Schrei­ner Jacques Marc

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Je suis à la recherche d’in­for­ma­tions concer­nant Schrei­ner Jacques Marc, né à Etting le 12.09.1924 et décédé le 20.01.1944 à « Kugria­nowka » en Russie. Je ne trouve aucune info sur « Kugria­nowka » sur le Net. Connais­sant l’al­pha­bet cyril­lique, j ai égale­ment traduit Kugria­nowka en cyril­lique (Кугряновка) mais rien n’y fait. Aucun résul­tat de trou­vé… Quelqu’un aurait-il des infos sur Kugria­nowka?

Merci d’avance pour tout retour,

Nico­las Hoff­mann

nico.hoff­mann1@g­mail.com

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FROELIGER Camille

Commentaire (1) Avis de recherche, Liste des avis de recherche

 

Je cherche des rensei­gne­ments sur ce que fut la vie de malgré-nous de mon grand-père mater­nel : Camille Froe­li­ger, né le 4 novembre 1925 à Hommar­ting en Moselle. Il est décédé en 2004. Les seuls éléments à notre connais­sance sont qu’a­près son incor­po­ra­tion dans la Luft­waffe, il a tran­sité par Berlin pour rejoindre le front de l’Est. Puis il a été muté en Norman­die d’où il s’est évadé en 44 grâce à la compli­cité d’un prêtre et de sa famille. Le prêtre qui l’a caché exerçait à Caude­bec-en-Caux. Il a revu à plusieurs reprises ses sauveurs après la guerre.

Merci pour toute aide,

Père Damien Haas
Aumô­nier mili­taire

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CHENET Pierre et Jean

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 Je fais des recherches sur mon grand-père Pierre CHENET, né le 16 décembre 1920 à Basse-Yutz, en Moselle, et devant y rési­der lors de son incor­po­ra­tion.

D’après les quelques rensei­gne­ments en ma posses­sion, il à d’abord effec­tué une période eau RAD fin 1942. Il aurait été incor­poré dans la Wehr­macht en janvier 1943, aurait été sur le front sovié­tique (tout comme son frère Jean CHENET, né le 14 novembre 1918 à Würburg, Bavière, et mort le 13 février 1944 à Sche­pe­towka, en Russie) et aurait été fait prison­nier par les Russes. Il serait revenu en septembre 1945.

J’ai en ma posses­sion un vieux carnet de mon arrière-grand-père, le père de Pierre CHENET, où il tenait une liste de sa corres­pon­dance. J’es­saie encore de déchif­frer le nom des villes d’où mon grand-père envoyait des lettres. Mon grand-père aurait été à Maria Laach en Alle­magne en 1943, à Lublin en Pologne en septembre 43, à Leip­zig en mars 44, à Zirkel­schacht en avril 44, mais je ne suis pas sûr que ce soit une ville. Une infor­ma­tion qui revient plusieurs fois dans ce carnet c’est  » Feldp. 45 357/D ».  Cette FPN corres­pond à : (Mobil­ma­chung-1.1.1940) 3. Kompa­nie Pionier-Bataillon 52 – (7.11.1944-Krieg­sende) 15.12.1944 3. Kompa­nie Heeres-Pionier-Brigade 52.

Merci d’avance pour toute infor­ma­tion complé­men­taire.

 

Adam Danois

adam.danois@sfr.fr

 

  • D’après M. Schmit­ter, Zirkel­schacht est une mine près de Klos­ter­mans­feld, dans le Land de Saxe-Anhalt.

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Trois ques­tions à Eugène Philipps, spécia­liste du bilin­guisme

Commentaire (0) Mémoire, Opinion

Vous êtes l’au­teur d’Une tragé­die pour l’Al­sace (1993/2001) qui évoque le drame des Malgré-Nous. Pouvez-vous reve­nir briè­ve­ment sur votre vécu d’in­cor­poré de force dans l’Ar­mée alle­mande ?

 

Photo L’A.M.I. Archives


Déjà bien avant d’être moi-même touché par la déci­sion arbi­traire du Gaulei­ter Robert Wagner d’in­tro­duire le service mili­taire obli­ga­toire en Alsace, je parta­geais avec tous les Alsa­ciens le senti­ment d’un incroyable viol de la conscience alsa­cienne. C’était à la fois une agres­sion poli­tique – les Alsa­ciens étaient toujours de natio­na­lité française – et une agres­sion au niveau de l’hu­main. Cette déci­sion faisait fi du senti­ment des Alsa­ciens qui, dans leur immense majo­rité, étaient anti-nazi et anti-alle­mands.

