Ques­tion minis­té­rielle au sujet des PRO

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Ques­tion écrite n° 24229 de M. Jean Louis Masson (Moselle-NI) publiée dans le JO Sénat du 08/12/2016 – page 5259

M. Jean Louis Masson attire l’at­ten­tion de M. le secré­taire d’État, auprès du ministre de la défense, chargé des anciens combat­tants et de la mémoire sur le fait que, pendant la Seconde guerre mondiale, le Luxem­bourg ainsi que les dépar­te­ments de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin ont été annexés à l’Al­le­magne. Au cours de cette période, les personnes consi­dé­rées comme étant hostiles à l’Al­le­magne ont été trans­fé­rées dans des camps spéciaux situés dans l’Est de l’Eu­rope. Jusqu’à la fin de la guerre, ces personnes ont été contraintes de vivre dans des condi­tions extrê­me­ment diffi­ciles. Les auto­ri­tés alle­mandes évoquaient ces mesures répres­sives sous le nom de « Umsied­lung ». Au Luxem­bourg, les personnes trans­plan­tées de force vers les régions orien­tales du Reich sont consi­dé­rées comme « dépor­tés poli­tiques ». Par contre en France, leur statut est beau­coup plus ambigu puisque pour les Alsa­ciens et les Mosel­lans incar­cé­rés en camps spéciaux en pays ennemi ou en terri­toire étran­ger occupé, le décret n° 54–1304 du 27 décembre 1954 a créé le statut spéci­fique de « patriote résis­tant à l’oc­cu­pa­tion des dépar­te­ments du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle, incar­céré en camps spéciaux ». En appli­ca­tion de ce décret, les PRO relèvent, au regard du code des pensions mili­taires et des victimes de la guerre (CPMIVG), de la caté­go­rie des victimes civiles de guerre. Ce décret ouvre droit à la déli­vrance d’une carte de « patriotes résis­tant à l’oc­cu­pa­tion des dépar­te­ments du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle, incar­cé­rés dans des camps spéciaux ». À juste titre, les asso­cia­tions de PRO du dépar­te­ment de la Moselle ne comprennent pas qu’il y ait une telle diffé­rence de trai­te­ment entre la recon­nais­sance d’une même situa­tion, d’une part pour les Luxem­bour­geois et d’autre part, pour les Mosel­lans. Jusqu’à présent, le minis­tère des anciens combat­tants a souvent fourni des réponses dila­toires, qui donnent l’im­pres­sion que les auto­ri­tés compé­tentes espèrent que le problème se réglera avec grâce à la dispa­ri­tion progres­sive des PRO. Il lui demande donc s’il ne pense pas qu’il serait temps de régler clai­re­ment cette problé­ma­tique.

Réponse du Minis­tère des armées publiée dans le JO Sénat du 15/06/2017 – page 1992

Le droit à répa­ra­tion des victimes de la Seconde Guerre mondiale est fondé sur une diffé­ren­cia­tion des victimes du système nazi. La légis­la­tion fixant diffé­rentes caté­go­ries de victimes a été établie après la Libé­ra­tion, sur la base de recherches histo­riques. Ainsi, en France, le légis­la­teur a décidé de distin­guer les dépor­tés poli­tiques et les personnes consi­dé­rées comme hostiles à l’an­nexion de l’Al­sace et de la Moselle par le Reich, trans­fé­rées dans des camps spéciaux, pour lesquelles le statut de patriote résis­tant à l’oc­cu­pa­tion (PRO) a été créé par le décret n°  54–1304 du 27 décembre 1954, modi­fié, dont les dispo­si­tions ont été inté­grées au code des pensions mili­taires d’in­va­li­dité et des victimes de guerre (CPMIVG) à comp­ter du 1er janvier dernier. Confor­mé­ment à l’ar­ticle L. 343–9 du CPMIVG, le titre de PRO est attri­bué aux Français origi­naires des dépar­te­ments du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle qui, en raison de leur atta­che­ment notoire à la France, ont été arrê­tés et contraints par l’en­nemi de quit­ter le terri­toire natio­nal pour être incar­cé­rés en camps spéciaux en pays ennemi ou en terri­toire étran­ger occupé par l’en­nemi, sous la condi­tion que la période de contrainte ait duré trois mois au moins. En appli­ca­tion des articles L. 113–3 et L. 124–24 du code précité, les PRO béné­fi­cient des pensions de victimes civiles de guerre, ainsi que, pour la prise en compte de certaines infir­mi­tés, des règles d’im­pu­ta­bi­lité prévues par les dispo­si­tions inté­grées au guide-barème pris pour la clas­si­fi­ca­tion des infir­mi­tés et mala­dies contrac­tées pendant l’in­ter­ne­ment ou la dépor­ta­tion, annexé au CPMIVG. Ce guide-barème faci­lite l’éta­blis­se­ment de la preuve de l’im­pu­ta­bi­lité, s’agis­sant d’un certain nombre d’af­fec­tions nommé­ment dési­gnées et consta­tées long­temps après l’in­ter­ne­ment. Si les souf­frances endu­rées par les inté­res­sés en raison de leur atta­che­ment à la France ne sont en aucune façon contes­tables, elles ne peuvent toute­fois être assi­mi­lées à celles vécues par les dépor­tés. Une modi­fi­ca­tion de l’ap­pel­la­tion des patriotes résis­tants à l’oc­cu­pa­tion ou du statut corres­pon­dant n’est en consé­quence pas envi­sa­gée. Enfin, il est précisé que les PRO qui remplissent les condi­tions requises peuvent, en outre, obte­nir les titres de déporté et interné résis­tant, de combat­tant volon­taire de la Résis­tance, de déporté et interné poli­tique ou de réfrac­taire.

