Gabriel Andres, Histoire de l’Epu­ra­tion en Alsace-Lorraine

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jpg_andresG.jpgA comp­ter de 1944 (et jusqu’en 1953 avec le procès d’Ora­dour-sur-Glane), la poli­tique de la France est claire : déna­zi­fier, mais surtout « déger­ma­ni­ser » défi­ni­ti­ve­ment l’Al­sace et la Moselle, comme si les Alsa­ciens et les Mosel­lans avaient été plus nazis, plus colla­bo­ra­teurs que leurs compa­triotes de France occu­pée. Ainsi, par le seul fait que ces deux provinces avaient été annexées au IIIe Reich (suite à la démis­sion de la « Mère Patrie » en 1940), l’Epu­ra­tion fut propor­tion­nel­le­ment plus sévère et plus dure (mais moins sanglante) qu’ailleurs en France.
Désir de vengeance, cupi­dité, calom­nie, dénon­cia­tions, exécu­tions sommaires, arres­ta­tions hâtives et arbi­traires, inter­ne­ments et dépor­ta­tions injustes – les camps du Stru­thof, de Schir­meck ou de Metz-Queu­leu sont à nouveau le théâtre d’hor­reurs ! – touchent des colla­bo­ra­teurs, mais énor­mé­ment de civils inno­cents (y compris des enfants) ou encore des Incor­po­rés de force déser­teurs de l’Ar­mée alle­mande. Ces exac­tions et dénis de justice ont empoi­sonné une époque où il était « chic de parler français ».
Ce livre consti­tue une inté­res­sante intro­duc­tion à l’Epu­ra­tion en France annexée et le lecteur n’a qu’une envie : en savoir plus sur cette triste période pour laquelle les témoi­gnages sont malheu­reu­se­ment rares et pour laquelle la vérité histo­rique reste à mettre au jour.

NB : Le docu­ment analysé par Gabriel Andres aux pages 161–173 est consul­table sur le site www.malgre-nous.eu (rubrique Docu­ments – Epura­tion).

Nico­las Mengus

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BUCH Antoine, Boche ou Fran­zo­sen­kopf ?

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jpg_Buch_Antoine.jpgAntoine Buch est né en 1927 à Benn­wihr, un village fran­co­phile. Dans l’Al­sace annexée, il aide notam­ment des prison­niers français à passer les Vosges.
Il évoque aussi son frère Charles et son cousin Armand : nés en 1926, ils ont été versés d’of­fice dans les Waffen-SS. Lorsque son frère manque à l’ap­pel de la divi­sion « Das Reich », les Alle­mands ne peuvent pas prou­ver qu’il s’agit d’une déser­tion. Mais la famille est mena­cée d’être dépor­tée au moindre faux-pas. Aussi Antoine Buch se rend à la convo­ca­tion au RAD, le 19 novembre 1944, à l’âge de 17 ans (en même temps que des jeunes de la classe 1928).
Vivre, ou plutôt survivre. La mort et, peut-être surtout, la fatigue, la faim et la soif sont de fidèles compagnes des soldats du Reich. Le 12 janvier 1945 débute l’at­taque russe sur la Prusse orien­tale. Encou­ra­gés par Staline et le jour­na­liste Ilja Ehren­bourg, les soldats sovié­tiques (malgré l’in­ter­dic­tion faite par certains de leurs offi­ciers) se vengent de l’at­taque de leur pays en 1941 sur les mili­taires, mais aussi sur les civils et, plus parti­cu­liè­re­ment, sur les femmes et les jeunes filles, notam­ment à Nemmers­dorf. « J’ai vu les deux camps à l’œuvre. Sur le terrain de cette guerre, il n’y en avait pas un pour rattra­per l’autre ».
Puis ce sont les rives de la mer Baltique et la « Frische Nehrung ». Le nombre de cadavres sur et dans la glace est incal­cu­lable.
A la mi-février 1945, Antoine Buch quitte Dant­zig et rejoint Bremen. C’est là, le 13 mars 1945, qu’il est offi­ciel­le­ment enrôlé dans la Wehr­macht. Puis, de Lubeck, il rejoint Neuen­gamme et Hambourg. A la fin du mois d’avril, il se sauve et parvient à rejoindre des prison­niers français à Neuen­gamme.
A son retour, il découvre que son village a été tota­le­ment détruit lors des combats de la Libé­ra­tion et que son père est mort dans « l’en­fer de Benn­wihr » (décembre 1944). « A 40 ans, ma mère était veuve, à la tête d’une famille nombreuse et d’un tas de cailloux qui avait été une maison et une entre­prise ». Il a alors 18 ans.
Surtout ne pas mourir pour Hitler à cause des lâche­tés de la France de Pétain. Tel était le credo d’An­toine Buch. Il constate, non sans amer­tume, que, « à lui tout seul (….), [Hitler] a fait plus pour notre senti­ment français que toutes les propa­gandes seri­nées pendant vingt ans [entre 1918 et 1938] par une admi­nis­tra­tion française qui ne compre­nait pas le para­doxe de ses provinces récu­pé­rées de l’Est ». Et les tracas­se­ries qu’il a subies après la guerre lui font conclure : « Oui, j’aime la France. Dommage qu’elle me l’ait toujours si mal rendu ».

