RESISTANCES PASSIVES, par Didier Simler

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« Ce livre est un témoi­gnage contre l’ou­bli. Il retrace l’iti­né­raire inso­lite d’un « Malgré-Nous », mon grand-père, René. Un fusil, quelques lignes manus­crites et de longues discus­sions avec lui m’ont permis de connaître son histoire se dérou­lant durant la Seconde Guerre mondiale. Forcé de quit­ter sa femme et ses deux filles, son périple commence en 1943 lorsqu’il est incor­poré de force dans l’ar­mée alle­mande.
Faisant preuve de volonté et de force de carac­tère, guidé par la chance, René fera tout pour préser­ver ses chances de survie. Cepen­dant, il lui faudra traver­ser une grande partie de l’Eu­rope en guerre et se cacher de longs mois pour ne pas être repris et fusillé. Retrou­vera-t-il les siens sains et saufs, retran­chés dans leur village aux mains des Alle­mands et bombardé par les Alliés ? »

 

Didier Simler est né en 1972 à Séles­tat. Il a passé son enfance en Alsace, à Witti­sheim. Après des études de socio­lo­gie à la faculté de Stras­bourg, il entre à la Biblio­thèque natio­nale de France et passe une dizaine d’an­nées à Paris. Il travaille aujourd’­hui à l’Uni­ver­sité François Rabe­lais de Tours et habite à La-Ville-aux-Dames avec son épouse et ses deux fils.

Ce livre consti­tue certes un témoi­gnage de plus sur la vie d’un malgré-nous, mais il est romancé et se fonde sur l’idée inso­lite de la rencontre entre un fusil et un homme.

 

 

 

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Comprendre les « Malgré-Nous ». Cour­rier publié dans « L’Al­sace » du 7.9.2017

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Article trans­mis par Raymond Cronen­ber­ger

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Louis MUTSCHLER, rescapé de Tambov – Article paru dans les DNA-Erstein du 9.7.2017 trans­mis par Yves Scheeg

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Louis Mutschler fait partie des 13 Hindi­she­mois incor­po­rés de force dans l’ar­mée alle­mande lors de la Deuxième Guerre mondiale puis empri­son­nés au camp de Tambov. Il raconte son parcours, consi­gné par le maire Pascal Nothi­sen et son adjoint Jacky Eber.

 

Depuis quelques années, Louis Mutschler, origi­naire de Nord­house, arrivé à Hindi­sheim avec ses parents et ses trois sœurs en 1938, livre ses souve­nirs de guerre. « Pour les géné­ra­tions futures, pour que la paix soit préser­vée et pour que personne ne revive ce que nous avons vécu ! »
« Je suis le dernier des treize Hindi­shei­mois à avoir été incor­po­rés de force et à être passés par Tambov. Nous n’avions pas d’autre choix. Nous étions obli­gés de rejoindre l’ar­mée alle­mande, car dans le cas contraire, il pouvait y avoir des repré­sailles à l’en­contre de nos familles, qui pouvaient être dépor­tées. Tout ce que je raconte est la stricte vérité », déclare ce chan­teur et spor­tif hors pair au mental d’acier. Autant de quali­tés qui lui permet­tront de s’en sortir à plusieurs reprises.
Sa mémoire est intacte. Il se souvient de tout ! Des dates, des jours, de la retraite des soldats français à laquelle il a assisté du haut d’un ceri­sier sur la route entre Nord­house et Hindi­sheim. De l’ar­ri­vée des troupes alle­mandes au village, de la nazi­fi­ca­tion et des livres du pres­by­tère de Hindi­sheim brûlés, de l’ex­pul­sion des sœurs de l’école, de son père contraint de recons­truire les ponts pour le compte d’une société alle­man­de…

