BRICKA Charles

Commentaire (0) Portraits d'incorporés de force/déportés militaires

Disparu en capti­vité.

Dossier composé par Claude Herold :

 

Charles Bricka

Charles Bricka wurde noch nicht auf einen vom Volks­bund errich­te­ten Solda­ten­fried­hof überführt.

Nach den uns vorlie­gen­den Infor­ma­tio­nen befin­det sich sein Grab derzeit noch an folgen­dem Ort: Kirsa­now – Rußland

 

Name und die persön­li­chen Daten des Oben­ge­nann­ten sind auch im Gedenk­buch der Krieg­sgrä­berstätte verzeich­net. 

 

Nach­name:Bricka

Vorname:Charles

Dienst­grad:Grena­dier

Geburts­da­tum:28.09.1923

Geburt­sort:Ober­dorf

Todes-/Vermiss­ten­da­tum:30.05.1945

Todes-/Vermiss­te­nort: Kgf. in Kirsa­now Gebiet Tambow

 

 

Charles BRICKA

 

Nom:BRICKA

Prénom:Charles

Date de nais­sance:28/09/1923

Lieu de nais­sance:Ober­dorf-Spach­bach (Bas-Rhin) – France

Lieu de rési­dence:Ober­dorf-Spach­bach (Bas-Rhin) – France

Caté­go­ries

 

 Incor­poré de force dans la Wehr­macht

Décès

 

Dernière adresse connue:SP 39097 D

Date de décès:30/05/1945

Lieu de décès:Tambov – URSS

Circons­tances de décès:mort en capti­vité

Sources

 

ADEIF – Recueil photo des dispa­rus du Bas-Rhin (ADEIF)

CAEN – Fichier des Incor­po­rés De Force (IDF) « Morts Pour La France » (BAVCC-Caen) – version de 2005

CAEN3 – Fichier des Incor­po­rés De Force (IDF) « Morts Pour La France » (BAVCC-Caen) – version de 2007

 

REP-1946 – Registre des non-rentrés en 1946

 

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Les fusillés

Commentaire (0) 2017, Bibliographie

Collec­tif, Les fusillés (1940–1944), 2017.

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Julien KREBS, de Rohr­bach-les-Bitche

Commentaire (0) Portraits d'incorporés de force/déportés militaires

   Julien Krebs (* Rohr­bach-les-Bitche, Moselle, 15.10.1924).

RAD : 17.4.1942–26.9.1942 à Büttel­born au K5/221 (251). « On aurait dit que tout Mayence était en flammes. Tout le ciel était rouge de feu. Je crois que c’était pire qu’une érup­tion de l’Etna. Le lende­main, il fallut y aller avec nos pelles. C’était terrible, que de victimes inno­centes ! Par endroits, nous avions du mal à respi­rer à cause de la fumée et de la pous­sière.  Une femme est venue vers mon groupe en pleu­rant à chaudes larmes. Elle cher­chait vaine­ment un de ses enfants et demanda un volon­taire pour visi­ter la cave de son immeuble. Mais, impos­sible, une chaleur s’en déga­geait comme d’un four. Même le maca­dam sur la route avait brûlé par endroits » (p.17).

Il était au RAD avec Nico­las Kayser, lui aussi de Rohr­bach, Albert Mart­zel, Edmond Gouget (+ front de l’Est) et Bruhl, tous deux de Rohr­bach, et Eugène Krebs, de Bining.

10.10.1942 : Incor­poré dans la 1. Stammkp. / Inf. Ers. Btl. 124.

Plaque d’iden­tité : – 355 – 1. St. Kp. I. E. B. 124.

23.10.1942 : Muté à la 4e (MG) Kp./Inf. Ausb. Btl. 124 à Trèves.

22.2.1943 : dirigé sur le Marsch­batl. Okto­ber 96/5 à Baum­hol­der.

9.3.1943 : Muté au Stab III/Gren. Rgt. 283.

Secteur de Lenin­grad – Kiri­shi (tête de pont sur le fleuve Wolschow).

23.11–21.12.1943 : permis­sion.

En Ukraine (secteur de Kiev, Schi­to­mir, Sche­pe­towka).

