GROFF Emile

Commentaire (1) Avis de recherche, Liste des avis de recherche

Passionné d’his­toires locales, je recherche un « Malgré-nous » disparu dans la tour­mente de la Deuxième Guerre mondiale.

Il s’agit de Emile Groff né le 20.07.1920 à Schil­ti­gheim.

Lors de sa mobi­li­sa­tion, il habi­tait Winkel, près de Ferrette.

Avec mes remer­cie­ments pour toute aide.

Camille SECULA

secu­la­ca­mil­le@­hot­mail.fr

 

  • Fiches du VDK, de la Région Alsace et du DRK trans­mi­ses­par Claude Herold :

Emil Groff

Nach den uns vorlie­gen­den Infor­ma­tio­nen ist Emil Groff seit 01.10.1945 vermisst. In dem Gedenk­buch des Fried­hofes Bartosze -Sammel­fried­hof haben wir den Namen und die persön­li­chen Daten von Emil Groff verzeich­net. sein.

Nach­name:

Groff

Vorname:

Emil

Geburts­da­tum:

20.07.1920

Todes-/Vermiss­ten­da­tum:

01.10.1945

Todes-/Vermiss­te­nort:

Bialys­tok

Nom GROFF

Prénom Emile Joseph

Prénom usuel Emile

Date de nais­sance 20/07/1920

Lieu de nais­sance Schil­ti­gheim (Bas-Rhin) – France

Lieu de rési­dence Winkel (Haut-Rhin) – France

Incor­poré de force dans la Wehr­macht

Date de dispa­ri­tion01/08/1945

Circons­tances de décès Inconnu

 

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« In Memo­riam », un poignant hommage aux incor­po­rés de force

Commentaire (1) Actualité

Hale­tant, le rythme. Conti­nue, la tension. Perma­nente, l’an­goisse. Images fortes, dialogues essen­tiels et sans bavar­dage, musique épou­sant le rythme des scènes qui se succèdent sans pause…Le drame de l’in­cor­po­ra­tion de force a trouvé son support ciné­ma­to­gra­phique. Enfin.

Salle comble lundi 25 mars dans une salle du complexe UGC. Le public, plutôt jeune, est venu après avoir réservé par mail. Et à la fin, après près de deux heures éprou­vantes passées dans la peau d’un Malgré-Nous, plusieurs secondes de silence. Sonnés, les spec­ta­teurs se ressai­sissent pour applau­dir l’équipe à l’ori­gine du film. Benja­min Stein­mann, le scéna­riste et réali­sa­teur, bien sûr, mais aussi les fabu­leux acteurs : Jona­than Schu­ler, Julien Leinin­ger, Elodie Blatt­ner et Marco Motz. Sans oublier les autres évidem­ment (les soldats améri­cains par exemple) et Jean-François Bilger dont le rôle, essen­tiel, fut de dispen­ser des conseils et de four­nir des tenues mili­taires à travers l’as­so­cia­tion « Weit­bruch libéré ».


Comment un tel film est-il né ? Benja­min Stein­mann explique avoir écrit le synop­sis à 12 ans, réuni 5000 euros et surtout des amis d’en­fance. Le tour­nage a duré deux ans en pleine nature, forêts vertes et épisodes neigeux. Un film brutal comme la guerre, sensible comme un homme, égaré entre des flash back en Alsace et le présent. Ils commu­niquent comment, ces soldats désem­pa­rés ? En alsa­cien du nord ou du sud, en français voire en alle­mand. Le person­nage prin­ci­pal, c’est un de ces déser­teurs alsa­ciens qui furent nombreux à tenter d’échap­per des griffes du monstre nazi… Mais d’ailleurs déser­ter d’une armée qui vous a illé­ga­le­ment incor­poré par la force, est ce vrai­ment déser­ter ou plutôt s’éva­der ?

Un film à voir en tout cas, par hommage à ces dizaines de milliers de fils ou pères, maris ou fian­cés, enrô­lés par un pouvoir inique puis oubliés voire calom­niés par la France dont ils étaient pour­tant les enfants.

