MEYER René

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Nous recher­chons des infor­ma­tions concer­nant le décès de notre oncle René Meyer durant la Seconde Guerre mondiale :

René Meyer né le 08.02.1920 à Fort­sch­wihr (68)

– enrôlé de force en 1943 dans l’ar­mée alle­mande

–  disparu en nov. 44 à 80km au nord de Varso­vie à Maków (lieu présumé de sa dispa­ri­tion).

– déclaré mort pour la France en 1955 par le Tribu­nal de Première Instance de Colmar.

Alors que tous les docu­ments reçus jusqu’à présent (acte de décès, juge­ment du Tribu­nal et infos du DRK) indiquaient qu’il avait disparu en novembre 1944, le docu­ment ci-joint de la WASt indique qu’au 17.12.44 il était encore en vie et muté à la 4. Kompa­nie  du Grena­dier-Regi­ment 1075, subor­don­née à la 541. Infan­te­rie-Divi­sion. 
Par consé­quent il n’a pas disparu à 80km au nord de Varso­vie au regard du parcours de sa divi­sion après novembre 1944. 
Nous n’avons donc aucune indi­ca­tion quant à sa dispa­ri­tion ou décès, ni quant au lieu ou date. Et il semble que les recherches n’ont pas été effec­tuées correc­te­ment à l’époque, quelle décep­tion.
Merci pour toute aide.

Alexan­dra et Béatrice Nahlyj
alex­nahl@ya­hoo.fr

beatri­ce­nah­lyj@ya­hoo.fr

 

* Fiche de la Région Alsace :

René Emile MEYER

Origine

Nom MEYER
Prénom René Emile
Prénom usuel René
Date de nais­sance 08/02/1920
Lieu de nais­sance Fort­sch­wihr (Haut-Rhin) – France
Lieu de rési­dence Fort­sch­wihr (Haut-Rhin) – France

Incor­poré de force dans la Wehr­macht

Date de dispa­ri­tion 15/11/1944
Lieu de dispa­ri­tion Prusse Orien­tale – Alle­magne
Circons­tances de décès Inconnu

Sources

CAEN – Fichier des Incor­po­rés De Force (IDF) « Morts Pour La France » (BAVCC-Caen) – version de 2005
CAEN3 – Fichier des Incor­po­rés De Force (IDF) « Morts Pour La France » (BAVCC-Caen) – version de 2007
REP-1946 – Registre des non-rentrés en 1946

* Fiche du DRK de René Meyer, du Gren. Regt. 1073, trans­mise par Claude Herold  : meyer_rene._drk.jpg

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Une cachette pour les incor­po­rés de force évadés

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Un abri sous roche est signalé comme une cachette pour les incor­po­rés de force évadés.

Photo­gra­phie de Marie Goerg-Lieby lors d’une randon­née de Stam­bach (Bas Rhin) à Hulte­house (Moselle), sentier Club Vosgien, rond rouge, le long du Moren­thal, retour le long du canal.

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JOSEPH ADAM

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Qui peut donner des rensei­gne­ments sur Joseph Adam ?

La SNIFAM (Soli­da­rité Normande aux Incor­po­rés de Force d’Al­sace et de Moselle) aime­rait avoir plus de détail sur le parcours de Joseph Adam et, notam­ment, savoir de quelle commune il était le maire.

Merci pour tout rensei­gne­ment.

Jean Bézard aubertn@­wa­na­doo.fr

Le parcours de Joseph ADAM en Norman­die (1944)

Joseph ADAM, incor­poré de force dans l’ar­mée alle­mande, était avec son unité à Ouville, petite commune située à quelques km de Coutances dans le dépar­te­ment de la Manche. Le 28 juillet 1944, un avion allié est abattu par la DCA. Il tombe sur les dépen­dances appar­te­nant à la famille LECONTE. Pierre, le fils alors âgé de 18 ans témoigne : Après la chute de l’avion, il y avait des morceaux de corps des avia­teurs épar­pillés dans la cour de la ferme. Peu de temps après l’unité alle­mande occu­pant les bâti­ments quit­tait les lieux.