16.1.1944 : griè­ve­ment blessé lors d’une contre-attaque alle­mande à Bol Kale­nit­schi par des éclats d’obus au cou, à la cuisse droite et aux mains. Ramassé par un Alle­mand, il est évacué sur le poste de secours prin­ci­pal. « J’ai toujours regretté une chose. je ne l’ai pas remer­cié comme j’au­rais dû le faire. C’était telle­ment normal qu’on s’en­traide au front. N’y a-t-il pas une dévie des Anciens Combat­tants qui dit « Unis comme au front » ? » (p.78).

20.1.1944. Hospi­ta­lisé au Reserve-Laza­rett de Kulpar­kow/Lemberg. Diagnos­tique : bles­sure par éclats d’obus au cou (côté droit), au larynx, à l’avant-bras droit, aux mains (trans­per­ce­ment) et à la cuisse droite.

7.2.1944, Lemberg. Le capo­ral Krebs, Stab III./ Gren. Regt. 283, reçoit la médaille des bles­sés en noir après avoir été blessé le 16.1.1944. Un autre docu­ment, iden­tique, est daté du 16.2.1944 à Katto­witz.

7.2.1944, à l’Est. Le capo­ral Krebs, Stab III./ Gren. Regt. 283, reçoit la croix de fer de 2e classe.

 

8.2.1944–24.3.44 : Hôpi­tal de Niko­laï-Katho­witz (Prusse orien­tale).

21.4.1944 (date barrée : 5.3.1944). La croix de fer est envoyée à son père Victor Krebs, car l’adresse de Julien n’est pas connue. Envoyé par le Feld­we­bel (illi­sible), FPN 13604 A.

 

27.3.1944 : venant du Reserve-Laza­rett de Niko­laï, il est trans­féré à celui de Bitche, dans les locaux du Petit Sémi­naire :  Teilla­za­rett Pries­ter­se­mi­nar. Date de sortie incon­nue.

10.6.1944. L’Infan­te­rie-Stur­mab­zei­chen en argent lui est décer­née. Le Feld­we­bel mentionné ci-dessous envoie la déco­ra­tion à Victor Krebs le 15.6.1944. Une note manus­crite de cet homme commence par « Cher Julien » et indique que le dénommé Stöckel est mort et que deux autres, Brach­mann et Held sont à l’hô­pi­tal ».

7.7.1944. Accusé d’être un simu­la­teur, il est déclaré « apte au combat ». Envoyé à Hameln au 216 régi­ment de Trans­mis­sion.

31.8.1944. Julien Krebs obtient une permis­sion du 1 au 16.9.1944. Il fait partie de la Gren. Nachr. Ers. Kp. 216 à Hameln. A la demande d’un Russe, trans­mets un ordre de déser­tions aux Russes de l’ar­mée de Vlasov canton­nés à Rohr­bach. Lui-même en profite pour déser­ter. Face à la Gestapo, ses parents ont prétendu qu’il était bien reparti pour le front à la fin de sa permis­sion. Dans la clan­des­ti­nité, il est rejoint par son frère Edouard qui avait assis déserté avec deux de ses cama­rades.

 

12.12.1944. Libé­ra­tion de Rohr­bach.Les évadés de l’ar­mée alle­mande sont priés de se présen­ter aux auto­ri­tés améri­caines ; Edouard et quelques uns s’abs­tiennent. Ceux qui obtem­pèrent son conduits en GMC à la maison Schos­ger à Enchen­berg et sont arrê­tés par les Améri­cains. Ils sont désor­mais des « Priso­ner of War French Citi­zen Deser­ter » et sont dépouillés de leurs biens (montres, couteaux…). Conduits à Dieme­rin­gen, puis à Epinal (où ils se font cracher dessus par des civils qui leur lancent aussi quelques pierres), Marseille. Avec lui se trouve Alphonse Rohr, de Rohr­bach. Ils sont pris en charge par les Français au camp de la Blan­carde.

6.1.1945, Marseille. Le chef de bataillon Char­cot, comman­dant du Centre de libé­ra­tion des prison­niers de guerre, auto­rise Julien Krebs à travailler de nuit pour le compte des Alliés.