Lorsque les Alle­mands ont occupé Itters­willer, le village où j’étais alors insti­tu­teur, ils s’at­ten­daient sans doute à un accueil triom­phal de la part de la popu­la­tion. Mais hélas pour eux, ils ont trouvé tous les volets fermés et des gens qui faisaient grise mine. Cela les a irri­tés à tel point que l’ap­pa­ri­teur de la commune fut sommé de faire sa ronde habi­tuelle avec sa clochette et dire : « S wurd bekànnt gemàcht, dàss d Lit friend­li­cheri Gsich­ter selle màche  » (« que les gens devaient faire une mine plus réjouie ») !! Après deux ans de dicta­ture, l’in­cor­po­ra­tion de force n’a fait qu’ag­gra­ver ce senti­ment de viol des consciences.

Que ce fût en première ligne ou dans la lutte contre les parti­sans, c’était partout une lutte sans merci. Souvent, on ne faisait pas de prison­niers… Mais cette guerre impi­toyable était, à bien des égards, une expé­rience humaine excep­tion­nelle. Au front, face à la mort qui plane sur vous à chaque instant, il n’y a plus ni Alsa­ciens ou Mosel­lans, ni croyants ou incroyants, ni catho­liques ou protes­tants. Plus que des hommes qui veulent vivre et survivre ! L’une des consé­quences indi­rectes a sans doute été la fin de bien des préju­gés qui exis­taient avant la guerre entre catho­liques et protes­tants en Alsace.

Pour ce qui me concerne, je n’ai jamais pu oublier ce que j’ai vécu pendant les six mois passés dans les tran­chées de décembre 1943 à mai 1944. Cela me rappe­lait ce que j’avais lu sur Verdun, encore que, à Verdun, les soldats ne béné­fi­ciaient peut-être pas du « confort » rela­tif de nos bunkers (construits en bois, avec des couchettes super­po­sées, une table et un petit poêle). Il fallait beau­coup de confiance en soi et en l’ave­nir pour ne pas sombrer mora­le­ment lorsqu’on est condamné à vivre à 90 mètres des lignes des Russes qui menaient d’in­ces­santes attaques avec des comman­dos de choc. Un soir du mois d’avril 1944, notre compa­gnie a elle-même lancé une telle attaque dans un terrain complè­te­ment détrempé. Les pertes étaient lourdes de part et d’autres. C’était tout simple­ment inhu­main.

Puis, j’ai eu la « chance » d’at­tra­per la diph­té­rie. Soigné d’abord dans un Feld­la­za­rett (hôpi­tal de campagne), j’ai été évacué à Bori­sov, puis, à cause de l’avan­cée des Russes, à Uelzen en Basse-Saxe. J’ai traversé la Béré­zina sur le dernier pont intact et par le dernier train sani­taire.

A l’hô­pi­tal mili­taire – un hôtel situé dans au milieu d’un grand parc –, le Stab­sarzt (méde­cin capi­taine), qui avait déjà bien 70 ans, m’a d’em­blée mani­festé une sympa­thie que je m’ex­pliquais pas. Sachant que j’étais Alsa­cien, il m’a placé dans une chambre avec un prison­nier de guerre français atteint, lui aussi, de diph­té­rie. Il souriait chaque fois qu’il nous enten­dait parler français. Lorsque j’étais guéri, il m’a procuré un emploi au secré­ta­riat de l’hô­pi­tal.

Quelques jours après l’at­ten­tat manqué du 20 juillet 1944 contre Hitler, ordre a été donné aux mili­taires de saluer à la hitlé­rienne, le bras tendu. Mais, le Stab­sarzt conti­nuait à dire « Guten Morgen » (« Bonjour ») lorsqu’il entrait dans les salles. Un soir, il m’a invité chez lui dans son bureau. Il m’a fait comprendre – sans faire aucune critique ouverte du régime – qu’il n’était pas un adepte du natio­nal-socia­lisme et… qu’il me cache­rait lorsque le méde­cin chef effec­tue­rait son contrôle pour envoyer au front les patients guéris.

