La Promesse. L’histoire de Marcel et Odette

Marcel Haupert est né à Hayange, en Moselle, le 16 août 1924. Il résidait avec ses proches, à Sierck-les-Bains au moment de son incorporation de force. Ses dernières nouvelles datent du 15 août 1944. Il est porté disparu le 15 février 1945 à Česká Lípa (Böhmisch Leipa), en République Tchèque. Il était soldat dans la 3e compagnie de l’Infanterie–Ersatz-Bataillon 385. Il est mort pour la France à l’âge de 20 ans. Pour la famille, la nouvelle de sa disparition est tombée comme un couperet. L’absence est comme une blessure qui, sans autres informations permettant de faire son deuil, ne se referme pas. « Pour certaines familles, la guerre ne finit pas ».
Quatre-vingt-une années plus tard, Sandra Kuhlmann, petite-nièce de Marcel, veut en savoir plus. « Depuis l’enfance, je suis habitée par les histoires de ma famille. Pas celles que l’on raconte pour amuser. Celles que l’on dit doucement, le soir, quand les voix baissent d’un ton, comme si la maison elle-même devait garder le secret ». Elle se lance à la recherche de Marcel, refusant que le jeune homme tombe progressivement dans l’oubli : « Je savais que je ne pourrais jamais le ramener. Mais je devais le retrouver (…) pour lui rendre sa place ».
Sandra Kuhlmann a choisi, pour retracer cette histoire, de romancer avec beaucoup de sensibilité, sur la base de faits réels, le destin tragique de Marcel, mais aussi– et peut-être surtout – celui de sa grande sœur Odette qui prit soin du jeune homme durant les années tourmentées de la « Drôle de Guerre » et de l’Annexion de fait de la Moselle au IIIe Reich. L’absence d’un « porté disparu », un drame que partagent de nombreuses familles et qui retrouveront dans ce livre les émotions qui les ont touché elles aussi.
Nicolas Mengus
Sandra Kuhlmann, La promesse. L’histoire de Marcel et Odette, chez l’auteur, 2026, 20 €.
FENDENHEIM René
René FENDENHEIM, né le 25/03/1921 à Obenheim. Il est incorporé de force dans l’armée allemande et envoyé sur le front de l’est.Portrait dressé grâce aux documents aimablement transmis par Manon Caillard.
FENDENHEIM Geoffroi Raymond
Geoffroi Raymond FENDENHEIM, né le 09/09/1919 à Obenheim. Incorporé de force dans l’armée allemande et envoyé sur le front de l’est, il déserte le 13 septembre 1944 et retourne dans son village natal, ou il restera caché jusqu’à sa libération en janvier 1945.
Portrait dressé grâce aux documents aimablement transmis par Manon Caillard.
Robert FENDENHEIM

Portrait dressé grâce aux documents aimablement transmis par Manon Caillard.
Document complémentaire transmis par Claude Herold :
« Malgré-Nous » – Hommage rendu à Hohatzenheim
L’église de Hohatzenheim, dans le Kochersberg, abrite plus de 800 ex-voto rassemblant plus de 1200 noms. Nombre d’entre eux datent de la fin de 1945 et ont été offerts par des incorporés de force heureux d’être revenus vivants de la guerre. Ce 25 août 2026, le comité du Souvenir Français de Hochfelden (composé de P. Kautzmann, G. Spengler, M. Dervieux, J.-G. Kraft, G. Groener, J. Roos) a été accueilli par le Père M.-J. Kriegel et le maire J.-L. Jost pour commémorer, pour la première fois en ce lieu de prière et de mémoire, le 84e anniversaire des décrets instaurant le service militaire pour les Français d’Alsace et de Moselle annexés de fait au IIIe Reich. Environ 142.500 hommes et femmes ont été victimes, entre 1942 et 1945, de ce crime nazi de dimension internationale. En hommage à leurs souffrances, une gerbe de fleurs a été déposée devant la piéta. Puis 30 bougies ont été allumées et les noms des 30 villages du canton de Hochfelden ont été lus en indiquant, pour chacun, le nombre d’incorporés de force non rentrés.
Nicolas Mengus
Photos © Souvenir Français – Comité de Hochfelden
Article paru dans L‘Ami hebdo du 6.9.2026
