12.1.1945. Tous les « Malgré-Nous » sont décla­rés aptes au service et enrô­lés dans l’ar­mée française.

23.1.1945 : Est auto­risé à travailler comme docker. Mais pour être embau­ché, il fallait se syndiquer : il adhère à la CGT.

10.2.1945 : début du chemin de retour pour la Moselle via Paris. Adhère à l’As­so­cia­tion des Inter­nés et dépor­tés poli­tiques. Passe par Nancy, Rohr­bach est toujours en zone de combats.

1.4.1945. Se rend avec son frère Edouard à Rohr­bach. Sur la route dépar­te­men­tale entre son village et Achen, un attrou­pe­ment : « Nous avons décou­vert un cadavre. C’était le corps d’une femme entiè­re­ment nue sous le manteau qu’elle portait. Son corps était criblé de balles. Quel a été son sort ? » (p.106).

1946 : diffi­cul­tés à trou­ver un emploi.

1947 : hospi­ta­li­sa­tion pour reti­rer un assez gros éclat d’obus d’une fesse.

 

Le récit complet et inédit de Julien Krebs a été rédigé sous le titre L’in­cor­po­ra­tion de force des Alsa­ciens-Mosel­lans dans l’ar­mée alle­mande durant la guerre de 1939–1945. Témoi­gnage de l’un d’entre eux dans ses Mémoires (Rohr­bach-les-Bitche, 2003).

 

La famille conserve égale­ment les notes prises par Victor Krebs (1887–1963) comme soldat de 14–18.

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François ZIMMER

Commentaire (1) Avis de recherche, Liste des avis de recherche

Je fais des recherches sur mon oncle François ZIMMER, « Malgré-Nous » alsa­cien, né le 11 juin 1923 à Still. D’après son acte de décès, il est mort le 29 octobre 1943 sur le front de l’Est, près de la ville de Golu­bi­nowka (Russie). Il s’agit en réalité Holu­bi­novka en Ukraine. Comme le H (en russe) se prononce G et le V (en russe) corres­pond phoné­tique­ment au W, les Alle­mands l’ont ortho­gra­phié ainsi. Cela se situe au sud ouest de Dnipro­pe­trovsk. Il est mentionné aussi qu’il était capo­ral.

Le BAVCC de Caen conserve une copie de la lettre écrite par son lieu­te­nant et chef de compa­gnie en date du 5.11.1943 avec la FPN 28 244 C (2e compa­gnie du Divi­sions-Füsi­lier-Bataillon 387). Il informe son père que le capo­ral François Zimmer est tombé à Golu­bi­nowka (sic pour Holu­bi­novka) « dans le combat de la Grande Alle­magne pour la liberté » selon la formule consa­crée. Il présente ses condo­léances en son nom et celui de toute la compa­gnie qui perd « un bon cama­rade » dont « ils conser­ve­ront le souve­nir ». On peut noter qu’il n’achève pas sa lettre par « Heil Hitler » mais par ses « senti­ments cordiaux ».

Par ma famille mater­nelle, je n’ai eu que peu de rensei­gne­ments. Tous sont d’ac­cords pour dire qu’il était réfrac­taire. D’après certains, les Alle­mands sont venus le cher­cher à son domi­cile, d’après d’autres, il aurait tenté de fuir pour le Sud de la France (où ses petits frères et sœurs étaient réfu­giés) et qu’il aurait été arrêté aux envi­rons de Schir­meck. Je ne sais pas ce qui est vrai. Il a été reconnu « mort pour la France » le 15.12.1958.

Chan­tale Bertrand

chan­tale-marie59@­hot­mail.fr

Fiche de la Région Alsace :

François Joseph ZIMMER

Origine

NomZIMMER
PrénomFrançois Joseph
Date de nais­sance11/06/1923
Lieu de nais­sanceStill (Bas-Rhin) – France
Lieu de rési­denceStras­bourg (Bas-Rhin) – France

Caté­go­ries

 Incor­poré de force dans la Wehr­macht

Décès

Date de décès29/10/1943
Lieu de décèsGoen­bi­nowka – URSS
Circons­tances de décèsTué au combat

Sources

  • CAEN – Fichier des Incor­po­rés De Force (IDF) « Morts Pour La France » (BAVCC-Caen) – version de 2005
  • CAEN3 – Fichier des Incor­po­rés De Force (IDF) « Morts Pour La France » (BAVCC-Caen) – version de 2007

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Jacques HALB (+ juillet 2017)

Commentaire (0) Les incorporés de force face à leur destin, Témoignages

                                                           

Jacques Halb est un Mosel­lan né en 1924. Le RAD (Reich­sar­beits­dienst) et l’in­cor­po­ra­tion de force dans l’in­fan­te­rie nazie ont inter­rompu ses études. Il a connu l’hor­reur sur le front russe. La cruauté, la faim, le froid, la peur, la vermine. Bref, le substrat de l’être humain!