Après le décès du Stab­sarzt, suite à une courte mala­die, plus rien ne me rete­nait à Uelzen. J’ai passé deux semaines de permis­sion de conva­les­cence à Cons­tance. C’est à la fin du mois d’avril, près de Frie­drich­sha­fen, que je me suis évadé de la Wehr­macht en emme­nant six soldats alle­mands dans les lignes françaises, dont le chef de groupe. Et c’est en mai 1945 que je suis revenu à Itters­willer. Si j’ai attendu 45 ans pour publier le récit de mon évasion – sous le titre Le pont / Die Brücke (1991)–, c’est pour ne pas mettre dans l’em­bar­ras les soldats alle­mands pour qui c’était vrai­ment une déser­tion. Pour moi, au contraire, ce n’était qu’une évasion d’une armée dans laquelle on m’avait incor­poré à mon corps défen­dant et dans laquelle je n’avais rien, mais vrai­ment rien à faire.

L’hor­reur de la guerre, telle que je l’ai vécue, m’a profon­dé­ment marqué ainsi que ma femme. L’an­xiété nous a rongé pendant près de deux ans. Et, pendant six mois, nous n’avions aucune nouvelle l’une de l’autre. Ceux qui n’avaient pas dû faire cette terrible expé­rience, même parmi nos proches, ne pouvaient pas comprendre un certain nombre de nos réac­tions après la guerre. Parfois, il m’ar­rive encore aujourd’­hui de me deman­der pourquoi mon épouse et moi en avons réchappé, contrai­re­ment à nombre de nos amis et connais­sances. Quoi qu’il en soit, cela nous a conduits à prendre des enga­ge­ments, comme si nous avions eu une dette envers ceux qui ne sont plus reve­nus, ne fût-ce qu’un devoir de mémoire.

L’an­nexion et l’in­cor­po­ra­tion de force a été pour l’Al­sace-Moselle un drame poli­tique et, on ne le souli­gnera jamais assez, un drame profon­dé­ment humain. Imagi­nez toute cette jeunesse contrainte de servir dans une armée qui était celle d’un régime dont on subis­sait une impi­toyable dicta­ture.

 

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, on trou­vait des Alsa­ciens partout en Europe et bien au-delà, que ce soit comme incor­poré de force, comme résis­tant, comme soldat allié ou comme prison­nier de guerre. Le dialecte alsa­cien était certai­ne­ment la langue la plus répan­due à cette époque : on pouvait l’en­tendre partout. Lorsque vous étiez dans la Wehr­macht, parliez-vous alsa­cien ou unique­ment alle­mand avec les Alle­mands ?

 

Je parlais unique­ment alle­mand (Hoch­deutsch) avec les Alle­mands. Mais, entre Alsa­ciens et Mosel­lans, nous utili­sions exclu­si­ve­ment le dialecte alsa­cien.

 

Aujourd’­hui, en 2004, seule une mino­rité d’en­fants d’Al­sace parle encore alsa­cien. Pensez-vous qu’il s’agit d’un héri­tage de la dernière guerre mondiale et de l’époque qui a suivi où il était « chic de parler français » ?

 

Non, je ne le pense pas. Avant la guerre, bien des Alsa­ciens avaient été hostiles à la poli­tique française pratiquée en Alsace. Pour cette raison, certains n’ont pas vu d’un mauvais œil le retour de l’Al­sace dans le « giron » alle­mand. On oublie trop souvent que l’al­le­mand n’est pas unique­ment la langue de Goethe, de Schil­ler ou de Karl Marx, mais égale­ment celle de Martin Luther et d’Al­bert Schweit­zer. Il ne faut pas non plus oublier que pour les protes­tants luthé­riens d’Al­sace, l’al­le­mand a une conno­ta­tion reli­gieuse qu’elle n’a pas pour les catho­liques.

Mais, confron­tés à la pesante réalité de la dicta­ture nazie, presque tous ont vite déchanté, même ceux qui avaient connu les Alle­mands d’avant 1918. Dans la Wehr­macht, je n’ai rencon­tré qu’un seul Alsa­cien se décla­rant ouver­te­ment pour les Alle­mands. C’était un jeune aspi­rant offi­cier. Il y a long­temps que le senti­ment natio­nal des Alsa­ciens était français. C’est ce que les Alle­mands ne pouvaient pas comprendre de la part de gens « die doch deutsche Fami­lien­na­men haben und « deutsch » spre­chen  » (« qui avaient donc des noms de famille alle­mands et parlaient « alle­mand »), comme ils disaient.

La dernière guerre n’a fait qu’ag­gra­ver la situa­tion. Deux phéno­mènes y ont contri­bué : d’une part, la volonté du gouver­ne­ment français de faire du français la langue de commu­ni­ca­tion courante dans la société alsa­cienne à la place du dialecte et, d’autre part, l’af­fai­blis­se­ment de la résis­tance des Alsa­ciens à cette poli­tique.