Le champ sanglant

Son premier acte de résis­tance : chômer le 14 juillet 1943, afin de célé­brer comme il se doit la Fête Natio­nale. À l’époque, il était apprenti ébéniste chez Bolen­der, rue de la Krute­nau, à Stras­bourg. Bien que furieux, son patron ne l’a pas dénoncé. Le 6 octobre 1943, il reçoit sa convo­ca­tion au Reich­sar­beits­dienst , service natio­nal du travail, à Bamlach, près de Frei­bourg-en-Brig­sau. « C’était une struc­ture très mili­taire où la pelle remplaçait le fusil. Quand je suis arrivé, un offi­cier m’a inter­pellé en me disant que je devais me repré­sen­ter dans dix minutes, les cheveux coupés de la longueur d’une allu­mette. Un cama­rade s’est attelé à la tâche. Je revois encore mes boucles tomber au sol. »
Le 11 novembre, « nous sommes partis en train à Duis­bourg. On devait creu­ser des cana­li­sa­tions dans la forêt. Il fallait aussi garder les troupes de Bado­glio, maré­chal italien qui a signé la capi­tu­la­tion de l’Ita­lie en 1943. En plus des cinq jours de travail, le sixième était réservé au champ d’en­traî­ne­ment mili­taire, le champ “sanglant”. Là, nous avons été dres­sés comme des chiens, ils nous faisaient souf­frir, courir, sauter, ramper jusqu’à épui­se­ment… »
Vient ensuite la convo­ca­tion pour la Wehr­macht , le 22 janvier 1944, au Wacken. « Ils m’ont sélec­tionné pour aller dans la SS. Moi je ne voulais surtout pas y aller. Alors, quand les poli­ciers avaient le dos tourné, j’ai fran­chi le cordon qui sépa­rait les deux files pour passer dans celle desti­née à la Wehr­macht. Ça a marché ! Ils n’ont rien remarqué… »
Direc­tion ensuite le camp de rassem­ble­ment de Schwe­rin-an-der Warthe, Pologne. « Je me souviens très bien de ce soir du 20 juillet 1944, le jour de l’at­ten­tat contre Hitler. Nous étions rassem­blés dans la cour de la caserne, prêts à marcher sur Berlin parce qu’en cas de réus­site nous devions arrê­ter les SS. Mais le dicta­teur n’a pas crevé ! »
Avant d’en­voyer son régi­ment faire face à l’in­sur­rec­tion de Varso­vie menée par la résis­tance polo­naise, « les Alsa­ciens ont été mélan­gés aux Alle­mands pour éviter que des noyaux de dissi­dence ne se forment. C’était le 1er août. Quand nous sommes rentrés dans Varso­vie, j’ai vu ce que les SS avaient fait… Comment un peuple civi­lisé a pu en arri­ver là et commettre une telle tuerie ? Nous avions l’ordre de tirer sur tout ce qui bouge. L’un des offi­ciers m’a demandé pourquoi je ne tirais pas, je lui ai répondu que moi, je ne tuais pas les femmes et les enfants ! »
Pour ne pas retour­ner au front, il simule une crise d’ap­pen­di­cite dont il se fait opérer. Arguant une fausse adresse en Alle­magne pour se rappro­cher du Rhin, il brave l’in­ter­dit et se rend en permis­sion en Alsace, où il retrou­vera sa mère, malade. Pour ne pas mettre en danger sa famille, il décide de repar­tir le soir du 13 novembre 1944, après s’être auto­mu­tilé les pieds avec de l’es­sence de vinaigre. « Je devais être de retour le 11 novembre à Thorn en Pologne. Ils m’ont attrapé près de Leip­zig, m’ont trans­féré à la prison de Thorn, où j’ai subi de nombreux inter­ro­ga­toires menés par le tribu­nal mili­taire, pour déser­tion. »

« Contre nos bottes, ils nous ont donné des claquettes en bois »

Béné­fi­ciant d’une amnis­tie géné­rale, il est renvoyé sur le front Est, mi-janvier 1945. Il y sera fait prison­niers par les soldats russes. « Ils nous ont pris nos vête­ments chauds et nos bottes. Ils nous ont donné des claquettes en bois. C’était l’hi­ver, il faisait si froid. » Débute alors la longue marche vers les camps de tran­sit. Puis le trans­fert en wagons à bestiaux, en juin 1945 et sous une chaleur cani­cu­laire, au camp de Tambov, alors qu’à l’Ouest, la guerre était finie. « Quand on est sorti du train, il n’y avait pas âme qui vive, que de la forêt. Tambov, c’était la misère. Il y avait une quaran­taine de bâti­ments semi-enter­rés. Seuls les toits de bois, recou­verts d’herbe, dépas­saient du sol. J’étais dans la baraque n° 34, avec 150 autres prison­niers, il y avait des Alsa­ciens et des Roumains aussi. Le matin, il y avait le comp­tage. Il durait deux à trois heures car les morts de la nuit n’étaient pas décla­rés de suite pour pouvoir béné­fi­cier de leur ration de pain. Il y avait plein de bestioles, des puces, des punaises, des poux. »

