EREA Henri EBEL d’Illkirch-Graffenstaden : « La Cigogne n’a qu’une tête ». Résidence d’auteur : Igor Futterer. Enregistrement du vendredi 22 novembre 2024 : https://www.youtube.com/watch?v=rDCzbmMA07c
En attendant le Storyrollup d’Alsace : « La Cigogne n’a qu’une tête ». Résidence d’auteur à l’EREA Henri Ebel : Igor...
GISSINGER Albert – Dossier composé par Claude Herold
GISSINGER Albert René
Né le 15.11.1922 à Rixheim.
Fils de Joseph Gissinger et de Marguerite Heymann.
Domicilié à Mulhouse.
Célibataire.
Etudiant.
RAD du 6.10.1942 au 30.12.1942.
Incorporé sous la contrainte le 16.1.1943.
3 R. Gr. Blt. 323 St. Kp. GEB – 323.818
Grenadier-Ersatz-Bataillon 323 Potsdam.
Dernière adresse : FPN 44362D
Dernière lettre : 10.9.1943.
Dernière unité : Ersatz-Bataillon 323 Sarny (Volhynie).
Grade : caporal.
Disparu lors de combats le 12.9.1943 dans la région d’Antonowka, près de Rafalowka, sur la ligne de chemin de fer Kowel-Sarny (Volhynie). En septembre 1943, son commando est logé chez un curé à Antonowka. Le 12 septembre, le commando, à bord de deux camions, prend la route pour Kaprevicze/Caprewicze, éloigné d’une dizaine de kilomètres, pour se rendre à une fête organisée par la municipalité de Kaprevicze. Attaqués par des partisans, Gissinger et son camarade alsacien Maurice Peter, né à Pfastatt le 1.10.1924, se seraient rendus ou auraient été capturés. On perd leur trace, ainsi que celle d’une dizaine d’autres prisonniers, à partir de là.
« Après l’attaque les habitants auraient vu passer une quinzaine d’hommes capturés, parmi lesquels il y aurait eu deux caporaux. Comme les deux Français étaient les seuls caporaux en mission ce jour-là, il y a lieu d’admettre qu’ils étaient parmi les prisonniers. Comme ils ont sans doute pu s’identifier comme français, il est possible qu’ils soient encore dans la région ou dans un camp. Les susdits renseignements m’ont été transmis par des camarades chargés de rechercher l’équipe qui n’était pas revenue et d’interroger les habitants d’Antonowka et de Kaprewicze, qui tous présentaient d’avoir vu deux caporaux parmi les prisonniers. De plus, on a trouvé un objet appartenant à mon fils à l’endroit où ils auraient passé » (lettre de la mère, 27.11.1946).
Déclare « porté disparu » (lettre à la mère datée du 21.9.1943).
Déporté militaire.
Mort pour la France.
Maurice Peter était, à Sarny, en relation avec la famille du docteur Sakowitz, domiciliée Dolgastrasse 6.
Brumath : Spectacle « Je t’écrirai de là-bas »
Spectacle « Je t’écrirai de là-bas », vendredi 13/12 à 20h
Un spectacle hors du temps et des modes avec quelques chansons de l’époque pour un peu de légèreté.
Ils s’appellent Alfred, Désiré, Georges, Aimé…Ils veulent vivre, échapper au front, échapper au pire. Tous ne reviendront pas de « là-bas ». Elles s’appellent Gretel, Marthele. Elles les attendent. Elles tiennent bon. Quant à Suze, enrôlée dans le R.A.D. elle tient un journal intime bouleversant.
A l’issue de la représentation Marie Oury présentera et dédicacera son livre :
« Raymond, 1939 : mon grand-père alsacien avait 20 ans » est le témoignage contextualisé d’un jeune instituteur qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, fut contraint d’enseigner en Allemagne avant d’être incorporé de force dans la Wehrmacht.
Entrée libre, sur réservation à l’accueil de la mairie 03 88 51 02 04
Salle des Fêtes de l’Hôtel de Ville.
