Lettre de l’OPMNAM au président de la Répu­blique

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Permet­tez à un orphe­lin d’un Malgré-Nous raflé par la Gestapo, déporté à partir du terri­toire natio­nal, incor­poré de force sous peine de repré­sailles par les nazis sur sa famille et son fils à peine âgé de trois semaines, de vous féli­ci­ter et de vous remer­cier pour votre discours très émou­vant lors de la commé­mo­ra­tion natio­nale du 65e anni­ver­saire de la libé­ra­tion à Colmar.

Vos paroles très fortes et justes vont aller droit au cœur des dizaines de milliers de familles alsa­ciennes et mosel­lanes et, je l’es­père, de nos compa­triotes souvent très peu infor­més « du drame des « Malgré-Nous », l’un des plus poignants de notre histoire commune avec l’Al­le­magne », dixit votre message du 11 novembre 2009.

Aurions-nous voulu conce­voir ce message, que nous n’au­rions pas fait mieux ! Tout y est, les combats diffi­ciles de libé­ra­tion, la déter­mi­na­tion du Gal. De Gaulle, le rôle éminent des troupes françaises et l’ap­port de la résis­tance, malgré l’ab­sence bien invo­lon­taire des 130 000 incor­po­rés de force dans la force de l’âge.

Qu’un Président de la Répu­blique soit venu en Alsace pour répa­rer l’injus­tice qui leur est faite depuis plus de 65 ans et leur ait rendu leur honneur ne peut que concou­rir à refer­mer les plaies mal cica­tri­sées et apai­ser les souf­frances de « ce lourd silence teinté de soupçons. »

Vous êtes le premier Président de la Répu­blique qui, lors d’une grande commé­mo­ra­tion natio­nale, après celle du 11 novembre dernier, les recon­naisse enfin comme « victimes du nazisme », auquel il n’est nul besoin d’ajou­ter barba­rie, un pléo­nasme, « victimes du pire régime d’op­pres­sion que l’his­toire ait connu et d’un véri­table crime de guerre »

Et de condam­ner la colla­bo­ra­tion : « Je veux dire que ceux qui les ont aban­don­nés, ceux qui n’ont rien fait pour empê­cher cette igno­mi­nie perpé­trée contre des citoyens français, ont trahi les valeurs de la France et l’ont désho­no­rée. La colla­bo­ra­tion fut une trahi­son et un déshon­neur ».

Merci d’avoir eu une pensée pour « la douleur des familles et de leurs enfants », dont nous leurs orphe­lins, et d’avoir rappelé à nos compa­triotes « que les menaces de repré­sailles qui pesaient sur les familles, ne leur lais­sait pas le choix ».

Rappe­lons que sans la défaite éclair humi­liante de 1940 où combat­tirent la majo­rité de nos pères et la honteuse colla­bo­ra­tion, lais­sant le champ libre aux nazis en Alsace-Moselle, il n’y aurait pas eu cette incor­po­ra­tion de force massive de 130 000 citoyens français, ni 40 000 tués ou portés dispa­rus, ni 20 000 orphe­lins et autant de veuves.

Devant le souci louable de répa­rer une injus­tice, par la recon­nais­sance offi­cielle du Président de la Répu­blique du drame et de l’aban­don de l’Al­sace-Moselle, par la faute inex­cu­sable du gouver­ne­ment colla­bo­ra­tion­niste malgré ses protes­ta­tions modé­rées, à la demande expresse de Pétain, peu audibles, nous ne ferons pas état de nos diver­gences avec les services de l’Etat, la justice admi­nis­tra­tive, le Bundes­tag, la Cour Euro­péenne des Droits de l’Homme.

Il n’en demeure pas moins et nous savons, Monsieur le Président de la Répu­blique, que nous pouvons comp­ter sur vous, pour que ce dernier conten­tieux avec les Orphe­lins de Pères « Malgré-Nous », se règle entre pays deve­nus amis. Dans ce cadre, nous ferons de nouvelles propo­si­tions.

Rece­vez, Monsieur le Président de la Répu­blique, l’ex­pres­sion de notre haute consi­dé­ra­tion.

Le Président de l’OPMNAM Bernard ERNEWEIN, Orphe­lin d’un crime de guerre.