 

  • Docu­ment trans­mis par Serge Amorich

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4 tombes d’in­cor­po­rés de force au cime­tière mili­taire alle­mand de Cham­pi­gny-Saint-André : Emile Farny, Charles Haus, Eugène Niglis,...

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Emile Farny est né et demeu­­rait à Ribeau­­villé d’après la liste des non-rentrés de 1945

Emil Farny ruht auf der Krieg­s­grä­­berstätte in Cham­­pi­­gny-St.Andre.

Endgra­­blage: Block 17 Grab 2044

Name und die persön­­li­­chen Daten des Oben­­ge­­nann­­ten sind auch im Gedenk­­buch der Krieg­s­grä­­berstätte verzei­ch­­net

Nach­­name:
Farny

Vorname:
Emil

Dienst­­grad:
Grena­­dier

Geburts­­da­­tum:
30.10.1926

Todes-/Vermiss­­ten­­da­­tum:
08.08.1944

Alfred Schnei­­der

Alfred Schnei­­der ruht auf der Krieg­s­grä­­berstätte in Cham­­pi­­gny-St.Andre.

Endgra­­blage: Block 13 Grab 1623

Name und die persön­­li­­chen Daten des Oben­­ge­­nann­­ten sind auch im Gedenk­­buch der Krieg­s­grä­­berstätte verzei­ch­­net.

Nach­­name:
Schnei­­der

Vorname:
Alfred

Dienst­­grad:
Schütze

Geburts­­da­­tum:
04.08.1925

Todes-/Vermiss­­ten­­da­­tum:
16.07.1944

Eugène Niglis
Eugen Niglis ruht auf der Krieg­s­grä­­berstätte in Cham­­pi­­gny-St.Andre.
Endgra­­blage: Block 14 Grab 692Name und die persön­­li­­chen Daten des Oben­­ge­­nann­­ten sind auch im Gedenk­­buch der Krieg­s­grä­­berstätte verzei­ch­­net.

Nach­­name:
Niglis

Vorname:
Eugen

Dienst­­grad:
Schütze

Geburts­­da­­tum:
26.06.1911

Todes-/Vermiss­­ten­­da­­tum:
21.07.1944

Charles Haus

Nach­­name: Haus

Vorname: Charles

Dienst­­grad: Soldat

Geburts­­da­­tum: 28.08.1925

Geburt­­sort: Illkirch

Todes-/Vermiss­­ten­­da­­tum: 25.08.1944

Todes-/Vermiss­­te­­nort: Grand Couronne/Seine-Mari­­time

Charles Haus ruht auf der Krieg­s­grä­­berstätte in Cham­­pi­­gny-St. Andre (Fran­­kreich). Endgra­­blage: Block 10 Reihe 4 Grab 283

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SCHNEIDER Joseph

Commentaire (0) Avis de recherche, Liste des avis de recherche

Je fais des recherches sur Joseph SCHNEIDER, mon grand-père que je n’ai pas connu. Il habi­tait Stras­bourg. Il aurait été incor­poré de force dans l’ar­mée alle­mande et affecté à Stras­bourg. Il est mort d’une mala­die pulmo­naire en 1943 ou en  1944.
Est-il possible de retrou­ver les traces de cet épisode de sa vie ?