Nico­las Mengus

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MENGUS Chris­tiane, KOENIG Pierre, Chris­tiane. Stras­bourg 1939–1945

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jpg_christiane.jpgLe mot « guerre » fait immé­dia­te­ment penser aux combat­tants. Le mot « civil » ne vient à l’es­prit qu’en un deuxième temps. Pour­tant, eux aussi ont eu à subir bombar­de­ments et combats. Et voilà qu’un roman auto­bio­gra­phique s’in­té­resse à la misère des civils alsa­ciens pendant la Seconde Guerre mondiale et, plus parti­cu­liè­re­ment, des Stras­bour­geois. C’est le témoi­gnage de Chris­tiane, une petite fille née en 1934. Jeune actrice d’une époque tour­men­tée, elle se souvient d’abord du Stras­bourg d’an­tan où il était bon de se baigner dans l’Ill. Mais la guerre arrive vite. Marcel, son père, est mobi­lisé dans l’Ar­mée française pendant que sa mère, sa grand-mère et elle sont évacuées à Château­roux. Elles vont y subir les attaques de l’avia­tion italienne et faire connais­sance avec un âne nommé Hitler. Puis c’est la vie en Alsace annexée, la main-mise du parti nazi, l’école alle­mande, les ennuis avec la Gestapo ou encore l’ab­sence du père incor­poré de force dans la Waffen-SS et envoyé sur le front russe. Et ce qui a parti­cu­liè­re­ment marqué toute la vie de la petite fille d’alors, ce sont les terribles bombar­de­ments alliés sur la ville de Stras­bourg. Ce récit nous offre un tableau vivant du quoti­dien complexe des Alsa­ciens jusqu’à la Libé­ra­tion et au retour de la paix tant espé­rée.

Nico­las Mengus

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Propa­ganda. Histoire de se souve­nir

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jpg_Propaganda.Souvenir.jpgLes objets du quoti­dien, souvent insi­gni­fiants pour les contem­po­rains, revêtent une réelle impor­tance pour les histo­riens. En effet, pour bien appré­hen­der une époque, les sources de l’His­toire se doivent d’être multiples. Et c’est ce que nous rappelle ce livre qui présente divers objets (archives admi­nis­tra­tives, tracts, cari­ca­tures, brochures, timbres ou jouets) qui sont autant de reflets de la propa­gande natio­nale-socia­liste et de la résis­tance anti­na­zie. Ils sont tous « porteurs d’un poids d’un passé ambigu », mais ils sont, avant tout, les témoins de « la grande Histoire dans les petites choses de tous les jours ».

Nico­las Mengus

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Raconte-moi… 39–45 au Pays de la Zorn

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jpg_Zorn.jpgHeureuse initia­tive de la part de l’as­so­cia­tion ARCHE (Anima­tion, Recherche, Culture, Hoch­fel­den et Envi­rons) que d’avoir retracé le quoti­dien des Alsa­ciens de la région de Hoch­fel­den avant et surtout pendant la Seconde Guerre mondiale. De la « Drôle de Guerre » à la Libé­ra­tion, ce sont tous les aspects de la vie en France annexée qui sont présen­tés ici par le biais de docu­ments écrits et icono­gra­phiques, mais aussi de nombreux témoi­gnages. Des tables chro­no­lo­giques et des annexes (dont glos­saire, liste des morts pour faits de guerre et des incor­po­rés de force) complètent utile­ment l’en­semble.
Au total, un ouvrage précieux pour mieux connaître l’his­toire de l’An­nexion de l’Al­sace au Reich natio­nal-socia­liste.