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Une réac­tion de Roland Schmit­thaeus­ler, fils d’in­cor­poré de force et pupille de la Nation

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Le 8 mai 2010, suite au discours prononcé par Nico­las Sarkozy, président de la Répu­blique, à Colmar le même jour, Roland Schmit­thaeus­ler, fils d’in­cor­poré de force et pupille de la Nation, lui a adressé ce message :

MERCI! C’est le seul mot qui convienne à la suite de votre discours de Colmar ce 8 mai 2010.
Fils unique d’un incor­poré de force disparu sur le front russe le jour-même de mon premier anni­ver­saire en 1944, j’at­ten­dais un mot, une parole, un geste de la part des auto­ri­tés de l’Etat depuis de nombreuses années.
Oh, certes il eut ce dédom­ma­ge­ment symbo­lique versé par la Répu­blique fédé­rale d’Al­le­magne pour cause d’in­cor­po­ra­tion de force. Mais ce geste était destiné aux survi­vants ou aux veuves de ce que vous avez appelé « crime de guerre « .
Et c’en était bien le quali­fi­ca­tif, puisque le Gaulei­ter Wagner insti­ga­teur de cette igno­mi­nie a bien été condamné à mort pour cette raison.

Je vous remer­cie égale­ment pour avoir rappelé le Serment de Koufra, que j’ai eu l’hon­neur de réci­ter devant les élèves du Lycée Fustel à côté de la Cathé­drale de Stra­bourg à l’oc­ca­sion du 10e anni­ver­saire de fin de la IIe guerre mondiale en 1955.

Ce que nous atten­dions, nous les orphe­lins, c’est d’en­tendre une parole qui nous permet­trait de sortir de nos silences et de nos rési­gna­tions. Car il est une grande souf­france de n’avoir pas de droit à la Mémoire, alors que résonnent autour de nous les discours mémo­riels de tous hori­zons
sauf du nôtre, qui doit être trop sulfu­reux pour qu’on osât l’évoquer.

A côté d’autres lieux de mémoire, les nôtres sont rares: une stèle devant la gare des marchan­dises à Stras­bourg, une grande croix blanche au-dessus d’Ober­nai et un monu­ment commé­mo­ra­tif à Mulhouse et un lieu du souve­nir peu connu dans le nord de l’Al­sace à Hatten.
Bien sûr, il y a le Mémo­rial d’Al­sace-Moselle à Schir­meck, à l’en­droit même où se dres­sait le sinistre camp d’in­ter­ne­ment et de mise au pas des récal­ci­trants à l’ordre nazi. Mais les respon­sables de ce site nous avaient bien fait comprendre que c’était un musée et pas un mauso­lée…

Il nous appa­raît de notre devoir en tant qu’en­fants de ces soldats dispa­rus d’ho­no­rer leur mémoire, car si nous sommes là aujourd’­hui, c’est bien parce que nos pères ont accepté de donner leur vie pour ceux qu’ils ont aimé : leurs parents, leur épouse et leurs enfants.

Encore une fois, Monsieur le Président, veuillez trou­ver dans ces quelques phrases l’ex­pres­sion de ma très vive grati­tude et l’as­su­rance de mon très profond respect,

Roland SCHMITTHAEUSLER

Fils d’In­cor­poré de Force,
Pupille de la Nation

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FINTZ André et Georges, d’Ober­mo­dern-sur-Moder

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jpg_Fintz_Andre_ADEIF.jpg * FINTZ André est né le 5.5.1926 à Ober­mo­dern-sur-Moder, Bas-Rhin. Incor­poré de force dans la Waffen-SS, il appar­tient à la SS-Pz. Gren. Ausb. u. Ers. Btl. 16 Stab au moment de sa dispa­ri­tion à Mese­ritz en janvier 1945 (dernière adresse connue : FPN 41128 J).

* FINTZ Georges est né le 9.2.1916 à Ober­mo­dern-sur-Moder. Versé de force dans la Waffen-SS (comme l’in­dique son grade de Rottenfüh­rer, capo­ral), il dispa­raît à Varso­vie (dernière adresse connue : FPN 33501 B).

