Il y a 80 ans mourait Marcel Weinum – Article paru dans L’Ami hebdo du 8.5.22

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Réponse minis­té­rielle à la ques­tion écrite n° 26750 de Monsieur le Séna­teur Jean Louis MASSON sur le...

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Docu­ments trans­mis par Serge AMORICH, délégué natio­nal de l’As­so­cia­tion des anciens incor­po­rés de force dans le RAD et KHD d’Al­sace et de Moselle :

Ques­tion écrite n° 26750 de Monsieur le Séna­teur Jean Louis MASSON (Moselle – NI) publiée dans le JO Sénat du 17/02/2022 – page 840

Monsieur Jean Louis MASSON attire l’at­ten­tion de Mme la ministre délé­guée auprès de la ministre des armées, char­gée de la mémoire et des anciens combat­tants sur le fait que pendant la Seconde guerre mondiale, le Luxem­bourg ainsi que les dépar­te­ments de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, ont été annexés à l’Al­le­magne. Au cours de cette période, les personnes hostiles à l’Al­le­magne, ont été trans­fé­rées dans des camps spéciaux situés dans l’Est de l’Eu­rope, les auto­ri­tés alle­mandes évoquant ces mesures répres­sives sous le nom de « Umsied­lung ». Au Luxem­bourg, les citoyens trans­plan­tés de force vers les régions orien­tales du Reich sont consi­dé­rés comme « dépor­tés poli­tiques ». Par contre en France, ce statut leur est refusé et les pouvoirs publics se sont conten­tés de créer un titre restric­tif de patriote résis­tant à l’oc­cu­pa­tion (PRO). À juste titre, les PRO ne comprennent pas qu’il y ait une telle diffé­rence de trai­te­ment entre la recon­nais­sance d’une même situa­tion, d’une part pour les Luxem­bour­geois et d’autre part pour les Mosel­lans. Il lui demande si dans un but d’équité, un aligne­ment régle­men­taire est envi­sagé pour les PRO.

 

Réponse du Minis­tère auprès de la ministre des armées – Mémoire et anciens combat­tants  publiée dans le JO Sénat du 05/05/2022 – page 2553

Insti­tué par le décret n° 54–1304 du 27 décembre 1954 et validé par la loi n° 62–873 du 31 juillet 1962, le titre de patriote résis­tant à l’Oc­cu­pa­tion (PRO) est codi­fié aux articles L. 343–9 à L. 343–11 du code des pensions mili­taires d’in­va­li­dité et des victimes de guerre (CPMIVG). Ainsi que le précise l’ar­ticle L. 343–9 de ce code, ce titre est « attri­bué aux Français origi­naires du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle qui, en raison de leur atta­che­ment notoire à la France, ont été arrê­tés et contraints par l’en­nemi de quit­ter le terri­toire natio­nal pour être incar­cé­rés en camps spéciaux en pays ennemi ou en terri­toire étran­ger occupé par l’en­nemi, sous la condi­tion que la période contrainte ait duré trois mois au moins ». Confor­mé­ment aux dispo­si­tions des articles L. 113–3, L. 124–4, L. 124–22 à L. 124–25 et L. 132–6 du même code, les personnes en posses­sion de ce titre béné­fi­cient d’un droit à pension de victime civile de guerre, ainsi que, pour la prise en compte de certaines infir­mi­tés, des règles d’im­pu­ta­bi­lité prévues par les dispo­si­tions inté­grées au guide-barème pris pour la clas­si­fi­ca­tion des infir­mi­tés et mala­dies contrac­tées pendant l’in­ter­ne­ment ou la dépor­ta­tion, annexé au CPMIVG. Ce titre se diffé­ren­cie des quali­tés de déporté poli­tique et d’in­terné poli­tique, insti­tuées par la loi n° 48–1404 du 9 septembre 1948 défi­nis­sant le droit et le statut des dépor­tés et inter­nés poli­tiques, dont les dispo­si­tions ont été codi­fiées aux articles L. 343–1 à L. 343–8 du CPMIVG. Cette diffé­ren­cia­tion des droits à répa­ra­tion des victimes de la Seconde Guerre mondiale, établie après la Libé­ra­tion, est fondée sur des recherches histo­riques dont les résul­tats ont amené le légis­la­teur à mettre en évidence plusieurs caté­go­ries de victimes du système nazi. En effet, si les souf­frances endu­rées par les PRO ne sont en aucune façon contes­tables, elles ne peuvent être assi­mi­lées à celles vécues par les dépor­tés poli­tiques, qui étaient expo­sés dans les camps de concen­tra­tion à de multiples facteurs d’épui­se­ment les condui­sant à une mort lente. C’est la raison pour laquelle la régle­men­ta­tion en vigueur distingue, selon leur nature, les camps dans lesquels les PRO et les dépor­tés poli­tiques ont été respec­ti­ve­ment inter­nés. A cet égard, le Conseil consti­tu­tion­nel consi­dère, selon une juris­pru­dence constante et sur le fonde­ment de l’ar­ticle 6 de la Décla­ra­tion des droits de l’homme et du citoyen, que « le prin­cipe d’éga­lité ne s’op­pose ni à ce que le légis­la­teur règle de façon diffé­rente des situa­tions diffé­rentes, ni à ce qu’il déroge à l’éga­lité pour des raisons d’in­té­rêt géné­ral, pourvu que, dans l’un et l’autre cas, la diffé­rence de trai­te­ment qui en résulte soit en rapport direct avec l’objet de la loi qui l’éta­blit » [1]. En outre, le Conseil d’État a jugé que n’étaient pas enta­chées d’une discri­mi­na­tion illé­gale des dispo­si­tions insti­tuant une diffé­rence de trai­te­ment entre les ayants droit de dépor­tés ou d’in­ter­nés poli­tiques au sens du CPMIVG ayant trouvé la mort à cette occa­sion durant la période de l’Oc­cu­pa­tion et, notam­ment, ceux de personnes déte­nues à d’autres titres et décé­dées en déten­tion, « compte tenu de la nature des crimes commis à l’égard » des premiers[2]. En consé­quence, la demande d’har­mo­ni­sa­tion des dispo­si­tions régle­men­taires françaises et luxem­bour­geoises, qui implique­rait une modi­fi­ca­tion du statut actuel des PRO, ne peut être envi­sa­gée. Enfin, il est précisé que les PRO qui remplissent les condi­tions requises peuvent obte­nir les titres de déporté, d’in­terné résis­tant, de combat­tant volon­taire de la Résis­tance, de déporté poli­tique, d’in­terné poli­tique et de réfrac­taire.