Merci pour toute aide.

 

Patrick Dietz

patrick.dietz112@g­mail.com

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STEINER Eugène

Commentaire (0) Avis de recherche, Liste des avis de recherche

 J’ef­fec­tue actuel­le­ment des recherches sur le parcours d’un cousin à ma mère, Eugène STEINER, « malgré-nous » mosel­lan, assas­siné au hameau de Raccord à La-Motte-Saint-Martin (Isère) le 30 mai 1944 suite à une dénon­cia­tion, par des troupes alle­mandes. Il était né le 24/12/1922 à Lambach (57). Il devait norma­le­ment inté­gré le RAD le 14/10/1941. Je tente de savoir s’il a été au RAD ou s’il est parti dès 1941 en Isère. Ni la commune de Lambach (57) où il habi­tait, ni les archives dépar­te­men­tales de la Moselle ne possèdent les listes rela­tives aux jeunes appe­lés au RAD. Connais­sez-vous une source que je pour­rais inter­ro­ger pour éclair­cir ce point ?

D’avance je vous remer­cie.

Roland STEINER

rs-genea@o­range.fr

 

Les fusillés de Raccord, texte provi­soire : Les fusillés de Raccord Texte provi­soire

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Albert MATHEIS

Commentaires (2) Avis de recherche, Liste des avis de recherche

Je fais des recherches sur le parcours d’Al­bert Matheis (* Sund­house 7.10.1923). La seule trace que j’ai de lui est dans une lettre de ma tante ou elle fait mention de son décès sur le front russe en 1944. Son acte de nais­sance indique qu’il est décédé à Luck en Pologne le 27.2.1944. Ses parents vivaient à Mulhouse et, suite aux bombar­de­ments , ils sont repar­tis vivre à Sund­house.

 

Merci pour toute aide.

 

Luc Gervais

luc.gervais@­free.fr

 

FICHE DE LA REGION ALSACE & DU VDK trans­mises par Claude Herold :

 

Albert Jean MATHEIS

 

Nom: MATHEIS

Prénom: Albert Jean

Prénom usuel: Albert

Date de nais­sance: 07/10/1923

Lieu de nais­sance Séles­tat (Bas-Rhin) – France

Lieu de rési­dence: Riedi­sheim (Haut-Rhin) – France

 

 Incor­poré de force dans la Wehr­macht

 

Date de décès: 27/02/1944

Lieu de décès: Westl.Luck – URSS

Circons­tances de décès: Tué au combat

Sources :  

CAEN – Fichier des Incor­po­rés De Force (IDF) « Morts Pour La France » (BAVCC-Caen) – version de 2005

CAEN3 – Fichier des Incor­po­rés De Force (IDF) « Morts Pour La France » (BAVCC-Caen) – version de 2007

REP-1946 – Registre des non-rentrés en 1946

VDK – Volks­bund deut­scher Krieg­sgrä­berfür­sorge

 

 

Albert Jean Matheis

Albert Jean Matheis wurde noch nicht auf einen vom Volks­bund errich­te­ten Solda­ten­fried­hof überführt.

Nach den uns vorlie­gen­den Infor­ma­tio­nen befin­det sich sein Grab derzeit noch an folgen­dem Ort: Luzk – Ukraine

 

Name und die persön­li­chen Daten von Albert Jean Matheis sind auch im Gedenk­buch der Krieg­sgrä­berstätte verzeich­net.

Nach­name: Matheis

Vorname: Albert Jean

Dienst­grad: Grena­dier

Geburts­da­tum: 07.10.1923

Geburt­sort: Schletts­tadt

Todes-/Vermiss­ten­da­tum: 27.02.1944

 

Todes-/Vermiss­te­nort: Westl.Luck

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NEGATIONNISME ET HAINE ANTI-« MALGRE-NOUS »

Commentaires (3) Actualité

Nos corres­pon­dants ont relevé sur les réseaux sociaux… Quand la haine, la bêtise et l’igno­rance ne font qu’un. Flori­lège.