 Fiche du Volks­bund  :

 Nach­name: Fintz

 Vorname: Georg

 Dienst­grad: Rottenfüh­rer

 Geburts­da­tum: 09.02.1919

 Geburt­sort: Ober­mo­dern

 Todes-/Vermiss­ten­da­tum: 08.11.1944

 Todes-/Vermiss­te­nort: nördl. Choto­mow

 Georg Fintz ruht auf der Krieg­sgrä­berstätte in Modlin (Polen). Endgra­blage: auf diesem Fried­hof.

jpg_Fintz_Andre_DRK.jpg
jpg_Fintz_Georges.jpg

  Lien vers Mémo­rial GenWeb trans­mis par Gérard Schutz :
http://www.memo­rial-genweb.org/~memo­rial2/html/fr/result­com­mune.php?pays=France&idsource=27648&insee=67347&dpt=67&table=bp04

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Enfin libé­rés, soixante-cinq ans après la fin de la guerre !

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Il aura fallu soixante-cinq ans, presque toute une vie, pour que certaines plaies soient enfin soignées… Des plaies qui plongent leurs racines direc­te­ment dans cette Seconde Guerre mondiale qui a vu dans chaque région du monde, et dans tous les coins d’Eu­rope tant d’atro­ci­tés, tant de crimes et de victi­mes… Parmi eux, l’Al­sace n’est pas en reste…

 Ludan Peter, ensei­gnant d’His­toire et de Géogra­phie, est l’au­teur d’un mémoire de Master II soutenu à l’IEP de Paris en juin 2008 : Retour au pays – Zeruck Heim : la sortie de guerre des incor­po­rés de force alsa­ciens et sa gestion par les auto­ri­tés françaises (1942 – 1947), 228 pages.

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ISINGER Auguste

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jpg_Isinger_Auguste.jpgJe cherche toute infor­ma­tion concer­nant mon grand-père mater­nel Auguste Isin­ger, né le 11 décembre 1908 à Stund­willer (Bas-Rhin). Soldat français en 39–40, il est enrôlé de force dans l’ar­mée alle­mande en 1944, interné à Tambow et revenu en France en 1945.

Merci pour toute aide !

Joël Leyen­de­cker

 Cour­riel : joel.leyen­de­cker@­free.fr

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SEEWALD Eugène

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jpg_SEEWALD_Eugene-2.jpg Je recherche mon oncle Eugène SEEWALD, enrôlé de force dans la Wehr­macht, parti vers le front Russe ; il doit être encore en vie, du se marier, avoir des enfants. Il habi­tait Seltz (Bas-Rhin) quand il a été incor­poré.

Merci !

PLB

Cour­riel : lbv45@aol.com

* Fiches du Volks­bund et du DRK trans­mises par Claude Herold :

Nach­name: Seewald

Vorname: Eugen

Dienst­grad:

Geburts­da­tum: 21.10.1923

Geburt­sort:

Todes-/Vermiss­ten­da­tum: 01.07.1944

Todes-/Vermiss­te­nort: Dybino / Mosskwa Fluss / Pachra Fluss /
Podolssk / Tjoplyj / Wnokowo /

Nach den uns vorlie­gen­den Infor­ma­tio­nen ist die o. g. Person seit 01.07.1944 vermißt.

NB : Feld­post­num­mer 18377 E = 8e compa­gnie du Grena­dier-Regi­ment 187.

jpg_Seewald_Eugen.jpg Eugène Seewald faisait alors partie du Gren. Rgt. 187, II. Bt.

 

 

 

 

Fiche de la Région Alsace :

Eugène SEEWALD

Nom SEEWALD
Unité : 7 Grena­dier régi­ment 187 Stab Kompa­nie JEB Moto­ri­siert 11438
Dernière adresse connue SP 18377 E Poloz
  • ADEIF – Recueil photo des dispa­rus du Bas-Rhin (ADEIF)
  • CAEN – Fichier des Incor­po­rés De Force (IDF) « Morts Pour La France » (BAVCC-Caen) – version de 2005
  • CAEN3 – Fichier des Incor­po­rés De Force (IDF) « Morts Pour La France » (BAVCC-Caen) – version de 2007
  • REP-1946 – Registre des non-rentrés en 1946

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Discours du président de la Répu­blique, Nico­las Sarkozy, le 8 mai 2010 à Colmar

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Nous repro­dui­sons ici le fac-similé du discours prononcé par le président de la Répu­blique, Nico­las Sarkozy, le 8 mai 2010 à Colmar.