Projec­tion gratuite samedi 6 avril à 20h au Mille­nium à Weit­bruch, sur réser­va­tion auprès de jf.bilger@o­range.fr

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LUX Charles

Commentaire (0) Portraits d'incorporés de force/déportés militaires

Nom:LUX

Prénom:Charles Auguste

Prénom usuel:Charles

Date de nais­sance:09/12/1912

Lieu de nais­sance:Schil­ti­gheim (Bas-Rhin) – France

Lieu de rési­dence:Hoen­heim (Bas-Rhin) – France

 Incor­poré de force dans la Wehr­macht

Dernière adresse connue:Samara (Russie)

Date de décès:05/06/1945

Lieu de décès:En capti­vité sovié­tique

Circons­tances de décès:Mala­die

Sources

 ADEIF – Recueil photo des dispa­rus du Bas-Rhin (ADEIF)

CAEN – Fichier des Incor­po­rés De Force (IDF) « Morts Pour La France » (BAVCC-Caen) – version de 2005

CAEN3 – Fichier des Incor­po­rés De Force (IDF) « Morts Pour La France » (BAVCC-Caen) – version de 2007

REP-1946 – Registre des non-rentrés en 1946

 

 

Fiches de la Région Alsace et du DRK trans­­mises par Claude Herold.

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HERRMANN Jean

Commentaire (0) Portraits d'incorporés de force/déportés militaires

Nom:HERRMANN

Prénom:Albert Jean Frédé­ric

Date de nais­sance:01/02/1916

Lieu de nais­sance:Colmar (Haut-Rhin) – France

Lieu de rési­dence:Colmar (Haut-Rhin) – France

Incor­poré de force dans la Wehr­macht

Décès présumé

Date de dispa­ri­tion:11/01/1946

Lieu de dispa­ri­tion:Kuiby­schew – URSS

Circons­tances de décès:Inconnu

Sources

 CAEN – Fichier des Incor­po­rés De Force (IDF) « Morts Pour La France » (BAVCC-Caen) – version de 2005

CAEN3 – Fichier des Incor­po­rés De Force (IDF) « Morts Pour La France » (BAVCC-Caen) – version de 2007

RE

P-1946 – Registre des non-rentrés en 1946

 

Fiches de la Région Alsace et du DRK trans­mises par Claude Herold.

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SICK Charles

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Charles Sick est né le 27/10/1914 à Turck­heim, dans le Haut-Rhin. Serru­rier-forge­ron à Muns­ter. Marié à Jeanne Mert­zei­sen. Il avait une soeur Hortense, morte en 1943 d’une fausse couche et deux autres, Mathilde et Henriette. En 1939–1940, il était dans les Diables Rouges à Bitche (Moselle). Après l’an­nexion, il est incor­poré de force dans la divi­sion « Böhmen und Mähren » (31e SS-Frei­willi­gen-Grena­dier-Divi­sion). Il est offi­ciel­le­ment mort en 1945 à Vrutsky, en Tché­co­slo­vaquie.

 

Eléments trans­mis par son petit-fils François Sick.

 

FICHE DE LA REGION ALSACE, trans­mise par Claude Herold

Nom SICK
Prénom Henri Charles
Prénom usuel Charles
Date de nais­sance 27/10/1914
Lieu de nais­sance Turck­heim (Haut-Rhin) – France
Lieu de rési­dence Muns­ter (Haut-Rhin) – France
Incor­poré de force dans la Wehr­macht
Date de dispa­ri­tion 14/04/1945
Lieu de dispa­ri­tion Vrutky – Tché­co­slo­vaquie
Circons­tances de décès Inconnu
  • CAEN – Fichier des Incor­po­rés De Force (IDF) « Morts Pour La France » (BAVCC-Caen) – version de 2005
  • CAEN3 – Fichier des Incor­po­rés De Force (IDF) « Morts Pour La France » (BAVCC-Caen) – version de 2007
  • COM – Commune
  • REP-1946 – Registre des non-rentrés en 1946

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HEITZ Alfred

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Fiche du VDK trans­mise par Claude Herold:

Alfred Heitz ruht auf der Krieg­sgrä­berstätte in Plou­da­niel-Lesne­ven.