Source : https://www.brumath.fr/agenda/spectacle-je-tecrirai-de-la-bas/
Le billet d’humeur de Renée Baudot : De la nécessité d’un Ambassadeur de la Repentance
Konrad Adenauer, le magicien des mots qui voulait transmuter leur sens en faisant passer « les meurtriers » pour des « victimes » du nazisme selon les mots d’une Allemande très courageuse qui a dénoncé publiquement la mascarade politique de la CDU et du SPD, qu’elle qualifiait de partis siamois.
Après la Seconde Guerre mondiale, Adenauer était le chancelier d’une Allemagne exsangue économiquement, au ban des nations civilisées. Il quémanda la réconciliation franco-allemande auprès de l’homme de 18 juin 1940, auréolé d’un prestige international. Celui-ci accepta et nos a donné de « grandes vacances », la Paix, sans être dupe des intentions de son interlocuteur.
Les « politichiens », selon l’expression du Général, applaudissaient des deux mains la réconciliation franco-allemande. Ils comprenaient qu’elle serait un accélérateur de la construction européenne qui ouvrait des perspectives autant commerciales qu’individuelles.
L’Europe, dont les hommes politiques nous ont répété pendant des décennies qu’elle nous apporterait la Paix (après la guerre au Kosovo, le bombardement de Belgrade, un risque d’embrasement généralisé…), le plein emploi (plus de 30 millions de chômeurs dans toute l’Europe), la prospérité (chaque citoyen voit son pouvoir d’achat s’amenuiser de manière inexorable),se révèle une immense machine bureaucratique dont il est difficile de qualifier le bilan de réussite.
Le Parlement européen compte 720 députés en provenant de 27 états membres, dont 81 députés français. Je n’ai pas connaissance qu’ils aient consacré une seule heure à évoquer le problème de l’Incorporation de Force, un problème majeur de la Seconde Guerre mondiale, au Parlement de Strasbourg. En effet, il concerne 8 pays européens, sans compter l’URSS avec 750 000 enrôlés de force dont 275 000 furent tués, selon les chiffres fournis par le Volksbund.
Il est scandaleux que, 80 ans après la Seconde Guerre mondiale, ce problème ne soit pas réglé. Pour nos hommes politiques, il n’est pas prioritaire, aussi faut-il que tous ceux qui sont concernés, notamment les descendants des déportés militaires dont la vie a été obérée par ce traumatisme qui va se transmettre tant qu’il ne sera pas réglé, se mobilisent en cessant d’être invisibles. Je souhaite que notre légitime combat passe de l’ombre à la lumière.
Avec le président Jacques Chirac, nous sommes entrés dans l’ère de la Repentance dont nous ne voyons pas la fin. Nous sommes les seuls en Europe à manifester ce zèle tandis que l’Allemagne maintient son statut de Déserteur de la Repentance.
L‘Allemagne refuse avec une obstination puérile de reconnaître l’Incorporation de Force comme crime contre l’Humanité et se réfugie derrière des » arguties juridiques » selon la formule de Gregor Gysi, le fondateur du parti des Linke.
Des esprits avertis disent que les jeunes Allemands refusent d’endosser la culpabilité des crimes commis par leurs grand-parents ainsi qu’une éventuelle indemnisation. J’ignore quelles sont les véritables raisons.
Pour débloquer la situation, je fais une suggestion : la création par la République Fédérale d’Allemagne d’un poste d’Ambassadeur itinérant de la Repentance. Il me semble souhaitable que le titulaire de ce poste soit un officier supérieur qui connaisse parfaitement l’histoire militaire du IIIème Reich et de la 1ère guerre mondiale . Il aurait pour mission de participer aux commémorations des batailles et des grands massacres dans les différents pays européens et du Moyen-Orient.
L’Ambassadeur de la Repentance se rendrait dans les divers pays où le délire des généraux nazis a entraîné des soldats drogués – à la pervitine – à commettre des massacres horribles : exemples en Biélorussie où il y eu 625 (six cent vingt-cinq) Oradour-sur-Glane.
Un grand pays a le devoir d’envoyer un de ses représentants présenter des excuses officielles à des populations qui restent traumatisées par le passage des « Huns » du IIIème Reich. Je déplore l’impolitesse indécente de la chancelière Angela Merkel qui se croyait autorisée à donner des leçons de « Droits de l’Hommisme » au président biélorusse Lugachenko.