[1]          Déci­sion n° 87–232 DC du 7 janvier 1988, Loi rela­tive à la mutua­li­sa­tion de la Caisse natio­nale de crédit agri­cole

[2]          Conseil d’État, 7ème et 2ème sous-sections réunies, 26 novembre 2007, n° 272704

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Erpel­ding Roland

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Je fais des recherches sur le parcours et le lieu d’in­hu­ma­tion de mon oncle, Roland Erpel­ding, né le 21/02/1925 à Ars sur Moselle. Il a été incor­poré dans la 7e compa­gnie du Grena­dier-Regi­ment 505. Il serait mort en capti­vité en URSS en 1945.

Merci d’avance pour toute aide.

 

Roland Erpel­ding – rerpel52@g­mail.com

 

* Fiche du PAVCC de Caen et certi­fi­cat de décès trans­mis par Claude Herold :

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GRAFF Lucien Charles,disparu à Kaspa­riskes (Litua­nie)

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  • Fiche du VDK trans­mise par Claude Herold :

 

Luzian Graff

Geburts­da­tum:05.04.1923

Geburt­sort:Holz­heim

Todes-/Vermiss­ten­da­tum:19.07.1944

Todes-/Vermiss­te­nort:Kaspa­riskes

Dienst­grad:Gefrei­ter

Luzian Graff ist vermut­lich als unbe­kann­ter Soldat auf die Krieg­sgrä­berstätte Kaunas überführt worden.

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EXPOSITIONS A RURANGE-LES-THIONVILLE

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Du 6 au 9.5 : Expo­si­tions « Les Trois fron­tières dans la tour­mente des guerres de 1870, de 19114 et de 1939 » – maison commu­nale et maison forte – 10h-12h et 14h-18h

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Les « Malgré-Elles » à la Biblio­thèque Muni­ci­pale de Petite-Rosselle

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La Biblio­thèque Muni­ci­pale de Petite-Rosselle orga­nise une rencontre  samedi 14 mai de 10h à 16h avec Jean Hilbrun­ner qui vient de publier les mémoires de sa mère Marie-Jeanne Hilbrun­ner, née Frentz, l’une des 3000 Malgré-Elles d’Al­sace-Moselle.
Origi­naire de Petite-Rosselle, elle est enrô­lée de force de 1942 à 1944 par le régime nazi. Son fils lui rend désor­mais un bel hommage en parta­geant cette histoire « pour ne pas oublier ».