« Dans la fameuse baraque 22, ils entas­saient des centaines de morts durant l’hi­ver »

Atteint du typhus, « j’ai été admis au laza­ret du camp. Un jour de pluie, une partie du toit s’est effon­drée. Heureu­se­ment que ma fièvre était tombée. Il y avait aussi la fameuse baraque 22, où ils entas­saient des centaines et des centaines de morts durant l’hi­ver. En juin, on a dû creu­ser les fosses… Nous étions là, alors que la Russie était l’al­liée de la Fran­ce… La France nous a lâchés en 40, en 42 avec l’in­cor­po­ra­tion de force et en 45 aussi parce qu’a­près le 8 mai, ils ne nous ont pas rapa­triés ! »
Louis Mutschler est rentré chez lui le 29 octobre 1945, six mois après la signa­ture de l’Ar­mis­tice. Un long chemin en train via Brest-Litovsk, le camp de tran­sit de Frank­furt-Oder, Berlin, Madge­bourg, Wolf­sburg, puis la Hollande, la Belgique, Paris puis l’Al­sace. Un retour en train qui a duré presque deux mois car d’autres convois étaient prio­ri­taires. De ce fait, le sien était parfois bloqué plusieurs jours. « Les plus faibles n’y ont pas survécu. »
Durant tout ce temps, chaque arrêt était l’oc­ca­sion de chapar­der de la nour­ri­ture – hari­cots cueillis dans le pota­ger d’un chef de gare, pommes de terre – que Louis cuisi­nait pour ses cama­rades dans un étui d’obus. Une marmite de fortune pour laquelle ils devaient aussi trou­ver du bois. « Pour survivre, il fallait vivre au jour le jour. Je dis toujours, destin, destin, il faut te prendre comme tu viens, car on ne chan­gera quand même rien ! »
Ce récit, le maire Pascal Nothi­sen et son adjoint Jacky Eber l’ont enre­gis­tré, « parce que l’his­toire des Malgrés-Nous doit être réha­bi­li­tée ! C’est notre mémoire collec­tive ! » confie le premier magis­trat hindi­shei­mois.

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« Les « Malgré-Nous » et les « Malgré-Elles » : l’in­fluence d’une caté­go­ri­sa­tion genrée sur la visi­bi­lité des témoi­gnages des incor­poré.e.s de...

Commentaire (0) 2017, À lire…, L'après-guerre

Durant la Seconde Guerre mondiale, les hommes alsa­ciens ont été incor­po­rés de force dans la Wehr­macht et les femmes ont été envoyées contre leur gré dans les forma­tions para­mi­li­taires de celle-ci. Dans les années 1950, la lutte pour la recon­nais­sance du statut d’in­cor­poré-e de force débute. Lors de celle-ci, les groupes sexués dispa­raissent au profit des caté­go­ries mixtes de « Malgré-Nous » et de « Malgré-Elles » fondées sur la distinc­tion genrée entre le « front » ‑ espace jugé mascu­lin ‑ et « l’ar­rière » ‑ sphère dite fémi­nine. Les trajec­toires de guerre de chaque homme ou femme incor­poré-e de force sont alors redé­fi­nies comme trans­gres­sives ou conformes à la caté­go­rie genrée à laquelle il/elle appar­tient. Cette évalua­tion a poste­riori est déter­mi­nante dans l’ac­cès des incor­poré-e-s de force au témoi­gnage public : avoir une trajec­toire dite « mascu­line » de la guerre est un véri­table atout pour les femmes tandis qu’une expé­rience jugée fémi­nine consti­tue un désa­van­tage pour les hommes.