La retraite devant les Russes fut pour lui un indes­crip­tible ensemble de souf­frances tant morales que physiques.

Pour s’éloi­gner du front, au prin­temps 1944, il marcha des jour­nées entières, fuyant les troupes sovié­tiques. Seul, sans alimen­ta­tion et toujours vers l’ouest, il allait, crai­gnant d’être capturé. Lors du dégel, dans la région où il se trou­vait, se forme un limon d’une épais­seur de plusieurs déci­mètres. Il est très gluant, mais aussi très fertile. Les Russes l’ap­pellent la raspou­titsa. Elle fut plus que néfaste pour les armées d’Hit­ler.

Tout en risquant maintes et maintes fois de s’en­li­ser, Jacques Halb a parcouru dans cette horrible boue des dizaines et des dizaines de kilo­mètres. Son courage, sa volonté lui ont permis fina­le­ment de trou­ver un semblant d’hô­pi­tal de campagne dans lequel il reçut quelques soins avant d’être mis dans un regrou­pe­ment.

Il arriva en Rouma­nie. Son unité fut regrou­pée et mise dans un train sur de la paille. Jacques dut être débar­rassé de la vermine qui le dévo­rait. Il fut ensuite envoyé en Alle­magne, via Vienne.

Jacques pensait bien repar­tir sur le front russe, mais à son grand éton­ne­ment le train conti­nuait vers l’Ouest. Il vit le Rhin, les gares de Hague­nau et de Saverne. Il dit aux soldats de son wagon qu’il passe­rait devant la maison de ses parents à Boux­willer. Tous à l’en­droit précis crièrent : « Halb, Halb, Halb! ». Jacques jeta sur le quai de la gare un bout de papier enve­lop­pant un morceau de ballast. Un chemi­not ramassa ce papier sur lequel Jacques signa­lait son passage vers l’Ouest. Sa maman avait entendu les cris prove­nant du wagon. Elle alla le dire à son mari, ce dernier crut que son épouse avait des hallu­ci­na­tions. Fort heureu­se­ment, le papier fut remis par le chemi­not.

L’es­poir renais­sait, c’était en début mai 1944. Jacques fut affecté à Gisors dans le dépar­te­ment de l’Eure. De là, il eut un ordre de mission pour se faire épouiller à Paris. Ils y allèrent à deux et en armes.

C’est à Monti­gny-en-Vexin (dépar­te­ment de l’Oise) que Jacques apprit que le débarque­ment avait eu lieu. Il resta dans cette garni­son, jusqu’à la 3ème semaine de juillet 1944. Il était bran­car­dier. Son unité fit mouve­ment près d’Avranches où les combats étaient intenses.

L’ar­tille­rie améri­caine tirait de partout, sans objec­tif précis. Un village voisin était en flammes. Jacques pensa que le moment était propice à l’éva­sion, dans ces condi­tions, il serait porté disparu et ses parents ne subi­raient pas les repré­sailles program­mées par la Sippen­haft­ge­setz. Dès le retour vers l’ar­rière des lignes des combats, Jacques se mit en  « serre-file » et faussa compa­gnie. Il jeta son fusil et son équi­pe­ment. Il avait conservé son bras­sard de bran­car­dier donné à Gisors. Il le mit. Il emprunta des chemins creux. C’était la nuit, le sol lui parut inégal, il trébu­chait : c’étaient des cadavres. Il parvint tout de même à l’ar­rière du front. Il lut le nom du village Gathemo.

Gathemo fut le théâtre de durs combats entre le 116ème Panzer et la 28ème Divi­sion US.