Le lende­main Pierre voit deux soldats alle­mands, ils s’étaient cachés dans l’écu­rie. L’un d’eux en état d’ébriété se mani­festa. Bien­tôt l’autre soldat alle­mand, qui en réalité était un Français d’Al­sace, alla à la rencontre de la famille LECONTE. Il raconta son histoire et donna son nom : Joseph ADAM.

La famille LECONTE le proté­gea, le dissi­mula. Peu après les Améri­cains enva­hissent la commune. Monsieur LECONTE père, accroche un ruban bleu, blanc, rouge sur le vête­ment civil donné à Joseph ADAM, qui souhaite rejoindre les troupes améri­caines.

Joseph sans ména­ge­ment, donc bruta­le­ment est fait prison­nier et emmené en Angle­terre. De là, il s’en­gage dans l’ Armée française. Il en sera dégagé en 1946.

A la faveur d’un voyage en Norman­die, Joseph ADAM, quelques deux ou trois plus tard, fut accueilli à Caen par la famille LECONTE. Il tenait à revoir les lieux où, sous l’uni­forme nazi, il était passé. Il retrouva même son trou indi­vi­duel à proxi­mité de la ferme.

Après ces retrou­vailles, les Normands se rendirent bien des fois en Alsace. Des Alsa­ciens vinrent et revinrent en Norman­die.

Une solide amitié ,fondée sur des senti­ments de frater­nité, est toujours percep­tible dans les évoca­tions des souve­nirs.

Joseph ADAM devint Maire de sa commune.

 

Jean BEZARD & Nicole AUBERT

 

 

 

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Mur des Noms : une polé­mique pour quoi faire?

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Alors que certains avancent des chiffres fantai­sistes au sujet des Alsa­ciens présents dans la divi­sion blin­dée Waffen-SS « Das Reich » (on se réfère souvent au livre Entre deux fronts en omet­tant de citer les passages réfu­tant ces mêmes chiffres), voilà que d’autres remettent en cause la probité du comité scien­ti­fique respon­sable du futur Mur des Noms des victimes alsa­ciennes et mosel­lanes durant la Seconde Guerre mondiale – un projet vieux de dix ans (à l’époque, il devait concer­ner exclu­si­ve­ment les 30400 « Malgré-Nous » non-rentrés).

S’il est vrai que l’en­ga­ge­ment forcé dans une unité Waffen-SS n’ap­pa­raît pas sur le recen­se­ment mis en ligne par la Région Alsace – c’est regret­table du point de vue histo­rique -, ce n’est certai­ne­ment pas pour tenter de masquer un fait large­ment média­tisé. Et pour­tant l’ar­gu­men­taire des détrac­teurs du « Mur » repose sur ce constat et pose la ques­tion suivante : se pour­rait–il que parmi ces « Malgré-Nous » se trouvent des crimi­nels de guerre? Et de citer la « Sturm­bri­gade Dirle­wan­ger » à la répu­ta­tion désas­treuse ou, bien entendu, la « Das Reich » surtout connue pour les atroces tragé­dies de Tulle et d’Ora­dour.
S’il est vrai que l’en­ga­ge­ment forcé dans une unité Waffen-SS n’ap­pa­raît pas sur le recen­se­ment mis en ligne par la Région Alsace – c’est regret­table du point de vue histo­rique -, ce n’est certai­ne­ment pas pour tenter de masquer un fait large­ment média­tisé. Et pour­tant l’ar­gu­men­taire des détrac­teurs du « Mur » repose sur ce constat et pose la ques­tion suivante : se pour­rait–il que parmi ces « Malgré-Nous » se trouvent des crimi­nels de guerre? Et de citer la « Sturm­bri­gade Dirle­wan­ger » à la répu­ta­tion désas­treuse ou, bien entendu, la « Das Reich » surtout connue pour les atroces tragé­dies de Tulle et d’Ora­dour.


Article paru initia­le­ment dans L’Ami hebdo daté du 2 avril 2017.


