Stéphane et Sébastien Lobstein, Un grand-père se souvient. Mémoires d’un Malgré-Nous, L’Harmattan, 2022.
Les auteurs retracent le parcours de leur grand-père Jean Schoder.
Stéphane et Sébastien Lobstein, Un grand-père se souvient. Mémoires d’un Malgré-Nous, L’Harmattan, 2022.
Les auteurs retracent le parcours de leur grand-père Jean Schoder.
Un grand roman sur les incorporés de force mais pas que…
« Il n’y a pas d’anciens Malgré-nous. C’est le premier secret. Ceux qui le sont le sont pour toujours » Voilà une des phrases de ce roman puissant que l’auteure (qui a déjà livré deux ouvrages, tient une chronique sur France Inter et dans Philosophe Magazine) a dédié à son père Lucien Fritsch.
Avec un titre aussi peu en rapport avec un récit qui se nourrit de l’histoire de Thomas, incorporé de force à 17 ans dans l’armée allemande puis emprisonné le camp soviétique de Tambov , comment deviner qu’on tient un roman où intervient un thème si rare ? Quel génie de l’auteure d’avoir entremêlé le destin d’un Malgré-nous alsacien et de son frère (qui lui ne reviendra pas de l’enfer russe) avec celui d’une mère ! Soit donc Elisabeth qui a des soucis avec sa fille Vina parce qu’elle même a des soucis au lycée. La meilleure solution est de quitter Paris et de passer du temps en Alsace chez un grand oncle qui vit seul dans une maison proche de la forêt. D’abord farouche, l’adolescente en révolte est doublement apaisée par la nature et par ce vieil homme solitaire. Lui a des secrets, elle aussi, ça rapproche… On passe de l’un à l’autre, du vieil homme à la jeune fille, de la PMA en Inde à la tragédie des Malgré nous. C’est fort bien documenté (notamment grâce au témoignage de Gérard Richert qui avait été attaqué par un commando de femmes soldats soviétiques lors du repli de la Wehrmacht), c’est un roman à plusieurs voix qui fait voyager le lecteur dans plusieurs pays et à plusieurs dates . Au final, une façon moderne et antique, comme dans le théâtre grec, pour parler de façon actuelle de l’incorporation de force. Grâce à l’ouverture d’esprit de deux éditrices d’une grande maison, voilà une audacieuse façon de commémorer les 80 ans des sinistres décrets instituant l’incorporation de force.
M.G-L
°« La femme et l’oiseau », Isabelle Sorrente, éditeur JC Lattès, 388 pages, 20, 90 euros
Témoignage vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=tEMqmpYsD3E
Le héros de ce roman à destination des jeunes lecteurs (de 8 à 14 ans) est un revenant. Il ne s’agit pas d’un fantôme, mais d’un rescapé du front de l’Est pendant la Seconde Guerre mondiale. Originaire de Drulingen, Henri est un de ces Alsaciens enrôlé de force dans l’armée allemande. Il parvient à s’échapper de la Wehrmacht grâce à la complicité de Français faits prisonniers par les Allemands pendant la Drôle de Guerre (1939–1940). Henri est un rescapé et, quand il revient chez lui, ce n’est plus tout à fait son chez-lui d’avant la guerre. Les gens ont changé et lui-même n’est plus vraiment le jeune homme qu’il était avant de connaître les horreurs des combats. Mais il faut bien que la vie reprenne son cours. Certains veulent tourner la page, d’autres espèrent le retour d’un être aimé… Finalement, quelle est la place de Henri dans tout ça ?
Nicolas Mengus
Daniel Fischer, Sylvie de Mathuisieulx, Benjamin Strickler, Le retour du soldat malgré lui, coll. Graine d’Histoire, La Nuée Bleue, 2022, 144 pages, 10 euros.
Jean Bézard, secrétaire de la SNIFAM, ouvre la séance.
Le chanoine Joseph Sifferlen évoque son vécu d’incorporé de force.
La nouvelle plaque apposée au Monument aux Morts de Saint-Hippolyte.
Hommage aux non-rentrés.
Les incorporés de force à l’honneur.
Article des DNA Colmar du 17.05.2022 transmis par Claude Herold.
le 11.02.1944: convocation dans le Hall du 1er étage de la gare de Mulhouse…. apte pour la Waffen-SS…17 heures: départ pour Stablack
le 13.02 : arrivée au camp de formation SS de STABLACK
du 22.02 au 1.03.1944: transfert, dans des wagons à bestiaux, vers le camp de formation SS à SOUGE
le 5.03 : est encaserné à CERONS (30km de Bordeaux)
le 12.03 : prête serment
le 26.03 : défilé à Bordeaux
le 31.03: transfert dans les environs de Toulouse
le 10.04: se trouve à AUVILLAR, à environ à 70km de Toulouse
le 14.05 : informe ses parents que la semaine dernière, ils ont « combattus les bandes » et « encerclés » une ville (?) pendant 2 jours. Il précise, « c’était terrible, je n’ai vu que des femmes pleurer »
le 18.05: il informe ses parents qu’il y a eu 5 désertions dont 3 Alsaciens.
Un déserteur a été repris. Il précise: « que celui-ci c’est fait réduire la tête » et qu’à cause de ces déserteurs alsaciens qu’il qualifie de « chiens » … « cela va encore plus mal pour nous. »
N.B. C’est la seule lettre sur laquelle Clément ajoutera un « Heil Hitler » au dessus de sa signature !
le 10.06: Clément est à ORADOUR-sur-GLANE… selon les témoignages d’un copain rescapé Camille RUNSER de Wentzwiller, il aurait été affecté à un poste de gardiennage à l’entrée d’une rue de la localité?
le 13.06: il informe ses parents qu’il est en déplacement vers « une destination qu’ils peuvent bien entendu deviner »… et « qu’ils ont combattus des bandes bien équipées mais qui n’ont pas été à la hauteur »
le….06: sur le parcours, il réussi à poster en cachette une lettre « non contrôlée par la censure » ou il précise à ses parents: « que s’il revient vivant, il aura d’horribles choses à leur raconter… (grausames zu erzählen) »
le 23.06: il informe ses parents qu’ils sont survolés par une « multitude d’avions, mais espère qu’ils vont régler leurs comptes aux Tommis!
le 28.06, Clément GRAFF est abattu en début d’après-midi à GRAINVILLE-sur-ODON par les Ecossais au cours de l’opération EPSOM.
NB : sur toutes ses lettres, sa FPN est le 15807 G :
Geburtsdatum:31.05.1924
Geburtsort:Blodelsheim/Elsass
Todes-/Vermisstendatum:20.02.1945
Todes-/Vermisstenort:Innsbruck
Dienstgrad:Gefreiter
Robert Joseph Thierry ruht auf der Kriegsgräberstätte in Innsbruck-Amras.
Endgrablage: Grab 148 B
NB : La fiche de la Région Alsace n’apporte pas d’informations complémentaires.