DISCOURS DE M. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Colmar (Haut-Rhin) — Samedi 8 mai 2010

Monsieur le Premier ministre,

Monsieur le Président du Sénat,

Monsieur le Vice-président de l’As­sem­blée natio­nale,

Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les Parle­men­taires,

Monsieur le Maire de Colmar,

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs,

Il y a 65 ans, le 8 Mai 1945 s’ache­vait la 2ème Guerre Mondiale.

Le 19 Mars, le dernier soldat alle­mand avait quitté le sol alsa­cien.

Le dernier acte de la libé­ra­tion de la France s’était joué ici, à Colmar, dernière ville française occu­pée, au début du mois de Février.

Le 26 Janvier, le Géné­ral de Lattre de Tassi­gny signe son ordre d’opé­ra­tion n°247 : la poche de Colmar où est retran­chée la 19ème armée alle­mande doit être liqui­dée par une opéra­tion de débor­de­ment évitant à la ville des
combats destruc­teurs.

Le 2 Février 1945, la 5ème divi­sion blin­dée française entre dans Colmar. Le char du Géné­ral Schles­ser qui la commande porte le nom d’Aus­ter­litz…

Dans sa procla­ma­tion aux habi­tants de Colmar, de Lattre écrit : « Après quatre ans et demi d’op­pres­sion et de souf­frances, quatre ans et demi d’une sépa­ra­tion si cruelle à nos cœurs, votre Cité retrouve la Mère Patrie et le drapeau trico­lo­re… »

Après, tout s’en­chaine. Le 6 Février, Neuf-Brisach est libéré à son tour. Et dès le 9 de Lattre peut écrire : « Au vingt-et-unième jour d’une âpre bataille au cours de laquelle les troupes améri­caines et françaises ont riva­lisé d’ar­deur, de téna­cité et de sens manœu­vrier, l’en­nemi a été chassé de la plaine d’Al­sace ».

Quatre semaines plus tard, le dernier village alsa­cien encore occupé est libéré.

Je veux rendre hommage à la Résis­tance alsa­cienne, aux dépor­tés, aux morts des maquis des Vosges, à tous ceux que la Gestapo traqua, arrêta, tortura, assas­sina.

A tous les réfu­giés alsa­ciens et lorrains qui partout entrèrent dans la clan­des­ti­nité.

Aux combat­tants volon­taires de la Brigade Alsace-Lorraine dont les plus jeunes avaient à peine 16 ans.

Mais en choi­sis­sant de venir célé­brer, cette année le 8 Mai à Colmar, je n’ai pas voulu seule­ment évoquer le souve­nir des combat­tants auxquels nous devons tant et dont les noms s’ef­facent lente­ment des mémoires au fur et à mesure que la mort fait dispa­raître les derniers témoins.

Si j’ai choisi l’Al­sace, c’est parce qu’au-delà des souf­frances qu’elle a parta­gées avec tous les Français du fait de la guerre et de l’oc­cu­pa­tion, il y a une souf­france terrible qu’elle est la seule, avec la Moselle, à avoir subie et qui a laissé dans le cœur de chaque alsa­cien et de chaque Mosel­lan une profonde et secrète bles­sure dont la douleur n’est pas éteinte.

Il fallait qu’un Président de la Répu­blique vint un jour ici pour dire aux Français ce que fut le drame de l’Al­sace et de la Moselle.

Il fallait qu’un Président de la Répu­blique vint dire aux Alsa­ciens que leur douleur est celle de tous les Français, parce que la France est indi­vi­sible et parce que l’Al­sace est française, française parce qu’elle l’a voulu, parce que son âme est française, parce que son cœur est français, parce qu’il n’y a pas un Français, l’his­toire ayant été ce qu’elle a été, qui puisse imagi­ner la France sans l’Al­sace.

Je suis venu aujourd’­hui en Alsace répa­rer une injus­tice.

***

En 1940, l’Al­sace-Moselle vécut une annexion de fait. Tout ce qui rappe­lait la France, tout ce qui pouvait expri­mer la volonté des Alsa­ciens et des Lorrains d’être Français, fut banni, traqué, puni. Dans ce Colmar où la langue française était désor­mais pros­crite, où les noms et prénoms mêmes durent être chan­gés, tout ce qui reliait chacun de nos compa­triotes à la France, de la façon la plus intime et la plus person­nelle, tout cela dispa­rut.