Endgra­blage: Block 8 Reihe 13 Grab 388

Name und die persön­li­chen Daten des Oben­ge­nann­ten sind auch im Gedenk­buch der Krieg­sgrä­berstätte verzeich­net.

Nach­name:

Heitz

Vorname:

Alfred

Dienst­grad:

Gefrei­ter

Geburts­da­tum:

20.09.1921

Geburt­sort:

Mülhau­sen

Todes-/Vermiss­ten­da­tum:

09.06.1944

Todes-/Vermiss­te­nort:

Ile-de-Batz

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HEINIMANN Bernard

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HEINIMANN Bernard (* Hegen­heim 24.10.1920 + Hegen­heim 29.10.2013). Après le Reich­sar­beits­dienst, il incor­poré dans la 130e divi­sion blin­dée « Panzer-Lehr  ». Enga­gée en Yougo­sla­vie contre les parti­sans de Tito, il ressort forte­ment éprouvé de cette guérilla sanglante. La divi­sion est ensuite mutée en France, d’abord dans la Meuse, puis dans l’Eure-et-Loir, dans la région de Chartres. Avec le Débarque­ment, la troupe fait mouve­ment sur Tilly-sur-Seulles (Calva­dos), face aux Anglais, puis dans le secteur de la rivière Vire, près de Saint-Fromond et Saint-Jean-de-Daye (Manche). Bernard se trouve au Désert (Manche), à la ferme « Grand­mange ». Les combats sont âpres dans cette tête-de-pont. Bernard se replie aux envi­rons immé­diats de la ferme de « La Pier­re­de­rie », à 800m d bourg du Hommet d’Ar­the­nay. Elle est exploi­tée par Jean Leha­ri­vel et sa famille, soit 9 personnes plus deux employés. Sa fille, Janine Leprieur, se souvient : « En prévi­sion des combats à venir, mon père, ancien de Verdun en 14–18, avait constriot à proxi­mité de la maison d’ha­bi­ta­tion une tran­chée pour abri­ter sa famille. Conçue pour 10 ou 12 personnes, cette tran­chée accueillera jusqu’à 18 personnes, dont 13 réfu­giés, accom­pa­gnant Alphonse Voydie, maire de Graignes. Effec­ti­ve­ment, cet abri se révè­lera d’un grand secours face aux duels d’ar­tille­rie des armées alle­mandes et améri­caines, dont l’in­ten­sité augmen­tera au fur et à mesure de l’avan­cée des Alliés ». Le 12.7.1944, « à la nuit tombante, alors que nous étions abri­tés dans la tran­chée, je vois, avec peur, un soldat alle­mand s’y réfu­gier préci­pi­tam­ment. A priori, il avait le compor­te­ment d’un homme pour­suivi. Les occu­pants de la tran­chée ont vite compris que ce soldat cher­chait à déser­ter, ce qu’il confirme en disant qu’il était alsa­cien. L’un d’eux lui a posé la ques­tion suivante : « Et si un Alle­mand vient à la tran­chée, que se passe-t-il ? ». Réponse : « Je le tue ! ». Cela ne nous rassure pas du tout. Ensuite, mon père la restauré avec une omelette et lui a fourni des habits civils pour rempla­cer son uniforme, le trans­for­mant ainsi en pseudo-ouvrier agri­cole lambda. Après réflexion, il quitte la tran­chée pour se cacher dans un recoin situé sous un ensemble de cages à lapins ; il estime qu’il mettrait en réel danger les habi­tants en cas de retour des Alle­mands.

Le 13 juillet, tôt le matin, surprise et frayeur ! Nous perce­vons des bruits de moteur, puis des sons de voix guttu­rales. Pas de doute, les Alle­mands sont reve­nus près de la ferme ! Notre Alsa­cien comprend la situa­tion. Il réen­dosse en hâte son uniforme et, recon­nais­sant la voix de son lieu­te­nant, se présente à lui sans tarder. Il lui rend compte qu’il a dû « passer la nuit dehors car, hier, lors du repli de son unité, il était auprès d’un cama­rade blessé et que le dernier blindé ne l’avait pas attendu ». Le lieu­te­nant ne suspecte rien et lui réponde qu’il le propo­se­rait «  pour une cita­tion en raison de son acte de dévoue­ment ». Sans plus tarder, notre Alsa­cien, muni de sa Panzer­faust, repart au combat avec ses cama­rades, à travers champs, en direc­tion du Désert. Nous étions tous inquiets pour lui et tristes de le voir partir dans ces condi­tions, mais aussi soula­gés, malgré l’échec de la tenta­tive d’éva­sion, que cet aléa n’ait pas entrainé de repré­sailles.