 

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Polé­mique, néga­tion­nisme et incor­po­ra­tion de force

Commentaires (2) Actualité, Opinion

A partir de 1942, des Français ont été enrô­lés de force dans les forces armées de l’Al­le­magne natio­nale-socia­liste. Ce sont des victimes d’un crime contre l’hu­ma­nité qui a été commis par le IIIe Reich et que la Bundes­re­pu­blik  refuse aujourd’­hui de recon­naître. Ce qui a obligé  Renée Baudot à enta­mer un procès en Alle­magne pour obte­nir justice.

 

Que pensez-vous de la polé­mique du Mur des Noms ?

 

Je la quali­fie­rai d’un seul mot : incon­ve­nante. Il est temps d’y mettre un point final. Pour ce faire, je cite­rais le témoi­gnage du Mosel­lan Albert Hoff­stet­ter, ancien de la France Libre, colo­nel de réserve, titu­laire de nombreuses déco­ra­tions dont les états de services ne sont pas minces. Un grand Monsieur.

«  Seuls les Alsa­ciens et les Lorrains anciens de la France Libre, qui étaient placés dans les mêmes condi­tions que les « Malgré-Nous », c’est-à-dire qui vivaient dans les deux provinces annexées au moment de leur évasion, ont le droit moral de porter un juge­ment (…). On imagine la terrible épreuve morale et le drame de conscience auxquels furent soumis ces jeunes. On ne leur lais­sait plus que le choix entre deux atti­tudes : risquer leur jeune vie pour un régime qu’ils détes­taient et sous un uniforme qu’ils abhor­raient ou mettre en danger la liberté et la vie de leur famille. Leur honneur fut de choi­sir la première solu­tion que leur dictait la piété fami­liale. Que ceux qui ne se sont jamais trouvé confron­tés à un dilemme aussi drama­tique leur jettent la première pierre, s’ils en ont le courage » (J. Burg, Les Malgré-Nous et autres oubliés, 1991, p.487–488).

 

Où en êtes-vous dans votre procé­dure pour faire recon­naître par l’Al­le­magne l’in­cor­po­ra­tion de force comme crime contre l’hu­ma­nité ?

 

Je viens de rece­voir une nouvelle lettre de l’Auswär­tiges Amt (Minis­tère des Affaires Etran­gères alle­mand). Avant de la commen­ter, faisons un peu d’his­toire : l’Al­le­magne est respon­sable de la Seconde Guerre mondiale qui a entrainé plus de 50 millions de morts. C’est la guerre la plus meur­trière de l’his­toire de l’hu­ma­nité. Le 8 mai 1945, le maré­chal Keitel a signé la capi­tu­la­tion sans condi­tions. En sa qualité de chef des armées du IIIe Reich, il a été condamné à mort par le Tribu­nal de Nurem­berg et exécuté pour crimes de guerre et crimes contre l’hu­ma­nité.

Après la guerre, Konrad Adenauer, anti­nazi assoiffé de pouvoir, s’al­lia aux nazis pour recons­truire l’Al­le­magne. Il fit de l’amné­sie du IIIe Reich (« der Verbre­chers­taat  » selon les termes d’Eu­gen Kogon) l’axiome de la recons­truc­tion de la Répu­blique Fédé­rale d’Al­le­magne.

Pendant le IIIe Reich, les Alle­mands avaient chanté « Lili Marlen », Konrad Adenauer devint leur chef de chœur et leur fit chan­ter « Non, je ne regrette rien (…) balayé, oublié, je me fous du passé (…) ! Balayé pour toujours, je repars à zéro (…). Aujourd’­hui, ça commence avec Toi [Konrad Adenauer] ». Il a voulu construire une Alle­magne démo­cra­tique avec les anciens nazis. Peut-être voulait-il démon­trer que les nazis étaient des anti­na­zis qui l’igno­raient ? Le chan­ce­lier Adenauer a « ripo­liné » la façade de l’Al­le­magne nazie en oubliant de faire le ménage à l’in­té­rieur. L’Al­le­magne n’a jamais été déna­zi­fiée, comme l’ex­plique l’ou­vrage La seconde histoire du nazisme du profes­seur Alfred Wahl. Je ne cite­rai qu’un exemple, celui du docteur Hans Globke, secré­taire d’Etat à la chan­cel­le­rie de Konrad Adenauer. Il est l’au­teur du « décret sur la natio­na­lité en Alsace, Moselle et Luxem­bourg du 23 août 1942 servant de base à l’ins­tau­ra­tion du service mili­taire obli­ga­toire » (F. Stroh, M. Quad­flieg (dir.), L’in­cor­po­ra­tion de force dans les terri­toires annexés par le IIIe Reich, 2016 ; p.197).