Mais appar­te­nir à une unité crimi­nelle fait-il auto­ma­tique­ment de vous un crimi­nel ? Qui peut dire où se trou­vait tel indi­vidu au moment des faits ? Comment établir sa respon­sa­bi­lité indi­vi­duelle ? Concer­nant plus spéci­fique­ment Oradour, nous connais­sons le rôle des « Malgré-Nous » (cf. notre maga­zine Compren­dre… l’in­cor­po­ra­tion de force n°3 paru en 2014 et le n°5 à paraître en 2017), or certains estiment néces­saire d’enquê­ter à nouveau sur les Alsa­ciens qui y étaient. Des enquêtes ont pour­tant été menées de 1944 à 1953 (procès à Bordeaux, 1953), à la fin des années 70 (procès de Heinz Barth, 1983) et au début des années 2000 (procès de Werner Chris­tu­kat, 2015).

Inves­ti­ga­tions et procès se sont soldés par des non-lieux, des peines de mort annu­lées, des peines de prison écour­tées ou (pour les seuls « Malgré-Nous ») une amnis­tie. Les détrac­teurs du « Mur » souhai­te­raient-ils une révi­sion du/des procès d’Ora­dour? Face aux faits, cette polé­mique s’avère stérile. Elle a été rendue possible par les fantasmes et les suspi­cions que la Waffen-SS conti­nue parfois de géné­rer. Les Hommes sont-ils donc inca­pables de faire la paix sur les tombes ?

Nico­las Mengus

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Orphe­lins de « Malgré-Nous »

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Docu­ment remis par Serge Amorich, OPNAM

Patrick Hetzel – Photo L’A.M.I. (Archives)

Ques­tion N° 103559 de Monsieur Patrick HETZEL (Les Répu­bli­cains – Bas-Rhin) publiée au JO le : 28/03/2017

Monsieur Patrick HETZEL inter­roge M. le secré­taire d’État, auprès du ministre de la défense, chargé des anciens combat­tants et de la mémoire, sur la situa­tion des orphe­lins de pères « malgré-nous ». En effet, le séna­teur Bruno RETAILLEAU lui a posé une ques­tion écrite sur ce sujet (ques­tion écrite n° 22788 publiée au Jour­nal offi­ciel du Sénat du 14 juillet 2016, page 3160). Le secré­taire d’État lui a répondu dans le Jour­nal offi­ciel du Sénat en date du 1er septembre 2016 (page 3728). Le séna­teur Retailleau insis­tait tout parti­cu­liè­re­ment sur les décrets n° 2000–657 du 13 juillet 2000 insti­tuant une mesure de répa­ra­tion pour les orphe­lins dont les parents ont été victimes de persé­cu­tions anti­sé­mites et n° 2004–751 du 27 juillet 2004 insti­tuant une aide finan­cière en recon­nais­sance des souf­frances endu­rées par les orphe­lins dont les parents ont été victimes d’actes de barba­rie durant la Deuxième Guerre mondiale ont reconnu le drame vécu par certains pupilles de la Nation et ont, à travers eux, consa­cré le souve­nir des victimes des crimes nazis. En effet, les orphe­lins de pères incor­po­rés de force dans l’ar­mée nazie en sont notam­ment exclus, au motif que ces derniers auraient été les victimes « d’un strict conflit entre États ». Or leur situa­tion n’est en rien compa­rable à celle de soldats mobi­li­sés de manière régu­lière par leur pays. Étant donné, entre autres, les menaces de repré­sailles ou les repré­sailles effec­ti­ve­ment exer­cées sur eux ou sur leurs familles, les « malgré-nous » appa­raissent bel et bien comme des victimes de la barba­rie nazie. Dans ce contexte, le séna­teur Retailleau a voulu connaître les inten­tions du Gouver­ne­ment en la matière et les mesures qu’il entend prendre afin d’ac­cor­der aux orphe­lins de pères « malgré-nous » la même recon­nais­sance et le même trai­te­ment que ceux accor­dés aux orphe­lins des autres victimes de la barba­rie nazie. Dans sa réponse au séna­teur Retailleau, le secré­taire d’État écrit : « Aussi, le Gouver­ne­ment s’est engagé en faveur d’un réexa­men au cas par cas des dossiers en cause, afin de garan­tir une égalité de trai­te­ment, tout en confir­mant la néces­sité de préser­ver le carac­tère spéci­fique de cette indem­ni­sa­tion dont l’ex­ten­sion à tous les orphe­lins de guerre ne saurait être envi­sa­gée. C’est ainsi que, en appli­ca­tion des conclu­sions de la commis­sion natio­nale de concer­ta­tion mise en place en 2009 à la suite du rapport du préfet hono­raire Jean-Yves Audouin, 663 dossiers ont été réexa­mi­nés dont 200 ont trouvé une issue favo­rable ». Il souhaite donc connaître les critères utili­sés par l’ad­mi­nis­tra­tion pour effec­tuer un tel réexa­men au cas par cas. En effet, les orphe­lins de « malgré-nous » ont le droit de savoir sur quelle base précise il leur est possible d’ob­te­nir un réexa­men et par voie de consé­quence poten­tiel­le­ment gain de cause de la part de l’État français.