On dit souvent que si les Alle­mands ont annexé l’Al­sace, c’est parce que ses habi­tants parlaient un dialecte germa­nique. C’est une vision étriquée des choses. Pour les Nazis, ce n’était qu’un prétexte. Mais le fait est que, au lende­main de la guerre, les Alsa­ciens n’avaient plus aucune envie de faire quoique ce soit pour « sauver » l’al­le­mand en Alsace. Ils ne voulaient pas que le dialecte se perde pour autant. Mais le dialecte alsa­cien allait progres­si­ve­ment perdre sa fonc­tion sociale, indis­pen­sable pour la vie d’une langue. Vers les années 70, il n’était déjà plus la langue prin­ci­pale comme il l’avait été avant la guerre. L’in­ter­dic­tion de le parler à l’école, si elle n’ex­plique pas à elle seule le recul du dialecte, avait bien pour but de réduire son champ d’ac­tion et, si possible, de le faire dispa­raître à terme. En plus, l’image néga­tive de « l’Al­le­mand » et, partant, de la langue alle­mande, qu’ont laissé les Nazis dans le monde entier a forte­ment marqué la psyché alsa­cienne et a contri­bué au déclin de l’al­le­mand en Alsace.

 

Propos recueillis par Nico­las Mengus (2004)

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BERGER René, KNAUS Antoine et Alphonse & KOHLY Alfred

Commentaire (0) Avis de recherche, Liste des avis de recherche

 Je fais des recherches sur le parcours de mon parrain René Berger (photo), né le 09.12.1923 à Bourg-Bruche (67). Décédé le 24.02.1992 à Stras­bourg, il a été incor­poré de force dans la Wehr­macht.

Dans ma famille, il y a aussi :

Knaus Antoine, né le 16.05.1917 à Schwen­heim. Il est mort sur le front russe en novembre 1944. Dernière adresse connue : FPN 60258E
Knaus Alphonse, né le 20.01.1922 à Schwen­heim. Marié en 1949, il décède le 13.06.1982 à Nieder­nai.
Merci pour toute aide,
Jean-Claude Knaus
Permis de conduire de René Berger :
Parcours dans la Wehr­macht de René Berger :
 FICHES DE L’ADEIF67 & DE LA REGION ALSACE D’ANTOINE KNAUS
Incor­poré de force dans la Wehr­macht
Dernière adresse connue SP 20658 E
Date de dispa­ri­tion ??/11/1944
Lieu de dispa­ri­tion URSS
Circons­tances de décès Inconnu
Sources
  • ADEIF – Recueil photo des dispa­rus du Bas-Rhin (ADEIF)
  • CAEN – Fichier des Incor­po­rés De Force (IDF) « Morts Pour La France » (BAVCC-Caen) – version de 2005
  • CAEN3 – Fichier des Incor­po­rés De Force (IDF) « Morts Pour La France » (BAVCC-Caen) – version de 2007

 

FICHES DU DRK D’ANTOINE KNAUS & D’ALFRED KOHLY, TOUS DEUX DISPARUS AU SEIN DE LA IIe ABTEILUNG DE L’ARTILLERIE-REGIMENT 14 (trans­mises par Claude Herold) – A. Knaus n’est pas réper­to­rié au VDK.

  Alfred Kohly est mort à Tambov : https://www.malgre-nous.eu/tambov-kirsa­nov-kames­ch­kowo/. Si cela se trouve, A. Knauss aussi, mais n’a pas été réper­to­rié comme la plus­part de ceux qui sont passé par le camps avant septembre 1944.

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Alex PHILIPPE : Evadé sur le front normand

Commentaire (0) Les incorporés de force face à leur destin, Témoignages

 Alex Philippe est né le 2 avril 1925 à Siewiller (Bas-Rhin), mais rési­dait avec ses parents à Sarre­bourg (Moselle). Il est appelé au Reich­sar­beits­dienst (RAD, Service du Travail du Reich) qu’il effec­tue à comp­ter du mois de février 1943 à Coes­feld (Westh­pha­lie). Dans le train qui les menait au RAD, les appe­lés se sont révol­tés : frein tiré, vitres cassées, drapeaux français agités… A Sarral­troff, deux hommes en civils sont montés à bord de leur voiture – certai­ne­ment la Gestapo – pour les obser­ver. « Dans notre compar­ti­ment, nous n’avions rien détruit. A l’ar­ri­vée à Sarre­gue­mines, les Alle­mands nous ont fait ouvrir nos valises et nous avons dû leur montrer nos mains pour véri­fier si nous avions parti­cipé à la mani­fes­ta­tion ; deux d’entre nous ont été envoyés au Stru­thof. Quand nous sommes arri­vés au camp du RAD à Coes­feld, les chefs étaient déjà au courant de notre révolte dans le train ».

