HALTER Armand – D’après son dossier du PAVCC transmis par Sylvain Balys
HALTER Armand Eugène
Né à Thannenkirch le 11.12.1915, demeurant à Mulhouse.
Coiffeur à Mulhouse.
Epoux de Françoise Louise Graff (* Antony, Seine, 3.12.1913) ; sans enfant.
Engagé volontaire. Extrait d’un rapport du Commissariat central de Mulhouse – Sûreté urbaine (20.6.1952) : « Au début de l’occupation (sic pour Annexion), le sieur Halter exploitait un salon de coiffure (…) de notre ville. Ce salon, vu la proximité d’un casernement de la Police était surtout fréquenté par les membres de cette unité, ce qui incita sa clientèle habituelle à aller ailleurs. Au printemps 1941, quand cette unité de police fut déplacée, Halter se trouva pratiquement sans clients. Sur le point d’être requis pour travailler Outre-Rhin, l’intéressé se laissa prendre à la propagande nazie, en donnant suite à un appel en faveur d’un recrutement de jeunes Alsaciens pour combler les effectifs de la Police locale. Le 23.6.1941, Halter signa son engagement dans la Hilfspolizei (Police auxiliaire). Il faut immédiatement affecté à l’Ecole de police de Karlsruhe, puis muté à Francfort et à Erfurt, d’où il fut versé au 2e Escadron de Police à Posen, puis au front russe.
Halter a été porté disparu le 22.1.1945 lors des combats qui se sont déroulés près de Kalisch (Pologne).
Bien que l’intéressé se soit engagé volontairement dans la Police allemande, il ne l’a pas fait dans l’intention réelle de coopérer à l’effort de guerre allemand. Son attitude nationale n’a pas autrement prêté à critique. Son épouse a eu une attitude correcte à l’égard de la France ». Voir aussi les documents ci-après, dont le témoignage de Georges Sieffert, de Mulhouse.
Polizei Reiter Ers. Abteilung, 2. Schwadron/Granattwerferzug.
Dernières nouvelles : 18.11.1944, Posen. Polizei Reiter Granattwerferzug –24/26.
Mention « mort pour la France » refusée (4.12.1952), malgré un avis favorable de la Commission départementale de Contrôle du Haut-Rhin (26.1.1953).
ENTZMANN Joseph Gilbert – D’après le dossier du PAVCC transmis par Sylvain Balys
ENTZMANN Joseph Gilbert
Né à Thannenkirch le 3.2.1923.
Incorporé de force.
Chasseur/Jäger.
Décède de ses blessures le 19.6.1943 à 10 km au sud de Schlüsselburg (Russie),dans le secteur du lac Ladoga.
Inhumé le même jour dans le cimetière militaire de Znigri, à 16 km au sud de Schlüsselburg.
Mort pour la France.
COMPLEMENTS TRANSMIS PAR CLAUDE HEROLD
GASSMANN Armand – D’après le dossier du PAVCC transmis par Sylvain Balys
(*Thannenkirch 16.3.1918). Bûcheron.
Incorporé de force le 19 avril 1943. N’a fait partie d’aucune organisation nazie.
Gren. Ausb. Bat. 4/478/2e cie Elbing
Caporal.
Dernière permission : septembre 1943.
Dernières nouvelles : 3.3.1944
Lettre du 21.6.1944- FPN 10186B : Blessé par un char à la cuisse et porté disparu lors de combats le 13.3.1944 près de Raspdorf (Ukraine).
Existe un témoignage de Joseph Fuchs, de Rodern (absent du dossier).
Déporté militaire.
Mort pour la France.
Les incorporés de force 1942–1945. Journées au Mémorial de Caen (2022)
Un colloque exceptionnel s’est tenu à Caen en septembre 2022 : pour la première fois, des journées d’études sur les Malgré-Nous » se sont tenues en Normandie. Pour l’occasion, l’association des Amis du Mémorial de Caen, en partenariat avec le Mémorial de Caen et la SNIFAM (Solidarité Normande aux Incorporés de Force d’Alsace-Moselle), a réuni douze historiens et spécialistes alsaciens et mosellans de l’incorporation de force. Leurs communications sont aujourd’hui réunies dans cet ouvrage bien illustré. Il s’agit de Jean-Laurent VONAU (la période 1870–1945 ; d’Oradour-sur-Glane à la vallée de la Saulx), Nicolas MENGUS (« Malgré-Nous » et « déportés militaires »), Marie GOERG-LIEBY (les « Malgré-Elles »), Eric LE NORMAND (la résistance des « Malgré-Nous »), Jean BEZARD (souvenirs d’enfance et actions de la SNIFAM), Joseph TRITZ (les prisonniers de guerre), Igor FUTTERER (Arts et Mémoire ; l’individu et la société), Gérard MICHEL (les veuves et orphelins), Philippe WILMOUTH (le silence des Mosellans après 1945), Claude HEROLD (la recherche des non-rentrés), Alphonse TROESTLER (le « Mur des noms »), Marcel SPISSER (le Mémorial de Schirmeck). Un bilan est dressé par Jean-Pierre THIRY qui estime que les incorporés de force devraient enfin être officiellement reconnus comme des « victimes françaises, et non régionales, de crime contre l’humanité ». Cette passionnante publication s’achève par le texte de la pièce de théâtre d’Igor FUTTERER, « La cigogne n’a qu’une tête ! » (1997) et son projet d’adaptation sous forme de storyboard par l’auteur et Nicolas MENGUS, en attendant une adaptation cinématographique.