Ce même 13 juillet au soir, surprise ! Notre Alsa­cien revient à la ferme. Il semble moins excité et nous annonce que si le pont de la Terrette, situé à l’en­trée du bourg du Hommet sautait, cela signi­fie­rait que son unité ne pour­rait plus reve­nir à la ferme. Commence alors une attente, trop longue à notre gré, puis nous enten­dons nette­ment la défla­gra­tion qui confirme la destruc­tion du pont. Rassuré, notre Alsa­cien passe le reste de la nuit avec nous.

Le 14 juillet à l’aube, les troupes d’as­saut améri­caines, surar­mées, enva­hissent tous les bâti­ments de la ferme et ses issues sans avoir à tirer un seul coup de feu. Bien contents et soula­gés d’être enfin libé­rés, nos mani­fes­ta­tions de joie sont restées réser­vées tant nous étions fati­gués. Il fait notre que les GI semblaient égale­ment épui­sés et restaient discrets, sans cher­cher le contact. Mon père propose alors à notre Alsa­cien de rester avec nous jusqu’à la fin des hosti­li­tés. A cette propo­si­tion, Bernard Heini­mann – qui révèle enfin son nom – préfère se consti­tuer prison­nier de guerre et demande à mon père de prendre contact en ce sens avec les auto­ri­tés améri­caines. Chose dite, chose faite. Mon père est présenté à un colo­nel qui, consi­dé­rant l’âge de mon père et regar­dant ses déco­ra­tions au revers de sa veste, lui demande s’il avait fait Verdun en 14–18. Sur la réponse affir­ma­tive de mon père, il salue au garde-à-vous et le féli­cite ; j’ai person­nel­le­ment assisté à la scène. Cet offi­cier supé­rieur améri­cain dit connaître l’exis­tence d’in­cor­po­rés de force dans l’ar­mée du Reich. Il accepte illico d’ac­cueillir Bernard Heini­mann comme « prison­nier de guerre spécial » et de le trans­fé­rer en Angle­terre. C’est ainsi que le 14 juillet, jour de fête natio­nale en France, l’ar­mée alle­mande perdit un soldat de plus ».

En Angle­terre, Bernard s’en­gage dans l’ar­mée française. Il y sert notam­ment de chauf­feur à des person­na­li­tés mili­taires, dont deux d’ori­gine alsa­cienne : le géné­ral Koenig et le comman­dant Clos­ter­mann. En mars 1945, il est affecté comme convoyeur de maté­riel à l’Ecole mili­taire de Paris. En 1947, après son mariage, il parvient à retrou­ver, grâce à la gendar­me­rie de Saint-Jean-de-Daye, ses sauveurs dont il igno­rait le patro­nyme. Les deux familles ont tissés de solides liens d’ami­tiés qui ne se sont jamais disten­dus depuis (Histoires extra­or­di­naires de « Malgré-Nous » 1, p.193–197).