Nico­las Mengus

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Jean-Louis Florent Schroet­ter, Pour l’hon­neur de mon père…

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jpg_JLSchroetter.jpgJean-Louis Schroet­ter est un de ces nombreux Alsa­ciens qui n’a pas connu son père. Ce dernier n’a pour­tant pas été enrôlé de force dans la Wehr­macht. Il n’est pas mort ou porté disparu sur tel ou tel front. Il est mort en France, à Cahors (Lot), alors que les Alle­mands avaient déjà fui cette ville. Florent Schroet­ter est natif de Bergheim (Haut-Rhin), porte un nom à conso­nance germa­nique, maîtrise la langue alle­mande et, de surcroît, il est membre des Chan­tiers de Jeunesse Française. Lorsque Cahors est libéré sans combat (« pas une chicane, pas un coup de feu ») par les FTP le 17 août 1944, tous ces éléments – auxquels il faut ajou­ter une lettre anonyme – font de lui un collabo en puis­sance. Le soir du 18 août, un cama­rade FTP de Florent Schroet­ter vient le cher­cher, car le Maquis avait besoin d’un inter­prète. Sa femme ne le reverra jamais : incar­céré le lende­main, il est fusillé en toute illé­ga­lité le 20 août. A travers la longue et diffi­cile quête de Jean-Louis Schroet­ter pour retrou­ver les traces de son père, victime de la haine des hommes pour leurs semblables et dont « la seule présence « visible » était une grande photo, celle d’un jeune homme en uniforme, accro­chée dans la salle à manger », ce livre contri­bue à faire connaître la situa­tion complexe des Alsa­ciens pendant et après la guerre et à soule­ver un pan du voile qui masque toujours encore le côté obscur de la Résis­tance.

Nico­las Mengus

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Gérard Pfis­ter (dir.), Marcel Weinum et la Main Noire

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jpg_Weinum.jpgSi la Résis­tance en France occu­pée a fait l’objet de nombreuses publi­ca­tions, celle de la France annexée est restée long­temps dans l’ombre. Il est vrai que la situa­tion était telle en Alsace que les moyens d’ac­tion étaient plus limi­tés, moins « spec­ta­cu­laires » que dans le reste du pays. Pour­tant, la Résis­tance alsa­cienne, bien réelle, n’a rien à envier à celle des autres régions. L’exemple de Marcel Weinum (déca­pité en 1942 à Stutt­gart, à l’âge de 18 ans), de Ceslav Sierad­ski (exécuté par balle en 1941 à Schir­meck, à l’âge de 17 ans) et de tous leurs cama­rades du réseau de résis­tance de la « Main Noire » nous le rappelle avec force. N’ou­blions jamais que « la Résis­tance alsa­cienne a elle aussi ses héros, et la France a envers eux une dette de grati­tude ».

Nico­las Mengus

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BERNAGE Georges (et allii), Le couloir de la Mort – Falaise-Argen­tan 1944

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jpg_CouloirMort.jpgParmi les troupes alle­mandes ayant combattu en Norman­die en 1944 se trou­vaient des incor­po­rés de force (ou « dépor­tés mili­taires ») alsa­ciens et mosel­lans. Ils ont été des centaines à avoir vécu l’en­fer dans la « Poche de Falaise » et dans ce trop célèbre « Couloir de la Mort » par lequel les Alle­mands se sauvèrent de l’en­cer­cle­ment.

Dans cet ouvrage, la parole est donnée à deux d’entre eux. Lucien Meyer (p.111) et Nico­las Fank (p. 140–141). Lucien Meyer, à bord d’un Schüt­zen­pan­zer­wa­gen trac­tant un canon, se retrouve face à des troupes polo­naises. Il se laisse captu­rer le 19 août 1944. Il est fina­le­ment envoyé en Angle­terre où il s’en­gage dans l’Ar­mée française.
Nico­las Fank est incor­poré de force en 1943 dans la 2e Panzer-Divi­sion qui stationne en Norman­die. C’est à bord de son « Panther » qu’il parvient à s’échap­per de la « Poche de Falaise ». Il s’évade ensuite.

Nico­las Mengus

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140. ENTRE DEUX FRONTS

Commentaire (0) 2007

MENGUS Nico­las, HUGEL André, Entre deux fronts. Les incor­po­rés de force alsa­ciens dans la Waffen-SS, volume 1, Editions Pier­ron, Paris-Sarre­gue­mines, 2007.

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Waffen-SS à Lavau­rette (1944)

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Je recherche un Alsa­cien « Malgré nous » ayant servi dans l’Ar­mée française
en 1940 et qui fut fait prison­nier par les Alle­mands. Envoyé dans un
Stalag, puis libéré car Alsa­cien.

Incor­poré de force dans la Wehr­macht ou Waffen SS.

Prison­niers des Russes ou Améri­cains en 1944–1945.

Habi­tant une ferme dans le Quercy (Caus­sade,Caylus) ou canton­naint des
éléments du 2 Rgt SS de Panzer (Das Reich) en 1944, je recherche des
Alsa­ciens qui auraient pu se trou­ver à cet endroit en 1944.

André KOEHL
Tél. 06.85.59.74.69
Cour­riel : koehl.andre@o­range.fr

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