Alex Philippe est ensuite incor­poré de force dans la Wehr­macht en mai 1943. A la fin des classes à Kielce, en Pologne, ceux de la classe 24 – dont son copain Paul Klein qui n’est pas revenu de la guerre[1] – ont été envoyés en Russie et ceux de sa classe aux îles Lofo­ten, en Norvège (septembre 1943). Il est versé, avec son cama­rade François Rédin­ger, de Sarre­bourg, dans une section de mitrailleuses lourdes de la 3e compa­gnie du Grena­dier-Regi­ment 518. Il obtient une permis­sion au bout d’un an (15 mai 1943). Le Débarque­ment en Norman­die marque la fin de son congé : il est rappelé d’ur­gence à l’unité. Arrivé à Güstrow, tous les permis­sion­naires (des polo­nais, des belges, des luxem­bour­geois, etc.) sont rassem­blés pour former un Urlau­ber-Marsch­ba­taillon, un bataillon de marche de permis­sion­naires à desti­na­tion de Nantes !

 

Paul Klein, fiche du DRK. Dans cette unité se trou­vait aussi Alphonse Koenig. Docu­ment trans­mis par Claude Herold.

 

Un baptême du feu en bord de Loire

 

C’est en arri­vant à Melun que le convoi connaît sa première alerte. Les soldats descendent du train pour gagner des abris. Trois Alsa­ciens profitent de l’oc­ca­sion pour s’éva­der. Le Siche­rheits­dienst (SD) est aussi­tôt prévenu, mais en vain. Le convoi se remet en marche jusqu’a­près Bourges : là, en bord de Loire, la voie avait été sabo­tée par la Résis­tance. Ordre est donné de dres­ser un campe­ment dans un bois en haut d’une colline. L’at­tente s’est prolon­gée jusqu’au début juillet. Alex Philippe et quelques cama­rades ne résistent pas à l’at­trait d’une baignade dans la Loire. Soudain, deux chas­seurs-bombar­diers (surnom­més Jabos par les Alle­mands, abré­via­tion de Jagd­bom­ber) passent, à quelques mètres de la surface de l’eau, au-dessus de leurs têtes en tirant quelques rafales de mitrailleuses. Les baigneurs ont tôt fait de quit­ter leur bain et piquent un sprint vers la forêt. Il leur restait encore 200 mètres à faire lorsqu’une deuxième vague de chas­seurs-bombar­diers lance une attaque sur le train qui est rapi­de­ment réduit en cendres du fait qu’il trans­por­tait égale­ment des muni­tions en plus du gros maté­riel.

 

Le 14 ou le 15 juillet, la troupe reçoit ensuite l’ordre de marcher sur Flers, une marche de 300 km effec­tuée de nuit pour ne pas être repé­rés par les Jabos. C’est entre Bagnole de l’Orne et Domfront qu’ils reçoivent leur dernier repas chaud, ponc­tué par les explo­sions des obus qui tombaient non loin.

 

Evasion sur le sol normand : première tenta­tive

 

Alex Philippe se souvient : « Dans la nuit, nous avons reçu des muni­tions et, très tôt le lende­main, nous étions prêts à l’at­taque, car les troupes alliées avaient dépassé Vire. C’est dans cette direc­tion que nous nous diri­gions avec, comme accom­pa­gne­ment, trois ou quatre chars. C’est ici que j’ai vu les derniers avions alle­mands (Messer­sch­mitt) lâchant quelques bombes sur les posi­tions alliées. Nous avons reçu l’ordre de tirer de temps en temps quelques rafales de mitraillettes et des coups de canons des chars pour faire croire à l’en­nemi que toute une armée était à leurs trousses. Je me suis étonné que, de la part des Améri­cains, il n’y avait que quelques répliques. On les croyait déjà en déroute, mais, au-dessus de nos têtes, un petit avion de recon­nais­sance était entrain de nous repé­rer ».