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STECKMEYER Albert Gérard

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STECKMEYER Albert Gérard (* Stras­bourg 27.10.1922 + 17.1.2015). Son père travaillant aux haras de Stras­bourg, il a été, avec sa famille, évacué en 1939 à Saint-Lô pour rejoindre les haras de cette ville. En 1940, alors que les Alsa­ciens étaient « invi­tés » par le gouver­ne­ment français sur ordre de l’Al­le­magne à retour­ner chez eux, il se rend à la gendar­me­rie pour obte­nir la possi­bi­lité de rester dans la Manche. Etant mineur, cela lui est refusé. En Alsace, il devient monteur d’avion. Civil, il se retrouve ainsi à assu­rer l’en­tre­tien des appa­reils dans un camp d’en­traî­ne­ment de la Luft­waffe. Un jour, souf­frant du dos, Albert a beau­coup de peine pour péné­trer dans une carlingue. Fina­le­ment, il refuse d’ob­tem­pé­rer. Séance tenante, il est emmené à la direc­tion du camp. Devant des offi­ciers consti­tuant un tribu­nal, il ne pense pas à saluer. Il doit ressor­tir aussi­tôt et rentrer de nouveau, ce qu’il fait en disant « Bonne jour­née » au lieu de faire le salut hitlé­rien. Il est sommé de sortir et il aussi­tôt arrêté et enfermé dans le bunker. Envi­ron 3 jours après, il est mis seul dans un local sinistre, sale et inoc­cupé. Tout autour, des fils barbe­lés, pas de senti­nelles, pas de gardes. Mais, parce que civil, il était ainsi à la dispo­si­tion de la Gestapo à qui, sous la contrainte et la violence, il a dû jurer fidé­lité à Hitler. Ne voyant pas de garde, animé par l’au­dace, il prend sa valise et passe au poste de garde dans lequel régnait une réelle agita­tion. Les Alle­mands, en ce mois de juin 1941, venaient d’at­taquer la Russie. Une très jeune senti­nelle s’op­pose à la sortie d’Al­bert qui déclare avec sang-froid : « Mon père est décédé ». Ce mensonge eut valeur de lais­sez-passer. Il rejoint Stras­bourg le 20 juin. Le chanoine Robert Eber, secré­taire de la Ligue catho­lique d’Al­sace, le dissuade d’al­ler chez ses parents où la Gestapo doit l’at­tendre. Deux jours plus tard, dans les locaux de La Ligue Catho­lique, il rencontre Paul Idoux et Paul Weber. Les trois jeunes gens décident de passer la fron­tière, mais leur atti­tude, à Plaine, attire l’at­ten­tion des gardes-fron­tière. Les doua­niers découvrent sur Albert des billes de banques français et une lettre venue de Saint-Lô. Arrê­tés, ils sont dépor­tés au camp de sûreté de Schir­meck. A peine arrivé, le comman­dant du camp Buck exige d’Al­bert qu’il signe de faux écrits. Face à son refus et suite à une claque magis­tral, le jeune réfrac­taire est privé de nour­ri­tures pendant quelques jours. Soupçonné de faire partie du groupe de résis­tance alsa­cien « La Main Noire », Albert est conduit à la prison civile d’Of­fen­burg. Inter­ro­ga­toires et bruta­li­tés se succèdent. Dans une autre cellule, il est mis avec un détenu qui est très proba­ble­ment un mouchard. Albert se tait. Après quelques trois semaines, il est renvoyé à Schir­meck, dans le baraque­ment disci­pli­naire n°8. Il a été un temps, employé dans le bureau de Buck. Un jour, une senti­nelle alle­mande lui a donné un morceau de pain, et Jeanne Erten­ber­ger, une alsa­cienne affec­tée au secré­ta­riat, lui a apporté à plusieurs reprises de la nour­ri­ture. Puis Albert est versé au Reich­sar­beits­dienst. Contre toute attente, il obtient une permis­sion du 21 au 24 décembre 1941.