 

La récente lettre que nous avons reçue du Minis­tère des Affaires Etran­gères alle­mand est dans la ligne de la précé­dente lettre : l’Al­le­magne recon­naît que des citoyens français ont été incor­po­rés de force dans la Wehr­macht pendant la Seconde Guerre mondiale, mais elle réfute tous les argu­ments juri­diques énon­cés dans le mémoire présenté par mon avocat alle­mand – égale­ment profes­seur de Droit à l’Uni­ver­sité – qui a béné­fi­cié de l’ex­per­tise du profes­seur Jean-Laurent Vonau de l’Uni­ver­sité de Stras­bourg. Pour l’Al­le­magne, il n’y a eu ni crime de guerre, pour­tant reconnu par le Tribu­nal de Nurem­berg, ni crime contre l’hu­ma­nité.

En ce qui concerne la lettre du chan­ce­lier Willy Brandt de 1972, dans laquelle le prix Nobel de la Paix recon­naît que l’in­cor­po­ra­tion de force était contraire au droit des gens (« Rechts­wi­drig  »), l’Auswär­tiges Amt, dirigé par le ministre Sigmar Gabriel, membre du SPD (Parti social-démo­crate) comme Willy Brandt, pense que cette lettre ne prouve pas que l’in­cor­po­ra­tion de force de citoyens français dans la Wehr­macht et la Waffen-SS soit contraire à la Conven­tion de Genève et au Statut de Rome. On reste pantois devant tant de mauvaise foi. Ce cour­rier date du 29 mars 2017, il aurait pu être écrit en 1943…!

Enfin, cette lettre nous apprend que les gouver­nants alle­mands auraient regretté l’in­cor­po­ra­tion de force à plusieurs reprises. A ma connais­sance, cela n’a eu lieu ni à Metz, ni à Stras­bourg. En revanche, je sais que le président Joachim Gauck a déclaré à Oradour-sur-Glane, le 4 septembre 2013, que l’in­cor­po­ra­tion de force était « une affaire franco-française ». M. Gauck oubliait que les décrets sur l’in­cor­po­ra­tion de force ne portaient ni la signa­ture du géné­ral De Gaulle, ni celle du maré­chal Pétain.

Cette lettre est inac­cep­table ! Après avoir assas­siné 40000 de nos conci­toyens, les Alle­mands assas­sinent leur mémoire : l’in­cor­po­ra­tion de force n’était pas la version « mili­taire » du programme Eras­mus !

 

Après la Seconde Guerre mondiale, il n’y a pas eu de traité de paix entre nos deux pays parce que l’Al­le­magne était alors divi­sée. En 1990, lors de la réuni­fi­ca­tion, nos gouver­nants auraient dû exiger la signa­ture d’un traité de paix pour régler tous les problèmes en suspens et plus parti­cu­liè­re­ment l’in­cor­po­ra­tion de force de citoyens français et l’eu­tha­na­sie de malades mentaux français, deux crimes contre l’hu­ma­nité commis par le IIIe Reich et non recon­nus par l’Al­le­magne. Je suis d’au­tant plus éton­née que le président Mitter­rand était le seul président des IVe et Ve Répu­bliques à avoir vécu quelques semaines en Moselle annexée lorsqu’il s’est évadé d’Al­le­magne. Il était le seul à avoir une réelle connais­sance de la dicta­ture nazie subie par nos parents. Pourquoi notre nouveau gouver­ne­ment actuel ne réflé­chi­rait-il pas à la signa­ture d’un traité de paix avec l’Al­le­magne ? Il n’existe pas de pres­crip­tion dans ce domaine.

 

Que souhai­tez-vous ?

 

Je souhaite que le gouver­ne­ment alle­mand s’ap­pro­prie les paroles du chan­ce­lier Willy Brandt pronon­cées le 7 décembre 1970 à l’in­ten­tion du peuple alle­mand dans une allo­cu­tion radio­dif­fu­sée depuis Varso­vie où il s’était rendu pour deman­der pardon au peuple polo­nais : « Nous sommes adultes (…), nous devons avoir le courage de regar­der notre passé en face ». Je souhaite à l’Al­le­magne un chan­ce­lier de la dimen­sion de Willy Brandt.