Cet avion signa­lait à l’ar­tille­rie la posi­tion des Alle­mands.

« Dix minutes plus tard, c’était l’en­fer. Les obus pleu­vaient de tous les côtés. Le crépi­te­ment des fusils mitrailleurs et surtout leurs balles explo­sives qui, en attei­gnant leurs cibles, explo­saient une seconde fois. C’est ainsi que mon coéqui­pier, qui tenait la mitrailleuse, fut atteint d’une de ces balles dans le bras droit. A la hauteur du muscle, il y avait un petit trou où la balle est entrée, mais, à l’ar­rière, tout le bras était en loque. Le sous-offi­cier est arrivé et, avec l’aide d’un panse­ment que nous avions toujours dans notre poche, lui a fait un garrot et un panse­ment provi­soire. Ils sont partis tous les deux à l’ar­rière et je ne les ai plus revus. A l’aide de ma bêche, que j’avais à mon cein­tu­ron, j’ai agrandi mon trou et je me suis juré de ne pas en sortir avant l’ar­ri­vée des Améri­cains ».

 

Les canons alliés ont cessé de tirer à la tombée de la nuit. Alex Philippe s’est retrouvé seul en vie. En trébu­chant sur quelques cadavres, il parvient à repé­rer la route menant à Flers. L’ayant suivi pendant quelque temps, il juge plus prudent de s’en éloi­gner. Il erre alors à travers la campagne, se nour­ris­sant de pommes encore vertes.

 

« Dans la nuit, j’ai aperçu une faible lueur dans une maison isolée. Peut-être pour­rais-je me cacher ici en atten­dant les Améri­cains ? En hési­tant un peu, j’ai tout de même frappé à la porte. Une voix de femme demanda, de l’in­té­rieur, à qui elle avait à faire. Quand elle a entendu parler le français, elle a ouvert la porte. Mais, en voyant mon uniforme, elle était un peu déçue. Je lui ai expliqué mon cas et je me suis excusé de les déran­ger en pleine nuit. Elle me fit entrer et, déjà, le mari vint à notre rencontre, à la lueur d’une bougie, car il n’y avait plus d’élec­tri­cité. Ils m’of­frirent un verre de cidre. Tout en leur racon­tant mon histoire et sur le point de leur deman­der asile, telle­ment ils m’ins­pi­raient confiance, j’en­ten­dis des voix à l’ex­té­rieur. C’était un groupe de soldats alle­mands qui remon­tait au front. Comme ils s’at­tar­daient autour de la maison, je n’étais plus tranquille ».

 

Evasion sur le sol normand : deuxième tenta­tive

 

 

Alex Philippe, prudent, préfère prendre congé de ses hôtes. Sortant par une porte donnant sur le jardin, il se mêle aux soldats comman­dés par un Feld­we­bel. Il explique alors à ce dernier, un Autri­chien, qu’il avait été isolé de ses cama­rades lors d’une attaque. « Il m’a demandé mon origine et, appre­nant que j’étais Lorrain, il me prit à l’écart et me dit : « Si je connais­sais le français comme tu dois le connaître, je ne serai plus ici ». Je croyais d’abord qu’il voulait me tendre un piège, mais d’après sa mine et son clin d’œil complice, j’ai compris ».

 

Soudain, des obus tombent non loin du groupe, obli­geant les soldats à se cacher derrière une haie et se plaquer au sol. Lorsque la petite troupe reprend sa progres­sion, Alex Philippe reste dans sa cachette, puis s’éloigne, filant à l’op­posé, fort de l’adage qui veut que « loin des canons on forge de vieux soldats ».

 

A l’aube, « j’ai aperçu de loin une ferme et des soldats alle­mands qui couraient à gauche et à droite. C’était déjà un peu la débâcle, car les renforts n’ar­ri­vaient plus assez vite et le cercle se refer­mait tout douce­ment entre Falaise et Argen­tan. Il était temps de trou­ver un refuge !