A Stras­bourg, un de ses bons amis, l’in­forme qu’il peut fuir en France occu­pée avec la compli­cité d’agents des chemins de fer. Pour dissi­mu­ler son départ et compliquer les recherches, même à ses parents, il déclare aller chez son oncle à Triem­bach-au-Val, dans le Val de Villé. Là, son oncle enterre l’uni­forme d’Al­bert. C’est un contrô­leur de la Reichs­bahn du nom d’Hitler qui cache Albert dans un wagon postal, et ainsi, lui permet d’al­ler à Nancy. « Au Bar de l’Est » était le lieu de rencontre des Alsa­ciens-Mosel­lans parve­nus à s’éva­der de leur région. On lui donne des instruc­tions pour aller en zone libre avec l’aide de chemi­nots. Il faut être très prudent : la gare de Chalon-sur-Saône est un véri­table piège pour évadés. Albert descend du train, côté voie, en gare de Chagny (un peu avant Chalon). Après une longue marche, il trouve la Saône, la fron­tière entre la zone non occu­pée et la zone occu­pée. La nuit tombe et le froid est glacial. Pour traver­ser la Saône, il se dévêt, roule ses vête­ments et les fixa sur son épaule avec la cein­ture. Il parvient très péni­ble­ment à traver­ser le cours d’eau. Il y a de la glace sur les berges. Il manque de se noyer. Très profon­dé­ment écor­ché par les ronces et les épines, il met pied sur la terre ferme, tota­le­ment épuisé. A une très faible distance, il voit une lumière. C’est tota­le­ment à bout de forces, frigo­ri­fié, et saignant à cause des nombreuses écor­chures qu’il frappe à la porte de la maison d’où venait la lumière. Une dame vient ouvrir. Le voyant presque nu, elle comprend très vite et s’inquiète de savoir s’il est pour­suivi. Cette maison est celle de la famille Brunold de Chate­nay-en-Bresse. Madame Brunold est avec une amie et 3 enfants pour la veillée de Noël. Les dames réchauffent Albert avec des couver­tures et du vin chaud devant la chemi­née. Elles soignent ses bles­sures et lui offrent un lit. Le lende­main, Raymond Brunold, qui avait travaillé la nuit de Noël en zone occu­pée, prend sa barque et va recher­cher le manteau et le porte-docu­ments qu’Al­bert avait aban­don­nés sur la rive, faisant ainsi dispa­raître toute trace de son passage. Madame Brunold, dissi­mu­lant des lettres dans le cadre de sa bicy­clette, alla les poster en zone occu­pée. Sans donner de préci­sions, Albert put ainsi rassu­rer sa famille.

A Chalon, le 28 décembre, il prit un auto­bus à desti­na­tion de Bourg-en-Bresse où sa cousine Marie Schil­ling était employée à Fort-Barreaux. Dans l’au­to­bus, un contrôle d’iden­tité. Les papiers d’Al­bert ont souf­fert leur séjour dans l’eau. Il doit aller s’ex­pliquer au commis­sa­riat de Bourg-en-Bresse et se rend vite compte que la police, en zone non occu­pée, applique les instruc­tions en livrant aux auto­ri­tés nazies les Mosel­lans et les Alsa­ciens. C’est peut-être en voyant la détresse d’Al­bert et aussi en véri­fiant que l’adresse du commis­saire Wenger, à Fort-Barraux, était vraie que la déci­sion de relâ­cher Albert est prise.

Le commis­saire Wenger, alsa­cien, conseille Albert qui, début janvier 1942, quitte Fort-Barreaux pour Taras­con où il s’en­gage dans le 10e Régi­ment d’Ar­tille­rie Colo­niale. Il quitte ainsi la France pour Marra­kech au Maroc. Le 15 août 1944, Albert débarqua en Provence avec la 1ère Armée. Lors des combats, il a une indi­cible peur de faire feu : son frère a été incor­poré de force dans la Wehr­macht et il est peut-être en face de lui. Après la libé­ra­tion de l’Al­sace, c’est l’oc­cu­pa­tion de l’Al­le­magne et le départ pour l’In­do­chine (Le jour­nal de Saône-et-Loire, édition de Chalon-sur Saône du 24.12.2017 ; Histoires extra­or­di­naires de « Malgré-Nous » 2 p.295–301).

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MEYER Raymond

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MEYER Raymond (* Hachi­mette-Lapou­troie 25.8.1926 + 26.1.2018). Après le RAD, il est incor­poré de force dans la Waffen-SS le 11.1.1944 (9e compa­gnie du 4e Régi­ment « Der Führer » de la divi­sion « Das Reich  »). Il arrive sur le front ouest fin juin 1944. Il est méca­ni­cien. A Mayenne, son unité fut diri­gée vers Alençon (Orne). Elle arrive à La Ferté Vidame, à proxi­mité de la forêt de Senonches (Eure-et-Loir). Dans la forêt, les chars alliés étaient très nombreux. Les combats furent âpres et les victimes furent très nombreuses. Le hasard fit que Raymond rencon­tra Alfred Schie­ber, de Colmar. Ce hasard et surtout la chance leur permirent de déser­ter. C’était la nuit du 14 au 15.8.1944.