Jacques parvint à Sour­de­val. Commune presque tota­le­ment détruite où 80 civils furent tués. Le comman­dant de la 28ème Divi­sion US, James E. Whar­ton, y fut mortel­le­ment blessé le 12 août 1944. Jacques s’ap­pro­cha de l’église et du pres­by­tère, il demanda la protec­tion du curé. Ce dernier le cacha dans la tran­chée, abri du pres­by­tère, en atten­dant d’al­ler en quête de vête­ments civils. Le lende­main, au sortir de la tran­chée, Jacques se trouva au milieu de soldats alle­mands occu­pés à monter une pièce d’ar­tille­rie. Ils ne portèrent aucune atten­tion à lui. Le curé trouva des vête­ments civils, Jacques put se débar­ras­ser de son uniforme et le jeta dans un fourré. Le curé cacha, sous le marbre de son bureau, le livret mili­taire et la plaque d’iden­tité.

Le curé de Sour­de­val fut tué par un éclat d’obus quelques jours après. C’est ce que Jacques a appris en voulant, après la guerre, remer­cier ce prêtre.

Jacques parvint à Chanu. Là, chez un agri­cul­teur où lui fut préparé une « véné­rable » omelette, une dame dit que le curé de cette paroisse était très malade. Jacques s’y rendit et c’est donc au pres­by­tère qu’il passa la nuit, bien dissi­mulé des unités nazies.

Jacques voulait passer les lignes pour aller vers les Alliés, de l’autre côté de la forêt de Halouze dans laquelle étaient au repos des unités alle­mandes. Cela était très malaisé et surtout dange­reux. Après réflexion, un agri­cul­teur, assu­ré­ment patriote, eut cette auda­cieuse idée : il lui confia une hache et aussi son fils de 10–11ans. Le garçon­net connais­sait parfai­te­ment la forêt. La traver­sée se fit sans aucun problème. Jacques renvoya le garçon avec la hache.

En s’orien­tant de son mieux, à l’aide de la carte donnée par le père du garçon­net, Jacques pour­sui­vit son chemin à travers la campagne. Il reçut des aides de la part des Normands et ne tarit pas de louanges à leur endroit. Il mangea, dormit dans le foin et aussi dans un lit. Il a souve­nance d’être passé au « Châte­let », à « La Chaud » qui sont des lieux-dits pour arri­ver à Mont­mer­rei. Avec d’autres réfu­giés dans une ferme d’Al­me­nêches, il se rendit utile en parti­ci­pant aux travaux agri­coles.

Reve­nant d’une ferme sur un chemin, des balles sifflèrent très près. Elles prove­naient d’une autre ferme. Jacques vit 2 mitrailleuses braquer sur eux. Les Alle­mands leur firent signe d’avan­cer. Le très jeune lieu­te­nant voulait fusiller tout le monde. Mais un adju­dant, beau­coup plus âgé, l’en dissuada. Jacques simula ne pas comprendre la langue alle­mande, fit entendre qu’il venait des champs mettre en place des gerbes. Le lende­main, tous les soldats alle­mands étaient partis.

Les canons se faisaient entendre de plus en plus près. Leur bruit s’éloi­gna d’Al­me­nêches en direc­tion d’Ar­gen­tan.

En conti­nuant à parti­ci­per aux travaux de la ferme, tous virent des half-track venir patrouiller très près. Ils portaient un écus­son carte de France et en surim­pres­sion une croix de Lorraine. Surprise géné­rale, les soldats se tenant à bord parlaient français. Ils faisaient partie de la 2ème DB. Ce jour- là, Jacques fut libéré.