En m’ap­pro­chant de la ferme, j’ai vu un jeune culti­va­teur en train de s’oc­cu­per de son bétail. Lorsqu’il s’est rendu compte de ma présence, je lui fis signe que j’avais soif. Il me fit entrer dans l’écu­rie et me donna un bol de lait que j’ai avalé d’un seul trait. En enten­dant que je parlais bien le français, il me demanda mon origine. Je lui ai raconté mon histoire et notre incor­po­ra­tion de force dans l’ar­mée alle­mande et que j’en avais marre, que je cher­chais à m’éva­der. Je lui ai demandé s’il ne pouvait pas me cacher jusqu’à la venue des Améri­cains. Je lui ai montré mon livret mili­taire et, là, il a bien vu que j’étais Lorrain. Il m’a dit de l’at­tendre, puis il sortit de l’écu­rie pour rejoindre son appar­te­ment. C’est à ce moment que j’ai pris conscience de mon acte et j’ai eu vrai­ment peur. Si jamais il allait me dénon­cer, j’étais pour ainsi dire condamné à mort. Les déser­teurs, on les fusillait sur place ».

 

Fin de parcours dans la Wehr­macht

 

Pris de panique, Alex Philippe s’ap­prête à sortir de l’écu­rie lorsque revient le jeune culti­va­teur. « Il entra muni d’un sac, dans lequel il avait dissi­mulé un bleu de travail, une casquette et une paire de lunettes qui devaient dater de son grand-père. Après avoir jeté un coup d’œil dehors, il me fit signe de me chan­ger. Il prit mon fusil et ma cartou­chière et alla me cher­cher une vieille paire de bottes. Mes habits, une fois dans le sac, il alla les cacher sous le foin, me disant qu’il allait les enter­rer le soir même.

J’étais donc trans­formé en valet. Comme je connais­sais un peu le travail de la ferme – je l’avais souvent fait chez mes grands-parents pendant les vacances scolaires -, je me suis mis à nettoyer l’écu­rie et à remettre de la paille fraîche.

A midi, j’ai eu droit à ma première soupe. Je revois encore cette grande pièce avec, comme plan­cher, de grandes dalles de pierre, une grande table au milieu, et, à l’autre bout, une chemi­née dans laquelle était suspen­due une grande marmite ; une femme d’un certain âge – sa mère – était entrain de mijo­ter une panade. Dans la même pièce, au fond, il y avait deux grands lits.

La dame me fit signe de m’as­seoir à table et, sans faire plus ample connais­sance (étant au courant de ma présence), elle me servit sans dire un mot, comme si je faisais partie de la famille.

De temps en temps, des soldats entraient, deman­dant du lait ou de l’eau. Il ne fallait surtout pas que je me trahisse et, à partir de ce moment, je ne connais­sais plus un seul mot d’al­le­mand.

De loin, on enten­dait le dépla­ce­ment des troupes et des chars. Heureu­se­ment, nous étions un peu à l’écart de la zone de tir, car la bataille avait fait rage un peu plus au nord, entre Falaise et Argen­tan.

On voyait de moins en moins de soldats alle­mands et, après quelques jours, on a vu arri­ver les troupes cana­diennes. Une fois ces troupes instal­lées, et leur quar­tier géné­ral n’étant pas loin, je me suis présenté à un capi­taine qui parlait le français, en lui expliquant mon aven­ture. Il me dit qu’il n’y avait pas d’autre solu­tion que de passer par un camp de prison­niers et que je n’étais pas le seul : il y avait déjà quelqu’un qui s’était présenté en civil après avoir déserté. Je n’avais plus le temps de retour­ner à la ferme pour remer­cier mes hôtes et surtout faire plus ample connais­sance, puisque je ne savais même pas leur nom, ni l’en­droit où nous étions. Tout ce que je sais, c’est que ce n’était pas loin de Flers ».

 

Le capi­taine, après leur avoir donné une de leur ration, embarque les deux évadés et les conduits dans un camp de prison­nier situé à Bayeux, puis à Arro­manches où ils embarquent pour l’An­gle­terre. Là, ils sont envoyés dans un camp de prison­niers à Londres pendant une semaine, redou­tant les V1 et V2 que les Alle­mands tiraient sur la ville. Puis, les Français sont diri­gés vers un camp près d’Edim­bourg (Ecosse) commandé par des Polo­nais. Les 350 Alsa­ciens-Mosel­lans s’en­gagent dans l’ar­mée française et sont envoyés à Camber­ley pour former le Bataillon alsa­cien-lorrain des Forces Françaises Libres (4 octobre 1944). Après avoir passé Noël 44 à Paris, ils sont dési­gnés comme bataillon de sécu­rité à Stras­bourg. Là, ils sont affec­tés au 23e Régi­ment d’In­fan­te­rie sous les ordres du géné­ral de Lattre de Tassi­gny (16 février 1945) ; ils sont canton­nés à la caserne Stirm sur laquelle quelques obus alle­mands sont encore tombés. C’est ensuite le passage du Rhin à Germer­sheim, puis à Spire où le capo­ral-chef Alex Philippe est démo­bi­lisé le 18 octobre 1945. Il est membre de l’Ami­cale des Anciens de Camber­ley – 23e RI 1944–1945 et de l’as­so­cia­tion Alsace et Lorraine libres.

