barre d’un tribunal qui ne convoque même pas les supérieurs et les donneurs d’ordre de la Waffen SS, Lammerding, Weidinger, Oberg et Knochen sont morts dans un lit douillet. La règle du cochon payeur et du bouc émissaire sera encore une fois appliquée aux « lampistes ». Une belle phrase dans la déposition de la sœur de l’instituteur d’Oradour au procès de Bordeaux, « . . et l’on eût exigé d’eux qu’ils fussent des héros . . ».
Quant aux camarades Alsaciens et Mosellans qui ont perdu la vie dans cette boucherie, qui s’est penché sur leurs tombes, qui a réclamé justice pour les jeunes vies sacrifiées ? Un crime contre l’humanité perpétré en toute impunité Qui a réclamé un « mea culpa germanique » ? Le Président allemand Gauck accompagné par François Hollande, sont venus dans les ruines d’Oradour, mais ils ont oublié de se rendre en Alsace Moselle, pour exprimer « la repentance du peuple Allemand ». Dans sa réponse à la lettre d’invitation de l’ADEIF en 2016, le Président allemand Gauck évoque les Alsaciens Mosellans et leurs « Implications » Vervicklungen dans les crimes de guerre ? Un comble d’ironie ; si je te pousse dans la rivière, je ne vais pas avoir le culot de te reprocher d’être mouillé. Chez nous en France qui a pensé aux Alsaciens et aux Mosellans incorporés de Force, qui a pris leur défense ? Le président Chirac sous la pression de forces occultes, n’a pas voulu (ni osé) inaugurer officiellement le Mémorial dédié (si peu) à l’Incorporation de Force en Alsace Moselle.
Schirmeck parlons-en, le camp de rééducation tant redouté par les Alsaciens . . . disparues les baraques en bois, disparue la sinistre « Salle des fêtes et ses cellules du bunker au sous-sol », disparu le camp, disparue la terrible mémoire des tortionnaires, disparus les bâtiments de la torture des expériences médicales et de la mort, effacées les traces de cette barbarie qui avait terrorisé toute une population.
Un peu de respect s’imposerait aux victimes de ce camp de la mort, on ne peut faire disparaître Auschwitz alors pourquoi le camp de Schirmeck – La Broque fut il rasé ?
Même le rouleau compresseur tiré par les bras décharnés des réfractaires de l’Incorporation de Force n’est plus là . . . Il trône aujourd’hui au Struthof, parmi la mémoire des « déportés ».
Mais que fait-il là-bas ? Qui a voulu éradiquer la mémoire de cette torture criminelle, au service d’une idéologie perverse. Les preuves et les effets de la terrible « Sippenhaft » étaient à Schirmeck sous nos yeux. Mais nous avons laissé le pouvoir aux charognards, à ceux qui ne supportent pas d’entendre parler de cette page sombre. Une triste période qui les oblige à se regarder, dans le miroir que leur présentent les enfants d’Alsace et de Moselle.
A Colmar le président Sarkozy s’est fendu d’un discours courageux mais sans suites. Les présidents Mitterrand, Hollande et Macron ne connaissaient que les chemins d’Oradour. Même le Président Gauck en grand humaniste s’est penché sur les ruines du village martyr, en ajoutant un peu de poudre perfide, il évoque l’implication des Alsaciens… ? Circulez, il n’y a rien à voir, sauf le regard perdu au lointain, d’un visiteur assis sur les marches de la petite église de Vésly en Normandie.
Illkirch-Graffenstaden le 25 août 2017
Témoignage recueilli par Gérard MICHEL Président de l’OPMNAM (Orphelins de Pères Malgré-Nous d’Alsace-Moselle)
La Résistance des Alsaciens – Expo à Molsheim

L’exposition itinérante de l’AERIA « La résistance intérieure des Alsaciens » a été inaugurée au Musée de la Chartreuse de Molsheim le vendredi 29 septembre en présence, notamment, de Philippe Meyer, conseiller départemental, Jean-Michel Weber, maire de Molsheim, Laurent Furst, député du Bas-Rhin, Guy Muller, président de la Société d’histoire de Molsheim, Jean-Marie Esch, vice-président de l’AERIA, Mireille Hincker, ancienne déléguée générale du Souvenir Français, ou encore Jean Bourcart, lieutenant-colonel du Service historique de la Défense. L’exposition a été présentée par Eric Le Normand qui, dans la foulée, a donné une conférence sur la Résistance alsacienne.