Ecou­tons Jacques, libéré par les Français: « Je ne pus m’em­pê­cher de m’en­ga­ger dans cette unité. Je suis passé à l’État-Major et j’ai demandé le 2ème Bureau. Le capi­taine comman­dant ce service était de Sarre­bourg. Je lui racon­tai ma situa­tion d’in­cor­poré de force et mon désir de m’en­ga­ger dans l’ar­mée française. Le chef du bataillon alle­mand auquel j’ap­par­te­nais avait été fait prison­nier et avait parlé. Ainsi, l’iti­né­raire de mon unité était connu. Lorsque je dis à ce capi­taine que je venais de Boux­willer, il me demanda » Que devient Wilsch ? ». C’était le procu­reur alle­mand du tribu­nal de Saverne. Ce nazi était venu pour germa­ni­ser toute la contrée. Mon père, juge à Boux­willer, connais­sait Wilsch. Wilsch était intrai­table, parti­cu­liè­re­ment avec les Français qui, pour ne pas aller dans les armées nazies, se muti­laient volon­tai­re­ment. Il les envoyait dans la caserne SS de Séles­tat. Personne ne les revoyait. Ils deve­naient » Nuit et Brouillard ». Donc ils devaient dispa­raitre dans le mois. Volon­tai­re­ment, je m’étais ébouillanté les pieds et les jambes jusqu’aux genoux. Si mon père n’avait pas été juge, je serai devenu « Nuit et Brouillard » moi aussi.

La 2ème DB était en ligne devant Ecou­ché et Argen­tan. Je pus m’en­ga­ger et fut mis dans un bataillon de réserve. Là, le hasard me fit rencon­trer Aloyse Brenekle, origi­naire du nord de l’Al­sace. Nous sommes restés ensemble jusqu’en janvier 1945. Sept incor­po­rés de force, évadés des armées nazies étaient dans cette unité. Nous avions un uniforme améri­cain, la nour­ri­ture et l’ar­me­ment étaient améri­cains.

Pour notre incor­po­ra­tion dans la 2ème DB, le comman­dant du bataillon, en lisière de la forêt, rassem­bla toute son unité. Les Alsa­ciens-Lorrains furent mis au garde à vous et féli­ci­tés pour leur patrio­tisme. Ensuite le comman­dant, devant chacun de nous, se mit lui aussi au garde-à-vous, et demanda le nom de chacun. Ce comman­dant avait connu en Algé­rie un lieu­te­nant du nom de Brenekle, un parent d’Aloyse ».

Le bruit se répan­dit que les nazis voulaient détruire Paris. Embarquée sur des camions, toute la compa­gnie fit route vers la capi­tale. Ce voyage pour tous fut mémo­rable. Les camions enca­drés de half-track devaient parfois s’ar­rê­ter. Les civils, éton­nés de voir des soldats français, esca­la­dèrent nos véhi­cules pour nous embras­ser, nous offrir à boire et aussi des fleurs. Les femmes étaient beau­coup plus expan­sives que les hommes. Ce fut véri­ta­ble­ment une joie explo­sive pour tout un peuple, d’être libéré par ses compa­triotes.

Paris libéré, le parcours se pour­sui­vit vers l’Est. Les Alsa­ciens-Lorrains deman­daient à être versés dans des unités de combat. C’est ce que firent Aloyse Brenekle et Jacques Halb….! Ils furent mis à Troyes, dans une école mater­nelle pour y impri­mer des plaques de recon­nais­sance. Cela, parce qu’il aurait été pu être dange­reux et cruel pour des évadés des armées nazies, d’être mis en 1ère ligne, peut être en face d’une unité de l’ar­mée alle­mande d’où ils s’éva­dèrent.

Bien­tôt la 2ème DB se trouva dans les Vosges avant la percée sur Stras­bourg. Les Alsa­ciens-Lorrains étaient nombreux. Ils s’étaient évadés de l’ar­mée alle­mande en Norman­die ou alors ils s’étaient consti­tués prison­niers aux alliés. Ils reve­naient d’An­gle­terre (prin­ci­pa­le­ment du camp de Camber­ley) et portaient l’uni­forme anglais.

Lorsque Jacques revint chez lui, en raison des infor­ma­tions reçues, son père lui dit: « Tu étais le dernier porté disparu de Boux­willer ». Mais en son for inté­rieur, il pres­sen­tait qu’il avait réussi son évasion pour­tant Monsieur Halb père, quelques semaines aupa­ra­vant avait appris par Radio Londres, que la Divi­sion dans laquelle était Jacques avait été tota­le­ment anéan­tie en Russie.

Jacques fit des études de méde­cine. Il y fut déter­miné par les cris et hurle­ments, qui sous la souf­france des bles­sures, prove­naient de soldats. Dans toutes les langues ils appe­laient leur maman. Jacques est donc devenu docteur en Méde­cine.