Les villes furent divi­sées en sections, cellules et blocs pour être mieux contrô­lées. La popu­la­tion fut enrô­lée dans les orga­ni­sa­tions nazies. Les adultes, dans le service du travail du Reich en 1941. L’an­née suivante vint le tour des plus jeunes de 10 à 18 ans, obli­gés d’adhé­rer aux jeunesses hitlé­riennes. Mais la pire des souf­frances fut celle qui a été la plus occul­tée. Le silence qui s’est fait autour d’elle n’a fait qu’ajou­ter à la douleur parce que ce silence était comme un soupçon.

A partir de 1942, les Alsa­ciens et les Mosel­lans furent enrô­lés de force dans l’ar­mée alle­mande. On leur mit un uniforme qui n’était pas celui du pays vers lequel allaient leur cœur et leur fidé­lité, on les envoya se battre pour une cause qui n’était pas la leur et qu’ils haïs­saient. On les força à agir contre leur patrie, leur serment, leur conscience.

Ils furent 130 000.

30 000 sont morts au combat. 10 000 furent portés dispa­rus. Les « malgré nous » ne furent pas des traitres.

Les menaces de repré­sailles qui pesaient sur leurs familles ne leur lais­saient pas le choix. Ce furent des victimes. Des victimes du nazisme. Des victimes du pire régime d’op­pres­sion que l’his­toire ait connu.

Les victimes d’un véri­table crime de guerre. On les envoya sur le front de l’Est. A leur souf­france morale, s’ajou­tèrent les pires souf­frances physiques.
Ceux qui furent faits prison­niers connurent des condi­tions de déten­tion effrayantes.

A leurs familles, à leurs enfants qui ont souf­fert aussi, aux survi­vants de cette tragé­die, je veux dire que ceux qui les ont aban­don­nés, ceux qui n’ont rien fait pour empê­cher cette igno­mi­nie perpé­trée contre des citoyens français, ont trahi les valeurs de la France, l’ont désho­no­rée.

Vichy a trahi la France et l’a désho­no­rée. La colla­bo­ra­tion fut une trahi­son et un déshon­neur.

Je veux dire à tous les Français que le destin tragique de ces hommes fait partie de notre histoire natio­nale, de notre mémoire collec­tive et que leur douleur mérite la compré­hen­sion et le respect. La compré­hen­sion et le respect que l’on doit à ceux auxquels nous lie le senti­ment profond d’ap­par­te­nir à une même nation frater­nelle qui a partagé tant d’épreuves.

Si les réfu­giés alsa­ciens furent accueillis en masse dans toutes les provinces françaises dès le début de la guerre, si les juifs de Stras­bourg trou­vèrent un refuge sûr dans les fermes du Péri­gord où les paysans les cachaient au péril de leur vie, si l’Al­sace fut libé­rée par des soldats qui n’avaient jamais vu de neige de leur vie mais pour qui la France ne pouvait être libre tant que le dernier soldat ennemi ne serait pas repassé de l’autre côté du Rhin, la France trouva en Alsace parmi les plus belles figures de la Résis­tance et le plus ardant des patrio­tismes.

***

L’Al­sace, parce qu’elle connaît la valeur du sacri­fice, sait la valeur de la paix.
Elle qui fut traver­sée par tant d’in­va­sions.

Elle qui fut l’enjeu de tant de conflits.

Elle pour qui tant de sang fut versé.

Elle n’a aucun doute sur son iden­tité qui est alsa­cienne.

Elle n’a aucun doute sur sa fidé­lité qui est française.

Elle n’a aucun doute sur son idéal qui est euro­péen.

C’est pour cela que ce 8 Mai, ici, prend une signi­fi­ca­tion si parti­cu­lière et si profonde : celle d’une Nation se recueillant sur elle-même pour puiser en elle la force de s’ou­vrir aux autres, et, n’ou­bliant rien de son passé, de se tour­ner vers l’ave­nir.

Je voudrais finir en adres­sant à la jeunesse de France ces quelques paroles que certains d’entre vous connaissent par cœur.