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Bas-Rhin

Commentaires (24) Liste des non rentrés

Cette liste de 22.000 Bas-Rhinois non rentrés en 1945 est conser­vée à la BNF à Paris. Un grand merci à Claude Herold qui nous a trans­mis ce docu­ment et qui nous a auto­risé à le repro­duire sur ce site.

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Haut-Rhin

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Cette liste des non-rentrés haut-rhinois date de 1945. Elle est conser­vée à la BNF à Paris. Cette copie nous a été aima­ble­ment commu­niquée par Claude Herold que nous remer­cions chaleu­reu­se­ment.

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Moselle

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Cette liste de 11986 (avec des doublons) Mosel­lans non rentrés au 1.4.1946 est conser­vée à la BNF à Paris. Un grand merci à Claude Herold qui nous a trans­mis ce docu­ment et qui nous a auto­ri­sés à le repro­duire sur ce site.

* Merci à Bernard Collette qui nous a signalé que René Bruger, de Saint-Avold, n°1446 dans cette liste est en fait René Brug­ger, né le 16 septembre 1924 à Saint-Avold et décédé le 30 décembre 2011. En 1943, il habi­tait avec ses parents à l’an­cienne caserne Hamon de Saint-Avold (aujourd’­hui trans­for­mée en IUT de chimie).

* Merci à Domi­nique Bernardy qui nous a informé que, sous le numéro 722 , le nom de BERNADY Jules / FALCK 29/06/21 METZ est mal ortho­gra­phié et qu’il faut lire BERNARDY Jules.

* Merci à Frédé­ric Welsch de nous avoir signalé que le nom du disparu n° 3611 Grand­vo­las Jules né le 2 juin 1923 à Dolving est mal ortho­gra­phié c’est GRANDCOLAS.

* Merci à Eliane Rostou­cher qui nous a signalé que le nom de ses oncles était mal ortho­gra­phié sous Styr et qu’il fallait lire :
3780 G’STYR René
3781 G’STYR Aloyse né a et origi­naire de Sarralbe.

  • Merci à Jean Jacques Plagnieux qui nous signale que le prénom de René KRIER (n°6024) est erroné. Il se nommait Raymond Joseph Pierre Krier.

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Un abécé­daire de la dépor­ta­tion mili­taire

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De « Abwehr » à « Zone Hand­book », ce deuxième volume de notre maga­zine hors-série « Compren­dre… l’in­cor­po­ra­tion de force » se veut être un abécé­daire de la dépor­ta­tion mili­taire, avec une centaine de défi­ni­tion. Une intro­duc­tion permet de re-situer l’in­cor­po­ra­tion de force dans son contexte histo­rique.

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Oradour-sur-Glane, les Alsa­ciens et le procès de Bordeaux

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Le troi­sième numéro de la revue histo­rique « Comprendre l’in­cor­po­ra­tion de force » est consa­cré au décryp­tage du drame d’Ora­dour-sur-Glane, vu sous l’angle des Alsa­ciens présents dans ce village du Limou­sin le 10 juin 1944 et du procès de Bordeaux.