Pour tirer les ensei­gne­ments de ce qu’il fit, Jacques dit : « La liberté est une déesse cruelle, qui demande des sacri­fices cruels pour être conser­vée » et ajoute : « J’ai voulu, en m’en­ga­geant, me battre pour la France que j’aime tant ». A ses enfants il a écrit :  « Vous devez l’ai­mer encore plus et aimer l’Eu­rope ».

 

Portrait par Jean BÉZARD, en février 2015. Il rappelle : « Jacques recher­chait ce garçon­net, il doit être aujourd’­hui octo­gé­naire. Nous avions rédigé un avis de recherche, mais le jour­nal « Ouest France » avait refusé de le publier ».

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Un ancien incor­poré de force découvre le maga­zine « Compren­dre… l’in­cor­po­ra­tion de force »

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Patrick Kautz­mann (à gauche) présente notre maga­zine consa­cré aux Alsa­ciens dans la Waffen-SS à Charles Zeid­ler. Né le 5 janvier 1926, ce dernier est incor­poré de force dans l’Auflä­rung Abtei­lung 2 de la 2e SS-Panzer-Divi­sion. Il survit aux combats de la Poche de Roncey (Norman­die) et il est fait prison­nier dans les Ardennes en décembre 1944. Il est interné dans un camp à Chalons en Cham­pagne avant d’être libéré.

 

 

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LES JOURNEES DE L’INCORPORATION DE FORCE EN OCTOBRE 2017

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Plaquette Jour­nées de l’in­cor­po­ra­tion Plaquette asso­cia­tions histoire

 

Plaquette asso­cia­tions histoire

 

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LAUXTERMANN Louis et LAZARUS Alphonse, dispa­rus en capti­vité

Commentaire (1) Portraits d'incorporés de force/déportés militaires

FICHES trans­mises par Claude Herold.

Ludwig Karl Laux­ter­mann

Nach den uns vorlie­gen­den Infor­ma­tio­nen ist Ludwig Karl Laux­ter­mann seit 01.06.1944 vermisst.

In dem Gedenk­buch des Fried­hofes Pulawy haben wir den Namen und die persön­li­chen Daten des Oben­ge­nann­ten verzeich­net

 

Nach­name:Laux­ter­mann

Vorname:Ludwig Karl

Geburts­da­tum:09.02.1915

Todes-/Vermiss­ten­da­tum:01.06.1944

Todes-/Vermiss­te­nort: Lublin

  • Préci­sion d’un cama­rade alle­mand, Hein­rich Mühle­meyer (97 ans en 2018) :
« Es tut mir Leid, dass Ludiwg es anschei­nend nicht geschafft hat.
 
Ich hatte Ludwig im Laza­rett kennen­ge­lernt, in der Nähe der Stadt « Sambo », im vorde­ren Polen. Wir waren uns beide im klaren darü­ber, dass der Krig verlo­ren war. Dort hat er mir erzählt, er wäre bei einem Spieß, der ein Säufer war. Wenn der ne Flasche Schnaps hätte, würde er den beste­chen können, um Urlaub zu krie­gen. Dann würde er abhauen zu De Gaule (laut seiner Auskunft war sein Vater Musik­di­rek­tor einer Stadt und hätte in dieser Funk­tion mit der Fami­lie DeGaule verkehrt).
Ich habe ihn dann diese Flasche Schnapps gege­ben und gehofft, dass es ihm gelänge, abzu­hauen und zu DeGaule zu kommen. » 

 

Alphonse Anselme LAZARUS

 

Nom:LAZARUS

Prénom:Alphonse Anselme

Prénom usuel:Alphonse

Date de nais­sance:20/09/1921

Lieu de nais­sance:Esch­bach (Bas-Rhin) – France

Lieu de rési­dence:Esch­bach (Bas-Rhin) – France

Caté­go­ries

 

 Incor­poré de force dans la Wehr­macht

Dispa­ri­tion

 

Dernière adresse connue:SP 22142 Sapo­ro­shje

Date de dispa­ri­tion:02/10/1943

Lieu de dispa­ri­tion Sapo­rosche – URSS

Circons­tances de décès:Inconnu

Sources

 

ADEIF – Recueil photo des dispa­rus du Bas-Rhin (ADEIF)

CAEN – Fichier des Incor­po­rés De Force (IDF) « Morts Pour La France » (BAVCC-Caen) – version de 2005

CAEN3 – Fichier des Incor­po­rés De Force (IDF) « Morts Pour La France » (BAVCC-Caen) – version de 2007

 

REP-1946 – Registre des non-rentrés en 1946

 

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Georges NIESS, disparu en capti­vité à Orscha

Commentaire (0) Portraits d'incorporés de force/déportés militaires

 

Fiches trans­mises par Claude Herold.