« Nous avions dix huit ans, ou un peu plus

Nous aimions la vie, le bruit et même un peu plus

Nous aimions notre maison, notre village et même un peu plus (…)

Nous aimions nos pères, nos mères et beau­coup plus (…)

Nous aimions les filles, leurs sourires et beau­coup plus (…)

Mais ils nous ont cassé nos rêves, nos espoirs et beau­coup plus. (…)

Ils nous ont pris nos joies, nos espé­rances et beau­coup plus (…) »

Ne les oublions pas.

Vive la Répu­blique !

Vive la France !

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INGWILLER Alfred et Charles

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Les deux frères à ma grand-mère ont été incor­po­rés de force et ne sont jamais reve­nus.

Quelqu’un peut-il m’ai­der à avoir des infor­ma­tions les concer­nant ? Il s’agit de :

 INGWILLER Alfred, né à ECKBOLSHEIM le 04/09/1919.

 INGWILLER Charles, né à ECKBOLSHEIM le 01/03/1921.

 Cour­riel : anstettjs@­wa­na­doo.fr

* Fiches du Volks­bund et du DRK trans­mises par Claude Herold :

 Nach­name: Ingwiller

 Vorname: Alfred

 Dienst­grad:

 Geburts­da­tum: 04.09.1919

 Geburt­sort:

 Todes-/Vermiss­ten­da­tum:

 Todes-/Vermiss­te­nort: Rasten­burg / Barten / Korschen /Roes­sel

 Au moment de sa dispa­ri­tion, Alfred Ingwiller appar­te­nait à la Pi. Sperr Kp. 904 (FPN 29330).

 Nach­name: Ingwiller

 Vorname: Karl Emil

 Dienst­grad:

 Geburts­da­tum: 01.03.1921

 Geburt­sort:

 Todes-/Vermiss­ten­da­tum: 01.07.1944

 Todes-/Vermiss­te­nort: Russ­land

 Au moment de sa dispa­ri­tion, Charles Ingwiller appar­te­nait à la 14e compa­gnie du Grena­dier-Regi­ment 32 (FPN 10145).

jpg_Ingwiller_Alfred-2.jpgjpg_Ingwiller_Charles.jpg

jpg_Ingwiller_Alfred.jpgjpg_Ingwiller_Charles-2.jpg

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GLASSER Léon

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jpg_GLASSERLeon.jpg Je fais des recherches sur le parcours de mon beau-père Léon GLASSER, né le 11.01.1919 à Bruns­tatt (Haut-Rhin). Il habi­tait Mulhouse et était tour­neur-ajus­teur chez DMC. Il était marié à Claire Martin. Il a été incor­poré de force le 20.10.1944. Je sais seule­ment qu’il a écrit une seule fois de Heil­bronn (Schlief­fen­ka­serne, 3. Ausbil­dung Kommando zur beson­de­rer Verwen­dung) le 19.11.1944. Il n’est jamais revenu et, le 28 décembre 1951, a été déclaré mort à la date du 31.12.1945 par le tribu­nal de Mulhouse.

Pouvez-vous me donner une piste (asso­cia­tions) pour retrou­ver le nom de
son régi­ment et d’autres recherches ? Je ne parle pas alle­mand.

Je vous remer­cie.

E. Ludwig

 Cour­riel : e.ludwig@­la­poste.net

* Rensei­gne­ments trans­mis par Monique Urli-Glas­ser, fille de Léon Glas­ser, et Evelyne Ludwig.

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FUCHS Joseph

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Mon oncle Joseph FUCHS, né en 1918 à Basse-Yutz, Moselle, incor­poré de force dans l’ar­mée alle­mande n’est pas revenu de la guerre.

J’ai­me­rais savoir s’il y a des traces dans les registres alle­mands.

Merci de m’in­diquer quelles démarches éven­tuelles effec­tuer.

Gene­viève Letem­plier-Fuchs

Cour­riel : corial­lo@ya­hoo.fr


* Fiche du Volks­bund trans­mise par Claude Herold :

Nach­name: Fuchs

Vorname: Joseph

Dienst­grad:

Geburts­da­tum: 16.03.1918

Geburt­sort:

Todes-/Vermiss­ten­da­tum: 01.05.1944

Todes-/Vermiss­te­nort: Alma Tamak/Baidary/Belbeck/Kap Lukul/Ba-
chtschi­sa­raij/BijukU­sen­basch/Sewas­to­pol/

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