Actuel­le­ment, l’Al­le­magne vit dans l’amné­sie de son passé. Il lui faut révi­ser son histoire, s’en souve­nir et non la réécrire. Cette histoire ne commence pas le 9 mai 1945 ! Tant que les chan­ce­liers alle­mands n’as­su­me­ront pas leur histoire, l’Eu­rope ne pourra pas progres­ser. Comme le relate la revue Frie­den (2/2014), éditée par le Volks­bund, ni la chan­ce­lière A. Merkel, ni le chan­ce­lier G. Schroe­der, invi­tés aux céré­mo­nies du Débarque­ment du 6 juin 1944 en Norman­die, ne se sont rendus au cime­tière mili­taire de La Cambe où reposent 24000 soldats de l’ar­mée alle­mande – et parmi eux quelques incor­po­rés de force – pour s’in­cli­ner devant leurs morts sous prétexte de la présence de soldats de la Waffen-SS. Cela a logique­ment suscité des protes­ta­tions de la part de familles alle­mandes dont les fils avaient été versés d’of­fice dans la Waffen-SS.

Berthold Brecht a écrit : « Malheur au pays qui a besoin de héros ». Je lui réponds : « Honte au pays qui n’ho­nore pas ses soldats morts pour la patrie ». Tous les soldats tombés pour leur patrie méritent le respect.

 

Pour conclure, je rappelle que je mène ce combat pour l’Hon­neur, je me bats pour l’euro symbo­lique. Les Nami­biens ont attendu 112 ans que l’Al­le­magne recon­naisse leur géno­cide, j’es­père que nous n’at­ten­drons pas aussi long­temps.

Dans l’im­mé­diat, pensons à prépa­rer la commé­mo­ra­tion du 75e anni­ver­saire des décrets sur l’in­cor­po­ra­tion de force et à hono­rer tous les incor­poré(e)s de force encore vivant(e)s.

 

 

Propos recueillis par Nico­las Mengus

 

 

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AVIS AUX ETUDIANTS : Créa­tion d’un Prix de l’In­cor­po­ra­tion de force présidé par le profes­seur émérite Jean-Laurent VONAU

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Un Lorrain condamné pour déser­tion

Commentaire (0) Documents, Mémoire

PARIS : LES LIEUX SECRETS DE L’OCCUPATION

Docu­men­taire diffusé sur RMC.

A 28:32 appa­rait un graf­fiti conservé dans une cellule du 11 rue des Saus­saies, ancien QG de la Gestapo (actuel­le­ment Minis­tère de l’In­té­rieur) : « Tenez bon encore un petit moment. On les aura bien­tôt. Bon courage de la part d’un petit lorrain condamné à mort pour déser­tion ».
Merci à Patrick Joli­don pour l’in­for­ma­tion.
Capture d’écran par Richard Klein
© MI/Dicom. Merci à Joël Beck pour la trans­mis­sion de cette photo.
Pour en savoir plus sur ces graf­fi­tis, voir ce DVD publié en 2012 par le Minis­tère de l’In­té­rieur : 

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WILHELM Jean-Pierre et Edouard

Commentaire (0) Portraits d'incorporés de force/déportés militaires

 

Fiche de la Région Alsace :

Nom WILHELM
Prénom Jean Pierre Edouard Michel
 Prénom usuel Jean Pierre
Date de nais­sance 30/09/1921
Lieu de nais­sance Stras­bourg (Bas-Rhin) – France
Lieu de rési­dence Ober­nai (Bas-Rhin) – France
Incor­poré de force dans la Wehr­macht
Dernière adresse connue SP 57525 D
Date de dispa­ri­tion 06/12/1943
Lieu de dispa­ri­tion Dikowka – URSS
Circons­tances de décès Inconnu
Sources
ADEIF – Recueil photo des dispa­rus du Bas-Rhin (ADEIF)
CAEN – Fichier des Incor­po­rés De Force (IDF) « Morts Pour La France » (BAVCC-Caen) – version de 2005
CAEN3 – Fichier des Incor­po­rés De Force (IDF) « Morts Pour La France » (BAVCC-Caen) – version de 2007
REP-1946 – Registre des non-rentrés en 1946
 

Wilhelm Cour­rier des Vosges 15.3.79

Docu­ments trans­mis par E. Wilhelm, veuve d’Edouard Wilhelm

 

Fiche du DRK trans­mise par Claude Herold :

 

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