Il est d’ores et déjà possible de précom­man­der un exem­plaire de cet ouvrage au 03 87 84 01 25 ou par mail : bib.rossel­le@g­mail.com

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Site du Haut-Poirier d’Achen (Moselle) – Inau­gu­ra­tion d’une stèle et anima­tions les 7 et 8...

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La commune d’Achen et l’as­so­cia­tion pour la mémoire et le patri­moine d’Achen (A.M.E.P.A.) proposent ces samedi 7 et  dimanche 8 mai de nombreuses anima­tions quant à la commé­mo­ra­tion des combats du conflit de 1939–1945.

 

Sur le site du Haut-Poirier d’Achen aura lieu ce samedi 7 mai à onze heures en présence de nombreux repré­sen­tants offi­ciels français, alle­mands et améri­cains l’inau­gu­ra­tion d’une stèle pour commé­mo­rer les combats du conflit de 1939–1945.

Deux lieux, une multi­tude d’ani­ma­tions

Au foyer socio-éduca­tif en continu samedi de 14h à 18h et dimanche 8 de 11h à 17h projec­tion vidéo de quatre docu­men­taires : sur la bataille de la Sarre et l’in­croyable victoire du 14 juin 1940, sur l’of­fen­sive de la Sarre (1939), sur l’opé­ra­tion Nord­wind (1945), la dernière offen­sive du IIIème Reich à l’ouest, sur ce qu’on ne vous a pas dit au sujet de la Ligne Magi­not. Trois expo­si­tions seront visibles au foyer socio-éduca­tif : sur la libé­ra­tion du pays de Bitche, sur Kalhau­sen et ses envi­rons de 1944 à 1945, sur l’éva­cua­tion du pays de Bitche, la trouée de la Sarre et l’opé­ra­tion Tiger. Trois confé­rences seront données par des membres de la S.H.A.L. : par Joël Beck sur l’éva­cua­tion du pays de Bitche le samedi à 15h et le dimanche à 14h, par Philippe Keuer sur les lions du Bugey sur la Ligne Magi­not le samedi à 16h à et le dimanche à 15h,  par Bernard Zins sur les combats pour la libé­ra­tion d’Achen et des envi­rons le samedi à 17h et le dimanche à 16h. Chaque inter­ven­tion sera suivie d’une séance de ques­tions-réponses d’une demi-heure avec le confé­ren­cier. Sur le site du Haut-Poirier en continu le samedi de 14h à 18h et le dimanche de 11h à 17h : présen­ta­tion de la nouvelle stèle en hommage aux morts français, alle­mands et améri­cains ; expo­si­tion et projec­tion vidéo sur le thème Moselle déra­ci­née et visite au rez-de-chaus­sée du bloc 3 de l’ou­vrage du Haut-Poirier ; buvette et petite restau­ra­tion.

Marie Klock (texte et photo)

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François et Eugène KIEFFER, Georges JENN

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Je fais des recherches sur le parcours de mon père et de deux de mes oncles, tous natifs de Sentheim (Haut-Rhin). Mon oncle François Kief­fer, classe 1920, mon oncle Georges Jenn, cama­rade de classe 1923 de mon père Eugène Joseph Kief­fer (* 6.6.1923). Ils ont été incor­po­rés à l’été 1943.

Merci pour tout rensei­gne­ment complé­men­taire.

Pierre Kief­fer

pierre.kief­fer@­pro­ton­mail.com

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Pierre Rosfel­der, rescapé du camp de Rawa Ruska

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Article paru dans les DNA du 26.4.22 trans­mis par Claude Herold

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Marcel Weinum et la Main Noire : le refus de se soumettre – Article des DNA du 14.4.2022...

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Alors que l’on célèbre aujourd’­hui les 80 ans de l’exé­cu­tion du jeune héros de la Résis­tance en Alsace, ceux qui veulent hono­rer sa mémoire se battent pour que le collège de sa ville natale soit baptisé Marcel-Weinum. Son sacri­fice mérite selon eux davan­tage qu’un nom de rue à Brumath.