 

During the Second World War, Alsa­tian men were enlis­ted by force in the Wehr­macht while Alsa­tian women were sent to para­mi­li­tary units against their will. In the 1950s, the struggle for the poli­ti­cal recog­ni­tion of the incor­po­ra­tion by force begins. During this time, male and female groups disap­pear in favor of the mixed cate­go­ries of « Malgré-Nous » and « Malgré-Elles » based on the gende­red distinc­tion between the front – seen as a male space – and the home front – consi­de­red female. The war expe­riences of each man or woman incor­po­ra­ted by force are rede­fi­ned as trans­gres­sive or compliant to the gende­red cate­gory to which they belong. This retros­pec­tive evalua­tion is deci­sive in the access to the public testi­mony by the men or women enlis­ted by force : having a « mascu­line » trajec­tory while being a woman is an asset while having a femi­nine trajec­tory when you are a man is a disad­van­tage.

 

Article complet : http://genre­his­toire.revues.org/2706#ftn16

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Demande d’in­dem­ni­sa­tion des orphe­lins de parents incor­po­rés de force alsa­ciens-mosel­lans dans l’ar­mée alle­mande

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Ques­tion de E. Strau­mann trans­mise par Serge Amorich :

 

Ques­tion écrite n° 845 de Monsieur Éric STRAUMANN (Les Répu­bli­cains – Haut-Rhin) publiée au JO le 05/09/2017

Monsieur Éric STRAUMANN attire l’at­ten­tion de Mme la secré­taire d’État, auprès de la ministre des armées, sur la demande d’in­dem­ni­sa­tion des orphe­lins de parents incor­po­rés de force alsa­ciens-mosel­lans dans l’ar­mée alle­mande. Le décret n° 2004–751 du 27 juillet 2004 insti­tuant une aide finan­cière en recon­nais­sance des souf­frances endu­rées par les orphe­lins dont les parents ont été victimes d’actes de barba­rie durant la Seconde Guerre mondiale ne permet pas de recon­naître un droit à indem­nité à ces orphe­lins d’in­cor­po­rés de force. Cette situa­tion est à juste titre vécue comme inéqui­table car les enfants des incor­po­rés de force ont eu à souf­frir des mêmes consé­quences que les autres orphe­lins victimes du nazisme. Il lui demande quelles dispo­si­tions le Gouver­ne­ment entend prendre pour élar­gir le champ d’ap­pli­ca­tion du décret du 27 juillet 2004 aux incor­po­rés de force alsa­ciens et mosel­lans.

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Photos du front de l’Est prises par un régi­ment de cava­le­rie non iden­ti­fié. Coll. Claude Herold

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« 1943 »

 

 

 

 

« 1943 »

Au repos

Au repos

Sans commen­taire

 

Enfants russes

Enfants russes

« Beute Sammel­stelle » : char pris à l’en­nemi

« Beute Sammel­stelle » : canons pris à l’en­nemi

« Zigeur­ner­kind, Brest 1943 »

 

Sans commen­taire

 

 

 

 

 

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Les céré­mo­nies du 75e anni­ver­saire – Repor­tage de Marie Goerg-Lieby – L’Ami hebdo du 3.9.17

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JAEGER Edouard et Charles, JACOB Joseph – Docu­ments trans­mis par Claude Herold

Commentaire (0) Portraits d'incorporés de force/déportés militaires

DNA du 2.9.2017

 

Fiches du DRK

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Commé­mo­ra­tion du 75e anni­ver­saire du 25 août 1942 avec l’UNC de Dessen­heim

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Nicole Allard, de l’Ami­cale des Anciens du 9 (9e RG-Neuf-Brisach), nous a aima­ble­ment trans­mis un lien vers le blog de l’Ami­cale sur lequel ont été publiés un résumé et des photos de la céré­mo­nie du 75e anni­ver­saire du 25 août 1942 de Dessen­heim : http://anciens9­ge­nie.over­blog.com/2017/08/comme­mo­ra­tion-du-75eme-anni­ver­saire-du-25-aout-1942-avec-l-unc-de-dessen­heim-8.html

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DETTWILLER : une expo­si­tion et une confé­rence

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