Cela constituerait un tournant dans la politique mémorielle de la République Fédérale d’Allemagne. Elle y gagnerait le respect des populations des pays victimes des massacres qui se sentent abandonnées à leur douleur et méprisées par une Allemagne triomphante dont le seul but est de dominer l’Europe.
Voyager dans les différents pays européens permet de constater le ressentiment des classes moyennes et populaires envers l’Allemagne qu’ils soupçonnent d’envisager la creation d’un IVème Reich. Parler à l’homme de la rue permet d’entendre un discours qui n’a aucun point commun avec celui des élites.
La classe dirigeante, par son style de vie, a de nombreux contacts dans les sphères internationales les plus élevées avec lesquelles elle forme une même classe sociale supérieure soucieuse de la préservation de ses intérêts et de son pouvoir.
Gardons espoir. Et agissons. Les 40 000 morts sont à nos côtés. Qu’ils veillent sur nous et nous inspirent.
Le 23 novembre 2024, nous avons commémoré le 80ème anniversaire de la libération de Strasbourg. Je pensais que l’Allemagne serait représentée par les plus hautes autorités à savoir Monsieur le président Walter Steinmeier ou Monsieur le chancelier Olaf Scholz. Ni l’un, ni l’autre n’étaient présents. Seul Monsieur l’ambassadeur représentait son pays.
Le 80ème anniversaire de la libération de Strasbourg, siège du Parlement européen représentait une opportunité pour l’Allemagne de présenter ses excuses officielles à l’Alsace et à la Moselle et de reconnaître l’Incorporation de Force comme crime contre l’Humanité.
Je rappellerai :
- que l’annexon de nos trois départements s’est faite en violation de la Convention d’Armistice et des traités internationaux.
- que l’Allemagne nazie a capitulé sans condition le 08 mai 1945, ce qui signifie en acceptant la loi et les exigences des vainqueurs. Notre pays était assis à la table des vainqueurs.
- qu’au au procès de Nuremberg, Edgar Faure, procureur pour la France, a qualifié l’Incorporation de Force de « crime contre la condition humaine », c’est-à-dire de crime contre l’humanité. Edgar Faure fut ministre du général De Gaulle et professeur agrégé de droit à l’Université.
Le crime contre l’humanité est établi pour les motifs suivants :
- un crime d’État décidé par Hitler, Keitel et les deux Gauleiter Burckel et Wagner.
- un crime de masse : 145 000 jeunes enrôlés dont 8500 jeunes femmes.
- un crime inscrit dans la durée : de 1942 au 8 mai 1945.
- un crime raciste : les recrues devaient prouver qu’elles n’étaient ni juives , ni demi-juives : elles étaient reconnues comme appartenant à la race aryenne.
Ce sont les faits et les faits sont têtus et finiront par s’imposer.
Renée Baudot, le 28 novembre 2024
Question de Madame la Députée Louise MOREL (Bas-Rhin – 6e circonscription) – Les Démocrates Question posée en...
INDEMNISATION DES INCORPORÉS DE FORCE EN ALSACE
Mme la présidente. La parole est à Mme Louise Morel.
Mme Louise Morel. Monsieur le ministre délégué auprès du ministre des armées et des anciens combattants, ce n’est pas sans émotion que je prends la parole, tant le sujet que je souhaite évoquer parle au cœur de chaque famille d’Alsace et de Moselle. Depuis des décennies, les interpellations se succèdent sur la considération que la France a témoignée aux incorporés de force des départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle, mais les réponses n’ont pas apporté l’apaisement. Pour celles et ceux qui l’ignorent encore, les incorporés de force, ce sont 130 000 hommes qui ont été contraints de revêtir l’uniforme allemand pendant la seconde guerre mondiale et de se battre contre leur patrie. Trente mille d’entre eux sont morts, 30 000 sont revenus blessés de guerre ou invalides et 10 000 ont été portés disparus. Le sort que notre république leur a réservé après la guerre n’est pas digne. Nous avons voulu oublier qu’ils ont été des victimes de l’histoire nationale, oublier qu’ils n’avaient pas le choix ; oublier leur héroïsme – ils ont été nombreux à recevoir la médaille de la Résistance intérieure ; oublier les drames que cela a entraînés dans chaque famille, et je pense avec émotion à leurs veuves et à leurs orphelins.