 

 À Stras­bourg, les membres du Souve­nir français lui rendent hommage chaque année au cime­tière du Poly­gone, où il est enterré depuis 1949. Au collège Saint-Etienne, où il étudia, une jour­née spiri­tuelle lui est consa­crée et une plaque est scel­lée sur la façade de l’éta­blis­se­ment. Enfin, une rue de Neudorf, où il vécut avec ses parents, porte son nom.

Et à Brumath, sa ville natale, que reste-t-il du héros alsa­cien de la Résis­tance, fonda­teur du réseau La Main Noire ? Celui qui mourut déca­pité à l’âge de 18 ans pour avoir créé un des premiers réseaux de résis­tance en France et combattu l’oc­cu­pant alle­mand, allant jusqu’à lancer une grenade dégou­pillée dans le véhi­cule de Robert Wagner , haut digni­taire nazi. Peu de choses à vrai dire. Une rue Marcel-Weinum, que « seuls le facteur et les habi­tants qui y vivent connaissent », ironisent certains Bruma­thois. Quelques objets expo­sés dans une vitrine, à la mairie, à l’oc­ca­sion du 80e anni­ver­saire de sa mort. Voilà tout.

Dans la ville qui l’a vu gran­dir, le nom de Weinum reste en effet très discret. « Ça a toujours été un sujet tabou, on n’en parlait pas, parce que c’était doulou­reux et déli­cat. Marcel était dans le colli­ma­teur, fiché à la Gestapo. S’ap­pe­ler Weinum n’était pas facile », confie Marie-Rose Carle, fille de Jules Weinum, cousin de Marcel. Elle est, dit-elle, la dernière Weinum vivant à Brumath. Elle sait peu de choses sur la vie de son loin­tain cousin à Brumath, à part qu’il est né le 5 février 1924 au 65 rue du Géné­ral-Duport, dans la maison mater­nelle, où il vivait avec ses parents, sa grand-mère et son oncle. Que ses grands-parents pater­nels habi­taient une maison proche, rue de la Rivière. « Son papa, Robert, était boucher à Brumath. Ils ont démé­nagé à Stras­bourg en 1936 parce qu’il y a ouvert un commerce », précise-t-elle, livrant enfin une anec­dote : « Un jour, dans les années soixante, oncle Robert m’a dit que si je me perdais à Stras­bourg, je n’avais qu’à dire que je suis une Weinum et on m’ai­dera. Il était fier, très fier d’avoir donné son fils pour la France. »

« Marcel a grandi dans une famille très fran­co­phile. Le cœur n’avait jamais été en Alle­magne mais en France, depuis toujours », confirme Sophie Klein­mann-Quirin, fille de René Klein­mann, ami d’en­fance de Marcel. Sophro­logue de métier, la Bruma­thoise s’est passion­née pour l’his­toire de La Main Noire, dont son papa fit partie, et qu’elle trans­met aujourd’­hui avec son frère, Damien, et d’autres membres de l’As­so­cia­tion pour des études sur la Résis­tance inté­rieure des Alsa­ciens (Aéria). « Marcel a d’abord été gardé en nour­rice dans la famille Lebold. Il a ensuite été scola­risé à l’école catho­lique des garçons de Brumath, où il se lia d’ami­tié avec mon père. Ils étaient bons élèves. Enfants de chœur, ils servaient la messe tous les jours avant d’al­ler à l’école. »

C’est à l’âge de six ans que le petit Marcel prit le nom de Weinum. « Mathilde, sa maman, serait tombée enceinte à Paris, où elle travaillait comme servante dans une grande maison. Robert a adopté l’en­fant après leur mariage en 1930 », raconte, acte d’état civil à l’ap­pui, Maurice Jenner, membre de la Société d’his­toire et d’ar­chéo­lo­gie de Brumath et envi­rons (Shabe), qui consacre un numéro spécial au jeune Bruma­thois. De cette union, sont nés deux enfants : Eugène, décédé d’une mala­die en avril 1935 à l’âge de 8 ans, et Mariette, morte élec­tro­cu­tée après la guerre alors qu’elle travaillait sur sa machine à coudre. Des tragé­dies dont la maman ne se remet­tra jamais.