 

Georges NIESS

 

Nom:NIESS

Prénom:Georges

Date de nais­sance:18/04/1925

Lieu de nais­sance:Huns­pach (Bas-Rhin) – France

Lieu de rési­dence:Huns­pach (Bas-Rhin) – France

Caté­go­ries

 

 Incor­poré de force dans la Wehr­macht

Dispa­ri­tion

 

Dernière adresse connue:SP 15858 Riga

Date de dispa­ri­tion:25/09/1944

Lieu de dispa­ri­tion:Towa – Esto­nie

Circons­tances de décès:Inconnu

Sources

 

ADEIF – Recueil photo des dispa­rus du Bas-Rhin (ADEIF)

CAEN – Fichier des Incor­po­rés De Force (IDF) « Morts Pour La France » (BAVCC-Caen) – version de 2005

CAEN3 – Fichier des Incor­po­rés De Force (IDF) « Morts Pour La France » (BAVCC-Caen) – version de 2007

REP-1946 – Registre des non-rentrés en 1946

 

Georg Niess

Nach den uns vorlie­gen­den Infor­ma­tio­nen ist Georg Niess seit 01.09.1944 vermisst.

In dem Gedenk­buch des Fried­hofes Saldus (Frauen­burg) haben wir den Namen und die persön­li­chen Daten des Oben­ge­nann­ten verzeich­net.

 

Nach­name:Niess

Vorname:Georg

Geburts­da­tum:18.04.1925

Todes-/Vermiss­ten­da­tum:01.09.1944

Todes-/Vermiss­te­nort: Baldone / Ikskile / Kekava / Riga Stadt/ 

Roden­pois / Stunt See

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WELKER Alphonse, disparu en capti­vité à Orsk

Commentaire (0) Portraits d'incorporés de force/déportés militaires

Fiches du VDK, du DRK et de la Région Alsace trans­mises par Claude Herold.

 

Alfons Welker

Alfons Welker wurde noch nicht auf einen vom Volks­bund errich­te­ten Solda­ten­fried­hof überführt.

Nach den uns vorlie­gen­den Infor­ma­tio­nen befin­det sich sein Grab derzeit noch an folgen­dem Ort: Orsk – Rußland

 

Name und die persön­li­chen Daten des Oben­ge­nann­ten sind auch im Gedenk­buch der Krieg­sgrä­berstätte verzeichne

 

Nach­name:Welker

Vorname:Alfons

Dienst­grad:Pionier

Geburts­da­tum:01.12.1912

Geburt­sort:Malmers­pach

Todes-/Vermiss­ten­da­tum:03.12.1944

Todes-/Vermiss­te­nort: In der Kgf. in Orsk/Ural

 

 

Alphonse WELKER

 

Nom:WELKER

Prénom:Alphonse

Date de nais­sance:01/12/1912

Lieu de nais­sance:Malmers­pach (Haut-Rhin) – France

Lieu de rési­dence:Malmers­pach (Haut-Rhin) – France

Caté­go­ries

 

 Incor­poré de force dans la Wehr­macht

Décès

 

Date de décès:03/12/1944

Lieu de décès:Orsk – Oural – URSS

Circons­tances de décès:mort en capti­vité

Sources

 

CAEN – Fichier des Incor­po­rés De Force (IDF) « Morts Pour La France » (BAVCC-Caen) – version de 2005

CAEN3 – Fichier des Incor­po­rés De Force (IDF) « Morts Pour La France » (BAVCC-Caen) – version de 2007

REP-1946 – Registre des non-rentrés en 1946

 

VDK – Volks­bund deut­scher Krieg­sgrä­berfür­sorge

 

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