Nicolas Mengus
Jean-François Morlay (dir.), Les incorporés de force 1942–1945. Journées au Mémorial de Caen, le mardi 27 et mercredi 28 septembre 2022, Les Amis du Mémorial de Caen, Caen, 2023, 175 pages. Vendu par correspondance par les Amis du Mémorial de Caen – Jean-François Morlay, 133 rue Jean Moulin, 14880 Hermanville s/Mer : 35€ (port compris).
Je suis fière d’être la nièce d’un « Malgré-Nous », par Renée Baudot
Le 12 novembre 2023, sur la chaîne LCI, Monsieur Patrick Martin-Genier, enseignant à l’Institut des Sciences Politiques de Paris, spécialiste de l’Histoire européenne, a affirmé que les « Malgré-Nous » étaient des traitres qui méritaient l’indignité nationale.
Qualifier de « traîtres » les « Malgré-Nous » est faux et diffamatoire. Ces propos négationnistes sont inacceptables.
Une nouvelle fois, nos anciens sont insultés, vilipendés et traités comme des parias dans leur propre pays.
Je rappellerai en quelques mots le contexte de l’incorporation de force.
Après la signature de la Convention d’Armistice en 1940, l’Allemagne nazie annexa de fait l’Alsace et la Moselle en violation de cette convention. A partir de ce moment, l’Allemagne mit en place une politique de germanisation des trois départements avec l’interdiction de la langue française dans l’administration, dans l’enseignement, dans la presse ainsi que dans toute la vie publique. Les populations annexées étaient soumise à la dictature nazie dans toute sa rigueur.
Après la défaite de Stalingrad, où les nazis perdirent 300 000 soldats et eurent 100 000 blessés, l’armée allemande avait des besoins énormes de combattants.
L’appel aux volontaires dans nos trois départements fut un échec cuisant. Seulement environ 3000 jeunes se présentèrent, essentiellement des enfants de fonctionnaires et de militaires nazis arrivés dans notre région avec l’Annexion. Cet échec fit changer les nazis de stratégie et ils mirent en place la conscription obligatoire dans la Wehrmacht et la Waffen-SS pour les jeunes Alsaciens et Mosellans par les décrets des 19 et 26 août 1942.
Les Alsaciens et les Mosellans ont une identité de frontière. Ils sont les gardiens de la frontière de l’Est de la France depuis 1000 ans. Ils eurent à affronter de nombreuses invasions et ont développé un fort sentiment patriotique.
Les appelés mirent en place divers stratagèmes pour échapper à l’incorporation de force, mais l’aigle germanique resserra ses griffes mortifères sur eux. Je ne donnerai que deux exemples :
- 500 appelés français furent condamnés à mort par les tribunaux militaires allemands et fusillés pour refus d’obéissance, de servir dans la Wehrmacht.
- le 23 juin 1943, il y eut une journée d’émeutes à Sarreguemines : 1250 appelés se révoltèrent et se battirent à mains nues avec les Allemands, refusant d’être incorporés sous la contrainte par l’ennemi. Ils furent envoyés dans les pires endroits de la guerre. Rares sont ceux qui revinrent.
Ces conduites furent-elles celles de traîtres ou de héros et de patriotes ? Insulter les incorporés de force revient à insulter les 40 000 morts – tombés au front ou au maquis, exécutés pour insoumission ou morts en déportation -, les 20293 réfractaires, les survivants et les familles qui se battent pour la justice et la vérité.
Les « Malgré-Nous » se sont sacrifiés pour sauver leurs familles de la déportation (cf. loi sur la Sippenhaft ou responsabilité collective du clan). A la fin de la guerre, le bilan était de 142 500 incorporés de force (dont 15 000 jeunes femmes) et de 40 000 morts.
Lorsque les survivants furent rentrés de captivité, très majoritairement des camps d’Union soviétique – le strasbourgeois Jean-Jacques Remetter fut le dernier prisonnier à rentrer en 1955, après 10 ans de goulag – le Gouvernement français attribua, par décret du 23 mars 1949, la qualité de « déporté militaire » à tous les enrôlés de force dans l’armée allemande ; le titre de « déporté du travail » fut attribué à ceux qui avaient été enrôlés de force dans le Reichsarbeitsdienst (Service du travail du Reich).