Pour s’éva­der, ils firent preuve de ruses et d’au­dace. Ils saisirent chacun deux caisses à muni­tions vides. Ils coururent dans la direc­tion suppo­sée de l’orée de la forêt. Très proba­ble­ment consi­dé­rés comme étant de corvée, ils sortirent du secteur alle­mand sans être pris pour cibles. Ils parcou­rurent une grande distance et traver­sèrent les premières lignes alliées, sous le nez d’un char améri­cain, qui se trou­vait un peu à l’écart, et dont l’équi­page devait dormir. Sortis de la forêt, les caisses vides aban­don­nées, Raymond et Alfred parvinrent à une ferme. Elle était déserte. Ils y volèrent une bicy­clette et une pèle­rine accro­chée au mur. A deux sur cette bicy­clette – Alfred recou­vert de la pèle­rine et Raymond en bleu de méca­ni­cien -, ils roulèrent jusqu’à La Ferté Vidame. Dans l’obs­cu­rité, ils repé­rèrent une ferme. La fermière ne vit pas sous la pèle­rine l’uni­forme d’Al­fred, pour­tant, elle refusa qu’ils entrent, au motif que beau­coup de personnes du voisi­nage remplis­saient la maison. Dépi­tés, Raymond et Alfred allèrent dormir dans une grange. Aux aurores, les bruits les réveillèrent, leur ventre criait famine. Dans la même tenue que la veille, ils allèrent deman­der du pain. Les voyant, la fermière s’ex­clama : «  Mais ce sont des gamins ! » (Raymond n’avait pas encore 18 ans). Ils expliquèrent alors qu’ils étaient Français, Alsa­ciens incor­po­rés de force dans l’ar­mée nazie et qu’ils avaient fui les combats. Des vête­ments civils leur furent donnés. Ils se lavèrent à la pompe située dans la cour. La fermière leur donna de la nour­ri­ture. Ils grim­pèrent sur le tas de fagots situé en bordure de la ferme. Ils pouvaient ainsi devi­ner et esti­mer la tour­nure des combats. Ils étaient en zone libé­rée.

Préve­nus, les Améri­cains voulaient en faire des prison­niers dès le lende­main. Pour ce faire, ils les confièrent à Monsieur Poteau, peintre-vitrier et aussi chef des FFI. Il les cacha avec la compli­cité du lieu­te­nant Ducamp du 2ème Bureau, pour que les deux jeunes ne soient pas emme­nés en capti­vité. Ils furent ensuite emme­nés à la gendar­me­rie et s’en­ga­gèrent dans l’ar­mée française. Le 17.8.1944, lorsque les Améri­cains revinrent pour arrê­ter Raymond et Alfred, cela fut impos­sible : ils étaient des soldats du 8e régi­ment de cuiras­siers. Les Améri­cains s’en montrèrent satis­faits.

Les deux jeunes furent affec­tés à Nantes. Le 11.11.1944, ils défi­lèrent dans cette ville. Raymond fut nommé Briga­dier-chef.

Peu de temps après, l’unité dans laquelle était Raymond fut enga­gée dans la poche de Saint-Nazaire, à proxi­mité de Saint-Brévin, là où était la batte­rie alle­mande des Roche­lets. Une grosse pièce d’ar­tille­rie compo­sait cette batte­rie. Les troupes françaises l’avaient appe­lée la « Gertrude ». Ce gros canon fut mis hors d’état de service, par des fusi­liers marins de la France Libre. Parmi eux, se trou­vaient Paul Frit­teau et Eugène Bézard, le frère aîné de Jean Bézard (Entre deux fronts 2, p.196–202 ; Bulle­tin SNIFAM n°7, 2018).

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KNECHT René

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KNECHT René (* Zilling 27.5.1926). Flie­ger (avia­teur) dans l’ar­mée alle­mande, il est mort le 20.9.1944 et repose au cime­tière mili­taire alle­mand d’An­dilly (Meurthe-et-Moselle), bloc 23, rangée 8, tombe 569.

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