 

Son frère Théo a égale­ment été incor­poré de force. Il a été fait prison­nier sur le front de l’Est et a eu la chance, lui aussi, de reve­nir sain et sauf de la guerre. Alex Philippe de conclure : « Mon père, qui travaillait à la SNCF, puis à la Reichs­bahn, avait cinq enfants. Il aurait perdu son poste si je ne m’étais pas soumis aux nazis ».

 

[1] Alex Philippe conserve une lettre de son ami. Elle est datée du 16 juin 1943. Paul Klein se trouve alors à Bara­wu­cha, près de Polotsk (Polozk, Voblast de Vitebsk, Biélo­rus­sie), à 100 km du front. Sa Feld­post­num­mer 39105 corres­pond au Grena­dier-Feldaus­bil­dungs-Regi­ment 719.

 

Pour ses proches, Alex Philippe a rassem­blé ses souve­nirs dans un livret inti­tulé Souve­nirs de ma vie  (1994).

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STUTZ André

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Je souhaite en savoir plus le parcours de mon grand-père André STUTZ, né le 26 novembre 1923 à Mulhouse, domi­ci­lié à Mulhouse au moment de son incor­po­ra­tion, en tout cas ses parents l’étaient.

A priori, il était dans la marine alle­mande, proba­ble­ment basé près de Dant­zig. Il aurait déserté à pied, profi­tant d’un cour­rier dont il était chargé, jusqu’à Munich. De là un train l’au­rait ramené à Stras­bourg (?? peut-être Mulhouse).

Je vous remer­cie pour toute réponse.

Vincent Stutz
stutz.vincent@­free.fr

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Le destin d’Ar­mand Gangloff, cour­rier des lecteurs paru dans « Frie­den » 2/2018 p.46

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Dans la revue Frie­den 2/2018, publiée par le Volks­bund Deutsche Krieg­sgrä­berfür­sorge, est évoqué le destin de l’in­cor­poré de force Armand Gangloff. 

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ADOLPHE Pierre – Portrait par Claude Herold

Commentaire (0) Portraits d'incorporés de force/déportés militaires

 Son nom est mentionné sur le cime­tière mili­taire alle­mand de Char­kow, mais il n’y est sans doute pas inhumé.

FICHE DE LA REGION ALSACE : 

Pierre Charles ADOLPHE

 

Nom:ADOLPHE

Prénom:Pierre Charles

Prénom usuel:Pierre

Date de nais­sance:28/02/1920

Lieu de nais­sance:Stras­bourg (Bas-Rhin) – France

Lieu de rési­dence:Stras­bourg (Bas-Rhin) – France

Caté­go­ries

 Incor­poré de force dans la Wehr­macht

Dispa­ri­tion

Dernière adresse connue:SP 14489 Bjel­go­rod

Date de dispa­ri­tion:04/08/1943

Lieu de dispa­ri­tion:Bjel­go­rod – URSS

Circons­tances de décès:Inconnu

 

 

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ADOLPH Robert

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Mon oncle Robert Adolph (* Fontoy, Moselle, 1924) est tombé en Russie en novembre 1943 (ci-dessous le texte du télé­gramme reçu par mon grand-père) et je suis à la recherche, si elle exis­tence, de sa tombe.
Savez-vous s’il existe un cime­tière mili­taire alle­mand dans la région où il est tombé?

Merci pour tout rensei­gne­ment,
Pierre Adolph

pierre.adol­ph@­wa­na­doo.fr

Texte du télé­gramme:
In dem Gefecht bei Koro­lewo im Raume von Vitebsk am 10. Novem­ber 1943 fiel Ihr Sohn Robert ADOLPH im Kempf um die Frei­heit Gross­deuts­clands in solda­ti­scher Pflich­terfül­lung, getre­ten seinem Fahne­neide fur Fuhrer, Volk und Vater­land. Er erhielt einen Granat­voll­tref­fer und war sofort tot.
Beige­setzt wurde Ihr Sohn auf dem Ehren­fried­hof in Drju­kowo (Ostaus­gang) an der Roll­bahn Vitebsk-Smolensk.
Soglei­ch……

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