Où que vous soyez en France, le nom de ce bourg résonne doulou­reu­se­ment. Symbole de la France marty­ri­sée par les nazis. Parfois, trop souvent, n’est rete­nue des bour­reaux que la présence d’Al­sa­ciens quali­fiés de monstres ou de traîtres. Incor­po­rés de force ? Une expres­sion mécon­nue au delà de la ligne bleue des Vosges… Comme le prouve hélas le juge­ment rendu le 13 octobre 2013 par la Cour de Cassa­tion, blan­chis­sant Robert Hébras pour avoir écrit dans un ouvrage vendu dans l’of­fi­ciel Centre de la mémoire d’Ora­dour­sur- Glane « Je porte­rais à croire que ces enrô­lés de force fussent tout simple­ment des volon­taires. Aucun ne put appor­ter la moindre preuve de son enrô­le­ment ». Une terrible erreur histo­rique (130 000 incor­po­rés de force alsa­ciens- mosel­lans dont 40 000 morts ou dispa­rus) caution­née par la justice française au nom du droit d’ex­pres­sion… Étrange. Cela méri­tait bien qu’un histo­rien comme Nico­las Mengus consacre 78 pages de texte et photos à l’im­pli­ca­tion, dans le drame d’Ora­dour-sur-Glane, d’Al­sa­ciens. Soit un engagé volon­taire et une tren­taine d’in­cor­po­rés de force dont la majo­rité avaient 18 ans et donc étaient mineurs au moments des faits repro­chés.

Dépor­tés mili­taires

D’em­blée, la publi­ca­tion fait le choix de parler de « dépor­tés mili­taires », un terme disparu des docu­ments admi­nis­tra­tifs dans les années 50. Fait trop peu connu : le gouver­ne­ment du géné­ral de Gaulle après 1945 avait attri­bué ce titre aux jeunes Français d’Al­sace et de Moselle annexées de fait, jetés de force dans les troupes alle­mandes. La publi­ca­tion répond ensuite à plusieurs ques­tions qu’on se pose… ou qu’une rela­tion peut vous poser au hasard d’une conver­sa­tion. Exemples : pourquoi y avai­til des Alsa­ciens dans la Waffen SS ? Qui étaient les dépor­tés mili­taires alsa­ciens de la 3ème compa­gnie du régi­ment Der Füh­rer de la Divi­sion Das Reich ? Pourquoi le massacre a-t-il eu lieu à Oradour-sur-Glane ? Qu’ont exac­te­ment fait les 14 accu­sés alsa­ciens entre 12h et 22h lors de cette jour­née drama­tique ? Émile Oster, un des 13 dépor­tés mili­taires, a-t-il bien sauvé une jeune fille de l’église en flammes ? Y a-t-il eu un Waffen SS alsa­cien en visite à Oradour-sur-Glane avant juin 1944 comme le prétendent certains ? La 3ème compa­gnie était-elle seule à agir à Oradour ? Quel a été le rôle de la Milice, compo­sée de Français prona­zis, et des membres alle­mands du Siche­rheits­dienst ? La Justice a-t-elle enre­gis­tré les dépo­si­tions en toute impar­tia­lité ? Pourquoi la loi dite Oradour du 18.09.48 fut-elle abro­gée? Pour quelles raisons le Parti commu­niste a-t-il tenté de récu­pé­rer l’af­faire ? Nico­las Mengus pose de vraies ques­tions, rare­ment évoquées dans les ouvrages déjà parus. Ses réponses (certes pas forcé­ment défi­ni­tives ou parfai­te­ment sûres) sont bien étayées et leurs sources, docu­men­tées. L’au­teur de la publi­ca­tion a en effet abordé scien­ti­fique­ment le problème, choi­sis­sant, comme tout histo­rien devant plusieurs versions d’un fait, d’ex­po­ser celles des diffé­rents prota­go­nistes. Figure donc aussi la version avan­cée par les Waffen SS et qui explique­rait le massacre de la popu­la­tion par l’en­lè­ve­ment du comman­dant Helmut Kämpfe le 9 juin 1944 (comme l’at­teste d’ailleurs le résis­tant Jean Canou dans sa dépo­si­tion de 1949), puis la capture de l’of­fi­cier Karl Gerlach. Des éléments du puzzle menant au pire crime de guerre commis en France et sur lequel la recherche doit progres­ser sans entrave comme cette revue (qui méri­te­rait d’être au Centre de la Mémoire d’Ora­dour) en donne l’exemple.

Marie Goerg Lieby

 

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