D’après Sophie Klein­mann-Quirin, c’est à son retour de Dordogne en 1939, où il fut évacué avec sa famille, comme 300 000 Alsa­ciens, que Marcel entra en résis­tance. « Dans le Sud, il inté­gra une école mili­taire et rencon­tra un géné­ral très patriote qui l’au­rait forte­ment influencé ou inspiré. Lorsqu’il rentra à Stras­bourg, il ne recon­nais­sait plus rien, il y avait des drapeaux alle­mands partout, il était inter­dit de parler français et de porter le béret. Ça a suffi à éveiller un senti­ment de révolte, de rejet de l’oc­cu­pant », raconte-t-elle.

L’en­tre­prise où il travaille comme dessi­na­teur indus­triel le renvoie parce qu’il refuse d’in­té­grer l’Op­fer­ring, une orga­ni­sa­tion alsa­cienne qui prépare à l’en­trée au parti nazi. Alors un dimanche après-midi de septembre 1940, le jeune homme de 16 ans se rend à bicy­clette à Brumath. « C’est là qu’a­vec papa et son frère André, âgés de 17 et 15 ans, ils décident de créer la Main Noire », pour­suit Sophie Kein­mann-Quirin. Une ving­taine d’ado­les­cents sont recru­tés : collé­giens, lycéens, appren­tis, fils d’ou­vriers, de Brumath et de l’école de la maîtrise de la cathé­drale héber­gée au collège Saint-Étienne. Tous ont entre 14 et 16 ans, sauf Charles Lebold, son frère de lait, seul majeur, chef moral de l’or­ga­ni­sa­tion.

Dès octobre 1940, l’amour de la patrie et la foi chevillée au corps, ils entament la lutte, de façon symbo­lique d’abord, puis active ( lire par ailleurs ). Jusqu’à l’ul­time coup d’éclat du 8 mai 1941 qui déci­dera les Alle­mands à tran­cher cette sédi­tieuse Main Noire. Un rapport médi­cal recon­naît les brillantes facul­tés intel­lec­tuelles de Marcel Weinum et donc, sa majo­rité morale et la pleine respon­sa­bi­lité de ses actes. Au tribu­nal, son calme, la force de ses convic­tions, sa foi en Dieu et en la France impres­sionnent. Jugé puis condamné, il est trans­féré à la prison de Stutt­gart où il est déca­pité le 14 avril 1942 à 6h15.

« Les Alle­mands ont voulu frap­per fort tout de suite, décou­ra­ger toute forme de résis­tance », souligne Sophie Klein­mann-Quirin. On n’en­ten­dit plus parler de la Main Noire. « Contrai­re­ment aux autres orga­ni­sa­tions, celle-ci a été créée puis écra­sée très tôt dans l’his­toire de la guerre. Elle n’a pas inté­gré les grands réseaux de résis­tance comme le souhai­tait Marcel. » Leurs actions furent quali­fiées de « gami­ne­ries » et le nom de Weinum tomba peu à peu dans l’ou­bli. « C’étaient des adoles­cents qui avaient eu, eux, le courage de se dres­ser contre l’en­nemi. Ils n’étaient pas poli­ti­sés, catho­liques. Beau­coup devinrent des Malgré-Nous. Ça n’a pas aidé à les faire mieux connaître. »

Leur bravoure, leurs valeurs, leur mémoire, Sophie les trans­met, comme son père avant elle, aux élèves du collège Saint-Étienne. « Ils sont capti­vés à chaque fois parce que c’est une histoire forte, avec des person­na­li­tés fortes, des jeunes capables de donner leur vie, d’al­ler jusqu’au bout de leurs convic­tions. Les jeunes d’aujourd’­hui, ça les rassure de voir qu’on peut faire des choses comme ça. »

À Brumath, le nom de Marcel Weinum a resurgi il y a quelques semaines. Le collège, qui achève sa mue, se cherche un nom. Une bataille fait rage entre les parti­sans du héros de la résis­tance (ensei­gnants, parents d’élèves et une grande partie de la popu­la­tion), qui font le lien avec la guerre en Ukraine, et ceux (le maire et son équipe) qui lui préfèrent Bernard Schrei­ner, l’an­cien député-maire qui ensei­gna dans l’éta­blis­se­ment. Celui qui, lors de l’inau­gu­ra­tion de la rue Marcel-Weinum à Brumath, le 2 novembre 1997, invita à « trans­mettre aux jeunes géné­ra­tions le message de tous les Marcel-Weinum afin que notre pays n’opte pas pour des solu­tions que certains préco­nisent aujourd’­hui. » Les parti­sans de chaque camp attendent la déci­sion de la Collec­ti­vité euro­péenne d’Al­sace.

 

 

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