La police et la gendarmerie firent des enquêtes approfondies pour vérifier leur opposition au régime nazi. L’immense majorité des « Malgré-Nous » non-rentrés (de l’ordre de 98%) se vit attribuer par une décision judiciaire la mention « Mort pour la France », qui est indiquée sur leur acte de décès, et leurs noms furent gravés sur nos monuments aux Morts.
Le 8 mai 2010, lors du 65e anniversaire de la Libération, le président de la République, Nicolas Sarkozy, a déclaré à Colmar :
« Les « Malgré-Nous » ne furent pas des traîtres, mais des victimes. Je suis venu aujourd’hui en Alsace pour réparer une injustice faite à des fils de France parce qu’ils portaient un uniforme qu’ils n’avaient pas choisi (…). Des « Malgré-Nous » incorporés dans la Wehrmacht et envoyés sur le front de l’Est, la pire des souffrances et la plus occultée (…). Au-delà de la souffrance que l’Alsace a partagée avec tous les Français du fait de la guerre et de l’Occupation, il y a une souffrance terrible qu’elle est la seule, avec la Moselle, à avoir subie ».
Ces paroles d’un président de la République représentent la position officielle de la France et ne sauraient être contestées dans notre pays.
Les incorporés de force furent victimes d’un crime contre l’humanité que la République Fédérale d’Allemagne n’a pas reconnu à ce jour. Néanmoins, dans une lettre datée du 28 juin 2018, le général allemand Wolfgang Schneiderhan, ancien chef d’Etat-Major général de la Bundeswehr et actuel président du Volksbund (organisme responsable de l’entretien des cimetières militaires allemands en Europe et au Moyen-Orient) m’a écrit :
« Il est difficile de faire son deuil lorsque l’Etat responsable nie sa responsabilité, ce qui est incompréhensible. Ce crime contre l’humanité est largement méconnu. Ce qui est regrettable« .
Le général Wolfgang Schneiderhan est un officier allemand, fin connaisseur de l’histoire militaire de la Seconde Guerre mondiale. Il fait office de ministre des Anciens Combattants, l’Allemagne ayant un gouvernement très resserré. Il pourrait donner des leçons particulières à tous les spécialistes auto-proclamés de l’histoire européenne qui ignorent que l’incorporation de force est un problème européen qui concerne 8 pays et 750 000 hommes dont 250 000 sont décédés (chiffres fournis par le Volksbund), sans oublier le million de prisonniers soviétiques obligés de combattre sous l’uniforme nazi et dont le sort fut dramatique à la fin de la guerre.
En conclusion Monsieur, vous n’êtes qu’un connaisseur superficiel de l’histoire européenne et vous ne possédez aucune légitimité pour décerner des brevets de patriotisme. Vous n’êtes qu’un petit Monsieur.
Il faut que toutes les attaques ignominieuses contre les « déportés militaires » cessent !
C’est pourquoi il faut que toutes les familles concernées agissent !
Les discours lénifiants lors des commémorations ne sont pas suffisants pour obtenir satisfaction. Il faut agir avec fermeté et détermination !
Je me bats,
- pour que l’Allemagne reconnaisse l’incorporation de force comme crime contre l’humanité, ce qu’elle refuse pour l’instant. Néanmoins, elle reconnaît que l’incorporation de force est une grave infraction Droit pénal international. C’est bien, mais c’est insuffisant.
- pour que les hautes autorités de la République Fédérale d’Allemagne viennent à Metz, à Charly-Oradour (village près de Metz dont 39 habitants réfugiés à Oradour-sur-Glane furent massacrés par les nazis le 10 juin 1944) et à Strasbourg, présenter les excuses officielles de leur pays à notre population. Cela se fera lorsque l’Allemagne aura à sa tête une personnalité politique avec une stature de chef d’Etat. C’est mon voeu le plus cher.
C’est la mission et la responsabilité de notre génération.
Il s’agit d’un combat pour l’Honneur. Je ne réclame pas d’argent. Je ne veux pas d’argent. L’Honneur n’a pas de prix !
Renée Baudot, le 14 décembre 2023
MEYER Bertrand
Je fais des recherches sur mon arrière-grand-père qui se nommait Bertrand Meyer. Il est né le 11 juillet 1926 à Sarreguemines (Moselle). Il a fait une école de commerce avant de faire son RAD à Zweibrücken (Allemagne) d’octobre 1943 à janvier 1944. Il a été incorporé dans la Wehrmacht le 25 juillet 1944 et s’est évadé le 21 mars 1945 de Werden an der Aller (Allemagne) avec Lucien Lienhardt. Il a retrouvé Sarreguemines le 16 juin 1945.

