Dans quelques jours, nous commémorerons le 11 Novembre et célébrerons le 80e anniversaire de la libération de l’Alsace. Aurons-nous enfin le courage de reconnaître que l’incorporation de force est un crime ? Elle l’est, car l’Alsace et la Moselle ont été annexées de fait, non de droit. Le Gouvernement acceptera-t-il enfin d’enseigner cette histoire de manière permanente dans les manuels scolaires de notre pays ?
M. Pierre Cordier Surtout que la seconde guerre mondiale est déjà presque effacée dans les mémoires !
Mme Louise Morel L’histoire de l’Alsace et de la Moselle, ce n’est pas de l’histoire locale, c’est la grande histoire de la France ! Enfin, quelles actions concrètes comptez-vous mener pour indemniser les orphelins de cette tragédie ? Les témoins courageux de cette histoire sont de moins en moins nombreux. Près de quatre-vingts ans après la fin de la guerre, ils méritent des réponses claires. (Applaudissements sur de nombreux bancs de tous les groupes.)
Mme la présidente La parole est à M. le ministre délégué auprès du ministre des armées et des anciens combattants.
M. Jean-Louis Thiériot, ministre délégué auprès du ministre des armées et des anciens combattants. Je vous remercie d’avoir évoqué ce sujet, qui est une plaie douloureuse dans notre histoire nationale. Nous savons quel enfer ce fut pour les Alsaciens et les Mosellans, incorporés de force dans la Wehrmacht, d’avoir été obligés, sans avoir le choix, de porter les armes de l’Allemagne contre leur pays et contre leur patrie.
Évidemment, c’est une tragédie absolue. Notre pays – la « France de l’intérieur » comme on dit en Alsace – en est conscient. En termes symboliques, des efforts sont faits. L’État soutient ainsi le projet de construction à Schirmeck d’un mur portant les noms des disparus et des morts. Il faut des réparations symboliques, mémorielles. Je ne peux être que favorable à ce que cette histoire, qui fait partie de l’histoire de la seconde guerre mondiale, soit enseignée dans les manuels. Pour ce qui est de l’indemnisation, on a évidemment envie d’apporter un soulagement à ces personnes. Cependant, un traité a déjà été signé avec l’Allemagne à ce sujet, en 1981. L’incorporation a été reconnue comme une faute allemande : la France n’est pas responsable de ce qui est arrivé aux « malgré-nous ». S’agissant des orphelins, les enfants des 110 000 soldats tombés pendant la campagne de France n’ont jamais été indemnisés. Je ne vois pas comment je pourrais justifier que l’on indemnise uniquement les orphelins des incorporés de force. On ne peut pas réparer une injustice de l’histoire par une autre injustice.
(Applaudissements sur quelques bancs du groupe DR.)
Document transmis par Serge AMORICH, délégué national de l’Association des anciens incorporés de force dans le RAD–KHD d’Alsace et de Moselle, qui précise que la discussion au Sénat des crédits de la Mission Anciens combattants, mémoire et liens avec la Nation aura lieu le samedi 7 décembre 2024 et non le vendredi 6 décembre 2024.
Les enfants d’Erasme – Roman
ROMANN Carole, Les Enfants d’Erasme, Editions de l’Astronome, Thonon-les-Bains, 2024.
- Article du « Dauphiné Libéré » du 22.11.2024
Les Enfants d’Erasme – Interwiew Le Dauphiné Libéré
Les Enfants d’Erasme
Un roman de Carole Romann
Aux Editions de l’Astronome
Ce que raconte le roman :
Les Enfants d’Erasme, c’est l’histoire de Tristan, un étudiant strasbourgeois qui part étudier à Dresde avec le programme Erasmus. Là bas, il va découvrir dans de mystérieux cahiers bleus que son grand-père était soldat dans l’armée de Hitler. Deux histoires s’entrecroisent. Celle du groupe des étudiants de Dresde qui se retrouvent au Café Europa, font la fête, tombent amoureux, et s’affrontent parfois violemment. Celle du grand-père Raymond, un jeune Français incorporé de force dans la Wehrmacht à l’âge de dix-huit ans.