Photos et texte : Nicolas Mengus
URGENT : Journées de l’Incorporation de force
Suite à deux désistements de dernière minute dans le cadre des 1ères Journées de l’Incorporation de force, Christian Greiner recherche deux intervenants pour des conférences données le samedi matin du 14 octobre. Seriez-vous disponibles pour assurer l’une des deux conférences sur la thématique des « Malgré-Nous » ?
Merci de le contacter à cette adresse : ateliers.montreuil@free.fr
ou au 06 16 19 12 70
Vous trouverez ci-dessous un résumé du programme de ces journées qui ont reçu le soutien de l’Eurométrople de Strasbourg, de la Fondation Entente Franco-Allemande, du Théâtre national de Strasbourg et de différents établissements scolaires, ainsi que de l’ENA.
EXTRAITS DU PROGRAMME
- DATES :
7 octobre, dans les rues de Strasbourg : Tournage d’un film Malgré-Nous, les questions qui dérangent, mis en scène par Serge Schleiffer et réalisé par l’association Amifilm.
Du 9 au 13 octobre : interventions dans les lycées partenaires et dans des Cafés d’Histoire.
Le samedi 14 octobre, toute la journée : A la cité de la Musique et de la Danse de Strasbourg. Ouverture et accueil du public à partir de 9h. 19h : coktail de clôture.
- PROGRAMME DES DIFFERENTES SALLES :
Dans les deux grands halls du rez-de-chaussée et du 1er étage : expositions – rencontres – buffet.
Dans le grand auditorium ( capacité d’accueil 500 places )
Quatre conférences suivies de débats à partir de 9h30.
Dans la petite salle de projection, attenante ( capacité une soixantaine de place ) :
Projection « non stop », de 9h15 à 21 heures de films de fiction et de documentaires.
Programme :
Le matin : On remuait les lèvres mais on ne disait rien (52 mn) de Gabrielle Schaff
L’après-midi : « Après la guerre, l’ Alsace Moselle, c’est la France! » 2015 de Hubert Schilling et J M Favart ( réalisateur des Deux Mathilde )
Et également : Deux films de long métrage produits et réalisés par nos amis d’Amifilm, ayant pour sujet la résistance alsacienne : « La Chambre Douze » et » Triste Secret ».
- INTERVENANTS ANNONCES :
M. Pierre Accoce, écrivain, journaliste et historien.
M. Georges Federmann, psychanalyste expert pour le Centre de Réforme de Strasbourg.
Mme Arlette Hasselbach, présidente de l’AFMD 68 (Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation du Haut-Rhin).
M. Michel Favart, réalisateur.
Mme Véronique Frumholz, enseignante.
Mme Simone Morgenthaler, écrivaine.
M. Serge Schleiffer, réalisateur.
Colonel Norbert Zorn, président de l’association Pro Patria.
- SOUTIENS OFFICIELS :
Chambre de Commerce de Strasbourg.
Consulat d’Allemagne.
Consulat de la Fédération de Russie.
Eurométropole de Strasbourg.
Fondation Entente Franco-Allemande.
Région Grand Est.
Restaurateurs de Strasbourg.
- ECOLES & ARTISTES :
Conservatoire de Strasbourg.
Gymnase Jean Sturm.
Haute Ecole des Arts du Rhin, Strasbourg.
Lycée Jean Monnet.
Lycée Fustel de Coulanges.
Lycée Notre-Dame.
Théâtre national de Strasbourg.
Mobilisation pour le « Mur des Noms » – Appel de Serge Amorich
Je me permets de vous écrire pour vous demander où en est la réflexion sur l’édification du Mur des Noms et si un calendrier précis de réalisation a été défini.
L’attente est grande de voir enfin se concrétiser ce projet. Il est très important qu’aucune victime du nazisme ne soit oubliée.
Les Noms des « incorporés de force » (hommes ou femmes) doivent figurer sur ce Mur : ils ne doivent pas être oubliés.
Le temps est compté, les derniers « incorporés de force » disparaissent : il est important que ceux qui sont encore en vie puissent voir le Mur édifié et puissent « partir » en ayant le sentiment que leurs camarades ne seront plus oubliés…
Je vous prie de croire Monsieur le Président de la Commission Culture de la Région Grand Est en l’assurance de mon profond respect.
NOM Prénom
adresse
Le message doit être adressé à :