Les thèmes abordés :
Ce roman est né d’une question : comment devient-on un Européen, quand on a vingt ans aujourd’hui ? Qu’est-ce qui va faire qu’un jeune Français, une étudiante allemande ou estonienne, un apprenti-maçon polonais… va se rendre compte un jour qu’il est aussi un Européen ? Et que ça, ça le définit aussi. Je dis aussi car pour moi ce sentiment d’appartenance vient en plus : je me sens pleinement française et pleinement européenne.
J’ai voyagé en Asie, en Amérique, j’ai longtemps travaillé en Afrique, et les gens me confondaient avec une jeune Danoise qui ne me ressemblait pas du tout. Pour eux nous étions des Européennes. Il y a bien une « identité » européenne – avec tous les guillemets que je mets à ce mot – que le reste du monde perçoit très bien, mais que beaucoup d’entre nous ne voient pas. Il nous manque ce sentiment d’appartenance.
Comment est née l’idée :
Cet introuvable sentiment d’appartenance à l’Union européenne m’intriguait, notamment chez les jeunes. Je me suis demandée s’il y avait des récits, des aventures, des histoires un peu excitantes qui parlaient de ça. Je n’en ai pas trouvé. Les Américains ont l’American Dream. Les Russes ont la Grande Russie. Les Chinois ont la route de la soie. Et nous ? Quel est notre récit ?
Comment s’est construit le roman :
Lors de mon premier séjour à Evian, j’ai découvert qu’il existait un rapport de la Commission européenne intitulé « Un nouveau récit pour l’Europe ». J’ai interviewé Jean-Michel Henny, directeur de la Villa du Châtelet, qui avait participé à ce groupe de réflexion. Dans ce document, fruit d’un excellent travail, j’ai trouvé une très bonne synthèse des valeurs européennes fondamentales. Mais pour que sa lecture me fasse vibrer, il me manquait quelque chose : ces valeurs n’étaient pas incarnées. Il m’a semblé que la fiction pouvait faire cela. Inventer des personnages, raconter des histoires, produire un récit.
Des personnages qui portent ces valeurs, mais aussi leurs contradictions :
Raymond, c’est la liberté entravée sous le troisième Reich. Leni, c’est l’aspiration à la fraternité, qui se heurtera à la domination masculine. Janek, c’est le chacun-pour-soi. Gunther, c’est la tentation du repli identitaire. Chloé, c’est l’engagement. Le Café Europa, c’est un mini-parlement européen où les jeunes s’étripent « grave » ! Et puis Tristan, c’est la lente prise de conscience qu’en forgeant ses propres valeurs, il forgera aussi son destin.
Et puis il y a l’Histoire « avec sa grande hache »
En lisant les cahiers bleus, Tristan comprendra qu’on ne comprend rien à l’Europe sans la mémoire. Mon père Raymond Romann a été incorporé de force dans la Wehrmacht à l’âge de dix-huit ans. Son silence meurtri sur ce qu’il a vécu a jeté un voile noir sur mon enfance. J’ai imaginé les mémoires qu’aurait pu écrire mon père, s’il avait écrit. L’histoire des Malgré-nous est peu connue en-dehors de l’Alsace. C’est pourtant une histoire qui recèle un fort potentiel dramatique : devoir endosser l’uniforme de l’ennemi, pour se battre contre son propre pays ? Ouah, ça ferait un film au moins aussi captivant que le Soldat Ryan !
Quel avenir pour les Enfants d’Erasme ?
Au matin du 24 février 2022, c’est le choc au Café Europa. Les étudiants ont la gueule de bois, et la cohésion du groupe reste fragile. Tiendra-t-elle face à l’invasion de l’Ukraine ? Serait-ce la fin de la fête ?
Beaucoup rêvent d’Europe. Les Enfants d’Erasme la vivent
2025 – COLMAR & LA LIBERATION
« Ca c’est nous » n°28 : Colmar ca-c-est-nous-n28
















